mercredi 20 septembre 2017

Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald

Résumé :

La jeune Meags est une enfant comme les autres, bien qu'elle sente déjà au fond d'elle-même qu'elle n'est pas exactement comme ses amies. Longs cheveux roux est un récit autobiographique intimiste sur fond de sorcellerie et de solidarité féminine, dans lequel Meags Fitzgerald revient sur ses premiers émois amoureux de même que sur la découverte et l'acceptation de sa propre bisexualité. S'inspirant de ses expériences personnelles, l'auteure propose une réflexion forte et articulée sur la différence, la place des femmes à travers l'histoire ainsi que l'influence de la culture populaire sur la construction de notre identité.

Publié en anglais en 2015, Longs cheveux roux a connu un succès critique marqué dans sa version originale.


Voici un autre album lu cet été. C'était il y a un moment déjà mais je n'en avais pas parlé ici. La bédéiste Meags Fitzgerald, qui m'était inconnue, est une canadienne anglophone qui doit avoir à peu près mon âge. Dans ce roman graphique, elle raconte son enfance dans les années 90 puis son adolescence à travers différentes anecdotes. Jeune fille curieuse et allumée, elle est fascinée par l'étrange, la magie, le fantastique, la sorcellerie puis... les longs cheveux roux ! Elle découvre également durant ces années que son orientation sexuelle est différente de la majorité de ses copains, elle est bisexuelle.

J'ai beaucoup aimé le retour en arrière offert par cet album. J'y ai retrouvé plein de références de mon enfance et mon adolescence : émissions de télévision, des livres et même des jeux de société ! Les thèmes sont abordés de belle façon (la chasse aux sorcières ou plutôt la chasse aux homosexuels est intéressante) mais ils ne le sont qu'en surface. J'aurais aimé plus de profondeur. J'ai tout de même aimé Longs cheveux roux pour ses dessins, ses thèmes et surtout, pour le plaisir nostalgique qu'il m'a procuré !
Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald
Editions POW POW 2017

96 pages

samedi 16 septembre 2017

Routes secondaires - Andrée A. Michaud

Quatrième de couverture :

Qui est Heather Thorne, cette jeune femme frappée d’amnésie qui ne sait plus si elle existe réellement ou si elle n’est que le double d’une inconnue croisée par un jour d’octobre ? Et qui est Andrée A. Michaud, cette écrivaine qui se demande si elle n’a pas usurpé la place d’une morte et si son véritable nom n’est pas Heather, Heather Thorne ? Regardant défiler les saisons depuis les fenêtres de son bureau, l’écrivaine tentera de déterminer de quel passé trouble a surgi la jeune femme qui l’obsède et menace de l’entraîner au cœur d’une forêt où elle sera dévorée par sa propre histoire.


Routes secondaires est ma première lecture de la rentrée littéraire de l'automne 2017. Je l'ai choisie car Andrée A. Michaud est aussi l'auteure de Bondrée, un polar que j'ai adoré et que j'ai conseillé à maintes reprises.

J'ai été ravie de retrouver l'écriture d'Andrée A. Michaud qui est toujours aussi dense et sublime. Son style est unique et reconnaissable. Par contre, le récit de Routes secondaires était pour moi très confus. Le réel se mêle à l'imaginaire, le mensonge à la vérité et les personnages ne sont jamais ceux que l'on croit qu'ils sont. Tout un casse-tête ! C'est à vous de voir si vous aimez ce procédé. Pour ma part, j'ai trouvé la lecture très exigeante. Je n'ai pas été aussi emballée que lors de ma lecture de Bondrée qui avait été une révélation. Si j'avançais tout de même rapidement ma lecture, c'est grâce à l'écriture fluide qui coule doucement. Les phrases sont belles et les images fortement inspirées par la nature. Les saisons y sont vraiment bien décrites. Il y a d'intéressantes réflexions sur le processus de création et l'écriture. J'ai aimé les courtes allusions aux personnages de Bondrée ou de ses précédents romans. Les personnages sont au coeur des questionnements de l'auteure.

Au final, le talent d'Andrée A. Michaud est évident mais j'aurais aimé être un peu moins dans le flou. J'ai compris le texte d'une certaine manière mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne... Ça c'est si jamais il y en a une bonne.

Routes secondaires - Andrée A. Michaud
Éditions Québec Amérique 2017
248 pages

vendredi 8 septembre 2017

La servante écarlate - Margaret Atwood

Quatrième de couverture :

Alors que la natalité ne cesse de baisser, Defred doit mettre au service de la république de Giléad, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. A travers le portrait de cette femme, l'auteure dresse un réquisitoire sans appel contre tous les intégrisme. Prix de la Paix des libraires allemands 2017 décerné à l'auteure.


Le roman La servante écarlate n'est pas une nouvelle parution, il a été publié pour la première fois en 1985. Il a été réédité suite au succès monstre de la série télévisée et on le voit maintenant partout ! En juin, je l'ai cherché dans bon nombre de librairies et de bouquineries en vain. C'était presque impossible de mettre la main dessus ! Il m'a fallu attendre quelques semaines me procurer cette nouvelle édition.

L'histoire est celle de Defred qui est devenue malgré elle une servante écarlate. Elle vit dans la maison d'un famille plus riche. Elle doit se vêtir de rouge chaque jour et doit porter l'enfant de son Commandant car les Épouses ne sont plus fertiles. Être capable d'enfanter est devenu une rareté à Gilead, l'Amérique cauchemardesque du futur.

Cette dystopie est glaçante avec son Mur, les Yeux, les Tantes, etc. L'atmosphère est oppressante et on ressent la lassitude et l'angoisse que vit Defred qui a connu le monde d'avant tel que nous le connaissons. Elle peut mesurer sa liberté perdue. D'ailleurs, c'est très intéressant lorsqu'elle raconte les minimes changements qui sont survenus peu à peu et qui ont finalement mené à la fin de notre ère. J'ai eu l'impression que l'auteure nous met en garde. Le récit est féministe. Cependant, je ne considère pas que les hommes connaissent un bien meilleur sort à Gilead. La majorité n'est pas véritablement libre non plus.

