vendredi 27 janvier 2017

Amours - Léonor de Récondo

Quatrième de couverture :

Tandis que son épouse dort paisiblement, Anselme le notaire abuse de Céleste, la jeune bonne, qui tombe enceinte. Pour sauver l’honneur de tous, Victoire décide d’adopter l’enfant. Mais elle n’a pas la fibre maternelle, et le nouveau-né dépérit. En cachette, Céleste va tendrement prendre soin de son petit. Une nuit, Victoire les rejoint dans la chambre sous les combles…


Après La femme qui fuit et Chanson douceAmours est un autre roman qui a remporté un prix soit le Grand Prix RTL-Lire (respectivement une radio et une revue française) en 2015. Je viens également de réaliser que toutes mes récentes lectures portent sur la place des femmes dans la société et sur la maternité plus ou moins heureuse. Il n'y avait pourtant rien de prémédité.

Amours nous transporte en France, en 1908, dans une grande maison bourgeoise où règnent les secrets et les cachotteries. Le maître du lieu, Anselme un notaire, rêve de fonder une famille avec sa jeune épouse Victoire. Bien qu'elle veuille aussi un enfant, elle n'arrive pas à aimer véritablement son mari. Ne recevant pas d'attention de la part de Victoire, Anselme rejoint secrètement sa jeune bonne Céleste dans la chambre à l'étage. Suite aux infidélités répétées, Céleste est enceinte du notaire. Deux employés viennent compléter la maisonnée : Huguette et Pierre. C'est dans ce huis-clos que des amours imprévus naîtront.

L'époque est bien dépeinte ainsi que les différentes classes sociales. Les portraits des deux femmes, Victoire et Céleste, sont très réussis. Elles ont des vies complètement opposées mais aucune d'elles ne se sent vraiment libre ni heureuse. Avec toutes ces conventions, elles sont prisonnières d'un carcan... ou plutôt un corset ! Elles sont unies par plusieurs secrets inavouables. L'histoire est triste mais très belle à la fois. J'ai aussi apprécié l'écriture concise mais douce de l'auteure. Cependant, le revirement de situation est un peu trop surprenant et inattendu. J'ai eu l'impression que l'auteure ne nous avait pas laissé assez d'indices. Il m'a fallu quelques pages pour y croire.

Amours est un magnifique et bouleversant roman sur la place des femmes, la maternité, le désir et l'amour. Je lirai sans doute le premier roman de Léonor de Récondo Pietra viva.

Amours - Léonor de Récondo
Éditions Points 2016
216 pages

mercredi 25 janvier 2017

Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro

Résumé :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.

La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.


Je n'aurais pas choisi naturellement cette BD si je n'avais pas lu de si bons avis. Je ne trouvais pas les dessins particulièrement beaux ni l'histoire de la carte de fidélité particulièrement emballante. Mais, j'aurais eu tort de ne pas y jeter un oeil. Elle se lit d'un trait !

Zaï zaï zaï zaï est différent de tout ce que j'ai pu lire avant. Avec un humour totalement absurde, l'auteur, qui est un fin observateur, se moque complètement de la société actuelle. Il pousse à l'extrême l'individualisme ambiant et dénonce la surconsommation et la manipulation par les médias.

Cette BD a peut-être l'air d'un "gros n'importe quoi" à première vue mais elle fait réfléchir. Je réalise que c'est très difficile d'en parler alors je préfère vous laisser la découvrir.
Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro
Éditions 6 Pieds Sous Terre 2015
64 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Mo.

lundi 23 janvier 2017

Ma plus récente sortie au théâtre : Table Rase

J'ai assisté à Table Rase une pièce jouée au Théâtre Espace Libre à Montréal. L'année dernière, j'étais déçue de ne pas avoir pu la voir. Dès que j'ai su qu'il y aurait une reprise en 2017, j'ai acheté des billets. Malheureusement, au moment d'écrire ces lignes, les représentations sont terminées. La finale avait lieu samedi. À moins que...

