mercredi 21 juin 2017

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu

Résumé :

Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d'investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde. "Les Culottées" ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.


Récemment, j'ai lu ce deuxième tome des Culottées de Pénélope Bagieu. Aussi bien vous le dire tout de suite : j'ai eu le même gros coup de coeur qu'avec le premier tome !

Dans ce tome comme dans le précédent, on nous présente la vie de quinze femmes inspirantes. On s'est intéressé davantage à des héroïnes du siècle dernier dans ce tome ce qui fait que quelques unes d'entre elles sont toujours vivantes aujourd'hui.

Pénélope Bagieu sait raconter la vie de ces femmes autant avec des anecdotes croustillantes que des faits historiques. Elle met toujours le doigt sur le petit détail surprenant et intéressant qui change tout. Impossible après ces histoires de ne pas avoir envie de googler leurs noms pour en savoir plus et pour voir des photos ! Les dessins sont beaux, efficaces et détaillés. Et, encore une fois, les doubles pages sont magnifiques. Bref, j'adore !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : California Dreamin'Culottées (tome 1) et Cadavre exquis

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2017
170 pages


Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

dimanche 4 juin 2017

La série Treize raisons (saison 1)

J'ai lu il y a plusieurs années (plus précisément en 2010), le roman Treize raisons de Jay Asher. Il venait d'être traduit en français et il figurait parmi les nouveautés. Sa sortie n'avait pas fait de vague. J'ai donc été étonnée de voir sur Netflix apparaître cette série et surtout de voir l'engouement qu'elle suscitait. La série a énormément fait jaser (même le ministre québécois de l'éducation s'en est mêlé...) et elle a été maintes fois critiqué. Elle inquiétait les parents, les intervenants qui travaillent avec les ados, etc. Je peux comprendre mais le roman est présent dans les bibliothèques et les rayons de librairies depuis tellement longtemps... De mon côté, c'est entre adultes avertis que nous l'avons regardé. Il faut quand même le dire, cette série aborde des sujets difficiles comme le suicide mais aussi l'agression sexuelle et le viol.

Vous connaissez sans doute les grandes lignes de l'histoire. Hannah s'est suicidée en laissant derrière elle des cassettes sur lesquelles on peut l'entendre raconter son histoire. Elle explique, sur 13 cassettes (donc 13 épisodes), les raisons qui l'ont menée à commettre l'irréparable. 

Le roman m'avait moyennement plu. Je me souviens qu'il se lisait bien mais je n'ai gardé que très peu de souvenirs. Il ne m'avait pas marqué et c'était aussi bien car j'ai pu me laisser surprendre par la série. La série se déroule à deux moments différents. Les flashbacks nous ramènent au temps où Hannah était vivante et fréquentait l'école puis il y a le présent alors que Clay écoute les cassettes et essaie de comprendre. Heureusement, il y a la blessure à son front pour nous indiquer clairement à quel moment nous nous trouvons. Clay est malheureusement un personnage aussi fade dans la série que dans le livre mais les autres personnages sont intéressants. Certains peuvent être détestables mais, au moins, ils procurent des émotions. Clay est trop lisse, il en est ennuyeux.

Habituellement, je préfère les livres à leur adaptation mais cette fois, je crois que j'ai préféré la série. J'ai dû regarder 4-5 épisodes avant d'être accrochée mais après, elle m'a réellement tenu en haleine. 

Mon billet (datant de 2010) à propos du roman de Jay Asher se trouve ici : Treize raisons.

mercredi 31 mai 2017

Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel

Résumé :

Elles s'aiment et après des années d'attente, d'espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur.

L'amour, l'évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l'eau, loin des Ecumes.


Il y a un bon moment que je veux la lire celle-ci, c'est maintenant chose faite ! Écumes est une autre superbe BD illustrée par Carole Maurel qui aborde des sujets délicats et encore peu traités.

Deux jeunes femmes espèrent avoir un enfant. Les essais se succèdent sans résultat. L'attente devient de plus en plus insupportable et l'espoir se désagrège au fil des visites à l'hôpital. L'impossibilité d'avoir un enfant devient un poids difficile à porter. L'une d'elle écrit des contes pour se libérer de cette douleur. Puis, un jour, un petit embryon s'accroche...

Les sujets sont délicats mais vraiment bien abordés. L'histoire est touchante et poétique de même de les dessins de Carole Maurel qui me plaisent toujours autant. Elle remuera sans doute davantage ceux et celles qui sont passés par là mais impossible de ne pas être profondément touchée par cette histoire et cette sensibilité. Une belle réussite !

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Collaboration horizontaleLuisa ici et là et L'apocalypse selon Magda


Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel
Éditions Steinkis 2017
88 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

vendredi 26 mai 2017

Sauf que j'ai rien dit - Lily Pinsonneault

Quatrième de couverture :

Cette histoire commence un mardi soir de février sur Facebook, se poursuit dans des inbox et des messages textes. Elle parle de scénarios inventés, de faire l’amour pas très bien dans une chambre sans rideaux, de soirées entre amis à regarder son cell aux deux mi­­nutes, de s’oublier soi-même. D’amour ? Ça, Jolen elle-même ne sait pas. Avançant à tâtons dans une période floue de sa vie, elle s’accroche à son téléphone et à l’idée qu’elle se fait du magnifique Joseph.

Avec un humour mordant et une langue contemporaine colorée, Lily Pinsonneault raconte les bons et les moins bons coups de cette jeune femme qui cherche à se réapproprier ses désirs, ses besoins, sa vie.


Je ne savais rien de ce roman avant de m'y plonger. L'auteure n'est pas encore connue, c'est son premier roman, et je n'avais lu qu'un court résumé. J'ai eu une très bonne surprise, je l'ai dévoré en deux soirées !

Jolen reçoit un jour un message sur Facebook de Joseph qu'elle a rencontré à quelques reprises grâce à des amis communs. Seulement, ils n'avaient échangé que des salutations polies. Jolen est alors intriguée et lui répond. Pendant plusieurs jours, ils s'échangent des messages avant de décider de se revoir.

C'est lorsqu'ils se rencontrent que ça devient vraiment intéressant. L'intrigue est mince, j'en conviens mais ça se lit tout seul ! Je ne sais toujours pas ce que Jolen trouve à Joseph le parfait hipster imbu de lui-même mais peu importe. J'ai aimé les réflexions et l'humour de l'auteure (lorsqu'elle parle de matante Martine j'ai bien ri). J'ai apprécié également son écriture au goût du jour. Malheureusement, ce roman risque d'être figé dans son époque avec la plume très "blogueste" (très 2016-2017 aussi) mais en ce moment, il est dans l'air du temps !