La fin est marquante. Elle est à l'image du reste du récit : elle est froide et ouverte. Je l'ai apprécié même si j'aurais aimé avoir quelques réponses de plus. Je n'ai pas réellement compris les Notes Historiques à la toute fin. Est-ce un ajout de l'auteure ? Existaient-elles lors de la première parution ? Devrait-on s'y fier ? Bref, si quelqu'un peut m'éclairer, j'en serais heureuse ! Je vais aller jeter un coup d'oeil à la série maintenant. J'ai lu quelque part qu'elle était supérieure au livre... Vraiment ?

La servante écarlate - Margaret Atwood
Éditions Robert Laffont 2017
521 pages

lundi 28 août 2017

Ce que j'attends avec impatience cet automne

Le nouveau roman d'Andrée A. Michaud Routes secondaires (11 septembre)

J'ai découvert Andrée A. Michaud avec son sublime roman Bondréeun mélange de polar et de roman d'apprentissage écrit avec une écriture très poétique. Je suis très curieuse de lire le nouveau roman dont je ne sais presque rien pour le moment.

Le film Et au pire, on se mariera (15 septembre)

Le roman de Sophie Bienvenu avait été une belle claque, j'en avais parlé ici. Et ce sont les actrices Karine Vanasse (j'ai parlé d'elle récemment pour sa série Blue Moon) et Sophie Nélisse (La voleuse de livres) qui interpréteront les personnages principaux, ça ne peut qu'être bon ! J'espère avoir l'occasion de le voir au cinéma malgré le "rush" de la rentrée.

Le deuxième roman de Mikella Nicol Aphélie (19 septembre)

Son premier roman Les filles bleues de l'été m'avait beaucoup plu. Je l'avais lu d'une couverture à l'autre ! J'ai hâte de découvrir celui-là. Je n'ai jamais été déçue avec Le Cheval d'août.


"Une jeune travailleuse de nuit qui a toujours vécu par le regard des hommes voit ses habitudes bouleversées le soir où, dans un bar, surgit Mia, qui ne quittera plus ses pensées. Puis il y a cette autre fille qui a disparu et dont l’image passe en boucle au téléjournal. Prise de court, la narratrice tente de ralentir la dérive qui l’éloigne de son couple, et d’étouffer les souvenirs de B., ancien amour violent et magnétique. Le temps d’un été caniculaire et étrange, les personnages d’Aphélie dévieront de leur trajectoire pour se heurter à pleine force."


La deuxième saison de Stranger Thing (27 octobre)

Je l'attends depuis longtemps celle-là ! J'espère que la deuxième saison sera à la hauteur de la première. J'avais eu un énorme coup de coeur, je ne veux pas être déçue. J'en ai parlé ici.



Il y a aussi quelques premiers romans québécois que j'ai repérés et qui m'interpellent :

Borealium tremens de Mathieu Villeneuve (La Peuplade)
Au 5e de MP Boisvert (La Mèche)
Les cigales d'Antonin Marquis (XYZ)


 Et vous, qu'attendez-vous avec impatience ?

(Je reviendrai bientôt vous parler de mes dernières lectures des vacances...)

mardi 22 août 2017

Victor Lessard (saison 1)

Les vacances sont maintenant terminées. Je reprends du service un peu partout y compris ici. Je vous présente une autre série québécoise adaptée des polars de Martin Michaud que j'ai regardé en rattrapage cet été. 

J'ai connu Victor Lessard à travers sa toute première enquête dans le premier roman Il ne faut pas parler dans l’ascenseur. Bien qu'il m'ait plu, je n'ai pas poursuivi ma découverte des romans. Le soupçon de fantastique m'avait quelque peu dérangé. La première saison est l'adaptation d'un seul roman soit Je me souviens. Heureusement, il n'y a aucune trace de fantastique dans celui-ci ! 

J'ai trouvé au début que Julie Lebreton jouait "trop gros" le personnage de Jacinthe Taillon l'acolyte de l'enquêteur Victor Lessard. J'aime bien cette actrice mais je trouvais que son jeu, dans cette série, manquait de subtilité. Malgré tout, au fil des épisodes, j'ai bien aimé le duo Lessard-Taillon.

L'enquête est complexe et intéressante. Le premier épisode est surprenant, il est assez violent, même "gore". Je ne m'attendais à ça mais au final, ces scènes servent bien l'intrigue. Si vous n'êtes pas fan de ce genre de scène (comme moi), rassurez-vous, les autres épisodes sont beaucoup moins pires !

C'est une série que j'ai beaucoup aimé malgré quelques petits bémols. Je regarderai sans doute la deuxième saison.

dimanche 6 août 2017

Une longue canicule - Anne Villeneuve

Résumé :

Une longue canicule, la première bande dessinée d’Anne Villeneuve, met en scène Marie-Hélène, une jeune femme quittant les Îles-de-la-Madeleine pour venir s’installer à Montréal. La jeune fille découvre une nouvelle ville, ses habitants et apprend à vivre avec son déracinement et les démons de son passé. Œuvre sensible et intimiste, le récit se déroule sur une durée de quelques jours durant lesquels la métropole est plongée dans l’une des plus chaudes canicules de son histoire.


Je vous présente aujourd'hui une autre BD québécoise pour laquelle j'ai eu un coup de coeur ! J'attendais une canicule pour la lire (je l'attends toujours...) mais peu importe le temps, on passe un excellent moment avec cet album !

Le point de départ est simple : une jeune femme, Marie-Hélène, quitte ses Îles-de-la-Madeleine natales pour s'installer au coeur de Montréal. Le changement est brusque et déstabilisant. Elle n'a jamais été entourée par autant de gens mais elle se sent très seule. Elle a peu d'alliés : Nestor un collègue de travail français et Marguerite sa vieille voisine solitaire mais sympathique. Sa vie semble tranquille mais ne elle ne le restera pas... Et puis, l'amour n'est pas bien loin non plus.

J'ai eu un gros coup de coeur pour la magnifique couverture bleue mais ce qu'il y a à l'intérieur est aussi bien. L'ambiance de canicule est géniale, les dessins en noir et blanc sont beaux et le scénario tient la route. On passe par toute la gamme des émotions. Je l'ai dévoré d'un trait !

Bref, Une longue canicule est une belle BD intime et douce à s'offrir !

Une longue canicule - Anne Villeneuve
Éditions Mécanique Générale 2017
216 page

mercredi 2 août 2017

Antarctique solo, une sortie au froid !

