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dimanche 26 janvier 2020

Polatouches - Marie-Christine Bernard

Quatrième de couverture :

« - Un polatouche, souffla-t-il.- Un quoi ?- Un écureuil volant... C'est rare qu'on en voie... ils ont peur de tout. C'est tranquille vrai par ici pour qu'ils se tiennent proches des maisons comme ça. Viens, faut pas lui faire peur. Il est chez lui, ici. »


Réfugiée dans le chalet de ses parents, Stéphanie réfléchit à son couple et à une éventuelle sortie du placard. Sa compagne, Josée, élevée par des Blancs et refusant ses origines cries, est prête à se marier et à fonder une famille. Elle, surtout pas. Avec son meilleur ami, Claude, elle observe les animaux aux alentours et fait connaissance avec ses voisins, accueillants mais de plus en plus bizarres. Elle ne répondra à cette question qui la ronge : Qui es-tu ?, qu'au moment où tomberont les masques. Une histoire d'amitié, d'amour et de monstres, qui interroge l'identité, l'héritage et ce qu'on en fait.


Polatouches est un roman aussi original que son titre ! Le début peut sembler convenu quoiqu'il ne soit pas inintéressant pour autant. Stéphanie est enseignante "aux adultes" dans une petite ville à proximité d'une réserve amérindienne. Josée, jeune femme crie adoptée par des Blancs, est infirmière. Elles vivent ensemble depuis une dizaine d'années. Les gens de leur entourage pensent qu'elles ne sont que des colocataires alors qu'en fait, elles sont amoureuses depuis tout ce temps. Seul Claude, le meilleur ami de Stéphanie, est au courant de leur relation. Alors que Josée veut sortir définitivement du placard pour se marier et fonder une famille, Stéphanie est réticente. Elle profite de sa semaine de relâche pour aller réfléchir seule dans la forêt dans le chalet de ses parents. 

Avec cette mise en contexte, nous pourrions croire que le roman n'aborde que la quête identitaire du personnage principal mais ce n'est pas du tout le cas. Il est question de crise identitaire mais de façon beaucoup plus générale. Le personnage de Claude est tourmenté par la découverte de ses origines cries. Josée navigue entre deux eaux aussi, elle qui a été adoptée et élevée par une famille de Blancs. Les relations entre les Blancs et les autochtones sont difficiles, eux qui habitent pourtant si près les uns des autres, tout en demeurant à milles lieues dans leur façon de vivre et de comprendre le monde.

Soudain, alors qu'on se croyait dans un drame psychologique, l'auteure nous surprend en flirtant avec l'horreur. Elle nous offre une intrigue angoissante inspirée d'une légende autochtone. Et ça fonctionne! Je ne veux pas en révéler davantage. Je crois que, pour bien l'apprécier, la surprise doit demeurer intacte.

Bref, dans ce roman il est question de sujets aussi variés que l'homosexualité féminine, l'amour, les quêtes identitaires, les croyances des Premières Nations, les relations entre les autochtones et les Blancs, les légendes autochtones, etc. 

Polatouches est un roman aux multiples facettes avec lequel j'ai passé un excellent moment. 

Polatouches - Marie-Christine Bernard
Éditions Stanké 2018
228 pages

vendredi 25 octobre 2019

Shining - Stephen King

Quatrième de couverture :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté…
L’hiver, l’hôtel est fermé.
Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien.
Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance: c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny.
Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.
Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel?


Mes deux dernières semaines ont été consacrées à la lecture d'un classique de Stephen King : Shining. C'est l'un de ses premiers romans et assurément l'un des plus connus également. Il a fait l'objet d'une célèbre adaptation par Stanley Kubrick mais, comme je ne l'ai jamais visionnée, je ne connaissais que les grandes lignes de l'histoire : une famille dans un grand hôtel hanté, un garçon médium et un père qui tranquillement perd la boule… 

Dès les premiers chapitres, je savais que ce roman me plairait. Il possède toutes les qualités de King que j'aime. La psychologie des personnages est travaillée et les liens entre eux sont étoffés. Les plus intéressants sont évidemment Danny et son père Jack Torrance. Danny c'est l'enfant de cinq ans qui possède un Don qui lui permet de voir le passé. Jack est un ancien professeur à l'université qui a été mis à pied suite à une altercation avec un de ses étudiants. Violent, il est aussi alcoolique. Sa femme Wendy a d'ailleurs menacé de le quitter après un épisode de violence envers son propre fils. Elle lui a donné une dernière chance puisqu'il a juré de ne plus jamais boire. L'équilibre familial est précaire cependant. Wendy est suspicieuse et le surveille sans cesse guettant la rechute. 

