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vendredi 5 mars 2021

Paul à la maison - Michel Rabagliati

Résumé :


Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entre-temps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien…

Paul à a maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.


Je suis une fan inconditionnelle de la série Paul et ce, depuis les  premiers albums. J'ai très rarement été déçue par un Paul et je ne l'ai pas été du tout avec Paul à la maison. Il figure même parmi mes préférés. Il vient d'ailleurs de remporter un prix au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en France.

Ce 9ème tome de la série est beaucoup plus mélancolique mais toujours aussi vrai et sincère. J'ai assisté à une rencontre-conférence avec le bédéiste Michel Rabagliati il y a presque trois ans maintenant. Il nous avait entretenu pendant deux heures à propos de son processus de création. À la toute fin, il nous avait parlé de ce nouvel album sur lequel il travaillait. C'était Paul à la maison. C'est précisément à ce moment-là qu'il vivait ce que son personnage vit dans ce tome. Il n'avait que très peu de recul. C'était spécial de le lire en y pensant. 

Même s'il est question de multiples séparations et deuils, il y a plusieurs clins d'oeil qui m'ont fait sourire. Ce n'est ni trop lourd ni trop triste. Par contre, si en cette période difficile, vous cherchez un album drôle et joyeux, ce n'est pas ce Paul-là que je vous recommanderais. 

Paul à la maison - Michel Rabagliati
Éditions La Pastèque 2019
208 pages

mercredi 18 mars 2020

Jours d'attente - Simon Leclerc & Thomas Desaulniers-Brousseau

Résumé :

Pendant que s’étire la Deuxième Guerre mondiale, Jérôme Beauvais s’est réfugié en forêt et il attend. Après sa désertion des Forces canadiennes, sa mère l’a envoyé dans cet endroit où il vit reclus auprès de son taciturne grand-père, qui l’occupe avec les rénovations de sa vieille maison. Bientôt, Jérôme s’intéresse à l’histoire des lieux, ponctuée de crimes et de morts suspectes.

À mesure que son isolement grandit, Jérôme s’abîme dans les secrets de la demeure. Un suicide, un incendie et des murmures de sorcellerie hantent ses pensées, prenant peu à peu le pas sur la réalité de la guerre et sur ses propres fantômes.

Jours d'attente, il me semble que ça convient parfaitement à la période de distanciation sociale et de confinement que nous vivons présentement. Si j'ai choisis de vous en parler maintenant, c'est parce que je me sens un peu comme le personnage principal de cet album ces jours-ci.

Jérôme est un jeune déserteur de l'armée canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Alors que les troupes sont en Europe, Jérôme se réfugie dans le chalet de son grand-père au fond des bois. Téméraire, il va parfois en ville pour voir son amoureuse même si sa famille ne cesse de lui répéter que ses visites sont risquées. Quelqu'un pourrait le dénoncer à tout moment. Avec son grand-père, il travaillera le bois et il apprendra à rénover une maison. Cependant, ce qui l'intéresse surtout, c'est de découvrir l'histoire des gens qui ont habité l'endroit avant eux. Il serait question d'un feu, d'un suicide et de plusieurs autres mystères.

Si j'ai aimé généralement le scénario, je dois dire que je n'ai pas tout compris non plus. Tout est flou, suggéré et étrange. C'est probablement voulu. Le personnage fait face à ses propres démons (syndrome post-traumatique ?) alors qu'il cherche désespérément à comprendre ceux des anciens occupants du chalet. Nous voguons entre la réalité et les visions du personnage. Malheureusement, à la fin de ma lecture, plusieurs de mes questionnements sont restés sans réponse.

Les dessins sont tout à fait atypiques. Le style de Simon Leclerc est unique. Je ne saurais le décrire. Il vaut mieux que vous y jetiez un coup d'oeil que je tente de vous le décrire avec mon peu de connaissances en la matière.

À vous de voir maintenant si ces thèmes et ces dessins peuvent vous plaire !


Jours d'attente - Simon Leclerc & Thomas Desaulniers-Brousseau
Éditions La Pastèque 2019
272 pages

jeudi 23 janvier 2020

Nausées matinales et autres petits bonheurs - Boum

Résumé :

Lorsqu'on parle de grossesse, on entend bien des choses. Certaines sont vraies alors que d'autres semblent tout droit sorties d'un film de science-fiction! Comment démêler les mythes de la réalité? 

Forte de son expérience, Boum nous présente une bande dessinée qui devrait répondre à toutes vos questions ou presque...


Comme vous le voyez, mes récents choix de lectures sont influencés par ce qui se passe dans ma vie. N'était-ce pas souvent le cas pour tous les lecteurs ?