J'ai assisté à cette pièce de théâtre ce samedi mettant en vedette Rémi-Pierre Paquin. C'est tout ? Oui c'est tout ! Le mot solo dans le titre n'est pas là pour rien. Rémi-Pierre Paquin interprète l'aventurier Frédéric Dion alors qu'il traverse l'Antarctique en kite ski ou paraski. Il est absoluement seul sur scène comme l'était Frédéric Dion durant son audacieux périple. 


Avec une pièce qui dure plus une heure trente, regarder et écouter un seul comédien pourrait être ennuyant mais non ! Rémi-Pierre est incroyablement talentueux. Je l'ai découvert dans Les pays d'en haut dans son rôle de Bidou Laloge, un autre dans lequel il excelle. 

J'ai beaucoup de mal à comprendre les motivations qui poussent un individu à entreprendre une aventure aussi risquée mais j'aime en entendre parler. La pièce est truffée d'informations intéressantes sur le périple de Frédéric Dion et sur les aventuriers qui ont traverse l'Antarctique avant lui en traîneau à chiens par exemple. Les moments sérieux alternent avec des moments légers et humoristiques. C'est bien balancé. On a souvent recours à la technologie, des vidéos sont projetés sur le décor de glaciers, C'est bien pensé. J'ai moins aimé le côté "moralisateur" qui me donnait un peu l'impression d'assister à une conférence de motivation. Je ne suis pas une adepte de ce genre de conférence, j'ai l'impression qu'on me dit comment vivre. 

Cette pièce de théâtre sort de l'ordinaire par son thème, un fait vécu, et par sa mise en scène. L'unique comédien est également excellent. Je la conseille donc à tous y compris aux plus jeunes spectateurs. Elle est présentée à Shawinigan pour quelques semaines encore puis l'équipe partira en tournée au Québec ensuite.

dimanche 30 juillet 2017

L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab

 Résumé :

Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.


J'aime beaucoup retrouver l'ambiance des camps de vacances dans les livres et les bandes dessinées ayant été moi-même campeuse et animatrice à certains moments de ma vie. D'ailleurs, dans un style différent mais tout aussi intéressant, j'avais adoré Paul a un travail d'été de Michel Rabagliati qui avait aussi cette thématique. Si vous connaissez d'autres titres, je suis preneuse !

Dans L'Esprit du camp, nous vivons le premier été d'Élodie, 17 ans, comme monitrice de camp de vacances. Nous faisons vite connaissance avec les autres moniteurs et monitrices (pourquoi n'ont-ils pas de noms de camp?) et le directeur qui est tout un personnage ! C'est le moins qu'on puisse dire ! Les moniteurs ne sont pas des modèles, ils sacrent devant les jeunes campeurs, se font bronzer sur la place sans surveiller les enfants se baignent, etc. Je ne leur confierais probablement pas des enfants mais ils sont drôles et c'est l'important ! Mais les plus drôles, ce sont définitivement les campeurs. Les petites rousses du groupe d'Élodie n'ont vraiment pas la langue dans leur poche !

Un deuxième tome est prévu. J'espère qu'il répondra à nos interrogations : qui est véritablement le directeur ? Y'a-t'il vraiment quelque chose de maléfique dans la forêt ? Est-ce que Catherine ressent plus que des sentiments d'amitié pour Élodie ? Il y a un soupçon de fantastique et peut-être une histoire d'amour à prévoir pour la suite.  Je la lirai assurément.

Crue, colorée, drôle et déjantée, c'est une BD estivale géniale !
L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab
Éditions Studio Lounak 2017
104 pages

vendredi 28 juillet 2017

Blue Moon (saisons 1 & 2)

Cette série n'est peut-être pas l'adaptation d'un livre mais elle vaut la peine que j'en parle quand même. L'année dernière, j'avais bien aimé la première saison. Mais là, je viens carrément d'enfiler les épisodes de la deuxième ! Je suis encore plus conquise ! Avant cette série, je ne croyais pas aimer les séries d'action car oui, Blue Moon en est une, une vraie ! J'en ai regardé d'autres, surtout américaines, et elle n'a absolument rien à envier à celles d'ailleurs.

Ce sont les acteurs et actrices principaux qui m'avaient donné envie d'y jeter un coup d'oeil à la base. J'aime beaucoup le travail de Karine Vanasse, Éric Bruneau et Caroline Dhavernas. Puis, j'ai été happée par les intrigues. Dans la saison 1 : qui a tué le père de Justine (Karine Vanasse) ? Que fait l'entreprise para-militaire Blue Moon au juste ? Qui est l’atroce personnage masqué qui a fait du mal à Justine ? Dans la saison 2, sur fond de contestations étudiantes, un nouveau personnage interprété par Émile Proulx-Cloutier fait son entrée. Impossible de ne pas penser à Gabriel Nadeau-Dubois... Vous verrez, après trois épisodes, c'est difficile de s'arrêter !

Je ne veux pas trop en dire mais si vous avez la chance de la visionner, n'hésitez pas ! C'est une des bonnes séries québécoises des dernières années selon moi. Pourtant, j'ai l'impression qu'elle passe sous le radar...

dimanche 23 juillet 2017

Au fond de l'eau - Paula Hawkins


Quatrième de couverture :

Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Julia, Lena, Nel : avec ce superbe portrait de trois femmes en quête d’elles mêmes, aux prises avec les pesanteurs du passé, on retrouve l’infinie compréhension pour ses personnages dont témoignait déjà Paula Hawkins dans La Fille du train. On y retrouve, surtout, sa virtuosité et un talent incroyable pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à l’ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits.

Paula Hawkins a vécu au Zimbabwe, en France et en Belgique. Journaliste à Londres, son premier roman La Fille du train a été vendu à plus de 18 millions d'exemplaires dans le monde.


Les romans de Paula Hawkins sont toujours de gros succès. De mon côté, c'est la jolie couverture qui m'a donné envie de lire ce polar cet été ! Il faut dire que j'avais bien aimé son premier La fille du train aussi. D'ailleurs, je ne devrais pas tarder à regarder l'adaptation cinématographique.  Encore une fois, avec Au fond de l'eau, elle nous offre un polar très efficace.