Sauf que j'ai rien dit est un petit roman coloré très agréable. C'était la lecture idéale entre deux grosses briques pour moi ce printemps !

Sauf que j'ai rien dit - Lily Pinsonneault
Éditions Québec Amérique 2017
176 pages

mercredi 24 mai 2017

Nous sommes bien seules - Julie Bosman

Quatrième de couverture :

Mon célibat est plein de mystère, mais l'amour aussi, non ?

Julie Bosman a mené des interviews auprès de femmes âgées de trente-deux à quatre-vingt-cinq ans, seules de cour et/ou de corps depuis plusieurs années. Ces rencontres lui ont inspiré les quinze nouvelles touchantes de Nous sommes bien seules.

Jeune célibataire qui n'arrive pas à trouver de partenaire, mère troublée, homosexuelle refoulée, femmes séparées, divorcées, veuves ou même mariées sont les protagonistes de ces nouvelles. Leurs histoires peuvent paraître étonnantes dans un monde où sont disséqués sur toutes les tribunes le couple, l'amour, la sexualité.

L'auteure donne ici une voix à ces femmes qui pourraient être nos mères, nos sœurs, nos voisines.


Nous sommes bien seules est un recueil composé de quinze nouvelles. Pour les écrire, Julie Bosman s'est inspirée de vraies femmes qui ont accepté de se dévoiler. Chacune d'elles vit une solitude particulière et l'auteure nous la raconte simplement mais très joliment. 

Malgré des thèmes récurrents, les nouvelles sont très différentes les unes des autres. L'une d'elle est écrite en vers, une autre est un long monologue, d'autres sont racontées comme un secret. Les voix sont uniques aussi car les narratrices peuvent être jeunes, âgées, divorcées, veuves, lesbiennes, célibataire par choix, etc. Les textes sont touchants et authentiques. J'ai particulièrement été touchée par Faut que j'aille faire marcher Albert.  Magnifique !

Nous sommes bien seules - Julie Bosman
Éditions Leméac 2017
103 pages

lundi 22 mai 2017

Je suis là, je suis là - Marie-Francine Hébert & Mathilde Cinq-Mars

Quatrième de couverture :


Un appartement coquet, mais modeste. Une cuisine, un salon, la chambre des trois enfants, et la chambre des parents. La mère qui rentre fourbue du travail. Un repas chaud l’accueille, celui préparé par sa propre mère. Les enfants dorment, sauf le plus vieux qui fait semblant, comme d’habitude, et qui attend son bisou. Mais ce soir, ça ne se passe pas comme d’habitude… Un récit intimiste qui aborde avec tendresse le thème de la filiation et de la transmission des rituels familiaux.


Je suis là, je suis là est une jolie nouveauté au rayon des albums illustrés. L'auteur Marie-Francine Hébert y aborde avec sensibilité et tendresse les traditions familiales et l’entraide entre les membres d'une famille. Les illustrations de Mathilde Cinq-Mars aux teintes pastel s'harmonisent parfaitement avec le récit.

Un bel album qui offre un doux moment aux petits comme aux plus grands !

Je suis là, je suis là - Marie-Francine Hébert & Mathilde Cinq-Mars
Éditions Druide 2017
32 pages

samedi 20 mai 2017

Le plongeur - Stéphane Larue

Quatrième de couverture :

Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement.

C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed. Pendant un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles, et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant Virgile de la nuit.

On découvre ainsi le train survolté d’un restaurant à l’approche des fêtes et sa galerie mouvante de personnages : propriétaire, chef, sous-chefs, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys. Si certains d’entre eux semblent plus grands que nature, tous sont dépeints au plus près des usages du métier, avec une rare justesse. C’est en leur compagnie que le plongeur tente de juguler son obsession pour les machines de vidéopoker, traversant les cercles d’une saison chaotique rythmée par les rushs, les luttes de pouvoir et les décisions néfastes.

Œuvre de nuit qui brille des ors illusoires du jeu, Le plongeur raconte un monde où chacun dépend des autres pour le meilleur et pour le pire. Roman d’apprentissage et roman noir, poème sur l’addiction et chronique saisissante d’une cuisine vue de l’intérieur, Le plongeur est un magnifique coup d’envoi, à l’hyperréalisme documentaire, héritier du Joueur de Dostoïevski, de L’homme au bras d’or de Nelson Algren et du premier récit d’Orwell, celui d’un plongeur dans le Paris des années vingt.


J'ai terminé Le plongeur quelques jours après que l'auteur ait reçu une belle distinction : le Prix des Libraires du Québec 2017 pour ce premier roman.

Durant les 200 premières pages, je croyais me diriger vers un gros coup de coeur. J'ai vraiment adoré le début ! Malheureusement, après, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs. L'intrigue est très mince et, comme le personnage, on ne sait jamais vraiment où l'on va. Mais n'allez pas croire que je n'ai pas aimé du tout...

D'abord, ce sont les personnages qui m'ont plu. Ensuite, dès le premier shift du narrateur au restaurant La Trattoria, j'ai été captivée, envoûtée. Ma vitesse de lecture s’accélérait et je me sentais prise dans ce tourbillon avec cette galerie de personnages uniques. Puis, les problèmes de jeux ont fait surface. Ce n'est pas une dépendance que je connais, j'ai trouvé intéressant et presque instructif de me retrouver dans la tête d'un joueur compulsif.

Les descriptions du milieu de la restauration semblent super réalistes mais n'y ayant jamais travaillé, je ne peux pas l'affirmer. Dans tous les cas, elles ne sont pas tentantes ! Un personnage féminin mentionne à un certain moment qu'elle a commencé à fumer quand elle a commencé à y travailler car le seul moyen d'avoir une pause, c'était d'aller en griller une. C'est quand même incroyable ! C'est un milieu stressant et très difficile. Ils sont constamment dans le gros rush !

Le plongeur est un roman particulier que j'ai bien aimé mais il a quand même fallu que je m'accroche à certains moments...

Le plongeur - Stéphane Larue
Éditions Le Quartanier 2016
576 pages

mardi 2 mai 2017

Christine la reine-garçon - Michel Marc Bouchard

 Quatrième de couverture :

En invitant à sa cour le docteur et philosophe René Descartes, la reine Christine, anticonformiste et avant-gardiste intrépide, cherche à connaître l'essence du sentiment amoureux qui la tourmente, et comment s'en départir. Éprise de sa première dame de compagnie et pressée de toutes parts de donner un héritier au royaume, elle doit choisir entre le devoir de sa fonction et les pulsions de son corps, sans abjurer ni sa liberté ni son libre arbitre. En son temps, et plus encore au cours des siècles qui ont suivi, Christine de Suède a intrigué, confondant les historiens et l'Histoire.