Cette petite bande dessinée humoristique m'a attirée tout de suite autant grâce à son titre qu'à ce beau jaune soleil. Enceinte pendant ma lecture, je m'y suis beaucoup retrouvée mais c'est une bande dessinée qui peut plaire à tous. Nul besoin d'être enceinte pour l'apprécier. Avec ces petites anecdotes, elle fera sourire tous les lecteurs. D'ailleurs, les conjoints devraient la lire pour comprendre un peu mieux ce que vivent leurs conjointes. Et c'est promis, ils ne s'ennuieront pas ! 

Boum a créé une jolie bande dessinée bien documentée et très drôle !

Nausées matinales et autres petits bonheurs - Boum
Éditions La Pastèque 2019
88 pages

mardi 5 novembre 2019

Dans un rayon de soleil - Tillie Walden

Résumé :

Aux confins de l'espace, Mia s'engage sur un vaisseau dont l'équipage restaure des structures architecturales du passé. Alors qu'elle semble y trouver une nouvellle famille, ses souvenirs refont surface: cinq ans auparavant, elle a rencontré Grace au pensionnat et en est tombée éperdument amoureuse...


Tillie Walden. Le nom de cette bédéiste américaine ne vous est peut-être pas familier pour le moment mais je crois qu'il le deviendra dans les prochaines années. Plusieurs de ses bandes dessinées ont été traduites en français récemment et elles gagnent à être connues. Pour ma part, je l'ai découverte avec Spinning, une autobiographie qui mêlait adolescence, isolement, sport de haut niveau (patinage artistique) et découverte de l'homosexualité. C'est grâce à Spinning que j'ai osé me plonger dans l'album Dans un rayon de soleil. La science-fiction ne m'attire pas spécialement. Pourtant, j'ai beaucoup aimé.

Tout au long de l'histoire, nous naviguons entre le passé et le présent. Le présent, c'est Mia qui commence un nouveau boulot. Elle se joint à quatre autres collègues qui, à bord d'un vaisseau, vont restaurer de vieilles structures délabrées dans l'espace. Le passé, c'est lorsqu'elle était au pensionnat. Loin d'être une élève modèle, elle rencontre Grace alors qu'elle est convoquée en retenue. Grace changera sa vie. Elle en tombera éperdument amoureuse.

À l'instar de Spinning, cet album a un nombre impressionnant de pages. Il est vraiment lourd et très peu pratique pour la lecture. Cependant, il s'agit du seul reproche que je pourrais lui faire. Bien que l'univers soit très éloigné de ce que j'ai l'habitude de lire, j'ai embarqué dans cette histoire rapidement. Lorsque le présent se mêle au passé, c'est encore meilleur ! Les personnages sont intéressants et très loin des stéréotypes habituels. D'ailleurs, l'un d'eux, Ellie, est une personne non-binaire. On le mentionne dès les premières pages. Toutes les autres collègues de Mia sont des femmes car, étonnamment, il n'y a aucun homme dans cet univers. Rien n'est expliqué ni même souligné. Tout semble très naturel pour elles. Au départ, j'avais un peu de mal à les distinguer les unes des autres mais tout s'est vite réglé après quelques pages. J'ai beaucoup aimé les illustrations et les couleurs qui varient selon l'époque ou les émotions.

Je vous conseille tous cette belle grosse BD atypique. Et si jamais la science-fiction, le féminisme et les histoires d'amour, ça vous parle, c'est encore mieux !

Un autre album de Tillie Walden sur mon blogue : Spinning
Dans un rayon de soleil - Tillie Walden
Éditions Gallimard 2019
544 pages

samedi 17 février 2018

Spinning -Tillie Walden

Résumé :


A douze ans, Tillie pratique le patinage artistique à un haut niveau. Sa vie est rythmée par des entraînements, tôt le matin et le soir après l'école. La plupart de ses week-ends sont consacrés à la compétition. En grandissant, cette vie devient de plus en plus pesante. Et il est si difficile pour elle d'assumer ouvertement son homosexualité dans une discipline sportive véritablement conservatrice. Au fil des épreuves qu'elle traverse à la maison, à l'école ou sur la patinoire, se dessine le portrait d'une jeune adolescente qui affirme son identité et crie sa liberté.

Ces derniers temps, je ne lis pas beaucoup et je publie encore moins ici. Très occupée, je manque de temps et d'énergie alors je ne lis que des bandes dessinées... ou presque. Ça se lit tellement bien, c'est comme des vacances pour le cerveau ! Aujourd’hui, j'ai choisis de vous parler d'un bon gros roman graphique lu récemment qui est drôlement de circonstance avec les Jeux olympiques qui battent leur plein à Pyeongchang.

Spinning est l'histoire vraie de son auteure américaine Tillie Walden à une période difficile de sa vie : l'adolescence. Elle est une jeune fille solitaire qui patine depuis son plus jeune âge. Alors que plusieurs changements surviennent dans sa vie, dont un déménagement et la découverte de son homosexualité, elle se questionne sur les raisons qui la poussent à continuer un sport qui ne lui procure plus de plaisir.