Paula Hawkins nous transporte à Beckford un petit village en Angleterre et sur les berges de sa rivière tumultueuse. Nous nous baladons entre le Vieux Moulin, le bassin aux noyées et le commissariat de police. Avec de tels lieux, on pourrait certainement en faire un beau film ! Cependant, j'ai eu un peu de mal à m'y retrouver au départ car les personnages sont nombreux. On y rencontre presque tout un village ! Après un moment, on s'y fait et on peut apprécier davantage l'intrigue qui avance lentement mais surement. À l'instar de son premier roman, il est difficile de savoir lesquels sont vraiment fiables et lesquels disent la vérité. Les secrets se révèlent au fil des pages. J'ai aussi bien aimé l'atmosphère de ce roman. Je ne sais pas si l'histoire me marquera longtemps mais sur le coup, ça a bien fonctionné.

Un autre roman de Paula Hawkins sur mon blogue : La fille du train

Au fond de l'eau - Paula Hawkins
Éditions Sonatine 2017
406 pages

jeudi 20 juillet 2017

Coin lecture en devenir...

Nous avons acheté une maison tôt ce printemps et depuis juin, nous sommes dans les rénovations et la décoration. C'est maintenant au tour de la pièce dédiée à la lecture ! C'était important pour moi d'en avoir une loin de la télévision (je suis incapable de lire si je l'entends). Il y a déjà des bibliothèques intégrées au mur et un poêle à bois. L'été, je lis principalement dans la cour mais l'hiver, l'automne ou les jours de pluie, je pourrai profiter de ce petit coin. 

Pourquoi je vous parle de tout ça ? J'aimerais avoir les conseils de lecteurs et lectrices. Qu'aimez-vous de votre coin lecture ? Qu'aimeriez avoir que vous n'avez pas ? Quels sont les indispensables selon vous ?

Voici des photos avant les travaux (avec un chat en prime). Le rouge et le brun disparaîtront, ne vous en faites pas ! :)




mardi 18 juillet 2017

Nelly le film


Nelly Arcan a marqué le monde littéraire québécois à sa manière dès la parution de son premier roman Putain. Elle était une femme aux multiples personnalités et aux nombreux talents. J'ai regardé récemment ce film biographique qui est paru l'année dernière soit huit ans après qu'elle se soit enlevée la vie.

Dans Nelly, on pourrait croire qu'on a affaire avec plusieurs personnages différents : l'escorte, la junkie, l'écrivaine, la star, l'amoureuse. Les scènes se succèdent mais l'ambiance change. Seul le malaise reste. Mylène MacKay interprète à merveille cette femme insaisissable et torturée. Certaines scènes sont marquantes, d'autres fascinantes. La photographie du film est léchée et magnifique.

Il m'a semblé qu'on entremêlait parfois la réalité et la fiction. A-t-elle utilisé ce même procédé dans ses romans ? C'est fort possible. Malheureusement, je n'ai jamais lu ses romans (mais je le ferai un jour) et cela m'a sans doute empêché de saisir quelques détails. Je n'ai pas l'impression d'en avoir appris beaucoup sur Nelly Arcan mais plutôt d'avoir baigné dans sa mélancolie et son mal de vivre le temps du visionnement. J'ai passé un très bon moment de cinéma malgré tout.

mercredi 5 juillet 2017

Corps sonores - Julie Maroh

Résumé :

Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s’entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l’amour. Cette inconnue à laquelle même la science ne peut donner d’explication, ce concept qui nourrit l’imaginaire des artistes depuis toujours, est au cœur du nouveau roman graphique de Julie Maroh.

À travers vingt et une nouvelles de bande dessinée, sur 300 pages, l’auteure retrace les différentes étapes d’une relation amoureuse : les premiers flirts, les rendez-vous manqués, la vie sous le même toit, la rupture... Interrogeant les émotions, convoquant les sens, elle décrit les parcours de personnages criants de vérité. Loin des supposées « normes » de genre et des stéréotypes physiques ou raciaux, leurs corps, dans leur diversité, sont les nôtres. Avec eux, nous partageons l’excitation, les doutes, la tristesse, la joie, la honte, la colère. Comme eux, nous aimons.

Corps sonores est un ouvrage à la fois universel et résolument contemporain dans ce qu’il donne à voir de la réalité humaine.


Julie Maroh, ce nom vous dit certainement quelque chose. C'est elle qui est derrière Le bleu est une couleur chaude, une BD pour laquelle j'avais eu un coup de coeur. Elle a été adaptée aussi sous le titre de La vie d'Adèle. Corps sonores, le deuxième album d'elle que je lis est composé de courtes (et de très courtes) histoires qui ont en commun le thème de l'amour et le lieu, c'est-à-dire la ville de Montréal. D'ailleurs, cet extrait est juste et magnifique :

"Tout commence un 1er juillet puisqu'à Montréal tout change chaque 1er juillet: c'est la journée typique des déménagements. Les corps chargent et déchargent des véhicules en résonnant d'émotions, Espoir, nostalgie, peur, doute, excitation.... Dans ce chaos organisé et sous la chaleur accablante, tout le monde offre les cadavres de son ancienne vie sur les pelouses des allées et emporte le reste, vers la vie à venir."

J'ai aimé retrouver des décors montréalais : les tam-tams du Mont-Royal, la Ronde, etc. Cependant les "traductions" d'expressions québécoises à répétition m'ont agacé alors que d'autres trop "françaises" pour être dites par des québécois m'ont fait grincer des dents. Le langage n'est pas au point et même sans le savoir, on devine facilement que c'est écrit par une française.

J'ai été surprise que l'auteure considère le polyamour est bien accepté au Canada. Nous sommes une société plus ouverte que bien d'autres à propos de la diversité sexuelle mais le message envoyé me paraît bien loin de la réalité. Je n'ai jamais entendu parler de polyamour vécu au quotidien... Alors dire qu'il est bien accepté et ce depuis des années, ça me semble exagéré malheureusement.

Comme dans tous les recueils d'histoires ou de nouvelles, certaines nous touchent plus que d'autres évidemment. Ce fût le cas ici aussi. L'épilogue est l'une de celle que j'ai préférée. L'album est un peu inégal mais il vaut quand même le détour.

Un autre album de Julie Maroh sur mon blogue : Le bleu est une couleur chaude
Corps sonores - Julie Maroh
Éditions Glénat 2017
304 pages

jeudi 29 juin 2017

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan

Quatrième de couverture :

La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de coeur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.


C’était l’été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d’un « charmant petit monstre » qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l’image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.


J'ai lu Bonjour tristesse au cours des dernières semaines. C'est un titre que beaucoup connaissent (souvent sans même l’avoir lu) car dès sa parution en 1954, il a connu un grand succès. Une adaptation cinématographique existe aussi. Ce fût une lecture mitigée pour moi mais pas désagréable.

