mercredi 23 février 2011

Montréal (Magasin général T.5) - Loisel & Tripp

Résumé :

Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, distillée par Régis Loisel (La Quête de l'oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-Louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d'Anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissance à un auteur virtuel.

J'ai lu, il y a quelques temps, ce cinquième tome où le personnage de Marie, ne se sentant plus capable de vivre dans ce petit village, quitte la campagne pour vivre comme une citadine. Elle choisit de se rendre, avec sa jeune complice, à Montréal.

Cette série est plutôt égale à elle-même. J'ai trouvé que ce tome est à la hauteur des précédents. Vous en dire plus sur mon appréciation me donnerait l'impression de me répéter car j'ai retrouvé les mêmes qualités et les mêmes (petits) défauts que dans les autres albums. Je poursuivrai dès que j'aurai l'occasion d'emprunter le sixième tome car Ernest Latulippe est bien populaire à ma bibliothèque. L'album n'est jamais disponible !


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dimanche 20 février 2011

Le secret du coffre bleu - Lise Dion

Quatrième de couverture :

A la mort de sa mère adoptive, l'humoriste Lise Dion découvre dans un coffre bleu qui avait bercé son imaginaire d'enfant une partie cachée de la vie de cette femme qu'elle a tellement aimée : sa mère aurait été religieuse et aurait été arrêtée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Le choc passé, Lise a voulu comprendre ce que sa mère avait vécu et elle a commencé une recherche qui a duré plusieurs années. Malgré les nombreux écueils de cette démarche, elle a inventé la vie que sa mère a probablement vécue en s'appuyant sur certains faits historiques et témoignages. Sous la forme de quatre cahiers retrouvés au fond du coffre bleu, Armande se dévoile à nous et laisse un héritage inestimable à sa fille unique, Lise.


C'est, il y a quelques années, en patientant aux douanes, en revenant de New-York, que j'ai vraiment découverte Lise Dion. Nous avions écouté un de ses spectacles dans l'autobus. Depuis, c'est une femme que j'apprécie voir à la télévision. Lorsque j'ai su qu'elle était invitée à Tout le monde en parle, je tenais à regarder son entrevue. Je ne savais alors pas qu'elle viendrait pour parler de la sortie d'un livre. J'étais surprise. Finalement, son livre, je l'ai lu presque d'un bout à l'autre sans m'arrêter.

L'humoriste nous a confié que l'intrigant coffre bleu de la couverture, c'est le véritable coffre où étaient enfouis les plus grands secrets de sa mère Armande. Cadenassé, elle n'y a eut accès qu'à sa mort. Pour reconstituer et écrire l'histoire de sa mère, elle s'est basée sur les carnets de sa mère et les documents qu'elle y a trouvé mais elle dit s'être permit de les interpréter à sa manière. Il en découle une biographie romancée un peu comme l'a fait Arlette Cousture avec la vie de sa grand-mère Émilie et celle de sa mère Blanche.

Armande a connu un bien triste parcours. J'ai été très touchée surtout parce qu'elle est québécoise et que forcément, je me sens plus proche d'elle que des autres victimes de la Seconde Guerre mondiale dont j'ai pu lire les livres avant. Je suis peut-être naïve mais je n'avais jamais pensé qu'il y avait autant de gens d'ici en Europe à ce moment-là et qui ont vécu l'horreur dans les camps de concentration.

L'écriture, quant à elle, est simple mais pas du tout désagréable. Lise Dion le dit elle-même, elle est une "amateure" mais heureusement qu'elle a eu le courage de se lancer dans cette nouvelle aventure car la vie de cette femme vaut la peine d'être racontée.

Bref, c'est un livre qui se lit vraiment bien et que j'ai énormément apprécié. Je vous en conseille grandement la lecture !

Le secret du coffre bleu - Lise Dion
Éditions Libre Expression 2011
208 pages

mercredi 16 février 2011

La fille du professeur - Sfar & Guibert

Résumé :

Trente siècles les séparent et pourtant... ils s'aiment !
Comment demander la main de Miss Liliane, la fille du professeur Bowell, quand on est perdu dans le Londres embrumé de la fin du XIXe siècle et momifié depuis trois mille ans ? Impossible, n'est-il pas ? Et pourtant, Imhotep IV, prince d'Égypte, amoureux follement emballé, est prêt à tout pour fuir avec sa bien-aimée les quais mal famés de la Tamise et rejoindre les rives ensoleillées de son Nil natal. Malheureusement, lorsque le destin et Sa Gracieuse Majesté s'en mêlent, tout s'emmêle, se complique et s'embrouille à tel point qu'on finirait par regretter le calme feutré d'un sarcophage bien capitonné.