Il y a des pièces de théâtre auxquelles que je regrette de ne pas avoir assistées. Ce n'est pas comme les livres, les films ou les séries, il est impossible de les rattraper plus tard ! Christine, la rein-garçon de Michel Marc Bouchard fait partie de celles que j'aurais aimé voir. Les acteurs étaient des valeurs sûres selon moi (Céline Bonnier, Éric Bruneau, Magalie Lépine-Blondeau entre autres). J'ai donc lu le texte du grand dramaturge québécois.

Étant la seule enfant du roi de Suède, la jeune Christine hérite du trône à ses 18 ans. À l'époque, avoir une femme à la tête d'un pays n'est pas commun. Christine est la proie des critiques pour plusieurs raisons : d'abord elle veut faire régner la paix dans son pays en guerre depuis des lustres puis elle refuse de se marier. Elle ne s'intéresse pas aux hommes qui lui sont présentés dans sa cour. Elle tombe plutôt secrètement sous le charme d'une de ses dames de compagnie. Ne comprenant pas ce qu'il lui arrive, elle fait venir le philosophe René Descartes de France pour qu'il l'éclaire sur la passion et l'amour.

Christine est un personnage historique qui a réellement existé. Je ne la connaissais pas avant d'entendre parler de cette pièce. J'ai aimé découvrir une femme forte qui défendait ses convictions avec acharnement. Le texte était bien à lire mais j'aurais franchement préféré voir la performance des acteurs. Ce texte a été adapté pour un film : The King Girl de Mika Kaurismäki.

L'édition anglophone est tellement plus jolie !

Christine la reine-garçon - Michel Marc Bouchard
Éditions Leméac 2013
96 pages

jeudi 27 avril 2017

La fille du train - Paula Hawkins

Quatrième de couverture :

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Avec ce thriller psychologique exceptionnel, Paula Hawkins fait figure de révélation de l’année. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoïaque et jubilatoire qu’elle vous tend et vous comprendrez combien cette publication fait figure d’événement.


Sur ce coup-là, je suis très en retard. J'ai lu La fille du train il y a quelques semaines seulement alors qu'on en parle partout depuis des années ! Avec la sortie de l'adaptation dans les salles de cinéma à l'automne, le roman a même été mis à l'avant deux fois plus qu'une !

L'histoire de La fille du train est celle de Rachel surtout. Cette femme alcoolique et délaissé par son ancien mari peine à refaire sa vie. Alors qu'une disparition survient, elle a la conviction de détenir une partie de la réponse. Malheureusement, ses dernières frasques la rendent peu crédible au yeux de la police et de la société. Puis, il n'y a pas que Rachel. Il y a deux autres femmes, Anna et Megan, qui nous sont présentées. Elles habitent toutes dans la même rue mais leurs vies n'ont pas toujours été aussi banales. Les points de vue alternent d'un chapitre à l'autre. Les trois femmes s'expriment à tour de rôle.

Les rebondissements sont nombreux sans être exagérés. Tout demeure crédible. J'ai pu replacer les pièces du puzzle et comprendre ce qui s'était réellement passé seulement quelques pages avant que ce soit révélé. J'ai aimé chercher le ou la coupable tout ce temps ! La fin tient ses promesses.

J'ai bien aimé ce polar mais je l'aurais sans doute encore plus apprécié si je n'avais pas eu d'aussi grandes attentes. Je regarderai probablement l'adaptation de Tate Taylor dans les prochaines semaines. L'avez-vous vu ? Vaut-elle le détour ?

La fille du train - Paula Hawkins 
Éditions Sonatine 2015
528 pages

lundi 17 avril 2017

Je veux un monstre - Élise Gravel

Résumé :

Winnie aimerait bien avoir un monstre de compagnie. Elle promet de bien s'en occuper, de le nourrir, de l'emmener en promenade et de ramasser ses crottes. Mais elle se rend vite compte qu'avoir son propre monstre demande beaucoup de travail. Heureusement, Winnie peut consulter le livre Comment dresser son monstre de compagnie d'Elise Gravel pour l'aider.


Tous les enseignants et beaucoup de parents connaissent Élise Gravel. C'est une auteure et illustratrice prolifique d'albums jeunesse aux propos très intelligents malgré l'allure loufoque. J'aime beaucoup son univers.

Dans Je veux un monstre, elle aborde l'adoption d'un animal de compagnie de manière humoristique. Jamais elle ne mentionne d'animaux, ce sont uniquement des monstres, mais les enfants feront eux-mêmes le lien s'ils ont de petites bêtes à la maison. L'adoption n'est pas toujours facile, les monstres ont plein de petits travers qui feront rigoler les jeunes lecteurs.

Le dessin d'Élise Gravel est facilement reconnaissable. Il est très coloré et complètement éclaté. À la fin, elle suggère de laisser aller sa créativité et de créer notre propre monstre. L'idée est géniale !

Je veux un monstre - Élise Gravel
Éditions Scholastic 2016
40 pages

vendredi 14 avril 2017

Petite absence... et des listes !

Je suis plutôt absente ces derniers temps car il se passe beaucoup de choses (mais de très belles choses) dans ma vie. Je manque vraiment de temps pour écrire des billets. Voyez par vous-mêmes !

En plus de la routine, ces dernières semaines :
-nous avons acheté une première maison.
-nous avons adopté une petite chienne abandonnée dans un refuge.
-je me suis entraînée plus qu'à l'habitude.

Et dans les prochaines semaines :
-nous déménagerons enfin !
-je prendrai part au demi-marathon d'Ottawa.
-j'irai 4 jours en Ontario pour le Championnat canadien de volleyball avec l'équipe de jeunes filles que j'entraîne.
-ce sera le début du "rush" de la fin de l'année scolaire au travail.

J'ai plusieurs billets qui attendent d'être terminés à propos :
-de 2 romans
-d'un texte de pièce de théâtre
-d'un album illustré
-d'un film
-d'une série adaptée d'une BD

Je ferai mon possible en ce long weekend pour rattraper mon retard... mais il fait si beau !

samedi 1 avril 2017

La séparation des corps - Emilie Andrewes

Quatrième de couverture :

Ce récit est avant tout une histoire d’amour passionné entre Christina et Marie-Ange, la cuisinière de la famille. Rencontre de deux expériences subjectives, de deux perspectives dont rien ne prédisait la collision. Issues de générations et de milieux sociaux différents, les deux femmes vont traverser ensemble les affres sentimentales, jusqu’à la désintégration prophétique de leur relation. Le regard mort ou vif d’une jeune adulte qui s’assume pleinement trouve ici celui d’une femme mature, nostalgique, au destin fantôme, qui manifeste un goût prononcé pour le passé et les incendies. Explorant les contrastes de la rupture et du renouveau, ce roman aborde de plein fouet les paradoxes de la relation amoureuse et nous fait retrouver avec plaisir la voix d’une auteure singulière, qui livre ici un roman coup-de-poing.