Pour ma part, je ne connaissais rien de l'histoire mis à part qu'elle se déroulait dans le sud de la France. Pour résumer, il s'agit de l'histoire de Cécile, 17 ans, qui est en vacances dans une villa au bord de la mer avec son père Raymond un jeune veuf. Avec eux, voyage Elsa qui est amoureuse de Raymond. Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'un autre personnage débarque pour troubler le trio. Anne est une grande dame qui souhaite conquérir Raymond et éduquer Cécile qui est trop "libre" pour elle et pas assez intellectuelle.

Je n'ai pas détesté mais je m'attendais à autre chose. Les phrases sont courtes et sèches. Les descriptions vont droit au but. Il a fallu que je m'y habitue. Le personnage de Cécile ne m'était pas vraiment sympathique. Je n'ai aimé que son côté décomplexé et libre (surtout pour une jeune femme de 17 ans) qui a certainement dérangé à l'époque mais sa jalousie la rend forcément moins attachante. Par contre, la fin énigmatique est très réussie, elle porte à réflexion et force l'interprétation.

J'ai aussi aimé l'ambiance estivale du sud de la France. J'ai retrouvé des lieux où je suis moi-même allée lors d'un voyage en 2012. Comme les personnages, j'ai mis les pieds à la gare de Fréjus ainsi que sur les plages de Fréjus et de St-Raphaël. J'ai aimé ces petites villes qui semblaient être prisées davantage par les vacanciers français que par les touristes de partout comme dans les grandes villes. Voici quelques-unes de mes photos. 

 À St-Raphaël

 La plage de Fréjus

Ma première fois en Paddleboard, c'était à Fréjus !

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan
Éditions Pocket 2009
160 pages

samedi 24 juin 2017

The King Girl le film

Je vous avais parlé de Christine la reine-garçon en mai dernier, vous vous souvenez ? J'avais également mentionné que la pièce de théâtre avait été adaptée au grand écran. Et bien, j'ai regardé l'adaptation de 2015 intitulée The Girl King. Bien qu'elle soit finlandaise, le scénario est aussi du dramaturge québécois Michel Marc Bouchard.

The Girl King commence alors que Kristina vient d'avoir 18 ans et qu'elle accède au trône par défaut puisque que son père n'a pas d'héritier mâle. Elle régnera véritablement sur la Suède pendant une vingtaine d'année mais ici, on ne s'intéressera qu'à une brève partie de sa vie. À ce moment, la jeune reine a un rêve : que son pays cesse la guerre. Curieuse, elle est aussi très animée par le savoir : la science, la philosophie, les lettres. Les hommes de son entourage lui font sans cesse la cour et espèrent la marier. Malheureusement pour eux, ils essuient refus après refus car elle est secrètement amoureuse d'une de ses dames de compagnie. En faisant une brève recherche sur Internet, j'ai découvert qu'elle avait eu par la suite des "amis intimes" masculins également. La reine Kristina a certainement eu une vie très mouvementée ! Elle était résolument moderne et ne se laissait dominer par personne. Kristina est un personnage féminin fort qui n'en faisait qu'à sa tête (elle aurait été à sa place dans un album de Culottées tiens!). Et pour ça, je l'aime bien !

L'ambiance du film est particulière et froide mais j'ai bien aimé.  Les décors enneigés sont très beaux de même que les costumes. La musique classique ajoute aussi au caractère solennel du film. Ce n'est pas un style que j'écoute beaucoup mais j'aime bien la plupart du temps. J'ai retrouvé la chanson thème ainsi qu'un beau montage (ce n'est pas la bande-annonce mais vous saurez la trouver facilement).


Mon billet à propos du texte de la pièce de théâtre : Christine la reine-garçon

mercredi 21 juin 2017

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu

Résumé :

Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d'investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde. "Les Culottées" ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.


Récemment, j'ai lu ce deuxième tome des Culottées de Pénélope Bagieu. Aussi bien vous le dire tout de suite : j'ai eu le même gros coup de coeur qu'avec le premier tome !

Dans ce tome comme dans le précédent, on nous présente la vie de quinze femmes inspirantes. On s'est intéressé davantage à des héroïnes du siècle dernier dans ce tome ce qui fait que quelques unes d'entre elles sont toujours vivantes aujourd'hui.

Pénélope Bagieu sait raconter la vie de ces femmes autant avec des anecdotes croustillantes que des faits historiques. Elle met toujours le doigt sur le petit détail surprenant et intéressant qui change tout. Impossible après ces histoires de ne pas avoir envie de googler leurs noms pour en savoir plus et pour voir des photos ! Les dessins sont beaux, efficaces et détaillés. Et, encore une fois, les doubles pages sont magnifiques. Bref, j'adore !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : California Dreamin'Culottées (tome 1) et Cadavre exquis

Culottées (tome 2) - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2017
170 pages



Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

dimanche 4 juin 2017

La série 13 reasons why (saison 1)

J'ai lu il y a plusieurs années (plus précisément en 2010), le roman Treize raisons de Jay Asher. Il venait d'être traduit en français et il figurait parmi les nouveautés. Sa sortie n'avait pas fait de vague. J'ai donc été étonnée de voir sur Netflix apparaître cette série et surtout de voir l'engouement qu'elle suscitait. La série a énormément fait jaser (même le ministre québécois de l'éducation s'en est mêlé...) et elle a été maintes fois critiqué. Elle inquiétait les parents, les intervenants qui travaillent avec les ados, etc. Je peux comprendre mais le roman est présent dans les bibliothèques et les rayons de librairies depuis tellement longtemps... De mon côté, c'est entre adultes avertis que nous l'avons regardé. Il faut quand même le dire, cette série aborde des sujets difficiles comme le suicide mais aussi l'agression sexuelle et le viol.

Vous connaissez sans doute les grandes lignes de l'histoire. Hannah s'est suicidée en laissant derrière elle des cassettes sur lesquelles on peut l'entendre raconter son histoire. Elle explique, sur 13 cassettes (donc 13 épisodes), les raisons qui l'ont menée à commettre l'irréparable. 