Ces trois personnages évoluent donc dans l'Overlook, ce grand hôtel dans les montagnes du Colorado, qui devient presque un personnage lui-même. La neige abondante bloquant tous les accès, ils y sont prisonniers pour tout l'hiver. L'atmosphère déjà bien lourde à leur arrivée devient invivable lorsque les phénomènes paranormaux se déclarent. Le lecteur est aussi prisonnier de ce huis-clos oppressant. Le récit est lent mais c'est parfait pour bien saisir la descente aux enfers des personnages. Le dosage de l'horreur psychologique et du paranormal est très bien. Il n'y a que les buissons vivants qui ne m'ont pas trop convaincue. Puis, j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis la fin de ma lecture concernant la fin du livre. Sans rien dévoiler mais je peux seulement dire que je me questionne à propos de l'histoire de Grady le précédent gardien… Il me semble y avoir une certaine incohérence.

Bref, Shining est un roman culte qui, je crois, me laissera des souvenirs pour longtemps.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem, Rage et L'Outsider.

Shining - Stephen King
Éditions J'ai lu 1981
576 pages

mardi 8 octobre 2019

L'Outsider - Stephen King



Quatrième de couverture :

Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?


Stephen King est un auteur que j'apprécie beaucoup et ce, depuis mon adolescence. Ses premières publications m'attirent davantage mais j'ai voulu jeter un oeil à ce qu'il écrivait présentement. J'ai opté pour L'Outsider paru cette année en français.

L'histoire débute comme un polar traditionnel. Un meurtre sordide, un vieux policier, une jeune victime, un tueur potentiel, un procureur, une enquête : tous les éléments habituels sont là. Puis vient l'alibi béton du présumé coupable qui change tout. À partir de là, l'enquête bascule. Puisque c'est Stephen King, il y a bien entendu un soupçon de surnaturel. Sans trop en révéler, il emprunte quelques éléments à la mythologie mexicaine. Je ne connaissais pas du tout ce folklore mais j'ai été suffisamment intriguée pour faire quelques petites recherches sur Internet par la suite.

Au fil des pages, les morts se succèdent au même rythme que les découvertes. Autour du policier et du procureur, se forme une équipe qui tentera d'éclaircir le mystère et de combattre le mal qui s'abat sur Flintcity, une ville imaginaire située dans le sud des États-Unis. Certains personnages seront familiers à ceux qui ont lus Mr. Mercedes ce qui n'était pas mon cas. 

Cependant, la fin m'a semblé fin trop rapide et un peu trop facile. N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'on reproche souvent à Stephen King, de bâcler la fin de ses romans ? Il se moque justement de ces critiques dans son caméo du nouveau film It (je vous en parlerai très, très bientôt).

J'ai été captivée du début à la fin de ma lecture mais, après coup, je réalise qu'il ne figurera pas parmi mes King préférés.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem et Rage.

L'Outsider - Stephen King
Éditions Albin Michel 2019
576 pages


samedi 20 janvier 2018

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas « le genre » de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. Il découvre que l’époux de Maria a eu un passé agité, qu’il a une liaison avec l’une de ses anciennes amours, qu’il est endetté et que Maria possédait une vraie fortune. Une intrigue parallèle nous raconte l’histoire d’un jeune couple disparu lors d’une promenade sur le lac. Et nous avons enfin des informations sur la nature des relations d’Erlendur avec son ex-épouse, Halldora.


Lire un roman d'Indridason pendant les vacances des Fêtes, c'est maintenant un classique chez moi ! Je l'ai fait encore cette année avec le 6ème roman mettant en scène l'inspecteur Erlendur.

Dans Hypothermie, notre vieux Erlendur enquête sur le suicide mystérieux d'une femme dans son  chalet de campagne en Islande. C'est la meilleure amie de cette femme qui le met sur la piste d'une affaire qui n'avait pas l'air d'être être une. Puis, l'enquête avance et il y est question de croyances surnaturelles, de fantômes, de médiums et d'expériences interdites (qui m'ont fait penser au film Flatliners). L'enquête est passionnante malgré qu'il n'y ait pas de l'action à chaque page. Si vous aimez habituellement les enquêtes proposées par Indridason, vous devriez aimer celle-là également. Moi, j'ai beaucoup aimé.

J'ai un seul petit agacement (et c'est le même que dans Hiver arctique, son roman précédent) qui concerne l'histoire du jeune frère d'Erlendur qui a perdu la vie. Il se sent encore coupable de l'avoir perdu de vue dans la tempête. Cette histoire est lassante et n'avance pas d'un pouce depuis le tout premier roman. J'espère qu'il découvrira un jour ce qu'il est véritablement arrivé à son frère et qu'il pourra ainsi faire son deuil et nous laisser tranquille avec ça !

Bref, j'ai passé encore un très bon temps des Fêtes avec mon cher Erlendur !

D'autres romans d'Arnaldur Indridason sur mon blogue : La cité des jarres, La femme en vert, La voix, L'homme du lac, Betty et Hiver arctique

Hypothermie - Arnaldur Indridason
Éditions Métailié 2010
304 pages

samedi 4 novembre 2017

La maison hantée - Shirley Jackson

Quatrième de couverture :

Construite par un riche industriel au XIXe siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n'est plus habitée par ses propriétaires. 

On la dit hantée. 

Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. 

C'est ainsi qu'Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. 

L'expérience peut commencer, mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent...