Marie-Ange est une cuisinière haïtienne, dans la quarantaine, qui habite maintenant Montréal. Elle travaille pour plusieurs familles dont celle de Christina, une famille de classe moyenne aux airs faussement bourgeois. Christina a à peine la moitié de son âge mais elle est amoureuse de Marie-Ange. Sa passion semble réciproque mais plusieurs obstacles se dressent entre elles à commencer par le fils de Marie-Ange qui vit avec une déficience intellectuelle.

Les premières pages me semblait prometteuses. J'aime les relations interdites ou difficiles mais qui s'imposent aux personnages. Avec le fossé des générations, celui des cultures et le fils de Marie-Ange, je pensais être servie. Malheureusement, je n'ai pas vraiment aimé l'histoire de ces deux femmes car aucun de ces personnages principaux ne s'est réellement attiré ma sympathie. Je n'arrivais pas à les comprendre. Et avec les personnages secondaires, c'était pire ! Les parents de Christina sont vraiment détestables. Les dialogues entre eux et Christina me faisait rager. J'ai tout de même relevé quelques bons passages, surtout symboliques, à différents moments.

La séparation des corps est court et se lit rapidement mais il sera probablement vite oublié aussi.

La séparation des corps - Emilie Andrewes
Éditions Druide 2017
144 pages

jeudi 16 mars 2017

Les Pays d'en haut (Saison 2)

L'année dernière, je vous avais parlé de la première saison de la série Les Pays d'en haut. J'avais eu un coup de coeur pour cette nouvelle adaptation du roman de Claude Henri Grignon. J'ai regardé la deuxième saison et j'aime toujours autant ! Il ne reste que la finale de cette saison qui sera diffusée lundi. Je suis triste de quitter des personnages auxquels je me suis attachée.

Donalda est maintenant mariée à Séraphin. Le triangle amoureux n'est plus la principale intrigue mais heureusement plusieurs autres ont pris le relai. J'aime qu'on aborde autant la politique de l'époque avec le maire, le curé Labelle et les ministres que les problèmes plus intimes des habitants des régions rurales au début du XXe siècle. Tout n'était pas simple dans les familles : mariages arrangés, problèmes d'endettement, liaisons hors mariage, difficulté de trouver un travail (encore plus vrai pour les femmes). 

Les personnalités des habitants de Sainte-Adèle se révèlent au fur et à mesure. On apprend à les aimer... ou à les détester. Mais j'aime bien haïr Séraphin, Bidou et Angélique. Ils sont exécrables ! Les acteurs sont très bons. 

La semaine dernière, la production a annoncé une troisième saison qui sera diffusée à l'hiver 2018. J'en suis très heureuse ! La première saison est aussi disponible en DVD. Finalement, pour ceux et celles qui habitent en France, Belgique ou Suisse, la série sera présentée sur TV5MONDE dès décembre 2017.

mercredi 15 mars 2017

Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel

Résumé :

1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah,

décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres.

Collaboration Horizontale, c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation... Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.


Ce titre, je l'attendais depuis que j'ai découvert les dessins et les histoires de Carole Maurel dans Luisa ici et là ainsi que L'apocalypse selon Magda. Avec le contexte de la Seconde Guerre mondiale et les histoires d'amours interdites, j'étais certaine d'aimer Collaboration horizontale. Et j'avais raison !

Ces femmes qui cohabitent dans le même immeuble de Paris m'ont touchée. La plupart d'entre elles y sont seules depuis le départ de leurs maris à la guerre. Une autre s'y cache avec son fils car ils sont juifs. Les plus jeunes, les célibataires, doivent attendre le retour des soldats pour espérer se marier. Il y a cependant des hommes au pays mais ce sont les ennemis venus d'Allemagne...

La collaboration horizontale, c'est tout un pan de l'histoire française que je ne connaissais pas du tout. Je ne suis pas étonnée que des femmes aient entretenu secrètement des relations amoureuses avec les allemands pendant l'Occupation nazie mais je ne savais pas que le phénomène avait été aussi répandu. Je n'avais jamais entendu parler des "tondues" qu'on a humiliées et punies devant le peuple. 

Une fois de plus, les dessins de Carole Maurel m'ont charmée. Ils sont beaux et racontent beaucoup même sans texte. L'ambiance des années 40 est parfaitement rendue. Mon seul petit regret est d'avoir eu un peu mal à reconnaître toutes ces femmes. Si certaines se distinguent facilement comme Madame Flament ou Simone, d'autres étaient trop semblables. J'ai dû faire quelques retours en arrière.

J'ai beaucoup aimé Collaboration horizontale. J'aurais aimé que l'album soit plus long, il s'y passe tellement de choses ! J'ai été touchée par les personnages puis j'ai aussi beaucoup appris. N'est-ce pas tout ce qu'on recherche dans une lecture ?

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Luisa ici et là et L'apocalypse selon Magda
Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel
Éditions Delcourt 2017
144 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

vendredi 10 mars 2017

J'ai vu... Juste la fin du monde

Je suis une fan du réalisateur Xavier Dolan depuis ses débuts. J'ai vu les six films qu'il a réalisés (j'ai d'ailleurs déjà parlé de Mommy et de Tom à la ferme ici). Lors de la sortie en salles de Juste la fin du monde, j'avais manqué de temps pour le voir. Je me suis repris dernièrement.

Louis, le personnage principal, est un jeune écrivain qui n'a pas visité sa famille depuis douze ans. Son retour surprend et questionne. En réalité, s'il revient ce weekend-là, c'est pour annoncer qu'il va mourir prochainement.

Le casting soit cent pour cent français est étonnant. Le réalisateur ne nous a pas habitués à ça mais j'ai compris son choix après avoir entendu les dialogues. Le texte provient d'une pièce de Jean-Luc Lagarce. Il aurait été très difficile de l'adapter en "québécois". Ce serait comme adapter Michel Tremblay en français de France...

C'est un film avec beaucoup de subtilités et de finesse qui commence très lentement mais qui va crescendo. L'émotion dans les dernières scènes est incroyable. Les acteurs livrent une belle performance. J'ai senti que la caméra (ou le réalisateur) était complètement "en amour" avec l'acteur principal. Les plans rapprochés sur son visage sont interminables. Ça m'a un peu dérangée. Fidèle à ses habitudes, Xavier Dolan nous offre aussi des moments musicaux marquants. D'ailleurs, j'ai adoré la pièce Home is where is hurts de Camille en ouverture du film.