Le roman m'avait moyennement plu. Je me souviens qu'il se lisait bien mais je n'ai gardé que très peu de souvenirs. Il ne m'avait pas marqué et c'était aussi bien car j'ai pu me laisser surprendre par la série. La série se déroule à deux moments différents. Les flashbacks nous ramènent au temps où Hannah était vivante et fréquentait l'école puis il y a le présent alors que Clay écoute les cassettes et essaie de comprendre. Heureusement, il y a la blessure à son front pour nous indiquer clairement à quel moment nous nous trouvons. Clay est malheureusement un personnage aussi fade dans la série que dans le livre mais les autres personnages sont intéressants. Certains peuvent être détestables mais, au moins, ils procurent des émotions. Clay est trop lisse, il en est ennuyeux.

Habituellement, je préfère les livres à leur adaptation mais cette fois, je crois que j'ai préféré la série. J'ai dû regarder 4-5 épisodes avant d'être accrochée mais après, elle m'a réellement tenu en haleine. 

Mon billet (datant de 2010) à propos du roman de Jay Asher : Treize raisons

mercredi 31 mai 2017

Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel

Résumé :

Elles s'aiment et après des années d'attente, d'espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur.

L'amour, l'évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l'eau, loin des Ecumes.


Il y a un bon moment que je veux la lire celle-ci, c'est maintenant chose faite ! Écumes est une autre superbe BD illustrée par Carole Maurel qui aborde des sujets délicats et encore peu traités.

Deux jeunes femmes espèrent avoir un enfant. Les essais se succèdent sans résultat. L'attente devient de plus en plus insupportable et l'espoir se désagrège au fil des visites à l'hôpital. L'impossibilité d'avoir un enfant devient un poids difficile à porter. L'une d'elle écrit des contes pour se libérer de cette douleur. Puis, un jour, un petit embryon s'accroche...

Les sujets sont délicats mais vraiment bien abordés. L'histoire est touchante et poétique de même de les dessins de Carole Maurel qui me plaisent toujours autant. Elle remuera sans doute davantage ceux et celles qui sont passés par là mais impossible de ne pas être profondément touchée par cette histoire et cette sensibilité. Une belle réussite !

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Collaboration horizontaleLuisa ici et là et L'apocalypse selon Magda


Écumes - Ingrid Chabbert & Carole Maurel
Éditions Steinkis 2017
88 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

vendredi 26 mai 2017

Sauf que j'ai rien dit - Lily Pinsonneault

Quatrième de couverture :

Cette histoire commence un mardi soir de février sur Facebook, se poursuit dans des inbox et des messages textes. Elle parle de scénarios inventés, de faire l’amour pas très bien dans une chambre sans rideaux, de soirées entre amis à regarder son cell aux deux mi­­nutes, de s’oublier soi-même. D’amour ? Ça, Jolen elle-même ne sait pas. Avançant à tâtons dans une période floue de sa vie, elle s’accroche à son téléphone et à l’idée qu’elle se fait du magnifique Joseph.

Avec un humour mordant et une langue contemporaine colorée, Lily Pinsonneault raconte les bons et les moins bons coups de cette jeune femme qui cherche à se réapproprier ses désirs, ses besoins, sa vie.


Je ne savais rien de ce roman avant de m'y plonger. L'auteure n'est pas encore connue, c'est son premier roman, et je n'avais lu qu'un court résumé. J'ai eu une très bonne surprise, je l'ai dévoré en deux soirées !

Jolen reçoit un jour un message sur Facebook de Joseph qu'elle a rencontré à quelques reprises grâce à des amis communs. Seulement, ils n'avaient échangé que des salutations polies. Jolen est alors intriguée et lui répond. Pendant plusieurs jours, ils s'échangent des messages avant de décider de se revoir.

C'est lorsqu'ils se rencontrent que ça devient vraiment intéressant. L'intrigue est mince, j'en conviens mais ça se lit tout seul ! Je ne sais toujours pas ce que Jolen trouve à Joseph le parfait hipster imbu de lui-même mais peu importe. J'ai aimé les réflexions et l'humour de l'auteure (lorsqu'elle parle de matante Martine j'ai bien ri). J'ai apprécié également son écriture au goût du jour. Malheureusement, ce roman risque d'être figé dans son époque avec la plume très "blogueste" (très 2016-2017 aussi) mais en ce moment, il est dans l'air du temps !

Sauf que j'ai rien dit est un petit roman coloré très agréable. C'était la lecture idéale entre deux grosses briques pour moi ce printemps !

Sauf que j'ai rien dit - Lily Pinsonneault
Éditions Québec Amérique 2017
176 pages

mercredi 24 mai 2017

Nous sommes bien seules - Julie Bosman

Quatrième de couverture :

Mon célibat est plein de mystère, mais l'amour aussi, non ?

Julie Bosman a mené des interviews auprès de femmes âgées de trente-deux à quatre-vingt-cinq ans, seules de cour et/ou de corps depuis plusieurs années. Ces rencontres lui ont inspiré les quinze nouvelles touchantes de Nous sommes bien seules.

Jeune célibataire qui n'arrive pas à trouver de partenaire, mère troublée, homosexuelle refoulée, femmes séparées, divorcées, veuves ou même mariées sont les protagonistes de ces nouvelles. Leurs histoires peuvent paraître étonnantes dans un monde où sont disséqués sur toutes les tribunes le couple, l'amour, la sexualité.

L'auteure donne ici une voix à ces femmes qui pourraient être nos mères, nos sœurs, nos voisines.


Nous sommes bien seules est un recueil composé de quinze nouvelles. Pour les écrire, Julie Bosman s'est inspirée de vraies femmes qui ont accepté de se dévoiler. Chacune d'elles vit une solitude particulière et l'auteure nous la raconte simplement mais très joliment. 

Malgré des thèmes récurrents, les nouvelles sont très différentes les unes des autres. L'une d'elle est écrite en vers, une autre est un long monologue, d'autres sont racontées comme un secret. Les voix sont uniques aussi car les narratrices peuvent être jeunes, âgées, divorcées, veuves, lesbiennes, célibataire par choix, etc. Les textes sont touchants et authentiques. J'ai particulièrement été touchée par Faut que j'aille faire marcher Albert.  Magnifique !