J'ai emprunté La fille du professeur suite à la lecture de nombreux commentaires élogieux. On la qualifie même quelques fois de "classique de la bande dessinée". C'était la première fois que j'optais pour une BD plus fantastique. Celles que j'ai l'habitude de lire sont normalement assez réalistes. Résultat ? Je reconnais les nombreuses qualités artistiques de cet album mais je n'ai pas été transportée comme je l'aurais cru.

Les dessins sont très particuliers. Au premier coup d'oeil, j'avais été vraiment surprise. Même après sa lecture, je n'ai pas encore pris position à savoir si je les trouve beaux. En tout cas, il m'a fallu quelques planches pour m'y habituer. J'ai beaucoup aimé les couleurs cependant qui se mariaient parfaitement au décor victorien.

Le scénario, quant à lui, est prenant. Les péripéties s'enchaînent rapidement. Je n'aurais pas cru qu'il y aurait autant d'action en si peu de pages. Et puis, j'aime bien l'idée de cet amour impossible abordé tantôt avec un humour décalé, tantôt avec poésie.

Honnêtement, je pense que je préfère les bandes dessinées réalistes qui nous offrent des tranches de vies mais je ne regrette pas d'avoir tenté le coup avec cet album. J'ai passé un bon moment.


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mercredi 9 février 2011

Duel de belles (Les nombrils T.4) - Delaf & Dubuc

Résumé :

Jeunes, belles ... et trash !
Karine est désespérée : Dan l'a quittée pour suivre Mélanie en Afrique. Et Jenny et Vicky sont inconsolables depuis la disparition de John John (et surtout de sa merveilleuse moto). Mais leurs épreuves ne sont pas terminées car Mélanie est de retour et n'a pas fini de les faire souffrir.


Après avoir volé le mec de Karine, elle s'attaque à ce que Jenny et Vicky ont de plus précieux : leur sacro-sainte popularité auprès de la gent masculine !


Bref, cette fille trop parfaite aux manigances vicieuses va se faire trois ennemies acharnées... et que la meilleure gagne !

J'ai finalement mis la main sur le dernier tome des Nombrils paru jusqu'à maintenant. Ça faisait un bon moment que je voulais le lire ! J'avais beaucoup aimé les trois premiers tomes et Duel de belles est vraiment dans la même lignée.

Encore une fois, j'ai aimé l'audace de Delaf et Dubuc qui malgré les apparences, avec leurs albums aux couleurs vives et des héroïnes adolescentes, vont au-delà du politically correct. Je craignais qu'ils changent légèrement leur style vu que les thèmes abordés dans ce tome sont plus sérieux mais je me suis bien trompée. Les pestes Jenny et Vicky ne s'apitoieront jamais sur le sort de leur amie Karine malgré le fait qu'elle vive une peine d'amour ! Pourquoi donc me suis-je inquiétée ?

En plus des gags qui m'ont souvent fait sourire, j'ai apprécié que les personnalités des personnages commencent à changer. La présence de Mélanie, la manipulatrice futée, modifie la dynamique de tout ce "beau" groupe d'adolescents mais c'est le personnage de Karine qui évolue le plus. L'adolescente, trop souvent victime d'intimidation de la part de ses amies, habituellement discrète et renfermée, commence enfin à s'exprimer. Mieux vaut tard que jamais dit le dicton !

Bref, c'est une série originale qui me plait bien. Je veux une suite !
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L'album s'inscrit également au Challenge Women BD grâce à la scénariste Maryse Dubuc.

dimanche 6 février 2011

L'école des films - David Gilmour

Quatrième de couverture :

Quand son fils Jesse atteint l'adolescence, l'école semble lui être une telle torture que son père, David Gilmour, lui permet de ne plus y aller. C'est lui, l'ancien critique de cinéma, qui fera désormais son éducation en lui présentant trois films par semaine à la maison. De Truffaut à Woody Allen en passant par Esatwood et Brando, ce ne sont pas les prétextes qui manquent pour aborder tous les sujets de discussion qui préoccupent des jeunes, dont le plus important, l'amour.