Mon mois d'octobre a été plus occupé que prévu. Je croyais pouvoir lire au moins deux romans pour le Défi de l'Halloween mais finalement, j'ai eu du mal à en terminer un seul à temps ! Voici donc l'unique roman qui a été lu pour le challenge (dans un billet en retard). Il s'agit d'un classique fantastique de Shirley Jackson écrit en 1959 et adapté au cinéma plus d'une fois que l'on qualifie de chef-d'oeuvre du genre.

Dans toute la région, on raconte que Hill House est hantée. Cette demeure désormais inhabitée attire le inévitablement Dr. Montague qui effectue des travaux sur les phénomènes paranormaux. Il désire s'y rendre avec quelques convives. Tout commence donc avec les invitations du Dr. Montague envoyées à trois jeunes gens pour diverses raisons. Eleanor et Theodora auraient des facultés de médium alors que Luke sera l'héritier de la maison au cours des prochaines années. Ils répondent tous présents pour vivre une expérience à Hill House.

L'ambiance angoissante d'un huis-clos est bien rendue et le malaise est présent. Par contre, j'attendais plus de ce roman. Je m'attendais surtout à frissonner davantage. Aussi, le récit est très lent. J'apprécie la lenteur dans certains romans mais cette fois, j'aurais aimé plus de péripéties. Les personnages ne m'ont pas particulièrement intéressée non plus. Ils sont plutôt désagréables et antipathiques. 

Bref, sans être une déception, ce ne fût pas le grand moment de lecture auquel je m'attendais malheureusement. 

La maison hantée - Shirley Jackson
Éditions Rivages 2016
270 pages

mercredi 2 novembre 2016

Dracula - Bram Stoker

Quatrième de couverture :

Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d'un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...

Grand classique de la littérature de vampires, best-seller de tous les temps après la Bible, "Dracula" est une source d'inspiration inépuisable.


En octobre, depuis quelques années déjà, je lis des classiques d'épouvante : Carmilla, Frankenstein, Le fantôme de l’Opéra, L’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr. Hyde, etc. C'était au tour du mythique Dracula cette année. Il serait inutile de faire un résumé de cette oeuvre mais je tiens tout de même à vous partager mon appréciation.

Comte Dracula, Dr. Van Helsing, Jonathan Harker, nous avons tous déjà entendu ces noms mais peut-être que vous avez de fausses représentations en tête comme moi avant ma lecture. Découvrir leur véritable histoire a été un plaisir en ce temps d'Halloween ! Renfield, l'homme interné dans un asile qui mange des mouches et des araignées, est aussi un personnage savoureux que j'ai adoré.

Dracula est presque uniquement composé de journaux intimes et de lettres des différents personnages. J'avais peur que le style épistolaire rende très ardu la lecture de ce roman (qui fait quand même plus de 500 pages). Il n'en est rien. L'écriture de Bram Stoker se lit très bien malgré l'époque. L'atmosphère est envoûtante dès les premiers chapitres. Le fantastique y est présent par petites doses ce qui, selon moi, le rend plus crédible. Nous sommes davantage dans la suggestion que dans l'action.

J'ai seulement été un peu déçue du sort réservé aux personnages féminins qui sont, à chaque fois, des victimes du Comte ou des êtres faibles que les hommes doivent protéger. Si, par bonheur, l'une d'elles est intelligente et brave, on dit d'elle qu'elle "a le cerveau d'un homme". Mais, je ne ferai pas ma féministe avec un roman du IXe siècle, nous n'en sommes plus là.

Bref, j'ai adoré ce classique. J'ai lu une vieille édition qui date de 1963 qui avait beaucoup de charme. Voyez par vous-même !

Dracula - Bram Stoker
Éditions 
507 pages

lundi 26 octobre 2015

Le fantôme de l'Opéra - Gaston Leroux

Quatrième de couverture :

«Le fantôme de l’Opéra a existé. J’avais été frappé dès l’abord que je commençai à compulser les archives de l’Académie nationale de musique par la coïncidence surprenante des phénomènes attribués au fantôme et du plus mystérieux, du plus fantastique des drames, et je devais bientôt être conduit à cette idée que l’on pourrait peut-être rationnellement expliquer celui-ci par celui-là.»

Avec l’art de l’intrigue parfaitement nouée et l’inspiration diabolique qui ont fait le succès de Gaston Leroux, le père de Rouletabille, Le Fantôme de l’Opéra nous entraîne dans une extraordinaire aventure qui nous tient en haleine de la première à la dernière ligne.


Le fantôme de l'Opéra
est une autre histoire de que je croyais connaître avant même de l'avoir lue un peu comme Frankenstein de Mary Shelley ou encore L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de R.L. Stevenson. J'ai réalisé que je ne connaissais que les grandes lignes et ce, très vaguement.