Ils sont rares les livres qui abordent la vie de jeunes athlètes et c'est ce qui m'a d'abord attirée. Je travaille avec de jeunes athlètes et j'ai moi-même pratiqué le même sport à un bon niveau pendant dix ans. Il y a inévitablement des moments plus sombres et des questionnements et l'auteure les exprime parfaitement bien. Les horaires hyper chargés, les sacrifices quotidiens, l'éloignement de la famille, la fatigue et la lassitude, ça fait aussi partie de la carrière sportive et c'est beaucoup moins glorieux que les médailles remportées à la télévision ! Pour Tillie, le patinage artistique est devenu une corvée mais elle continue parce qu'elle a atteint un excellent niveau et parce que c'est une partie intégrante de sa personne maintenant. Elle EST une patineuse artistique. 

Deux autres thèmes m'ont touchée : la solitude et la découverte de l'homosexualité. Tillie aime les moments seuls à l'hôtel mais elle vit tellement d'isolement, et même un peu d'intimidation, c'en est triste. Elle a peu d'amis et sa famille n'est jamais présente lors des compétitions. Le moment où elle explique qu'elle adorait son ancienne entraîneure est bouleversant. On comprend en lisant entre les lignes qu'elle était la figure maternelle qui lui manquait à la maison. Bien entendu, son homosexualité la fera sentir encore plus à part des autres. Elle vivra quand même un premier amour.

Bref, Spinning n'est pas un roman graphique toujours joyeux mais il est intime, vrai et extrêmement bien fait. Et sachant que Tillie Walden avait à peine 21 ans lors de sa création, c'est une jeune auteure à suivre sans faute !
Spinning -Tillie Walden
Éditions Gallimard 2017
400 pages

mercredi 10 janvier 2018

Paper Girls (T.2) - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher

Résumé :

Depuis ce curieux soir d'Halloween, de grands oiseaux tueurs ont envahi le ciel de Stony Stream. Sur leur dos, les "ancêtres" capturent un à un les habitants et pourchassent les jeunes voyageurs temporels qui tentent de leur résister. Un conflit de générations au coeur duquel Mac, Erin, KJ et Tiffany se retrouvent projetées non plus en 1988... mais en 2016 !


En octobre, j'ai lu le tome 1 de cette série de comics de science-fiction. On l'avait comparé à la série télévisée Stranger Things alors je ne pouvais pas passer à côté. Je suis une fan ! Si j'ai lu récemment le deuxième, c'est parce que j'avais plutôt aimé le premier même si tout me semblait un peu compliqué et que je n'avais pas tout saisi.

Paper Girls est l'histoire de quatre jeunes livreuses de journaux américaines : Mac, Erin, KJ et Tiffany. Elles découvrent par hasard une machine qui ne semble pas provenir de la Terre le lendemain de la fête de l'Halloween. Par la suite, les découvertes étranges se succèdent et une des quatre jeunes filles disparaît...

ATTENTION petits spoilers du tome 1
Le premier tome se terminait sur un cliffhanger assez fort alors qu'un personnage rencontre son double. Je ne veux pas en dire trop mais le procédé m'a fait penser au scénario de la bande dessinée Luisa ici et là de Carole Maurel. Ceux qui l'ont lu comprendront. La suite est intéressante aussi même si je n'ai pas tout compris encore une fois. On m'a encore perdue avec des éléments de science-fiction complexes. Mais, j'ai aimé la petite enquête que mènent les filles et qui entoure la disparition de l'une des leurs. J'ai aimé également l'humour qui est très présent et toutes les allusions aux années 80.

Paper Girls n'est pas une série sans défaut mais je continuerai car le plaisir est tout de même présent ! J'espère que le troisième viendra avec un peu plus de réponses.
Paper Girls (T.2) - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher
Édition 2017
136 pages

mercredi 13 décembre 2017

Winter Road - Jeff Lemire

Résumé : Pimitamon, petite ville canadienne au nord de l’Ontario. Derek, ancien joueur de hockey sur glace, vit là entre dépression, alcoolisme et bagarres. Sa vie s’est brisée quelques années auparavant quand un brutal incident l’a contraint à arrêter net sa carrière. Pour gagner sa vie, il a repris le restaurant de sa mère, décédée. Il n’attend plus rien des jours qui passent jusqu’à ce que sa sœur lui revienne, fuyant la violence conjugale, la drogue et la vie de misère dans les rues de Toronto. Ensemble, pour échapper à la spirale infernale de l’ennui et de la pauvreté, ils partent vivre en forêt, renouant avec leurs origines indiennes, et se débattant encore contre de farouches démons…


Jeff Lemire est un de mes bédéiste canadiens (hors Québec) favoris. De sa bibliographie, j'ai d'abord lu Essex County que j'ai bien aimé. Ensuite, j'ai lu Jack Joseph soudeur sous-marin que j'ai préféré à Essex County. Winter Road est mon troisième titre de Jeff Lemire et je crois qu'il est mon préféré jusqu'à maintenant. Le plus beau dans tout ça : Jeff Lemire est très productif, j'ai plein de belles BD de lui à découvrir encore !