Source : Page Facebook Transthéâtre

Six jeunes femmes dans la vingtaine prennent part à un souper dans un chalet. Mais, ce souper n'est pas comme les autres. Le titre est révélateur : avant qu'il ne soit trop tard, elles veulent faire table rase et tout recommencer pour tenter d'être plus heureuses. Elles se réunissent donc pour changer leur vie. Elles s'y sont préparées en coupant les ponts avec leurs partenaires respectifs, en vendant leurs biens matériels et en démissionnant de leurs emplois. 

Le souper de filles chaotique et vibrant dure une heure trente. Ensemble, elles parlent abondamment de sexe mais aussi de relations humaines, du couple moderne, de la maternité, de dépendances et de maladies. Bref, elles parlent de la vie ! Les dialogues sont très crus mais vraiment naturels. Aidées par l'alcool, elles discutent, s'expriment et crient sans aucune censure.

Le dosage entre les moments humoristiques et dramatiques est parfait. Avec des thèmes similaires, cette pièce m'a rappelé Coco que j'ai vue l'année dernière. J'ai vraiment aimé les deux pièces mais Table Rase est définitivement plus licencieuse et va beaucoup plus loin.

Table Rase est une belle pièce féministe (c'est dit avant notre entrée dans la salle, on ne s'en cache pas) dans laquelle les comédiennes, qui ont co-écrit le texte, se sont tout permis ou presque. Leur complicité est évidente. Du théâtre décomplexé, drôle, touchant, vraiment l'fun !

Source : La Bible urbaine

Table Rase (2017)
Texte : Catherine Chabot avec la collaboration de Brigitte Poupart et des interprètes Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Rose Anne Déry, Sarah Laurendeau, Marie-Noëlle Voisin
Mise en scène : Brigitte Poupart

samedi 21 janvier 2017

Chanson douce - Leïla Slimani

Quatrième de couverture :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. 

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Ce roman a figuré dans bon nombre de bilans de fin d'année. Il ne fait pas l'unanimité mais on a amplement parlé de lui. Il a également remporté le Goncourt 2016. J'étais plus que curieuse !

Je ne vous cacherai pas que les premières pages de Chanson douce sont très dures. Nous sommes sur l'horrible scène de crime, dans la salle de bain des Massé, où les enfants ont été retrouvés sans vie. La responsable, c'est Louise, la nounou qui gît là par terre, vivante mais inconsciente. Après quelques pages, je n'étais pas fâchée que la suite soit un peu plus légère, le temps de reprendre mon souffle.

Louise, personnage mystérieux et dérangé, est évidemment le principal intérêt du roman. Cependant, c'est sa relation avec Myriam qui m'intéressait le plus. Myriam veut reprendre sa carrière d'avocate où elle l'a laissé lorsqu'elle est tombée enceinte de Mila puis d'Adam. Elle est déchirée entre son besoin de s'accomplir professionnellement et celui d'être une bonne mère. Louise, par son expérience et sa discipline, lui renvoie un modèle de femme de maison qu'elle ne peut atteindre. Il y a une certaine tension entre elles alors que pour Paul, le père, la situation est plus simple. Pas de compétition, pas de comparaison non plus. Par la bande, l'auteure aborde aussi les différentes classes sociales, la condition des femmes sans papier, la place des femmes sur le marché du travail, etc.

J'ai apprécié l'écriture rythmée et fluide de  Leïla Slimani. Je garde aussi en mémoire de belles scènes dont le voyage en Grèce de la famille accompagnée de Louise et les promenades au parc où les nounous se rencontrent. Ma petite déception concerne la fin que je n'ai pas trouvée à la hauteur du reste du roman.

Chanson douce - Leïla Slimani
Éditions Gallimard 2016
240 pages

vendredi 20 janvier 2017

Votre avis ?