Je ne sais pas dans quelle catégorie classer ce roman. Est-ce un roman fantastique ? Un roman d'amour ? Un roman d'horreur ? Ou même, un thriller ? Il est un mélange de tout ça et c'est pourquoi j'ai adoré ! Il n'est pas vraiment effrayant mais il peut donner quelques petits frissons s'il est lu tard dans une nuit d'octobre. Il faut aussi garder en tête que l'histoire a été construite à partir d’événements mystérieux réels. J'ai fait mes petites recherches sur Internet. Entres autres, il y a bien un cadavre qui a été retrouvé dans les bas-fonds de l'Opéra et l'immense lustre a réellement tombé sur des spectateurs tuant une femme au passage en 1896. Ce sont ces faits réels qui sont terrifiants !

L'écriture de Gaston Leroux est étonnante pour l'époque. Le texte date de 1910 et pourtant, la lecture est très fluide. Je m'attendais à lire du vieux français mais le texte a bien vieilli. J'ai aussi apprécié que les personnages soient complexes. Ils ne sont pas que des méchants ou des gentils. Ils sont très humains. Les émotions qu'on éprouve à leur égard sont très nuancées également.

Bref, se balader dans les couloirs obscurs de l'Opéra Garnier de Paris, assister à un bal masqué, être témoin de disparitions, de pendaisons et d'apparitions, c'était parfait pour l'Halloween. J'aimerais tant visiter l'Opéra ainsi que la fameuse Loge 5 maintenant !

Le fantôme de l'opéra - Gaston Leroux
Éditions Le livre de poche 1959
496 pages

vendredi 7 novembre 2014

Wicked : la véritable histoire de la méchante sorcière de l'Ouest - Gregory Maguire

Quatrième de couverture :

Qui est vraiment cette mystérieuse sorcière? Est-elle donc si méchante? Comment a-t-elle hérité de cette terrible réputation? Et si c'était elle, la véritable héroïne du monde d'Oz ? Ouvrez ce livre et vous découvrirez enfin la merveilleuse et terrible vérité.

Quels que soient vos souvenirs de ce chef-d'oeuvre qu'est Le Magicien d'Oz, vous serez passionné et touché par le destin incroyable de cette femme au courage exceptionnel. Entrez dans un monde fantastique si riche et si vivant que vous ne verrez plus jamais les contes de la même manière...

J'ai entamé ce roman pour le Défi Halloween il y a environ un mois. Je ne ferai pas un long billet cette fois car, je dois l'avouer, je ne l'ai pas terminé. Il a fallu que je le rende à la bibliothèque avant. Si je n'ai pas pu le terminer ce n'est pas par manque de temps mais plutôt par manque d'intérêt. J'ai décidé de l'abandonner après 250 pages. C'est aussi ça être une lectrice parfois !

Je connais les grandes lignes de l'histoire du Magicien d'Oz pour avoir vu le film à quelques reprises lorsque j'étais petite. Dans Wicked, le Pays d'Oz est un monde fantastique très très étoffé ! Les provinces du Pays, les différentes créatures, les religions, le système scolaire, tout est imaginaire. Même le système politique est tout à fait sorti de la tête de l'auteur ! Pour moi, c'était juste trop. C'était difficile à suivre et je n'avais pas envie de me casser la tête pour, ce qui est à la base, un conte. Dans un roman historique, par exemple, me forcer pour comprendre des faits ne me dérange pas du tout.  J'aime apprendre de cette façon mais, ici, j'avais l'impression de perdre mon temps.

Je dois reconnaître par contre que c'est bien écrit. De plus, l'imagination débordante de Maguire a su séduire plein de lecteurs puisqu'une comédie musicale sur Broadway intitulée Wicked The Musical a été créé à partir de cette oeuvre.

Le Challenge se termine malheureusement pour moi sur cette note moins positive...


vendredi 10 octobre 2014

La Dame pâle - Alexandre Dumas

Quatrième de couverture :

Au cœur des Carpathes dans le sombre château de Brankovan, les princes Grégoriska et Kostaki s'affrontent pour conquérir la belle Hedwige. Or Kostaki est un vampire qui revient chaque nuit assouvir sa soif de sang auprès de la jeune femme devenue l'objet d'une lutte sans merci entre les deux frères. Une étrange histoire pleine de romantisme et de fantastique où l'angoisse le dispute au romanesque...

J'ai choisis La Dame pâle pour me mettre dans l'ambiance de l'Halloween hier soir. Je ne ferai pas un résumé car vous risqueriez de tout savoir tant la nouvelle est courte! Elle fait à peine 100 pages. Cependant, j'ai eu beaucoup de plaisir à la parcourir.

Dès les premières pages, la Dame m'a captivé lorsqu'elle a annoncé qu'elle racontait, des années plus tard, sa propre histoire au docteur. "Docteur, vous ne direz pas que l'histoire n'est pas vraie; c'est la mienne..." dit-elle d'emblée. Par la suite, l'histoire devient un mélange d'horreur et de romantisme alors que deux demi-frères luttent pour l'amour de la belle Hedwige. L'écriture est très fluide malgré l'époque (1849). Bref, j'ai passé un bon moment !


vendredi 6 juin 2014

Rage - Richard Bachman (Stephen King)

Quatrième de couverture :

Charlie Decker, un lycéen de Placerville, est renvoyé de son établissement pour des raisons de discipline. En sortant, il prend un flingue dans son casier, rentre dans sa classe, tue son prof et prend sa classe en otage.