Juste la fin du monde n'est pas mon préféré mais, comme tout le répertoire de Dolan selon moi, il est à voir. Il est possible de lire la pièce de Jean-Luc Lagarce, une nouvelle édition est parue chez Septentrion.

mercredi 8 mars 2017

California Dreamin' - Pénélope Bagieu

Résumé :

Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu'attachante, son besoin d'amour inextinguible. À l'aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York.

Le portrait drôle et touchant d'une chanteuse hors normes.


Avant cette lecture, je ne connaissais pas The Mamas and the papas ce quatuor composé de deux femmes et deux hommes. J'avais seulement déjà entendu leur chanson California Dreamin'. Pourtant, j'ai beaucoup aimé cet album. Il s'agit d''une biographie en bande dessinée de la chanteuse Cass Eliott mais ce n'est pas nécessaire de la connaitre préalablement pour l'apprécier.

C'est à travers plusieurs "témoignages" de personnes qui l'ont côtoyé que l'on découvre le personnage haut en couleur qu'était Cass Eliott. De son enfance jusqu'à la dissolution du groupe, son parcours est passionnant et les anecdotes super intéressantes. J'ai aussi apprécié découvrir les relations très ambiguës qu'entretenaient les membres du groupe : amour, haine, amitié, désir, jalousie.

Le dessin de Pénélope Bagieu est différent de ses autres réalisation. Il est entièrement réalisé au crayon de plomb sans  couleur. Le trait m'a paru moins précis mais plus créatif. Ce moment flou alors qu'ils composent leur fameux tube dans le garage (et qu'ils sont tous sur l'acide) est tout simplement génial ! Les paroles de la chanson se mélangent aux dessins très libres et s'opposent aux cases bien droites et rigides dans lesquelles la mère complètement dépassée par les événements.

California Dreamin' est une excellente biographie en bande dessinée d'une auteure que j'aime de plus en plus à chaque lecture. Et gageons que vous n'aurez qu'une envie après, celle d'aller écouter quelques chansons de The Mamas and the Papas !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : Cadavre exquis et Culottées (tome 1)
California Dreamin' - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2015
276 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

vendredi 3 mars 2017

Un bien joli SP !

D'habitude, je ne présente pas les SP que je reçois avant de les lire mais celui-ci en vaut la peine. C'est mignon les guimauves et le petit mot : "Qui dit CHALET dit guimauves et feu de camp". Bravo aux Éditions Goélette et merci !

jeudi 2 mars 2017

Deux-pièces - Eliette Abécassis

Quatrième de couverture :

« Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand "paquebot" aux façades couleur terre de Sienne, à l'architecture des années trente. ». Lors d'un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille « toute frêle, à la peau diaphane » prend des notes. Un jeune homme l'interpelle. C'est Antoine, son grand amour qu'elle n'a plus revu depuis l'Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces. 

À travers cette fiction aux couleurs pâles, Eliette Abécassis explore les non-dits qui ont plané sur la Libération de la France - et de la femme.


J'ai lu cette courte nouvelle entre deux grosses briques, c'était parfait. Deux-pièces fait partie de la collection Incipit de Steinkis qui parle de "premières fois" historiques. Dans celui-ci, on y découvre les circonstances dans lesquelles le tout premier bikini a été présenté au grand public en 1946.

Gaby rencontre par hasard son premier grand amour Antoine. Les deux jeunes gens s'étaient malheureusement perdus de vue pendant la guerre. Leurs retrouvailles a lieu au défilé mondain de maillots de bain présenté à la piscine Molitor de Paris (tiens, c'est la même que Bastien Vivès a illustrée dans Le goût du chlore). L'Histoire s'entremêle brillamment à la fiction. Il est question de la deuxième guerre mondiale, de la libération de la femme et de la création du premier maillot. S'il nous parait tout à fait normal et convenable sur les plages de nos jours, ça n'a pas toujours été le cas.

Je ne veux pas trop en révéler car ce livre ne fait que 86 pages et il en ferait probablement la moitié si la taille de la police n'était pas si grosse. Sachez simplement que j'ai passé un bon moment de lecture.

Deux-pièces - Eliette Abécassis
Éditions Steinkis
86 pages

jeudi 23 février 2017

L'immeuble Christodora - Tim Murphy

Quatrième de couverture :

Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d'un certain New York, de l'anarchie des années sida aux hipsters de demain.

New York. Milly et Jared, couple aisé animé d'ambitions artistiques, habite l'immeuble Christodora, vieux building de Greenwich Village. Les habitants du Christodora mènent une vie de bohèmes bien loin de l'embourgeoisement qui guette peu à peu le quartier. Leur voisin, Hector, vit seul. Personnage complexe, ce junkie homosexuel portoricain n'est plus que l'ombre du militant flamboyant qu'il a été dans les années quatre-vingt.

Mateo, le fils adoptif de Milly et Jared, est choyé par ses parents qui voient en lui un artiste. Mais le jeune homme, en plein questionnement sur ses origines, se rebelle contre ses parents et la bourgeoisie blanche qu'ils représentent.

Milly, Jared, Hector et Mateo, autant de vies profondément liées d'une manière que personne n'aurait pu prévoir. Dans cette ville en constante évolution, les existences de demain sont hantées par le poids du passé.


New York est une ville que j'aime beaucoup et quand elle a une place importante dans un roman, comme dans Le Pactole ou Le Chardonneret, je suis attirée. Mais L'immeuble Christodora est bien plus qu'un roman à saveur new yorkaise, c'est un roman absolument nécessaire pour ne pas oublier la lutte que plusieurs groupes ont mené alors que l'épidémie du sida faisait rage.

Lors que le récit commence et que nous rencontrons les habitants du Christodora, nous sommes en 2001 mais c'est grâce aux nombreux allers-retours dans le temps que nous apprenons véritablement à les connaitre. Le courant n'a pas passé tout de suite entre eux et moi. J'ai dû être persévérance mais ça a vraiment valu le coup. J'ai aimé découvrir les liens qui les unissaient et ceux qui ne me paraissaient pas attachants de prime abord ont su me toucher plus tard.