Aujourd'hui, je ne parle pas d'un roman en particulier (mais mon prochain billet sera en ligne bientôt). J'aimerais savoir si vous êtes sur Goodreads, vous, les blogueurs-lecteurs. C'est une plateforme que je découvre mais que j'aime déjà beaucoup.

J'aime scanner les romans, lire les avis, voir mon récapitulatif de l'année en statistiques, connaitre les lectures en cours des gens et comparer les lectures. Et vous ? J'aimerais connaitre votre avis et peut-être devenir ami(e)s, pourquoi pas ? Ça me ferait plaisir. J'y suis sous mon véritable nom. L'invitation est lancée !

dimanche 15 janvier 2017

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette

Quatrième de couverture :

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. 

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes.
Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.


Ça y est, j'ai enfin lu ce roman dont tout le monde parle depuis bientôt deux ans ! Je ne sais pas ce que je pourrais dire qui n'a pas encore été dit. Je me contente simplement d'en rajouter une couche car j'ai eu, moi aussi, un gros coup de coeur pour ce magnifique roman. Il mérite tous les prix remportés.

Les grandes lignes sont connues. Au décès de sa grand-mère Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette est désignée unique héritière avec son frère. Cette femme, elle ne l'a pas connu. Elle est même étonnée d'avoir accès à l'appartement de celle qui a abandonné ses enfants en bas âge au profit de la liberté. Pour retracer sa vie, l'auteure a fouillé les lieux de la défunte, interrogé ceux et celles qui l'ont connu et embauché une détective privée.

Ce que j'ai préféré dans La femme qui fuit est certainement le portrait de femme qui s'étend sur près de 80 ans. Suzanne Meloche était une femme forte et fragile à la fois qui semble avoir vécu plus d'une vie. Il y avait là tout le matériel pour en faire un roman mais encore fallait-il une écriture qui accroche. Anaïs Barbeau-Lavalette l'a. Je n'étais pas certaine d'apprécier la narration au "tu" mais je l'ai oublié après quelques pages. Ça coulait bien. Par cette écriture, j'ai ressenti l'amour-haine de l'auteure pour sa grand-mère.

Lire ce roman, c'est aussi l'occasion d'apprendre sur l'histoire du Québec : les années de guerre, le régime de Duplessis, le refus global et le mouvement automatiste, la sprinteuse québécoise Hilda Strike au Jeux Olympiques de 1932, etc. Il est bien documenté.

Passionnant. Je ne vois pas d'autre mot. Un futur classique québécois sans doute.

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette
Éditions Marchand de feuille 2015
378 pages

mercredi 11 janvier 2017

Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage.


Isabelle Arsenault & Fanny Britt sont les créatrices de du magnifique album Jane, le renard et moi qui a eu beaucoup de succès ici, au Québec, et ailleurs. Elles récidivent avec ce nouvel album Louis parmi les spectres en conservant leur style bien à elles.

À l'instar de leur premier album, les deux créatrices abordent la vie à travers les yeux d'un enfant. Louis est un peu plus âgé que l'héroïne de Jane, le renard et moi. Depuis la séparation de ses parents, il partage son temps entre l'appartement de sa mère en ville et la maison de campagne de son père. Son papa a une dépendance à l'alcool. C'est probablement la raison de la séparation mais pour lui, ça n'a fait qu'empirer les choses. Pour Louis et son petit frère Truffe aussi.

Bien que les thèmes ne soient pas joyeux, ce n'est pas larmoyant du tout. Louis a la chance de pouvoir compter sur son ami Boris pour lui tenir compagnie en ville. Les passages où Boris est présent sont les plus savoureux. Et puis, il y a la belle Billie qui rend la vie de Louis plus belle mais pas nécessairement plus simple ! C'est sans compter la surprise du raton...

J'ai aimé retrouver les doux dessins d'Isabelle Arsenault qui m'avaient plu dans Jane, le renard et moi. Le crayonné est superbe et inventif. Les couleurs pâles, qui ont une signification particulière, ajoutent au charme qui opère déjà.