Suite à la tragédie à Colombine High School en 1999, Stephen King avait lui-même décidé que son roman Rage écrit en 1977 ne serait plus édité. Les exemplaires existants ont également été retirés de la vente. À l'époque, il craignait avoir donné des idées à des jeunes déjà "pas très bien dans leurs têtes". Il voulait dissuader les gens de le lire. Je vous avoue que pour moi, ça a l'effet contraire. Le côté "interdit" m'attire. Maintenant, vous l'aurez compris, il est plus difficile de mettre la main sur ce livre. 

Si ce livre n'est plus disponible, nous n'avons pas arrêté de transposer ce genre de drame dans d'autres romans et au cinéma. Au Québec, par exemple, certains se l'ont permis au petit et au grand écran. Nous n'avons qu'à penser au film Polytechnique ou à l'insoutenable épisode de la série 19-2 (excellente série soit dit en passant!) diffusée l'année dernière qui a énormément fait jaser. Bonne chose, mauvaise chose ? Je ne sais pas, je ne me prononce pas, ce n'est pas le propos de mon billet.

Revenons à Rage lui-même. C'est un King plutôt court, sans vampire, sans esprit maléfique ou démon mais ça fait peur ! C'est certainement le roman de Stephen King qui m'a le plus troublé. Il faut dire que je travaille dans une école, ça n'aide pas. C'est tellement réaliste ! Le narrateur, c'est Charlie Decker, le tireur fou. Au départ, il semble être un adolescent plutôt normal mais, en avançant, certains éléments nous indiquent que sa réalité est relativement différente. Sa folie est superbement décrite. Je ne peux pas dire que j'ai eu un plaisir fou à le lire car c'est trop malsain mais il prouve le talent du maître de l'horreur. Pour écrire des thrillers psychologiques, il excelle.

Bref, ce n'est définitivement pas un livre à mettre entre toutes les mains mais le talent de Stephen King est indéniable.

lundi 14 octobre 2013

L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde - Robert Louis Stevenson

Quatrième de couverture :

Le docteur Jekyll est un médecin londonien, précurseur des tendances de la médecine psychanalytique moderne. Ayant diagnostiqué deux éléments de sa personnalité, il les dissocie grâce à des poudres chimiques. D'où deux personnages distincts : le praticien distingué, le docteur Jekyll, estimé de la haute société, et le monstre abject et dépravé, Mr Hyde. Croyant se libérer ainsi de ses cruelles angoisses, Jekyll tombe en fait sous la domination absolue de Hyde qui finira par le détruire. Dès sa parution en 1896, le roman connut un immense succès qui ne s'est pas démenti de nos jours, et a fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques.


C'est aujourd'hui que nous devons présenter un classique dans le cadre de l'Halloween. Pour ma part, j'ai lu une nouvelle dont je ne connaissais presque rien. Si j'avais vaguement vu des représentations de Mr. Hyde le monstre dans des dessins animés, je ne connaissais pas du tout cette histoire. À l'instar de Frankenstein de Mary Shelley que j'ai lu au même moment l'année dernière, je m'étais imaginé complètement autre chose.

Cette nouvelle d'un peu plus de cent pages à l'atmosphère gothique m'a vraiment plu. Stevenson a une très jolie écriture et, bien qu'elle soit courte, la nouvelle contient beaucoup de suspense. Elle propose aussi une bonne réflexion sur le bien et le mal des êtres humains. J'imagine qu'on a dû l'étudier en long et en large mais ce n'était pas mon but pour le moment. Je voulais une lecture étrange et mystérieuse pour l'Halloween et c'est exactement ce que j'ai eu avec ce texte qui nous amène directement dans le Londres brumeux des années 1800 avec d'intrigants personnages. C'est une histoire que je n'oublierai pas rapidement.



samedi 10 novembre 2012

L'enfant des cimetières - Sire Cédric

Quatrième de couverture :

Lorsque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière? Est-ce un homme ou un démon? Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable... 

Thriller gothique époustouflant, L'Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l'horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher!

Je croyais pouvoir lire plus d'un roman pour le Challenge de l'Halloween mais finalement, octobre a été plus occupé que prévu. Je termine donc le Challenge avec 1 roman, 1 BD, 1 nouvelle, 3 films et 1 série télé. Cet unique roman, c'est L'enfant des cimetières, écrit par Sire Cédric un nom qui m'étais totalement inconnu. J'avais simplement noté ce titre l'an dernier sur un blog dont je ne me souviens pas. Je n'ai pas eu de coup de coeur mais je n'ai absolument pas été déçue.

En mélangeant policier et fantastique, l'auteur aurait pu facilement se planter selon moi. Je considère que le sérieux, la minutie et le souci du détail d'une enquête policière se mélange difficilement avec la folie et l'imagination du fantastique mais j'ai été assez impressionnée de voir qu'au final, tout se tient dans cette histoire. L'enquêteur qui n'y croit pas au début mais qui décide de laisser une chance aux légendes urbaines après s'être posé énormément de questions est crédible.