Le contexte de la fin des années 80 et au début des années 90 est fort bien décrit et bien expliqué. C'est une sombre époque que je ne connaissais absolument pas. Je ne savais pas à quel point les premiers patients séropositifs avaient vécu la misère. Les préjugés étaient alors très présents dans la population générale et même chez les travailleurs de la santé publique, les chercheurs ou les politiciens. On ne se préoccupait pas du sida qu'on considérait être une maladie d'homosexuels seulement. Les différentes communautés devaient militer sans cesse pour l'avancement des recherches alors qu'on dépensait de grosses sommes dans  d'autres sphères de la santé. Les femmes séropositives étaient aussi de grandes oubliées. On ne considérait pas qu'elles fussent concernées par le sida. Elles étaient exclues des études, des recherches et ne recevaient absolument aucune forme d'aide. 

J'ai vraiment appris plein de choses à propos de ce mouvement dans ce roman très dense. Il est bien écrit et bien documenté. Avec L'immeuble Christodora, Tim Murphy a rendu un brillant hommage aux militants qui ont tout changé et à ceux qu'il a perdu beaucoup trop tôt.

L'immeuble Christodora - Tim Murphy
Éditions Plon 2017
446 pages

dimanche 19 février 2017

Samedi après-midi...

Intéressante conférence de Michel Rabagliati (avec même quelques scoops sur le prochain album de Paul), jolie dédicace et petit détour par l'exposition L'art de la bande dessinée québécoise...

Paul ♥

mercredi 15 février 2017

Rôles de composition - Jimmy Beaulieu

Résumé :

Dans ce nouvel album en couleurs et en grand format, il nous raconte l’histoire d’un couple à travers différents morceaux de son quotidien sur une période de cinq ans. Avec le récit de Noémie et Sarah, Jimmy Beaulieu nous livre une réflexion sur la fidélité, le désir, le contrôle, le renoncement, la culpabilité, le mensonge. Rôles de composition est une oeuvre intime sur le rôle de l’autre dans une relation, sur les rôles que l’on interprète et sur qui l’on est.


Jimmy Beaulieu est un auteur de BD prolifique. Pourtant, je ne l'avais encore jamais lu (mis à part la série Magasin général où il adaptait le texte en "québécois"). J'ai donc emprunté son tout dernier titre, Rôles de composition, sans attente particulière et j'ai beaucoup aimé.

Nous suivons l'évolution d'un couple composé de deux jeunes femmes par le biais de courtes histoires. Dans la première histoire, nous retournons en 2012 lors du Printemps Érable et des manifestations des carrés rouges qui font désormais partie de l'histoire du Québec moderne. Les jeunes femmes étaient alors des étudiantes et de ferventes militantes. C'est l'occasion de nous faire réfléchir sur nos responsabilités sociales, sur l'activisme et le militantisme. Plus tard, l'une d'elles deviendra comédienne. On en profite pour amener des réflexions sur la création et l'art. Vous l'aurez compris, chaque thème exploité apporte son lot de réflexions et c'est est toujours pertinent. Il est aussi question d'amour, de désir et d'infidélité.

Je ne suis pas fan des dessins (par exemple l'actrice allemande supposément très belle a une tête à la Titeuf) mais j'ai passé par-dessus car tout le reste me plaisait. Chaque histoire a sa couleur qui lui est propre. Évidemment, le rouge est associé à la fameuse grève étudiante. La couverture, regroupant toutes ces couleurs, crée une jolie unité.

Bref, Rôles de composition est une très belle découverte. N'hésitez pas à me conseiller d'autres titres de Jimmy Beaulieu car je ne sais pas par où commencer... ou plutôt, par où continuer !
Rôles de composition - Jimmy Beaulieu
Éditions Mécanique générale 2016
112 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

dimanche 12 février 2017

Faire l'amour - Anne-Marie Olivier

Quatrième de couverture :

Le sexe est intrinsèquement lié à la vie-après tout, chaque être humain résulte d'un acte sexuel, désiré ou non. Mais quel est le parcours sexuel de chacun? Pièce de théâtre documentaire basée sur des histoires véridiques, Faire l'amour parle de la force irrépressible du désir, des amours ratées, de la lumière qui jaillit de la rencontre d'âmes soeurs, de vies cristallisées dans la frustration. Un terrain de jeu exceptionnel, pour mourir de rire, se crisper de douleur et faire éclater la poésie.


En cette période de l'année où l'amour est à l'honneur, j'ai le goût de vous parler de ce petit bouquin qui renferme de très beaux textes sur l'amour et la sexualité. Faire l'amour est une pièce de théâtre qui a été présentée à l'Espace Libre à Montréal il y a quelques années. Je n'ai malheureusement pas eu la chance d'y assister mais elle m'aurait fort probablement plu.

Un peu comme pour Chaque automne j'ai envie de mourir (d'ailleurs le nom de Véronique Côté se retrouve sur les deux), on a fait appel à des gens et à leurs expériences personnelles pour écrire ces courts textes. Sous le couvert de l'anonymat, ils ont accepté de partager leurs souvenirs et leurs secrets intimes. La sexualité est le thème commun mais la façon de l'aborder est très différente. Les émotions qu'ils nous procurent le sont aussi. Certains textes sont drôles, d'autres sont tristes. Certains sont touchants, d'autres sont révoltants. Ils sont à l'image de la vie.

Faire l'amour est une pièce de théâtre qui se lit particulièrement bien. Ce n'est ni cru ni osé, juste beau et vrai. Et si vous avez aimé Chaque automne j'ai envie de mourir, vous aimerez, j'en suis convaincue.

Faire l'amour - Anne-Marie Olivier
Éditions Atelier 10 - 2014
112 pages

samedi 4 février 2017

Le prix de la chose - Joseph Elfassi

Quatrième de couverture :

« Quand elle rouvre les yeux, il n'est pas là, elle se sent libre, elle le trouve un peu idiot, elle ne se demande même pas où il est, elle est juste satisfaite d'avoir repris son espace. Debout, au milieu de son salon, contemplant le divan inoccupé, elle sourit.

Il va payer. Ils vont tous finir par payer. »

Louis n'aime rien de plus que le sexe. Il est bouleversé quand il apprend que les femmes exigent désormais une rémunération contre chaque relation sexuelle. Il s'agit du projet de F., un organisme mystérieux voué à l'amélioration de la qualité de vie des femmes. F. mettra aussi en usage « le liquide », qui tue les hommes qui violent…

Une fable jouissive où l'on interroge habilement les liens entre sexe et argent.


Le prix de la chose est un petit livre pigé au hasard sur les tables de nouveautés. Le pitch me semblait très original.

À Montréal, une organisation appelée simplement F. demande à ses membres, uniquement des femmes, de faire payer tous les hommes avec qui elles auront des relations sexuelles. C'est fini le temps du sexe gratuit ! De cette façon, les femmes veulent prendre du pouvoir et le contrôle. Et les hommes qui violeront les membres de cette organisation mourront car elles ont en elles un "liquide mortel" savamment créé qui se déclenche automatiquement lorsqu'elles se sentent en danger.