Au départ, l'ambiance n'est pas à la fête dans Winter Road. Derek est un ancien joueur de hockey originaire de l'Ontario (tout comme l'auteur) qui a vu sa carrière se terminer suite à une altercation violente sur la patinoire lors d'une partie. Depuis l'enfance, sa vie n'est pas aussi heureuse que ses partisans auraient pu le croire. Depuis qu'il ne joue plus, il est alcoolique et dépressif. Sa vie change lorsque sa soeur réapparaît à Pimitamon, la ville de leur enfance, droguée et fuyant un conjoint violent.

Derek n'est pas un personnage qui plait aux premiers abords, il faut lui laisser une chance de se faire valoir. Les thèmes ne sont peut-être pas très positifs non plus mais rassurez-vous, il y a de l'espoir. Cette BD se lit comme un thriller, elle est réaliste mais enlevante. Les dessins servent tout à fait le propos, ils ni propres ni doux, au contraire ! Les couleurs évoquent bien le froid et les décors enneigés.

J'ai adoré cette BD que j'ai lue d'une traite ! Son seul défaut : la traduction est définitivement trop française. Dire "avec sa crosse" quand on parle d'un bâton de hockey, ça ne juste marche pas !

D'autres albums de Jeff Lemire sur mon blogue : Essex County et Jack Joseph soudeur sous-marin
Winter Road - Jeff Lemire
Éditions Futuropolis 2016
280 pages

mercredi 18 octobre 2017

Paper Girls - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher

 Résumé :

Au lendemain de la célèbre fête d'Halloween, la petite ville de Stony Stream, Ohio, s'éveille. C'est du moins le cas de Mac, KJ, Tiffany et Erin, quatre jeunes livreuses de journaux. La routine des tournées matinales est enclenchée, jusqu'au moment où leur itinéraire croise celui d'un groupe d'étranges individus encapuchonnés, violents et au langage inconnu ; et d'une mystérieuse machine dont tout semble indiquer qu'elle ne viendrait pas de la Terre... Une découverte qui pourrait bien changer leur vie à jamais.


J'attendais le mois d'octobre pour commencer cette série de bandes dessinées. L'histoire débute le jour de l'Halloween. C'est toujours plus facile de se mettre dans l'ambiance quand nous nous approchons réellement du 31 octobre. Paper Girls est une série de plusieurs tomes dont les 3 premiers sont traduits en français. On y suit quatre jeunes filles qui ont comme travail de distribuer à l'aube des journaux directement aux maisons. Le matin du 1er novembre 1988, leur vie changera à jamais lorsqu'elles font plusieurs découvertes étranges.

Paper Girls rappelle inévitablement la série Stranger Things. Ça se déroule à la même époque et les quatre jeunes filles qui se déplacent à vélo font penser aux quatre garçons de la série. Les bandes de jeunes ont la cote en ce moment dans le monde horrifique de même que les années 80. En écrivant ces lignes, je pense également à la nouvelle adaptation de IT (Ça) de Stephen King qui est présentement dans les cinémas. D'ailleurs, le découpage de Paper Girls est très cinématographique.

J'ai beaucoup aimé le début, l'ambiance est superbe. J'ai également aimé le dernier tiers de l'album, on nous laisse sur un cliffhanger qui nous donne inévitablement le goût de lire la suite. Le tiers du milieu m'a paru plus brouillon. Les manifestations fantastiques sont nombreuses et il y a plusieurs éléments que je n'ai pas saisis. J'espère que le deuxième tome m'éclairera...



Paper Girls - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher
Éditions Urban Comics 2016
160 pages

mercredi 20 septembre 2017

Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald

Résumé :

La jeune Meags est une enfant comme les autres, bien qu'elle sente déjà au fond d'elle-même qu'elle n'est pas exactement comme ses amies. Longs cheveux roux est un récit autobiographique intimiste sur fond de sorcellerie et de solidarité féminine, dans lequel Meags Fitzgerald revient sur ses premiers émois amoureux de même que sur la découverte et l'acceptation de sa propre bisexualité. S'inspirant de ses expériences personnelles, l'auteure propose une réflexion forte et articulée sur la différence, la place des femmes à travers l'histoire ainsi que l'influence de la culture populaire sur la construction de notre identité.

Publié en anglais en 2015, Longs cheveux roux a connu un succès critique marqué dans sa version originale.