Nous sommes bien seules - Julie Bosman
Éditions Leméac 2017
103 pages

lundi 22 mai 2017

Je suis là, je suis là - Marie-Francine Hébert & Mathilde Cinq-Mars

Quatrième de couverture :


Un appartement coquet, mais modeste. Une cuisine, un salon, la chambre des trois enfants, et la chambre des parents. La mère qui rentre fourbue du travail. Un repas chaud l’accueille, celui préparé par sa propre mère. Les enfants dorment, sauf le plus vieux qui fait semblant, comme d’habitude, et qui attend son bisou. Mais ce soir, ça ne se passe pas comme d’habitude… Un récit intimiste qui aborde avec tendresse le thème de la filiation et de la transmission des rituels familiaux.


Je suis là, je suis là est une jolie nouveauté au rayon des albums illustrés. L'auteur Marie-Francine Hébert y aborde avec sensibilité et tendresse les traditions familiales et l’entraide entre les membres d'une famille. Les illustrations de Mathilde Cinq-Mars aux teintes pastel s'harmonisent parfaitement avec le récit.

Un bel album qui offre un doux moment aux petits comme aux plus grands !

Je suis là, je suis là - Marie-Francine Hébert & Mathilde Cinq-Mars
Éditions Druide 2017
32 pages

samedi 20 mai 2017

Le plongeur - Stéphane Larue

Quatrième de couverture :

Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement.

C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed. Pendant un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles, et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant Virgile de la nuit.

On découvre ainsi le train survolté d’un restaurant à l’approche des fêtes et sa galerie mouvante de personnages : propriétaire, chef, sous-chefs, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys. Si certains d’entre eux semblent plus grands que nature, tous sont dépeints au plus près des usages du métier, avec une rare justesse. C’est en leur compagnie que le plongeur tente de juguler son obsession pour les machines de vidéopoker, traversant les cercles d’une saison chaotique rythmée par les rushs, les luttes de pouvoir et les décisions néfastes.

Œuvre de nuit qui brille des ors illusoires du jeu, Le plongeur raconte un monde où chacun dépend des autres pour le meilleur et pour le pire. Roman d’apprentissage et roman noir, poème sur l’addiction et chronique saisissante d’une cuisine vue de l’intérieur, Le plongeur est un magnifique coup d’envoi, à l’hyperréalisme documentaire, héritier du Joueur de Dostoïevski, de L’homme au bras d’or de Nelson Algren et du premier récit d’Orwell, celui d’un plongeur dans le Paris des années vingt.


J'ai terminé Le plongeur quelques jours après que l'auteur ait reçu une belle distinction : le Prix des Libraires du Québec 2017 pour ce premier roman.

Durant les 200 premières pages, je croyais me diriger vers un gros coup de coeur. J'ai vraiment adoré le début ! Malheureusement, après, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs. L'intrigue est très mince et, comme le personnage, on ne sait jamais vraiment où l'on va. Mais n'allez pas croire que je n'ai pas aimé du tout...

D'abord, ce sont les personnages qui m'ont plu. Ensuite, dès le premier shift du narrateur au restaurant La Trattoria, j'ai été captivée, envoûtée. Ma vitesse de lecture s’accélérait et je me sentais prise dans ce tourbillon avec cette galerie de personnages uniques. Puis, les problèmes de jeux ont fait surface. Ce n'est pas une dépendance que je connais, j'ai trouvé intéressant et presque instructif de me retrouver dans la tête d'un joueur compulsif.

Les descriptions du milieu de la restauration semblent super réalistes mais n'y ayant jamais travaillé, je ne peux pas l'affirmer. Dans tous les cas, elles ne sont pas tentantes ! Un personnage féminin mentionne à un certain moment qu'elle a commencé à fumer quand elle a commencé à y travailler car le seul moyen d'avoir une pause, c'était d'aller en griller une. C'est quand même incroyable ! C'est un milieu stressant et très difficile. Ils sont constamment dans le gros rush !

Le plongeur est un roman particulier que j'ai bien aimé mais il a quand même fallu que je m'accroche à certains moments...

Le plongeur - Stéphane Larue
Éditions Le Quartanier 2016
576 pages

mardi 2 mai 2017

Christine la reine-garçon - Michel Marc Bouchard

 Quatrième de couverture :

En invitant à sa cour le docteur et philosophe René Descartes, la reine Christine, anticonformiste et avant-gardiste intrépide, cherche à connaître l'essence du sentiment amoureux qui la tourmente, et comment s'en départir. Éprise de sa première dame de compagnie et pressée de toutes parts de donner un héritier au royaume, elle doit choisir entre le devoir de sa fonction et les pulsions de son corps, sans abjurer ni sa liberté ni son libre arbitre. En son temps, et plus encore au cours des siècles qui ont suivi, Christine de Suède a intrigué, confondant les historiens et l'Histoire.


Il y a des pièces de théâtre auxquelles que je regrette de ne pas avoir assistées. Ce n'est pas comme les livres, les films ou les séries, il est impossible de les rattraper plus tard ! Christine, la rein-garçon de Michel Marc Bouchard fait partie de celles que j'aurais aimé voir. Les acteurs étaient des valeurs sûres selon moi (Céline Bonnier, Éric Bruneau, Magalie Lépine-Blondeau entre autres). J'ai donc lu le texte du grand dramaturge québécois.

Étant la seule enfant du roi de Suède, la jeune Christine hérite du trône à ses 18 ans. À l'époque, avoir une femme à la tête d'un pays n'est pas commun. Christine est la proie des critiques pour plusieurs raisons : d'abord elle veut faire régner la paix dans son pays en guerre depuis des lustres puis elle refuse de se marier. Elle ne s'intéresse pas aux hommes qui lui sont présentés dans sa cour. Elle tombe plutôt secrètement sous le charme d'une de ses dames de compagnie. Ne comprenant pas ce qu'il lui arrive, elle fait venir le philosophe René Descartes de France pour qu'il l'éclaire sur la passion et l'amour.

Christine est un personnage historique qui a réellement existé. Je ne la connaissais pas avant d'entendre parler de cette pièce. J'ai aimé découvrir une femme forte qui défendait ses convictions avec acharnement. Le texte était bien à lire mais j'aurais franchement préféré voir la performance des acteurs. Ce texte a été adapté pour un film : The King Girl de Mika Kaurismäki.

L'édition anglophone est tellement plus jolie !

Christine la reine-garçon - Michel Marc Bouchard
Éditions Leméac 2013
96 pages

jeudi 27 avril 2017

La fille du train - Paula Hawkins

Quatrième de couverture :

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Avec ce thriller psychologique exceptionnel, Paula Hawkins fait figure de révélation de l’année. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoïaque et jubilatoire qu’elle vous tend et vous comprendrez combien cette publication fait figure d’événement.


