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lundi 30 septembre 2019

Les louves : une équipe de soccer au théâtre

Source : espacego.com

Du sport au théâtre, c'est étonnant ! Une distribution 100% féminine, ça l'est aussi. C'est sur une scène tapissée de gazon synthétique qu'une bande de jeunes femmes entrent au pas de course. Elles sont neuf, ont 16-17 ans et forment l'équipe de soccer des Louves. Nous les accompagnons le temps de leurs échauffements d'avant-match tout au long d'une saison. Elles rêvent presque toutes de se faire recruter, au terme de la saison, par une université américaine.

Dès l'entrée des adolescentes sur le terrain, les sujets de discussion fusent de partout. Légèrement chaotique au départ, le rythme ralenti un peu par la suite. Les joueuses discutent autant de menstruation que des Khmers rouges et ce, dans un langage vif et cru mais très réaliste. Elles sacrent et utilisent un "franglais" assumé tout à fait crédible pour des filles de cet âge. Fanny Britt a certainement fait un gros travail pour adapter la langue car la pièce Les Louves est la traduction de la pièce The Wolves écrite par l'américaine Sarah DeLappe qui a eu un énorme succès aux États-Unis. 

C'est donc tout en s'échauffant (réellement) de façon très synchronisée et en discutant que les membres de l'équipe se révèlent. Nous arrivons à saisir qui elles sont individuellement. Subtilement, on aborde les troubles alimentaires, l'hypersexualisation, l'anxiété de performance, l'homosexualité, la scolarisation à la maison, l'inégalité qui existe entre les hommes et les femmes dans le sport, etc. On explore la dualité du collectif et de l'individualité qui règne dans toutes les équipes. Les Louves forment un tout mais elles ne sont pas toujours tendres les unes envers les autres. Les frictions sont omniprésentes mais elles ne durent pas car, bien elles aient des personnalités et des opinions différentes, elles ont un but commun.  Les adolescentes qui verront la pièce se reconnaîtront sans doute. D'ailleurs, j'ai rarement vu autant de jeunes filles dans un public de théâtre.

Les Louves est une pièce dynamique et résolument féministe. Elle est présentée jusqu'au 6 octobre au Théâtre Espace Go de Montréal mais toutes les représentations sont complètes. C'est dire le succès qu'elle remporte !

Source : espacego.com
Les Louves (2019)
Texte : Sarah DeLappe (traduit par Fanny Britt)
Mise en scène : Solène Paré

mercredi 2 août 2017

Antarctique solo, une sortie au froid !

J'ai assisté à cette pièce de théâtre ce samedi mettant en vedette Rémi-Pierre Paquin. C'est tout ? Oui c'est tout ! Le mot solo dans le titre n'est pas là pour rien. Rémi-Pierre Paquin interprète l'aventurier Frédéric Dion alors qu'il traverse l'Antarctique en kite ski ou paraski. Il est absoluement seul sur scène comme l'était Frédéric Dion durant son audacieux périple. 


Avec une pièce qui dure plus une heure trente, regarder et écouter un seul comédien pourrait être ennuyant mais non ! Rémi-Pierre est incroyablement talentueux. Je l'ai découvert dans Les pays d'en haut dans son rôle de Bidou Laloge, un autre dans lequel il excelle. 

J'ai beaucoup de mal à comprendre les motivations qui poussent un individu à entreprendre une aventure aussi risquée mais j'aime en entendre parler. La pièce est truffée d'informations intéressantes sur le périple de Frédéric Dion et sur les aventuriers qui ont traverse l'Antarctique avant lui en traîneau à chiens par exemple. Les moments sérieux alternent avec des moments légers et humoristiques. C'est bien balancé. On a souvent recours à la technologie, des vidéos sont projetés sur le décor de glaciers, C'est bien pensé. J'ai moins aimé le côté "moralisateur" qui me donnait un peu l'impression d'assister à une conférence de motivation. Je ne suis pas une adepte de ce genre de conférence, j'ai l'impression qu'on me dit comment vivre. 

Cette pièce de théâtre sort de l'ordinaire par son thème, un fait vécu, et par sa mise en scène. L'unique comédien est également excellent. Je la conseille donc à tous y compris aux plus jeunes spectateurs. Elle est présentée à Shawinigan pour quelques semaines encore puis l'équipe partira en tournée au Québec ensuite.

Antarctique solo (2017)
Texte : Bryan Perro
Mise en scène : Pierre-François Legendre

lundi 23 janvier 2017

Ma plus récente sortie au théâtre : Table Rase

J'ai assisté à Table Rase une pièce jouée au Théâtre Espace Libre à Montréal. L'année dernière, j'étais déçue de ne pas avoir pu la voir. Dès que j'ai su qu'il y aurait une reprise en 2017, j'ai acheté des billets. Malheureusement, au moment d'écrire ces lignes, les représentations sont terminées. La finale avait lieu samedi. À moins que...