Voici un autre album lu cet été. C'était il y a un moment déjà mais je n'en avais pas parlé ici. La bédéiste Meags Fitzgerald, qui m'était inconnue, est une canadienne anglophone qui doit avoir à peu près mon âge. Dans ce roman graphique, elle raconte son enfance dans les années 90 puis son adolescence à travers différentes anecdotes. Jeune fille curieuse et allumée, elle est fascinée par l'étrange, la magie, le fantastique, la sorcellerie puis... les longs cheveux roux ! Elle découvre également durant ces années que son orientation sexuelle est différente de la majorité de ses copains, elle est bisexuelle.

J'ai beaucoup aimé le retour en arrière offert par cet album. J'y ai retrouvé plein de références de mon enfance et mon adolescence : émissions de télévision, des livres et même des jeux de société ! Les thèmes sont abordés de belle façon (la chasse aux sorcières ou plutôt la chasse aux homosexuels est intéressante) mais ils ne le sont qu'en surface. J'aurais aimé plus de profondeur. J'ai tout de même aimé Longs cheveux roux pour ses dessins, ses thèmes et surtout, pour le plaisir nostalgique qu'il m'a procuré !
Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald
Editions POW POW 2017

96 pages

dimanche 6 août 2017

Une longue canicule - Anne Villeneuve

Résumé :

Une longue canicule, la première bande dessinée d’Anne Villeneuve, met en scène Marie-Hélène, une jeune femme quittant les Îles-de-la-Madeleine pour venir s’installer à Montréal. La jeune fille découvre une nouvelle ville, ses habitants et apprend à vivre avec son déracinement et les démons de son passé. Œuvre sensible et intimiste, le récit se déroule sur une durée de quelques jours durant lesquels la métropole est plongée dans l’une des plus chaudes canicules de son histoire.


Je vous présente aujourd'hui une autre BD québécoise pour laquelle j'ai eu un coup de coeur ! J'attendais une canicule pour la lire (je l'attends toujours...) mais peu importe le temps, on passe un excellent moment avec cet album !

Le point de départ est simple : une jeune femme, Marie-Hélène, quitte ses Îles-de-la-Madeleine natales pour s'installer au coeur de Montréal. Le changement est brusque et déstabilisant. Elle n'a jamais été entourée par autant de gens mais elle se sent très seule. Elle a peu d'alliés : Nestor un collègue de travail français et Marguerite sa vieille voisine solitaire mais sympathique. Sa vie semble tranquille mais ne elle ne le restera pas... Et puis, l'amour n'est pas bien loin non plus.

J'ai eu un gros coup de coeur pour la magnifique couverture bleue mais ce qu'il y a à l'intérieur est aussi bien. L'ambiance de canicule est géniale, les dessins en noir et blanc sont beaux et le scénario tient la route. On passe par toute la gamme des émotions. Je l'ai dévoré d'un trait !

Bref, Une longue canicule est une belle BD intime et douce à s'offrir !

Une longue canicule - Anne Villeneuve
Éditions Mécanique Générale 2017
216 page

dimanche 30 juillet 2017

L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab

 Résumé :

Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.


J'aime beaucoup retrouver l'ambiance des camps de vacances dans les livres et les bandes dessinées ayant été moi-même campeuse et animatrice à certains moments de ma vie. D'ailleurs, dans un style différent mais tout aussi intéressant, j'avais adoré Paul a un travail d'été de Michel Rabagliati qui avait aussi cette thématique. Si vous connaissez d'autres titres, je suis preneuse !

Dans L'Esprit du camp, nous vivons le premier été d'Élodie, 17 ans, comme monitrice de camp de vacances. Nous faisons vite connaissance avec les autres moniteurs et monitrices (pourquoi n'ont-ils pas de noms de camp?) et le directeur qui est tout un personnage. C'est le moins qu'on puisse dire ! Les moniteurs ne sont pas des modèles : ils sacrent devant les jeunes campeurs, se font bronzer sur la plage sans surveiller les enfants se baignent, etc. Je ne leur confierais pas mes enfants mais ils sont drôles et c'est l'important ! Mais les plus drôles, ce sont définitivement les campeurs. Les petites rousses du groupe d'Élodie n'ont vraiment pas la langue dans leur poche !

Un deuxième tome est prévu. J'espère qu'il répondra à nos interrogations : qui est véritablement le directeur ? Y'a-t'il vraiment quelque chose de maléfique dans la forêt ? Est-ce que Catherine ressent plus que des sentiments d'amitié pour Élodie ? Il y a un soupçon de fantastique et peut-être une histoire d'amour à prévoir pour la suite.  Je la lirai assurément.

Crue, colorée, drôle et déjantée, c'est une BD estivale géniale !
L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab
Éditions Studio Lounak 2017
104 pages

mercredi 5 juillet 2017

Corps sonores - Julie Maroh

Résumé :

Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s’entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l’amour. Cette inconnue à laquelle même la science ne peut donner d’explication, ce concept qui nourrit l’imaginaire des artistes depuis toujours, est au cœur du nouveau roman graphique de Julie Maroh.