Ça parle de sexualité, d'argent et de politique, trois sujets chauds, parfois même tabous. Une chose est sûre, ils ne laissent pas indifférent ! Par contre, les personnages auraient pu être davantage développés, ils sont un peu fades. Louis n'est pas un personnage très aimable. Il est insignifiant au possible ! Il aurait aussi été pertinent d'en savoir plus sur Julie qui est à la tête de F. Qu'a-t'elle vécu avant ? Quelles sont ses motivations profondes ? 

Les pistes de réflexion sont intéressantes. Il y aurait matière à faire de bons débats ! Quelques questions demeurent en suspens mais, sommes toute, ça se lit bien et rapidement.

Le prix de la chose - Joseph Elfassi
Éditions Stanké 2016
120 pages

mercredi 1 février 2017

Culottées - Pénélope Bagieu

Résumé :

Margaret, actrice « terrifiante », spécialisée à Hollywood dans les rôles de méchante ; Agnodice, gynécologue de l’Antiquité grecque qui dut se déguiser en homme pour exercer ; Lozen, femme apache, guerrière et chamane ; Annette, sirène australienne qui inventa le maillot de bain féminin… Pénélope Bagieu brosse avec humour et finesse quinze portraits de femmes, combattantes hors normes, qui ont bravé la pression sociale de leur époque pour mener la vie de leur choix.


J'ai eu un gros coup de coeur pour cet album qui brosse le portrait de quinze femmes inspirantes de toutes les époques et toutes les régions du monde !

Les Culottées, c'est 15 femmes qui ont mené toutes sortes de combats pour améliorer la condition des femmes, pour changer le monde ou simplement pour vivre selon leur envie. Si je connaissais certaines des femmes présentées comme la danseuse Joséphine Baker, l'artiste Tove Jansson et l'actrice Margaret Hamilton, la grande majorité m'était complètement inconnue. Les histoires de Pénélope Bagieu sont courtes mais elles donnent vraiment envie d'en apprendre plus sur ces femmes. Je les ai presque toutes "googlées" par la suite ! À ne pas lire trop loin d'une connexion Internet si vous êtes curieuses comme moi !

Les dessins sont beaux, simples et efficaces. Les pages doubles présentes à la fin de chacune des histoires sont sublimes.

Quelque chose me dit que cet album aurait toutes les chances de plaire aux adolescentes aussi. Il leur présenterait de beaux modèles de femmes qui, comme le sous-titre le mentionne, "ne font que ce qu'elles veulent". Ce n'est pas ce que les jeunes veulent faire aussi ?

Il est possible de lire Culottées sur le blogue de l'auteure mais personnellement, je préfère la version papier. J'attends la sortie du deuxième tome maintenant !

Une autre bande dessinée de Pénélope Bagieu sur mon blogue : Cadavre exquis

Les culottées - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2016 
144 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Moka.

vendredi 27 janvier 2017

Amours - Léonor de Récondo

Quatrième de couverture :

Tandis que son épouse dort paisiblement, Anselme le notaire abuse de Céleste, la jeune bonne, qui tombe enceinte. Pour sauver l’honneur de tous, Victoire décide d’adopter l’enfant. Mais elle n’a pas la fibre maternelle, et le nouveau-né dépérit. En cachette, Céleste va tendrement prendre soin de son petit. Une nuit, Victoire les rejoint dans la chambre sous les combles…


Après La femme qui fuit et Chanson douceAmours est un autre roman qui a remporté un prix soit le Grand Prix RTL-Lire (respectivement une radio et une revue française) en 2015. Je viens également de réaliser que toutes mes récentes lectures portent sur la place des femmes dans la société et sur la maternité plus ou moins heureuse. Il n'y avait pourtant rien de prémédité.

Amours nous transporte en France, en 1908, dans une grande maison bourgeoise où règnent les secrets et les cachotteries. Le maître du lieu, Anselme un notaire, rêve de fonder une famille avec sa jeune épouse Victoire. Bien qu'elle veuille aussi un enfant, elle n'arrive pas à aimer véritablement son mari. Ne recevant pas d'attention de la part de Victoire, Anselme rejoint secrètement sa jeune bonne Céleste dans la chambre à l'étage. Suite aux infidélités répétées, Céleste est enceinte du notaire. Deux employés viennent compléter la maisonnée : Huguette et Pierre. C'est dans ce huis-clos que des amours imprévus naîtront.

L'époque est bien dépeinte ainsi que les différentes classes sociales. Les portraits des deux femmes, Victoire et Céleste, sont très réussis. Elles ont des vies complètement opposées mais aucune d'elles ne se sent vraiment libre ni heureuse. Avec toutes ces conventions, elles sont prisonnières d'un carcan... ou plutôt un corset ! Elles sont unies par plusieurs secrets inavouables. L'histoire est triste mais très belle à la fois. J'ai aussi apprécié l'écriture concise mais douce de l'auteure. Cependant, le revirement de situation est un peu trop surprenant et inattendu. J'ai eu l'impression que l'auteure ne nous avait pas laissé assez d'indices. Il m'a fallu quelques pages pour y croire.

Amours est un magnifique et bouleversant roman sur la place des femmes, la maternité, le désir et l'amour. Je lirai sans doute le premier roman de Léonor de Récondo Pietra viva.

Amours - Léonor de Récondo
Éditions Points 2016
216 pages

mercredi 25 janvier 2017

Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro

Résumé :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.

La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.


Je n'aurais pas choisi naturellement cette BD si je n'avais pas lu de si bons avis. Je ne trouvais pas les dessins particulièrement beaux ni l'histoire de la carte de fidélité particulièrement emballante. Mais, j'aurais eu tort de ne pas y jeter un oeil. Elle se lit d'un trait !

Zaï zaï zaï zaï est différent de tout ce que j'ai pu lire avant. Avec un humour totalement absurde, l'auteur, qui est un fin observateur, se moque complètement de la société actuelle. Il pousse à l'extrême l'individualisme ambiant et dénonce la surconsommation et la manipulation par les médias.

Cette BD a peut-être l'air d'un "gros n'importe quoi" à première vue mais elle fait réfléchir. Je réalise que c'est très difficile d'en parler alors je préfère vous laisser la découvrir.
Zaï zaï zaï zaï - Fabcaro
Éditions 6 Pieds Sous Terre 2015
64 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Mo.

lundi 23 janvier 2017

Ma plus récente sortie au théâtre : Table Rase

J'ai assisté à Table Rase une pièce jouée au Théâtre Espace Libre à Montréal. L'année dernière, j'étais déçue de ne pas avoir pu la voir. Dès que j'ai su qu'il y aurait une reprise en 2017, j'ai acheté des billets. Malheureusement, au moment d'écrire ces lignes, les représentations sont terminées. La finale avait lieu samedi. À moins que...

