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mercredi 15 septembre 2010

L'annulaire - Yoko Ogawa

Quatrième de couverture :

A la suite d'un léger accident de travail, la narratrice de ce récit a quitté son usine et trouvé un emploi d'assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimen. Dans ce lieu étrange, ancien foyer de jeunes filles pratiquement désert, elle reçoit la clientèle avant que M. Deshimaru, en véritable maître de taxidermie, recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs de ceux qui désirent échapper à leur mémoire. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, la jeune fille tombe peu à peu sous la coupe de cet homme...

Avec ce récit - assurément l'un de ses plus fascinants -, Yôko Ogawa pénètre davantage encore dans le territoire de l'envoûtement et de l'étrange, et révèle, au coeur du suspense, l'empreinte d'une douleur qui va jusqu'au fétichisme.

Yoko Ogawa est une auteure qu'on apprend à aimer je crois. Après cette lecture, qui est la troisième oeuvre d'elle que je lis, j'ai une admiration grandissante pour elle. J'ai aimé La formule préférée du professeur et Parfum de glace mais L'annulaire est celle que j'ai préférée d'entre les trois malgré qu'il soit très court. Certaines scènes y sont très fortes et j'ai l'impression qu'elles me marqueront pour un certain temps.

Dans ce récit encore, elle explore l'étrange et fait ressortir de ces scènes des détails très particuliers. Son regard est unique. Cela fait d'elle, une auteure au style qui ne ressemble à personne. À chaque fois, je me dis que j'ai probablement passé à côté de certaines significations symboliques pour comprendre l'histoire à cent pour cent mais, je ne m'en fais plus. Si je persiste à lire Ogawa, c'est pour l'ambiance parfois oppressante, parfois mystérieuse et parfois simplement décalée qu'on ne retrouve pas ailleurs.

jeudi 1 avril 2010

Parfum de glace - Yoko Ogawa

Quatrième de couverture :

A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu'elle ne savait rien de lui. Le jeune homme s'est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il créait des fragrances exceptionnelles en combinant son incomparable mémoire olfactive à ses capacités scientifiques. Sur les lieux du drame, Ryoko trouve une disquette contenant quelques phrases énigmatiques. Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, elle part à la rencontre de son passé.

Entre réel et imaginaire, symbolique et inconscient, Yoko Ogawa atteint ici le cœur des êtres, la source de leur mémoire, pour exprimer l'indicible douleur de vivre.

Je poursuis ma découverte de la littérature japonaise avec un deuxième titre de Yoko Ogawa. J'ai opté pour celui-ci puisqu'on le considérait plus abordable et moins "trash" que d'autres. Je voulais commencer en douceur...
L'héroïne de Parfum de glace, Ryoko, vit un deuil. Son copain s'est suicidé pour une raison qu'elle ne soupçonne même pas. Pour survivre à cette énorme perte, c'est un véritable pèlerinage qu'elle entreprend pour connaître celui qu'elle n'a finalement connu qu'en surface. De secrets en secrets, elle découvrira un adolescent et un jeune homme pratiquement étranger.
À certains moments, j'ai sentie que l'on versait dans le symbolique et je n'ai probablement pas tout saisi. C'est que Yoko Ogawa écrit tout en subtilité. Cependant, j'ai beaucoup aimé les références aux odeurs qui remémorent des souvenirs. Les descriptions étaient belles et poétiques.
Finalement, j'aurais aimé connaître la raison du suicide d'Hiroyuki. Et oui, je suis curieuse comme ça, j'aime bien savoir. J'avoue que j'ai aussi parfois éprouvé un malaise vis à vis l'atmosphère et les situations étranges qu'Ogawa met en scène mais j'adore la lire. Elle a un style très différent de ce que j'ai l'habitude de lire et j'aime, à l'occasion, sortir de ma zone de confort le temps d'une histoire. Mais, même si j'ai apprécié, il m'est difficile de bien décrire ce livre. Le mieux serait sans doute de le lire à votre tour.

mardi 12 mai 2009

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants - Xiaolu Guo

Quatrième de couverture :

Quand la jeune héroïne chinoise de ce roman arrive à Londres afin d'y apprendre l'anglais, envoyée de Wenzhou par ses parents ambitieux, elle commence par perdre les roues de sa valise Made in China, puis son nom ! Zhuang Xiao Qiao se transforme en Z car, ainsi qu'elle l'explique dans un anglais impossible, "moi pas prononçable !". Armée de son anglais fastidieux, souvent exécrable mais toujours craquant - et de son dictionnaire bilingue - Z arpente les rues de Londres et fréquente ses cinémas. C'est d'ailleurs là qu'elle rencontre l'homme qui deviendra son amant, un quadra désabusé du quartier de Hackney et à sa grande horreur (surtout pour une fille de paysans chinois amateurs de viande de porc), végétarien ! Leur amour triomphera-t-il des nombreuses oppositions entre un Anglais et une jeune Chinoise ? Saura-t-il dépasser les malentendus infinis mais cocasses nés des innombrables fautes d'anglais de la jeune femme ?