À travers vingt et une nouvelles de bande dessinée, sur 300 pages, l’auteure retrace les différentes étapes d’une relation amoureuse : les premiers flirts, les rendez-vous manqués, la vie sous le même toit, la rupture... Interrogeant les émotions, convoquant les sens, elle décrit les parcours de personnages criants de vérité. Loin des supposées « normes » de genre et des stéréotypes physiques ou raciaux, leurs corps, dans leur diversité, sont les nôtres. Avec eux, nous partageons l’excitation, les doutes, la tristesse, la joie, la honte, la colère. Comme eux, nous aimons.

Corps sonores est un ouvrage à la fois universel et résolument contemporain dans ce qu’il donne à voir de la réalité humaine.


Julie Maroh, ce nom vous dit certainement quelque chose. C'est elle qui est derrière Le bleu est une couleur chaude, une BD pour laquelle j'avais eu un coup de coeur. Elle a été adaptée aussi sous le titre de La vie d'Adèle. Corps sonores, le deuxième album d'elle que je lis est composé de courtes (et de très courtes) histoires qui ont en commun le thème de l'amour et le lieu, c'est-à-dire la ville de Montréal. D'ailleurs, cet extrait est juste et magnifique :

"Tout commence un 1er juillet puisqu'à Montréal tout change chaque 1er juillet: c'est la journée typique des déménagements. Les corps chargent et déchargent des véhicules en résonnant d'émotions, Espoir, nostalgie, peur, doute, excitation.... Dans ce chaos organisé et sous la chaleur accablante, tout le monde offre les cadavres de son ancienne vie sur les pelouses des allées et emporte le reste, vers la vie à venir."

J'ai aimé retrouver des décors montréalais : les tam-tams du Mont-Royal, la Ronde, etc. Cependant les "traductions" d'expressions québécoises à répétition m'ont agacé alors que d'autres trop "françaises" pour être dites par des québécois m'ont fait grincer des dents. Le langage n'est pas au point et même sans le savoir, on devine facilement que c'est écrit par une française.

J'ai été surprise que l'auteure considère le polyamour est bien accepté au Canada. Nous sommes une société plus ouverte que bien d'autres à propos de la diversité sexuelle mais le message envoyé me paraît bien loin de la réalité. Je n'ai jamais entendu parler de polyamour vécu au quotidien... Alors dire qu'il est bien accepté et ce depuis des années, ça me semble exagéré malheureusement.

Comme dans tous les recueils d'histoires ou de nouvelles, certaines nous touchent plus que d'autres évidemment. Ce fût le cas ici aussi. L'épilogue est l'une de celle que j'ai préférée. L'album est un peu inégal mais il vaut quand même le détour.

Un autre album de Julie Maroh sur mon blogue : Le bleu est une couleur chaude
Corps sonores - Julie Maroh
Éditions Glénat 2017
304 pages

mercredi 21 juin 2017

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu

Résumé :

Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d'investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde. "Les Culottées" ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.


Récemment, j'ai lu ce deuxième tome des Culottées de Pénélope Bagieu. Aussi bien vous le dire tout de suite : j'ai eu le même gros coup de coeur qu'avec le premier tome !

Dans ce tome comme dans le précédent, on nous présente la vie de quinze femmes inspirantes. On s'est intéressé davantage à des héroïnes du siècle dernier dans ce tome ce qui fait que quelques unes d'entre elles sont toujours vivantes aujourd'hui.

Pénélope Bagieu sait raconter la vie de ces femmes autant avec des anecdotes croustillantes que des faits historiques. Elle met toujours le doigt sur le petit détail surprenant et intéressant qui change tout. Impossible après ces histoires de ne pas avoir envie de googler leurs noms pour en savoir plus et pour voir des photos ! Les dessins sont beaux, efficaces et détaillés. Et, encore une fois, les doubles pages sont magnifiques. Bref, j'adore !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : California Dreamin'Culottées (tome 1) et Cadavre exquis

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2017
170 pages



Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

mercredi 31 mai 2017

Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel

Résumé :

Elles s'aiment et après des années d'attente, d'espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur.

L'amour, l'évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l'eau, loin des Ecumes.


Il y a un bon moment que je veux la lire celle-ci, c'est maintenant chose faite ! Écumes est une autre superbe BD illustrée par Carole Maurel qui aborde des sujets délicats et encore peu traités.

Deux jeunes femmes espèrent avoir un enfant. Les essais se succèdent sans résultat. L'attente devient de plus en plus insupportable et l'espoir se désagrège au fil des visites à l'hôpital. L'impossibilité d'avoir un enfant devient un poids difficile à porter. L'une d'elle écrit des contes pour se libérer de cette douleur. Puis, un jour, un petit embryon s'accroche...