L'écriture ne m'a pas passionnée mais ce n'est pas ce qui est important dans ce genre de roman. C'est mystérieux et ça se lit comme un thriller et, c'est ça l'important ! Même si le lecteur a une bonne idée de qui est cet enfant aux yeux bleus et cheveux bleus et de ce qu'il veut faire, on veut savoir s'il réussira ou si les enquêteurs seront plus malins. Il y a quelques pages, notamment celles du prologue, qui sont morbides et qui m'ont un peu dégoûtées mais rassurez-vous, elles sont peu nombreuses.

En résumé, c'était une bonne lecture pour l'Halloween ! Le Challenge est maintenant terminé.



vendredi 5 octobre 2012

Le fantôme de Canterville - Oscar Wilde

Quatrième de couverture :

Le Fantôme de Canterville met en scène un fantôme nommé Sir Simon et un ministre américain. À leur arrivée, Lord Canterville, l'ancien propriétaire des lieux, prévient Mr Otis et sa famille que le fantôme de Sir Simon hante le château depuis que ce dernier a tué sa femme Eleonore voilà quelques siècles. En effet, une tache de sang apparaît de façon récurrente. Mr Otis ne croit pas aux revenants, et ce sera à ses dépens. Sa fille, Virginia, devient amie avec le fantôme.

Le Fantôme de Canterville est la première ouvre de Wilde que je lis au complet. J'ai seulement déjà étudié de courts extraits dans mes cours de littérature mais cette nouvelle fantastique, qui fait 60 pages, m'a surprise. Dans ce que j'avais lu, je n'avais jamais repéré d'humour. Je me trompe peut-être mais Le Fantôme de Canterville me semble bien différent ! Ici, même s'il s'agit d'une maison hantée, pas de grandes frousses ni même de petits frissons. C'est l'humour qui prédomine. Et l'ambiance aussi. J'ai bien aimé cette ambiance très "anglaise" et très "19ème siècle". Le Fantôme est un drôle de personnage et j'ai bien aimé qu'il partage ses pensées. Il est critique et même, parfois, touchant.

Bref, on sent que l'auteur s'est bien amusé à écrire cette nouvelle et son plaisir est contagieux !


vendredi 9 décembre 2011

La chute (La lignée tome 2) - Guillermo Del Toro & Chuck Hogan

Quatrième de couverture :

Tandis que les vampires envahissent les rues de New York, l'épidémiologiste Ephraïm Goodweather, le professeur Abraham Setrakian et un petit groupe de rescapés tentent de s'organiser au milieu du chaos. Car, partout dans la ville et dans le monde, des émeutes éclatent, des milices se mettent en place et les êtres humains se retrouvent impuissants face à leurs prédateurs, les vampires. Ephraïm et ses amis pourront-ils faire échouer le plan diabolique du Maître qui menace de plonger l'humanité dans la nuit éternelle ? Noir, désespéré, spectaculaire, le second tome de la trilogie " La Lignée " brosse le tableau d'un monde qu'une poignée d'individus essaie de sauver de l'abîme.


L'an dernier, j'ai lu le premier tome de cette série de vampires modernes intitulé La lignée. Pour Del Toro et Hogan, les vampires n'ont rien de charmant. Au contraire, ils sont atteint d'un virus les rendant sanguinaires et horriblement laids. Même si ce n'est à priori pas mon genre de lecture, j'avais vraiment aimé le premier ! Malheureusement, comme pour beaucoup de séries, ce deuxième tome m'a paru bien fade.

Le premier tome est une réussite selon moi. Les personnages y sont pour beaucoup. Setrakian, le vieil homme ayant survécu à un camp de concentration, m'intriguait particulièrement. Dans La chute, je pense qu'on ne développe pas suffisamment autour des personnages qui ont pourtant énormément de potentiel. Là, c''est plutôt l'action qui prend toute la place. À un certain moment, je me suis lassée de cette chasse aux vampires qui ne semblait mener à rien.

Dans les points positifs, je mentionne l'écriture très imagée qui s'accorde très bien avec le genre. Les images défilaient dans ma tête comme un film. Ça se lit bien.

Au final, je dirais que cette histoire est un mélange du film Ghostbusters et du livre Salem de King. C'est un bon divertissement mais je souhaite tout de même que les auteurs retrouvent, pour le troisième tome, les ingrédients du premier pour clore la série aussi bien qu'elle a commencée.

mercredi 16 novembre 2011

Le cas des casiers carnassiers (Malphas tome 1) - Patrick Senécal

Quatrième de couverture :

« Je m'appelle Julien Sarkozy. Oui, oui, je me prénomme bien Julien ! Professeur de littérature, je suis fin prêt pour ma première session au cégep de Malphas. Je vais d'abord rencontrer le directeur pédagogique, puis mes nouveaux collègues, et enfin mes étudiants. mes étudiants dont certains ne verront pas la fin de la session ! »

Je ne suis pas ce qu'on peut appeler une fan de Patrick Senécal. J'ai de la difficulté à dire que j'aime vraiment ce qu'il écrit car, pour moi, c'est souvent trop horrible, trop "gore", trop cruel. Malgré tout, ses textes m'attirent, allez savoir pourquoi ! Alors dès que j'ai eu connaissance de l'existence de Malphas, ma curiosité a été piquée. C'est très différent de ce qu'il fait habituellement. D'abord, Malphas est une série qui se composera d'au moins quatre tomes, selon mes sources. Puis, cette fois, l'auteur use de beaucoup d'humour. De l'humour noir bien entendu.