Roman d'initiation attachant et drôle écrit dans un anglais de débutante, ce Petit Dictionnaire chinois-anglais pour amants est le journal intime et sentimental d'une Orientale candide et ironique, à la fois épatée et déboussolée par les travers de l'Occident. Mais c'est également un lexique romanesque, impétueux, grave et aigre-doux, à l'image de Z, qui éclaire d'une lumière nouvelle les paradoxes de la globalisation.

Voici un livre que j'ai lu au soleil ! C'est un roman que j'ai beaucoup aimé malgré le début qui a failli me donner des maux de tête ! C'est que l'héroïne écrit dans un français (supposé être l'anglais enfin, vous comprenez) très loin d'être parfait, disons-le comme ça. Tout ça s'améliore heureusement avec les pages car s'améliore elle-même avec le temps. Elle note plusieurs mots pour apprendre l'anglais et pour se souvenir de quelques anecdotes ce qui donne naissances aux chapitres. Ce concept de petit dictionnaire est original. Chaque chapitre a pour titre un mot puis sa définition. Le mot a un lien avec l'histoire du chapitre en question.

Lorsque l'héroïne explique ses difficultés pour se faire comprendre dans une langue qu'elle ne maîtrise pas bien, l'auteur a vraiment trouvé les mots justes. J'ai connu aussi ce sentiment d'être "prisonnière dans sa tête" parce qu'on ne peut exprimer ce que l'on pense, ce que l'on veut. J'ai senti la détresse de cette jeune femme étrangère. Elle est loin d'être naïve, elle souffre d'une incompréhension de la langue. J'ai dis "souffre" parce qu'à certains moments, c'est vraiment le cas, malheureusement.

J'ai aussi beaucoup aimé voir la société occidentale des yeux d'une chinoise qui a pratiquement mon âge. On voit régulièrement des femmes occidentales visiter et découvrir des pays d'Asie dans des documentaires à la télévision par exemple mais, le contraire est rarement exploité. Les pensées et les croyances sont très différentes et l'auteur a su expliquer plusieurs différences culturelles d'une brillante manière. La rencontre de Z et de l'homme dont elle tombe en amour est ni plus ni moins qu'une rencontre entre l'Orient et l'Occident sauf que, je trouve que l'auteur y a été un peu fort. Elle a créé un homme tout à l'opposé de son héroïne et a fait désespérément tomber cette dernière en amour avec lui. Elle doit avoir prit plaisir à "torturer" ainsi son personnage parce que avouons-le, même en Occident, rare sont les hommes célibataires, artistes, bisexuels, végétariens et solitaires.

Enfin, malgré quelques petites réserves, c'est un roman que j'ai apprécié. Ah oui, j'oubliais... chapeau à la traductrice ! On voit très bien l'évolution de la langue parlée de l'héroïne. Finalement, c'est à elle que ce texte doit avoir donné bien des maux de tête !

mercredi 1 avril 2009

La formule préférée du professeur - Yoko Ogawa

Quatrième de couverture :

Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur... Un subtil roman sur l'héritage et la filiation, une histoire à travers laquelle trois générations se retrouvent sous le signe d'une mémoire égarée, fugitive, à jamais offerte...

Je voulais découvrir cet auteur depuis un moment mais je ne savais pas par où débuter. J'ai opté pour celui-ci étant donné que j'avais lu que de bons commentaires un peu partout. Ce roman est non seulement mon premier d'Ogawa mais aussi mon tout premier contact avec la littérature japonaise.

Je l'avoue, au départ, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. J'ai tout de suite apprécié la plume d'Ogawa et l'univers étrange dans lequel elle m'emmenait mais j'attendais toujours qu'il y ait une espèce d'intrigue quelque part. Tout est très lent. Une fois qu'on a mis une croix sur l'existence d'une grosse intrigue, on se laisse toutefois prendre au jeu. J'ai finalement apprécié ce rythme lent. Ici, une simple visite chez le coiffeur devient une intrigue en soi. C'est le quotidien de 3 personnages qui ne vivent rien de très extraordinaire et pourtant, tout est beau.

L'amitié originale entre le professeur à la mémoire de 80 minutes et Root, le fils de la narratrice, m'a beaucoup plu. Cette amitié ressemblait parfois à de la fascination de la part du vieil homme pour cet enfant. Cette relation rend le professeur humain. Il n'est pas qu'un amoureux des chiffres. On découvre au fil des pages ses émotions, sa sensibilité et sa dévotion envers l'enfant.