Source : Page Facebook Transthéâtre

Six jeunes femmes dans la vingtaine prennent part à un souper dans un chalet. Mais, ce souper n'est pas comme les autres. Le titre est révélateur : avant qu'il ne soit trop tard, elles veulent faire table rase et tout recommencer pour tenter d'être plus heureuses. Elles se réunissent donc pour changer leur vie. Elles s'y sont préparées en coupant les ponts avec leurs partenaires respectifs, en vendant leurs biens matériels et en démissionnant de leurs emplois. 

Le souper de filles chaotique et vibrant dure une heure trente. Ensemble, elles parlent abondamment de sexe mais aussi de relations humaines, du couple moderne, de la maternité, de dépendances et de maladies. Bref, elles parlent de la vie ! Les dialogues sont très crus mais vraiment naturels. Aidées par l'alcool, elles discutent, s'expriment et crient sans aucune censure.

Le dosage entre les moments humoristiques et dramatiques est parfait. Avec des thèmes similaires, cette pièce m'a rappelé Coco que j'ai vue l'année dernière. J'ai vraiment aimé les deux pièces mais Table Rase est définitivement plus licencieuse et va beaucoup plus loin.

Table Rase est une belle pièce féministe (c'est dit avant notre entrée dans la salle, on ne s'en cache pas) dans laquelle les comédiennes, qui ont co-écrit le texte, se sont tout permis ou presque. Leur complicité est évidente. Du théâtre décomplexé, drôle, touchant, vraiment l'fun !

Source : La Bible urbaine

Table Rase (2017)
Texte : Catherine Chabot avec la collaboration de Brigitte Poupart et des interprètes Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Rose Anne Déry, Sarah Laurendeau, Marie-Noëlle Voisin
Mise en scène : Brigitte Poupart

lundi 14 mars 2016

Saint-André-de-l'Épouvante... pour avoir peur !

Samedi, j'ai assisté à la pièce de théâtre de l'auteur Samuel Archibald : Saint-André-de-l'Épouvante. C'est aussi lui qui a écrit Quinze pour cent que j'ai lu récemment. Malheureusement, la série de représentations est terminée. J'hésitais donc à en parler mais le texte de la pièce est disponible en livre (paru chez Le Quartanier).

Samuel Archibald n'est pas un habitué du théâtre, c'est sa première pièce. Il l'a fait avec un genre différent : l'épouvante. Je n'avais jamais vu une pièce qui donne des frissons et c'est ce qui m'a attiré. J'aime ce qui est mystérieux dans les livres et les films, alors pourquoi pas au théâtre ?

Un soir d'orage, tout le village de Saint-André-de-l'Épouvante est privé d'électricité. Il fait si mauvais que des passants se sont arrêtés au Bar du coin dans lequel travaille Loulou. Ils attendent que ça se calme pour reprendre la route. À l'intérieur, il y a Rénald un jeune homme tout juste sorti de l'hôpital psychiatrique, Mario un villageois, Martial le policier à la retraite et un étranger que personne ne connait. Prisonniers de l'endroit pendant plusieurs heures (des gestes au ralenti nous permettent de comprendre que le temps est long), ils décident de se raconter des histoires de peur pour passer le temps.

Source : aboutmtl.ca
Ce que j'ai préféré dans cette pièce, c'est l’atmosphère angoissante. Elle était très bien rendue avec les effets sonores et l'éclairage. Parfois, l'obscurité est quasi complète avec seulement des "fashfly" (comme dit Rénald) alors qu'à d'autres moments l'éclairage est plus important. C'était parfait pour se raconter des histoires de fantômes. J'ai l'impression que c'est une tradition qui se perd et que les légendes ne sont plus aussi souvent transmises oralement. J'ai aimé qu'on le fasse au théâtre. Par contre, certaines histoires m'ont paru un peu longues.

Au final, j'ai passé un bon moment à Saint-André avec les personnages de Samuel Archibald. J'en rencontrerai d'autres bientôt à Arvida avec son roman que je souhaite lire depuis un moment déjà.

Saint-André-de-l'Épouvante (2016)
Texte : Samuel Archibald
Mise en scène : Patrice Dubois

dimanche 14 février 2016

Une soirée au chalet avec Coco

Non, je ne fais pas que lire. Parfois, je sors aussi. J'ai profité d'une fin de semaine à Montréal pour aller voir une pièce de théâtre à la Petite Licorne. Je n'avais jamais mis les pieds dans cette toute petite salle et j'ai adoré ! J'avais l'impression plus que jamais d'être dans la pièce, d'être au chalet avec Coralie, Katia, Maggie, Simone et Viviane. Et j'aurais voulu faire parti de la bande (sauf peut-être quand elles sont dans un sanctuaire de vérité) !