Les sujets sont délicats mais vraiment bien abordés. L'histoire est touchante et poétique de même de les dessins de Carole Maurel qui me plaisent toujours autant. Elle remuera sans doute davantage ceux et celles qui sont passés par là mais impossible de ne pas être profondément touchée par cette histoire et cette sensibilité. Une belle réussite !

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Collaboration horizontaleLuisa ici et là et L'apocalypse selon Magda


Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel
Éditions Steinkis 2017
88 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

mercredi 15 mars 2017

Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel

Résumé :

1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah,

décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres.

Collaboration Horizontale, c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation... Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.


Ce titre, je l'attendais depuis que j'ai découvert les dessins et les histoires de Carole Maurel dans Luisa ici et là ainsi que L'apocalypse selon Magda. Avec le contexte de la Seconde Guerre mondiale et les histoires d'amours interdites, j'étais certaine d'aimer Collaboration horizontale. Et j'avais raison !

Ces femmes qui cohabitent dans le même immeuble de Paris m'ont touchée. La plupart d'entre elles y sont seules depuis le départ de leurs maris à la guerre. Une autre s'y cache avec son fils car ils sont juifs. Les plus jeunes, les célibataires, doivent attendre le retour des soldats pour espérer se marier. Il y a cependant des hommes au pays mais ce sont les ennemis venus d'Allemagne...

La collaboration horizontale, c'est tout un pan de l'histoire française que je ne connaissais pas du tout. Je ne suis pas étonnée que des femmes aient entretenu secrètement des relations amoureuses avec les allemands pendant l'Occupation nazie mais je ne savais pas que le phénomène avait été aussi répandu. Je n'avais jamais entendu parler des "tondues" qu'on a humiliées et punies devant le peuple. 

Une fois de plus, les dessins de Carole Maurel m'ont charmée. Ils sont beaux et racontent beaucoup même sans texte. L'ambiance des années 40 est parfaitement rendue. Mon seul petit regret est d'avoir eu un peu mal à reconnaître toutes ces femmes. Si certaines se distinguent facilement comme Madame Flament ou Simone, d'autres étaient trop semblables. J'ai dû faire quelques retours en arrière.

J'ai beaucoup aimé Collaboration horizontale. J'aurais aimé que l'album soit plus long, il s'y passe tellement de choses ! J'ai été touchée par les personnages puis j'ai aussi beaucoup appris. N'est-ce pas tout ce qu'on recherche dans une lecture ?

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Luisa ici et là et L'apocalypse selon Magda
Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel
Éditions Delcourt 2017
144 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

mercredi 8 mars 2017

California Dreamin' - Pénélope Bagieu

Résumé :

Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu'attachante, son besoin d'amour inextinguible. À l'aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York.

Le portrait drôle et touchant d'une chanteuse hors normes.


Avant cette lecture, je ne connaissais pas The Mamas and the papas ce quatuor composé de deux femmes et deux hommes. J'avais seulement déjà entendu leur chanson California Dreamin'. Pourtant, j'ai beaucoup aimé cet album. Il s'agit d''une biographie en bande dessinée de la chanteuse Cass Eliott mais ce n'est pas nécessaire de la connaitre préalablement pour l'apprécier.

C'est à travers plusieurs "témoignages" de personnes qui l'ont côtoyé que l'on découvre le personnage haut en couleur qu'était Cass Eliott. De son enfance jusqu'à la dissolution du groupe, son parcours est passionnant et les anecdotes super intéressantes. J'ai aussi apprécié découvrir les relations très ambiguës qu'entretenaient les membres du groupe : amour, haine, amitié, désir, jalousie.

Le dessin de Pénélope Bagieu est différent de ses autres réalisation. Il est entièrement réalisé au crayon de plomb sans  couleur. Le trait m'a paru moins précis mais plus créatif. Ce moment flou alors qu'ils composent leur fameux tube dans le garage (et qu'ils sont tous sur l'acide) est tout simplement génial ! Les paroles de la chanson se mélangent aux dessins très libres et s'opposent aux cases bien droites et rigides dans lesquelles la mère complètement dépassée par les événements.

California Dreamin' est une excellente biographie en bande dessinée d'une auteure que j'aime de plus en plus à chaque lecture. Et gageons que vous n'aurez qu'une envie après, celle d'aller écouter quelques chansons de The Mamas and the Papas !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : Cadavre exquis et Culottées (tome 1)
California Dreamin' - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2015
276 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

mercredi 15 février 2017

Rôles de composition - Jimmy Beaulieu

Résumé :

Dans ce nouvel album en couleurs et en grand format, il nous raconte l’histoire d’un couple à travers différents morceaux de son quotidien sur une période de cinq ans. Avec le récit de Noémie et Sarah, Jimmy Beaulieu nous livre une réflexion sur la fidélité, le désir, le contrôle, le renoncement, la culpabilité, le mensonge. Rôles de composition est une oeuvre intime sur le rôle de l’autre dans une relation, sur les rôles que l’on interprète et sur qui l’on est.