Source : Page Facebook Transthéâtre

Six jeunes femmes dans la vingtaine prennent part à un souper dans un chalet. Mais, ce souper n'est pas comme les autres. Le titre est révélateur : avant qu'il ne soit trop tard, elles veulent faire table rase et tout recommencer pour tenter d'être plus heureuses. Elles se réunissent donc pour changer leur vie. Elles s'y sont préparées en coupant les ponts avec leurs partenaires respectifs, en vendant leurs biens matériels et en démissionnant de leurs emplois. 

Le souper de filles chaotique et vibrant dure une heure trente. Ensemble, elles parlent abondamment de sexe mais aussi de relations humaines, du couple moderne, de la maternité, de dépendances et de maladies. Bref, elles parlent de la vie ! Les dialogues sont très crus mais vraiment naturels. Aidées par l'alcool, elles discutent, s'expriment et crient sans aucune censure.

Le dosage entre les moments humoristiques et dramatiques est parfait. Avec des thèmes similaires, cette pièce m'a rappelé Coco que j'ai vue l'année dernière. J'ai vraiment aimé les deux pièces mais Table Rase est définitivement plus licencieuse et va beaucoup plus loin.

Table Rase est une belle pièce féministe (c'est dit avant notre entrée dans la salle, on ne s'en cache pas) dans laquelle les comédiennes, qui ont co-écrit le texte, se sont tout permis ou presque. Leur complicité est évidente. Du théâtre décomplexé, drôle, touchant, vraiment l'fun !

Source : La Bible urbaine

Table Rase (2017)
Texte : Catherine Chabot avec la collaboration de Brigitte Poupart et des interprètes Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Rose Anne Déry, Sarah Laurendeau, Marie-Noëlle Voisin
Mise en scène : Brigitte Poupart

samedi 21 janvier 2017

Chanson douce - Leïla Slimani

Quatrième de couverture :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. 

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Ce roman a figuré dans bon nombre de bilans de fin d'année. Il ne fait pas l'unanimité mais on a amplement parlé de lui. Il a également remporté le Goncourt 2016. J'étais plus que curieuse !

Je ne vous cacherai pas que les premières pages de Chanson douce sont très dures. Nous sommes sur l'horrible scène de crime, dans la salle de bain des Massé, où les enfants ont été retrouvés sans vie. La responsable, c'est Louise, la nounou qui gît là par terre, vivante mais inconsciente. Après quelques pages, je n'étais pas fâchée que la suite soit un peu plus légère, le temps de reprendre mon souffle.

Louise, personnage mystérieux et dérangé, est évidemment le principal intérêt du roman. Cependant, c'est sa relation avec Myriam qui m'intéressait le plus. Myriam veut reprendre sa carrière d'avocate où elle l'a laissé lorsqu'elle est tombée enceinte de Mila puis d'Adam. Elle est déchirée entre son besoin de s'accomplir professionnellement et celui d'être une bonne mère. Louise, par son expérience et sa discipline, lui renvoie un modèle de femme de maison qu'elle ne peut atteindre. Il y a une certaine tension entre elles alors que pour Paul, le père, la situation est plus simple. Pas de compétition, pas de comparaison non plus. Par la bande, l'auteure aborde aussi les différentes classes sociales, la condition des femmes sans papier, la place des femmes sur le marché du travail, etc.

J'ai apprécié l'écriture rythmée et fluide de  Leïla Slimani. Je garde aussi en mémoire de belles scènes dont le voyage en Grèce de la famille accompagnée de Louise et les promenades au parc où les nounous se rencontrent. Ma petite déception concerne la fin que je n'ai pas trouvée à la hauteur du reste du roman.

Chanson douce - Leïla Slimani
Éditions Gallimard 2016
240 pages

vendredi 20 janvier 2017

Votre avis ?

Aujourd'hui, je ne parle pas d'un roman en particulier (mais mon prochain billet sera en ligne bientôt). J'aimerais savoir si vous êtes sur Goodreads, vous, les blogueurs-lecteurs. C'est une plateforme que je découvre mais que j'aime déjà beaucoup.

J'aime scanner les romans, lire les avis, voir mon récapitulatif de l'année en statistiques, connaitre les lectures en cours des gens et comparer les lectures. Et vous ? J'aimerais connaitre votre avis et peut-être devenir ami(e)s, pourquoi pas ? Ça me ferait plaisir. J'y suis sous mon véritable nom. L'invitation est lancée !

dimanche 15 janvier 2017

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette

Quatrième de couverture :

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. 

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes.
Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.


Ça y est, j'ai enfin lu ce roman dont tout le monde parle depuis bientôt deux ans ! Je ne sais pas ce que je pourrais dire qui n'a pas encore été dit. Je me contente simplement d'en rajouter une couche car j'ai eu, moi aussi, un gros coup de coeur pour ce magnifique roman. Il mérite tous les prix remportés.

Les grandes lignes sont connues. Au décès de sa grand-mère Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette est désignée unique héritière avec son frère. Cette femme, elle ne l'a pas connu. Elle est même étonnée d'avoir accès à l'appartement de celle qui a abandonné ses enfants en bas âge au profit de la liberté. Pour retracer sa vie, l'auteure a fouillé les lieux de la défunte, interrogé ceux et celles qui l'ont connu et embauché une détective privée.

Ce que j'ai préféré dans La femme qui fuit est certainement le portrait de femme qui s'étend sur près de 80 ans. Suzanne Meloche était une femme forte et fragile à la fois qui semble avoir vécu plus d'une vie. Il y avait là tout le matériel pour en faire un roman mais encore fallait-il une écriture qui accroche. Anaïs Barbeau-Lavalette l'a. Je n'étais pas certaine d'apprécier la narration au "tu" mais je l'ai oublié après quelques pages. Ça coulait bien. Par cette écriture, j'ai ressenti l'amour-haine de l'auteure pour sa grand-mère.

Lire ce roman, c'est aussi l'occasion d'apprendre sur l'histoire du Québec : les années de guerre, le régime de Duplessis, le refus global et le mouvement automatiste, la sprinteuse québécoise Hilda Strike au Jeux Olympiques de 1932, etc. Il est bien documenté.

Passionnant. Je ne vois pas d'autre mot. Un futur classique québécois sans doute.

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette
Éditions Marchand de feuille 2015
378 pages