Tout au long de la lecture, on sent que Patrick Senécal a eu du plaisir a écrire cette histoire et son plaisir est contagieux. Il a créé un univers complètement déjanté avec une dose de fantastique. Les personnages, les élèves comme les professeurs (surtout les professeurs!) ont des personnalités très divergentes et décalées. Ce n'est pas surprenant que l'harmonie ne règne pas toujours dans le département d'Art et lettres ! Il faut savoir que les professeurs de l'établissement y enseignent tous parce qu'ils sont sur une certaine "liste noire" qui les empêche d'exercer leur profession ailleurs. Ils sont d'autant plus intéressants quand on le sait car on essait de deviner pourquoi ils figurent sur cette fameuse liste. D'ailleurs, pour moi, plusieurs personnages sont plus intéressants que Julien Sarkozy ce que je trouve un peu dommage. L'histoire, quant à elle, est aussi abracadabrante que les personnages. On a affaire ici à des meurtres horribles mais qui ne semblent pas ébranler tout le monde dans la ville...

Même si j'ai passé un bon moment et que j'ai le goût de lire les prochains tomes, je considère que Malphas est très loin d'être ce que Senécal a écrit de mieux. C'est entraînant mais ça n'atteint pas, selon moi, la qualité des autres romans que j'ai lu de lui. Je n'en garderai probablement pas un souvenir impérissable.


J'aime lire la plume québécoise

mardi 1 novembre 2011

Frankenstein - Mary Shelley

Quatrième de couverture :

En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l'étrange spectacle dont il vient d'être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d'un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu'il n'est venu s'aventurer ici que pour rattraper quelqu'un - qui n'est autre que la créature monstrueuse qu'il créa naguère, et qui s'est montrée redoutablement criminelle. Paru en 1818, Frankenstein est né deux ans plus tôt sur les bords du Léman, un jour où Lord Byron proposait à quelques amis, dont le poète Shelley et son épouse Mary, que chacun écrivît une histoire de spectre. Ce roman fantastique annonce la science-fiction et, depuis près de deux siècles, n'a cessé de susciter un sublime effroi - de terrifier, donc, mais surtout de séduire.


Comme surement plusieurs personnes, je croyais connaitre Frankenstein avant même de l'avoir lu. Ce personnage est tellement encré dans notre imaginaire qu'on lui a façonné une histoire qui n'est finalement pas la sienne. Je m'imaginais un  monstre vert, avec vis et écrous lui sortant du cou, dépourvu de sentiments et qui effrayait les gens. Et pourtant, Frankenstein, c'est loin d'être ça ! Je me demande même comment une oeuvre peut à ce point s'être transformée !

La première chose que j'ai apprise, c'est que Frankenstein n'est pas le nom de la créature mais bien celui de son créateur, le scientifique Victor Frankenstein. Deuxième chose : le monstre n'est pas la bête sans intelligence auquelle je m'attendais. En fait, je m'attendais à une bête de la pire espèce et d'une histoire tout aussi macabre et horrifiante. Le point de départ l'est pourtant. Créer un monstre vivant à partir de parties du corps et d'organes de cadavres est terrible mais le reste du texte ne continue pas en ce sens. Rassurez-vous, ce n'est pas inintéressant pour autant.

La qualité de l'écriture est incontestable. Mais, même si j'étais bien accrochée au début, à certains moments les longues descriptions, de la beauté des paysages par exemple, ont commencé à m'ennuyer. Quand cela s'étendait sur quelques pages, je m'impatientais. Je voulais connaitre la suite des évènements.

Finalement, c'est un classique que je suis contente d'avoir lu malgré mes quelques réserves. Je ne regarderai plus Frankenstein de la même façon maintenant. Et puis, il faut découvrir l'écriture de Mary Shelley !

Je croyais être capable d'écrire ce billet hier pour l'Halloween mais je n'ai pas pu. C'était mon dernier pour le Challenge !

samedi 22 octobre 2011

Misery - Stephen King

Quatrième de couverture :

Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui a rapporté beaucoup d'argent, mais l'a aussi éttouffé : sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.
Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d'avoir fait mourir Misery Chastain. Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n'a pas le choix...

J'ai lu Misery pour la lecture commune de Stephen King. Je l'ai choisi un peu par hasard. Je voulais un roman que je n'avais jamais lu et la quatrième de couverture me plaisait bien. Je confirme maintenant que c'était un excellent choix même s'il ne figurera pas parmi mes préférés de l'auteur.