Source : Programme offert aux spectateurs

Peu après la mort de l'une d'entre elles, les filles se réunissent au chalet des soeurs Maggie et Katia pour lire le journal intime de la défunte. Elles se remémorent alors les meilleurs et les pires moments de leur amitié au fil des ans. Ces filles, très différentes les unes des autres, sont un peu des caricatures mais Coralie (Coco) se démarque du groupe. Plus secrète, elle est difficile à saisir. C'est le personnage qui m'a le plus intrigué mais les autres m'ont touchée et m'ont beaucoup fait rire. Les sujets virevoltent allant des légers aux plus lourds avec une grand fluidité. Si l'amitié est le principal, on en aborde plusieurs autres : maladie, mort, sexualité, homosexualité et maternité. J'ai aimé aussi les moments où les filles nous livrent leurs pensées pêle-mêle dans l'obscurité comme si elles ne pouvaient le faire à visage découvert.

Bref, j'ai beaucoup, beaucoup aimé. Si Nathalie Doummar écrit de nouveau une pièce, je serai au rendez-vous.

Source : lapresse.ca (Eva-Maude TC)
Coco (2016)
Texte : Nathalie Doummar
Mise en scène : Mathieu Quesnel

samedi 4 avril 2015

Anne Frank sur les planches

Cette semaine, j'ai fait une rare mais très belle sortie au théâtre pour voir l'adaptation du Journal d'Anne Frank. Et quand quelque chose remue plein d'émotions à l'intérieur, j'ai forcément envie d'en parler même si je ne m'y connais pas du tout en théâtre. Je l'avais dit l'an dernier : je ne vois qu'une pièce ou deux par année.
Source : Programme offert aux spectateurs

Tout le monde connait une parcelle de l'histoire d'Anne Frank qu'on ait lu son Journal ou non. Je ne l'ai jamais lu en entier mais je compte remédier à la situation prochainement. Quoi qu'il en soit, nous connaissons le triste sort de la jeune juive et de sa famille. Il était alors tout à fait indiqué de commencer par la fin. Dès la première scène, où apparaît Otto Frank (Paul Doucet) à la gare cherchant ses deux filles, j'ai apprécié la musique et les images projetées qui rendent le tout très cinématographique. Quand on sait que la musique est de Jorane, on ne s'étonne pas qu'elle soit magnifique. Les scènes qui alternent entre "l'après" et "l'avant" m'ont aussi fait penser à un découpage de film. Le ton est parfois grave mais il n'est pas dénudé d'espoir et d'humour. Ces petits moments plus légers sont bienvenus. J'ai aimé voir les personnages, à certains moments, s'amuser dans l'Annexe. Mylène St-Sauveur m'a totalement convaincue dans le rôle d'Anne Frank. Bien qu'elle ait au moins 10 ans de plus de son personnage, elle incarne parfaitement cette adolescente vive et réfléchie à la fois. Elle a cette charmante candeur qui semble tout à fait naturelle.

Source : Site internet montrealgazette.com

Alors non, je ne m'y connais malheureusement pas en théâtre (je ne prétends pas vraiment m'y connaître en littérature non plus) mais je sais apprécier ce qui est beau et bien fait. C'est une pièce que je ne suis pas près d'oublier !

Le journal d'Anne Frank (2015)
Texte : Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène : Lorraine Pintal

lundi 7 avril 2014

Un peu de théâtre : L'auberge des morts subites

Avec ce billet, j'inaugure une nouvelle catégorie sur mon blog. Je sais d'avance qu'elle n'aura pas énormément d'importance car je ne sors environ qu'une ou deux fois par année pour voir une pièce de théâtre. 

Dernièrement, j'ai vu  L'auberge des morts subites une création de Félix Leclerc. J'étais étonnée de n'avoir jamais entendu parler de ses pièces. Jusqu'à récemment, je croyais qu'il n'avait écrit que des poèmes et des chansons. En fouillant un peu, j'ai réalisé qu'il en avait écrit plusieurs. Honte à moi ! 

L'auberge des morts subites est un endroit quelque part entre notre monde et le ciel. Des gens récemment décédés s'y retrouvent comme en transition. Pour aller au ciel, le personnel de l'auberge doit d'abord les déshumaniser, leur faire perdre leur intérêt pour le matérialisme. Ce n'est pas chose facile pour l'homme d'affaire et la chanteuse imbue d'elle-même. Le fermier et l'intellectuel français ne semblent pas tellement plus à l'aise de délaisser leur vie matérielle non plus. Je ne connaissais pas l'acteur Stéphan Côté interprétant l'homme d'affaire de Toronto mais c'est vraiment lui qui vole la vedette.

Ce qui m'a aussi grandement étonnée est le ton très humoristique de cette pièce. Je ne connaissais pas ce côté de Félix Leclerc. Par contre, l'humour prend tellement le dessus qu'il relègue malheureusement la réflexion au deuxième plan ce qui m'a un peu déçue. 


L'auberge des morts subites (2014)
Texte : Félix Leclerc
Mise en scène : Michèle Deslauriers