Un troisième s'il vous plait !

D'autres livres d'Isabelle Arsenault et/ou Fanny Britt sur mon blogue : Jane, le renard et moi et Les maisons (Fanny Britt écrit aussi pour les adultes)
Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2016
160 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

vendredi 6 janvier 2017

L'enfant mascara - Simon Boulerice

Quatrième de couverture :

L’enfant mascara est une histoire d’amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu’elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d’Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l’un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s’être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d’éclat et d’arrogance, dont la vie n’aura été que fulgurance.

Un roman unique, traversé par la profonde empathie de son auteur.


Avant de lire la quatrième de couverture, je ne connaissais pas cet affreux crime survenu en Californie en 2008. Après, j'étais curieuse de découvrir comment Simon Boulerice pouvait faire cohabiter sa fantaisie habituelle et sa poésie avec cette horreur. Il en résulte un roman bouleversant.

Larry/Leticia est un personnage unique. S'il/elle ne fait pas l'unanimité, c'est à cause de son extravagance. Il/elle n'a pas peur d'être lui/elle-même dans cette société qui prône le fait d'être différent... mais pas trop. Son défaut : aimer "trop" fort Brandon. Pas de demi-mesure. Ça frôle le harcèlement. Brandon est présenté de manière étonnamment humaine aussi même si on sait dès le départ qu'il commettra le geste le plus horrible qui soit.

Même si ce n'est pas le but premier du roman, j'ai appris plein d'anecdotes concernant des stars de cinéma, la Californie (que j'aime énormément) et la culture américaine. Apprendre en lisant, j'adore ! Et parce que l'auteur ne fait rien comme les autres, son roman est complètement atypique, parsemé de poèmes et d'acrostiches comme on en faisait enfant.

L'enfant mascara est le livre de Simon Boulerice que j'ai préféré jusqu'à maintenant. On le retrouve dans les rayons pour adolescents mais j'ai l'impression qu'il plaira autant, sinon davantage, aux adultes.

D'autres livres de Simon Boulerice sur mon blogue : Les garçons courent plus vite et Javotte.

L'enfant mascara - Simon Boulerice
Éditions Leméac 2016
184 pages

mercredi 4 janvier 2017

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle

Résumé :

En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".


L'année 2017 débute très bien avec un gros coup de coeur qui m'a attendu sous le sapin. J'ai lu S'enfuir en deux jours durant lesquels je pensais sans arrêt au personnage de Christophe, médecin sans frontière retenu captif. Savoir que l'histoire est vraie la rend encore plus poignante.

Je n'ai pas lu les albums précédents de Guy Delisle même si on me les a souvent recommandés. Ils me semblaient très politiques, trop complexes. Avec celui-ci, j'ai appris certaines choses mais j'en ai surtout ressenties. Comment ne pas avoir un coup de coeur pour un album qui fait tout ça en même temps ?

Pendant plus de 100 jours, Christophe est à la merci de ses ravisseurs tchétchènes qui ne parlent aucune langue qu'il connait. Il ne sait pas pourquoi il est là ni s'il en sortira. Et jamais le lecteur n'aura d'autres informations que lui. Comme si nous étions enfermés avec lui, nous vivons la surprise, l'incompréhension, la colère, la tristesse et l'angoisse. Le récit aurait pu être resserré et ainsi faire moins de pages mais l'idée était probablement d'en faire un aussi long que l'enfermement vécu par Christophe. On ressent l'ennui (mais on ne s'ennuie pas, rassurez-vous) et l'étouffement. L'ambiance est si anxiogène qu'elle a provoqué des réactions presque physiques chez moi. Je suis persuadée que mon coeur s’accélérait à certains moments...

Ce gros album est à lire absolument ! C'est un huis-clos qui nous fait passer par toute la gamme des émotions et qui se lit comme un thriller.

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle
Éditions Dargaud
432 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Moka.