Professeur hors normes, père "cool", grand écrivain canadien, David Gilmour offre, avec L'école des films, un récit franc et généreux sur l'éducation et la transmission, une leçon de cinéma et de vie qui nous concerne tous.

Ce livre en est un excellent sur la complexité et la beauté de la relation père-fils. David, le père, veut venir en aide à son fils Jesse qui croit ne plus avoir sa place à l'école. Forcé de constater que l'obliger à rester sur les bancs d'école ne le mènera nulle part, David trouve une solution. Les règles sont simples : Jesse peut arrêter de fréquenter l'école mais il doit vivre chez son père sans consommer de drogue mais surtout, il doit visionner avec lui trois films hebdomadairement. Et, c'est David qui choisit les films.

On sent la volonté de David d'aider son fils mais on comprend son questionnement : Est-ce qu'il l'aide vraiment de cette manière ? Ne va-t-il pas plutôt lui nuire dans la vie et l'inciter à la déchéance ? Je me suis pris d'affection pour Jesse qui a le physique d'un homme mais qui, malgré les apparences, est encore parfois un petit garçon. Cet adolescent qui vit ses premières expériences de vie et de relations amoureuses et qui est assez à l'aise pour en parler avec son père est touchant. J'ai particulièrement aimé le moment où ils se retrouvent à discuter et à fumer un cigare, à Cuba, à 4 heures du matin. Quelle belle complicité !

De plus, j'ai apprécié les descriptions et les commentaires sur les films malgré que dans toute la liste, je n'en ai vu que six. Six sur plus d'une centaine ! C'est qu'ils datent les films de Mr. Gilmour ! J'aurais aimé qu'ils soient plus récents et plus variés car la majorité provient des États-Unis. J'en déduis que les canadiens ne jurent que par la culture américaine. Ce n'est peut-être qu'une illusion mais j'ai l'impression qu'ici, au Québec, nous avons notre propre culture en plus de consommer celles des autres, ce qui est tout à fait valable à mon sens. Peut-être que j'ai tout faux aussi, c'est bien possible. Mon but n'étant pas de lancer un débat sur le sujet, je m'arrêterai ici pour vous dire simplement que L'école des films vaut la peine d'être lu que ce soit parce que vous êtes cinéphiles ou parce que vous appréciez les histoires pleines d'humanité.

L'école des films a été édité avec un autre titre en France, Le film Club.

mercredi 2 février 2011

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

Résumé :

Mon ange de bleu
Bleu du ciel
Bleu des rivières
Source de vie

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d'affronter le regard des autres. Un récit tendre et sensible.


Quand je lis un album comme celui-là, je suis vraiment heureuse de m'être initiée aux romans graphiques et aux bandes dessinées. Je serais passé à côté de quelque chose !

Vous savez sans doute tous déjà qu'on y raconte l'histoire de Clémentine, une adolescence qui découvre peu à peu, bien malgré elle, son attirance pour les filles. Elle tombera en amour dès le premier regard avec une jeune femme, étudiante aux beaux-arts, prénommée Emma. Je ne vous résumerai pas plus l'histoire car, même si le scénario m'a beaucoup plu, c'est surtout le concentré d'émotions offert qui m'a ébloui. Les expressions des visages et les regards transmettent magnifiquement ces émotions avec délicatesse et justesse. Avec les gros plans sur les yeux, la bouche ou les mains, on se passe naturellement de mots. Les images disent tout. J'ai tout à fait ressenti le mal-être de Clémentine, la honte d'être différente, la peur du rejet, le désir intense propre à l'adolescence, la douleur de la perte d'un être cher. Si j'ai tant aimé, je crois que c'est aussi grâce à Clémentine, charmant personnage auquel on s'attache rapidement et sans effort.

C'est un bel album sensible et sans tabou que je vous recommande tous. J'ai appris que Julie Maroh avait reçu pour Le bleu est une couleur chaude, la fin de semaine dernière, un prix entièrement mérité au Festival d'Angoulême soit celui du public. Un coup de coeur !


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