Tout est beau, même la façon de parler des mathématiques du professeur est belle. Et, c'est moi qui dit ça, moi qui n'est pas du tout une fervente de cette science ! Si j'avais eu ne serait-ce qu'un seul professeur comme celui du livre (qui n'est jamais nommé), j'aurais probablement beaucoup plus aimé les mathématiques. Son amour pour les chiffres est communicative. Ses explications sont pertinentes et captivantes. J'ai particulièrement aimé l'explication du 0, du "rien". Il y a cependant quelque chose que je n'ai pas compris à propos de la fameuse formule du professeur qui a apaisé un conflit... J'ai un peu moins aimé les nombreuses références au baseball mais elles sont nécessaires pour comprendre cette passion pour ce sport qui unie le professeur, Root et même l'aide-ménagère.

L'histoire unique de ce trio de personnages m'a certainement le goût de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Yoko Ogawa.

vendredi 13 mars 2009

Une si jolie robe - Fan Wu

Quatrième de couverture :

Lorsque Yan et Ming se rencontrent, l’attirance est immédiate. Pourtant elles ont bien peu de choses en commun, si ce n’est qu’elles étudient dans la même université de Canton. Ming a dix-sept ans, elle est plutôt naïve et solitaire, vit dans un monde fait de livres, de musique et d’imagination. Yan a vingt-quatre ans, elle appartient à la minorité des Miao, elle est belle, sexy, provocante et manipulatrice. Leur rencontre sera brève, intense, et changera pour toujours la vie de Ming. Un roman qui raconte la découverte de l’homosexualité par deux jeunes Chinoises, une histoire d’amour interdit et de perte, débordante de passion, de vitalité et d'espoir.

Je poursuis dans une lignée de belles découvertes, de coups de coeur. Ce n'est pas moi qui vais se plaindre !

J'ai adoré ce roman qui est le portrait d'une jeune chinoise à l'université qui y découvre tout de la vie. Je suis entrée dans l'intimité de cette jeune femme naïve, solitaire, intelligente et fan de littérature qui a grandit avec ses parents dans une ferme lors de la Révolution cuturelle. Malheureusement, la quatrième de couverture résume, selon moi, très mal ce récit. La relation entre Ming et Miao, auquelle il est difficile de coller une étiquette, n'est pas l'unique élément du roman comme on veut le suggérer. Leur histoire ambigüe d'amour et d'amitié, de pudeur et de sensualité, est belle et agréable à lire. Cependant, la vision de Ming sur la vie, sur l'éducation des filles et sur sa Chine natale m'a toute aussi fascinée. Ces jeunes universitaires, avec leur peu d'éducation en matière de sexualité, sont à des années lumières des étudiants d'aujourd'hui et d'ici. Il est assez étonnant d'apprendre par exemple que deux des quatre étudiantes de dix-sept ans de la chambre de Ming ne savent pas comment on conçoit un bébé.

Petit bémol: les premières conversations entre Ming et Miao m'ont semblées fausses. Elles me semblaient très stéréotypées. De plus, Yan Miao m'était légèrement antipathique au départ par son manque de modestie mais plus le récit avance, mieux c'est. Je m'y suis même attachée ! Ce ne sont que de petits agacements, rien pour gâcher une aussi magnifique lecture. Je retournerais avec bonheur en Chine avec une autre oeuvre de Fan Wu.

vendredi 12 septembre 2008

Balzac et la petite tailleuse chinoise - Dai Sijie

Quatrième de couverture :

"Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... - Quel éblouissement! - Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde."

Étant dans l’atmosphère des Jeux olympiques de Pékin dès la cérémonie d’ouverture (je suis une inconditionnelle des J.O. !), je suis allée à la librairie avec l’idée de me procurer un roman où l’histoire se passe en Chine. Premier livre repéré répondant à ce critère : Balzac et la petite tailleuse chinoise. J’avais vu une partie du film tiré du roman sur une chaîne payante où l’on diffuse des films sans trop y avoir porté attention.

Balzac et la petite tailleuse chinoise est ma première expérience avec la littérature asiatique. C’est un très beau roman. Parfois poétique, parfois plus réaliste, il m’a ouvert les portes de la Chine sous le règne de Mao. Je ne connaissais pas beaucoup cette époque et j’ai bien appris sans que le tout soit trop lourd côté détails historiques. Ce livre sur la passion des livres m’a même donné le goût de lire quelques classiques. Enfin, ce n’est toujours pas chose faite ! Des côtés négatifs ? Il n’y en a pas beaucoup… J’aurais voulu connaitre le nom du narrateur (simple curiosité) mais ce n’est qu’un détail. Et puis, 228 pages, c’était définitivement trop court !