Sur ce coup-là, je suis très en retard. J'ai lu La fille du train il y a quelques semaines seulement alors qu'on en parle partout depuis des années ! Avec la sortie de l'adaptation dans les salles de cinéma à l'automne, le roman a même été mis à l'avant deux fois plus qu'une !

L'histoire de La fille du train est celle de Rachel surtout. Cette femme alcoolique et délaissé par son ancien mari peine à refaire sa vie. Alors qu'une disparition survient, elle a la conviction de détenir une partie de la réponse. Malheureusement, ses dernières frasques la rendent peu crédible au yeux de la police et de la société. Puis, il n'y a pas que Rachel. Il y a deux autres femmes, Anna et Megan, qui nous sont présentées. Elles habitent toutes dans la même rue mais leurs vies n'ont pas toujours été aussi banales. Les points de vue alternent d'un chapitre à l'autre. Les trois femmes s'expriment à tour de rôle.

Les rebondissements sont nombreux sans être exagérés. Tout demeure crédible. J'ai pu replacer les pièces du puzzle et comprendre ce qui s'était réellement passé seulement quelques pages avant que ce soit révélé. J'ai aimé chercher le ou la coupable tout ce temps ! La fin tient ses promesses.

J'ai bien aimé ce polar mais je l'aurais sans doute encore plus apprécié si je n'avais pas eu d'aussi grandes attentes. Je regarderai probablement l'adaptation de Tate Taylor dans les prochaines semaines. L'avez-vous vu ? Vaut-elle le détour ?

La fille du train - Paula Hawkins 
Éditions Sonatine 2015
528 pages

lundi 17 avril 2017

Je veux un monstre - Élise Gravel

Résumé :

Winnie aimerait bien avoir un monstre de compagnie. Elle promet de bien s'en occuper, de le nourrir, de l'emmener en promenade et de ramasser ses crottes. Mais elle se rend vite compte qu'avoir son propre monstre demande beaucoup de travail. Heureusement, Winnie peut consulter le livre Comment dresser son monstre de compagnie d'Elise Gravel pour l'aider.


Tous les enseignants et beaucoup de parents connaissent Élise Gravel. C'est une auteure et illustratrice prolifique d'albums jeunesse aux propos très intelligents malgré l'allure loufoque. J'aime beaucoup son univers.

Dans Je veux un monstre, elle aborde l'adoption d'un animal de compagnie de manière humoristique. Jamais elle ne mentionne d'animaux, ce sont uniquement des monstres, mais les enfants feront eux-mêmes le lien s'ils ont de petites bêtes à la maison. L'adoption n'est pas toujours facile, les monstres ont plein de petits travers qui feront rigoler les jeunes lecteurs.

Le dessin d'Élise Gravel est facilement reconnaissable. Il est très coloré et complètement éclaté. À la fin, elle suggère de laisser aller sa créativité et de créer notre propre monstre. L'idée est géniale !

Je veux un monstre - Élise Gravel
Éditions Scholastic 2016
40 pages

vendredi 14 avril 2017

Petite absence... et des listes !

Je suis plutôt absente ces derniers temps car il se passe beaucoup de choses (mais de très belles choses) dans ma vie. Je manque vraiment de temps pour écrire des billets. Voyez par vous-mêmes !

En plus de la routine, ces dernières semaines :
-nous avons acheté une première maison.
-nous avons adopté une petite chienne abandonnée dans un refuge.
-je me suis entraînée plus qu'à l'habitude.

Et dans les prochaines semaines :
-nous déménagerons enfin !
-je prendrai part au demi-marathon d'Ottawa.
-j'irai 4 jours en Ontario pour le Championnat canadien de volleyball avec l'équipe de jeunes filles que j'entraîne.
-ce sera le début du "rush" de la fin de l'année scolaire au travail.

J'ai plusieurs billets qui attendent d'être terminés à propos :
-de 2 romans
-d'un texte de pièce de théâtre
-d'un album illustré
-d'un film
-d'une série adaptée d'une BD

Je ferai mon possible en ce long weekend pour rattraper mon retard... mais il fait si beau !

samedi 1 avril 2017

La séparation des corps - Emilie Andrewes

Quatrième de couverture :

Ce récit est avant tout une histoire d’amour passionné entre Christina et Marie-Ange, la cuisinière de la famille. Rencontre de deux expériences subjectives, de deux perspectives dont rien ne prédisait la collision. Issues de générations et de milieux sociaux différents, les deux femmes vont traverser ensemble les affres sentimentales, jusqu’à la désintégration prophétique de leur relation. Le regard mort ou vif d’une jeune adulte qui s’assume pleinement trouve ici celui d’une femme mature, nostalgique, au destin fantôme, qui manifeste un goût prononcé pour le passé et les incendies. Explorant les contrastes de la rupture et du renouveau, ce roman aborde de plein fouet les paradoxes de la relation amoureuse et nous fait retrouver avec plaisir la voix d’une auteure singulière, qui livre ici un roman coup-de-poing.


Marie-Ange est une cuisinière haïtienne, dans la quarantaine, qui habite maintenant Montréal. Elle travaille pour plusieurs familles dont celle de Christina, une famille de classe moyenne aux airs faussement bourgeois. Christina a à peine la moitié de son âge mais elle est amoureuse de Marie-Ange. Sa passion semble réciproque mais plusieurs obstacles se dressent entre elles à commencer par le fils de Marie-Ange qui vit avec une déficience intellectuelle.

Les premières pages me semblait prometteuses. J'aime les relations interdites ou difficiles mais qui s'imposent aux personnages. Avec le fossé des générations, celui des cultures et le fils de Marie-Ange, je pensais être servie. Malheureusement, je n'ai pas vraiment aimé l'histoire de ces deux femmes car aucun de ces personnages principaux ne s'est réellement attiré ma sympathie. Je n'arrivais pas à les comprendre. Et avec les personnages secondaires, c'était pire ! Les parents de Christina sont vraiment détestables. Les dialogues entre eux et Christina me faisait rager. J'ai tout de même relevé quelques bons passages, surtout symboliques, à différents moments.

La séparation des corps est court et se lit rapidement mais il sera probablement vite oublié aussi.

La séparation des corps - Emilie Andrewes
Éditions Druide 2017
144 pages