Jimmy Beaulieu est un auteur de BD prolifique. Pourtant, je ne l'avais encore jamais lu (mis à part la série Magasin général où il adaptait le texte en "québécois"). J'ai donc emprunté son tout dernier titre, Rôles de composition, sans attente particulière et j'ai beaucoup aimé.

Nous suivons l'évolution d'un couple composé de deux jeunes femmes par le biais de courtes histoires. Dans la première histoire, nous retournons en 2012 lors du Printemps Érable et des manifestations des carrés rouges qui font désormais partie de l'histoire du Québec moderne. Les jeunes femmes étaient alors des étudiantes et de ferventes militantes. C'est l'occasion de nous faire réfléchir sur nos responsabilités sociales, sur l'activisme et le militantisme. Plus tard, l'une d'elles deviendra comédienne. On en profite pour amener des réflexions sur la création et l'art. Vous l'aurez compris, chaque thème exploité apporte son lot de réflexions et c'est est toujours pertinent. Il est aussi question d'amour, de désir et d'infidélité.

Je ne suis pas fan des dessins (par exemple l'actrice allemande supposément très belle a une tête à la Titeuf) mais j'ai passé par-dessus car tout le reste me plaisait. Chaque histoire a sa couleur qui lui est propre. Évidemment, le rouge est associé à la fameuse grève étudiante. La couverture, regroupant toutes ces couleurs, crée une jolie unité.

Bref, Rôles de composition est une très belle découverte. N'hésitez pas à me conseiller d'autres titres de Jimmy Beaulieu car je ne sais pas par où commencer... ou plutôt, par où continuer !
Rôles de composition - Jimmy Beaulieu
Éditions Mécanique générale 2016
112 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

mercredi 1 février 2017

Culottées (tome 1) - Pénélope Bagieu

Résumé :

Margaret, actrice « terrifiante », spécialisée à Hollywood dans les rôles de méchante ; Agnodice, gynécologue de l’Antiquité grecque qui dut se déguiser en homme pour exercer ; Lozen, femme apache, guerrière et chamane ; Annette, sirène australienne qui inventa le maillot de bain féminin… Pénélope Bagieu brosse avec humour et finesse quinze portraits de femmes, combattantes hors normes, qui ont bravé la pression sociale de leur époque pour mener la vie de leur choix.


J'ai eu un gros coup de coeur pour cet album qui brosse le portrait de quinze femmes inspirantes de toutes les époques et toutes les régions du monde !

Les Culottées, c'est 15 femmes qui ont mené toutes sortes de combats pour améliorer la condition des femmes, pour changer le monde ou simplement pour vivre selon leur envie. Si je connaissais certaines des femmes présentées comme la danseuse Joséphine Baker, l'artiste Tove Jansson et l'actrice Margaret Hamilton, la grande majorité m'était complètement inconnue. Les histoires de Pénélope Bagieu sont courtes mais elles donnent vraiment envie d'en apprendre plus sur ces femmes. Je les ai presque toutes "googlées" par la suite ! À ne pas lire trop loin d'une connexion Internet si vous êtes curieuses comme moi !

Les dessins sont beaux, simples et efficaces. Les pages doubles présentes à la fin de chacune des histoires sont sublimes.

Quelque chose me dit que cet album aurait toutes les chances de plaire aux adolescentes aussi. Il leur présenterait de beaux modèles de femmes qui, comme le sous-titre le mentionne, "ne font que ce qu'elles veulent". Ce n'est pas ce que les jeunes veulent faire aussi ?

Il est possible de lire Culottées sur le blogue de l'auteure mais personnellement, je préfère la version papier. J'attends la sortie du deuxième tome maintenant !

Une autre bande dessinée de Pénélope Bagieu sur mon blogue : Cadavre exquis

Les culottées - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2016 
144 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Moka.

mercredi 25 janvier 2017

Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro

Résumé :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.

La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.


Je n'aurais pas choisi naturellement cette BD si je n'avais pas lu de si bons avis. Je ne trouvais pas les dessins particulièrement beaux ni l'histoire de la carte de fidélité particulièrement emballante. Mais, j'aurais eu tort de ne pas y jeter un oeil. Elle se lit d'un trait !

Zaï zaï zaï zaï est différent de tout ce que j'ai pu lire avant. Avec un humour totalement absurde, l'auteur, qui est un fin observateur, se moque complètement de la société actuelle. Il pousse à l'extrême l'individualisme ambiant et dénonce la surconsommation et la manipulation par les médias.

Cette BD a peut-être l'air d'un "gros n'importe quoi" à première vue mais elle fait réfléchir. Je réalise que c'est très difficile d'en parler alors je préfère vous laisser la découvrir.
Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro
Éditions 6 Pieds Sous Terre 2015
64 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Mo.