D'abord, Misery m'a semblé beaucoup plus abouti que Carrie. L'ayant lu récemment dans le cadre de ce même challenge d'Halloween, il est difficile de ne pas les comparer. Ceci dit, au début, je n'étais pas convaincue. Le premier tiers du roman m'a paru très (et trop) long. J'avais du mal à accrocher. La psychologie de Paul, l'écrivain captif d'une infirmière complètement dérangée, est très travaillée. Je ressentais bien son angoisse et sa peur mais il manquait quelque chose, ça ne levait pas pour moi. Je crois qu'il manquait d'action. Mais, rassurez-vous car par la suite, de l'action, il y en a ! Je ne veux rien révéler mais certains moments sont assez atroces. J'ai aussi beaucoup apprécié, vers le dernier tiers du roman,  que de nouveaux personnages fassent leur apparition dans cet horrible décor que représente la propriété d'Annie. À partir de ce moment, j'ai tout lu d'un trait !

Le plus terrifiant dans tout ça, c'est que cette histoire pourrait arriver. On a pas toujours besoin d'une touche de fantastique pour terrifier ses lecteurs, ce livre en est la preuve. Paul Sheldon, le héros, était pour moi l'équivalent de Stephen King lui-même. J'ai bien l'impression que King nous a livré un de ses pires cauchemars personnel.

Enfin, même si, de Stephen King, j'ai préféré les romans Salem et Carrie, Misery n'est pas en reste. C'est un autre écrit de qualité du maitre de l'horreur que je ne peux que conseiller aux amateurs.

jeudi 13 octobre 2011

Carmilla - Sheridan Le Fanu

Quatrième de couverture :

Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla... Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais " par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ". Métaphore implacable de l'amour interdit, Carmilla envoûte jusqu'à la dernière ligne... jusqu'à la dernière goutte de sang !

Carmilla est pour moi une petite déception, mais dire que je n'ai pas du tout aimé cette lecture serait un gros mensonge. C'est seulement que j'avais de grandes attentes car on m'avait dit que le texte de Le fanu était un des piliers de la littérature vampirique. Il faut avouer que je ne croyais pas au départ que Carmilla était presque une nouvelle. Il ne fait que 123 pages ! Partant de là, je n'ai pas eu la longue histoire étoffée à laquelle je m'attendais mais je suis très contente de connaitre la vampire culte et sa pauvre victime Laura. J'ai découvert une histoire étonnante pour l'époque agrémentée d'une atmosphère gothique mystérieuse. Avec une  dose de sensualité et des interventions des personnages ecclésiastiques, je ne doute pas que Carmilla ait suscité une certaine controverse. Il est à lire ne serait-ce que pour connaitre une ancêtre de nos nombreux vampires actuels !

dimanche 9 octobre 2011

Carrie - Stephen King


Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire : elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu'elle le maîtrise encore avec difficulté... Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l'aimer, l'invite au bal de printemps de l'école. Une marque d'attention qu'elle n'aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d'un renouveau ! Loin d'être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c'est compter sans la mesquinerie des autres élèves. Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?

De l'histoire de Carrie, je ne connaissais rien mis à part qu'elle possédait des dons de télékinésie. Je pense que tout le monde est au courant de ce "détail". C'est donc avec enthousiasme et curiosité que je me suis plongée dans le tout premier roman de Stephen King devenu maintenant un classique. Je n'ai pas été déçue, j'ai passé un excellent moment avec ce roman.

Ce que j'aime de cette histoire, c'est qu'elle raconte un drame comme il s'en vit régulièrement dans les écoles. Partout, malheureusement, un nombre incalculable de jeunes se font ostracisés comme Carrie. C'est ce qui m'a secoué au début. Mais partant de là, Stephen King a écrit un vrai cauchemar avec ces garces sans pitié et surtout, avec cette mère fanatique complètement "timbrée". Je dirais que ce personnage m'a perturbé davantage que Carrie ! Le début est excellent mais dès que le bal commence, il est encore plus difficile de décrocher.

Bien que j'aie trouvé ce livre très différent des autres King que j'ai lu (bon ma liste n'est pas super longue non plus), il s'est hissé parmis mes préférés, probablement ex aequo avec Salem, que je ne peux oublier. J'aimerais bien mettre la main sur l'adaptation de Brian De palma avec Sissy Spacek maintenant.


dimanche 7 août 2011

L'indésirable - Sarah Waters

Quatrième de couverture :

Hundreds Hall n’est plus que l’ombre de lui-même ; depuis longtemps les glaces ternies ont cessé de refléter ces fêtes qui animaient le manoir au temps de sa splendeur. Victime elle aussi des ravages de la Seconde Guerre mondiale et des tensions qui déchirent le tissu social de l’Angleterre, la famille Ayres, qui habite Hundreds depuis des générations, est abandonnée à son triste sort. Malgré la débâcle, la mère tente de cacher son infortune tandis que le fils, blessé au combat, peine à assurer la relève, aidé par sa soeur, Caroline, une femme vive et indépendante.

Venu un jour s’occuper d’une domestique souffrante, le docteur Faraday, qui a connu enfant la belle époque du manoir, se lie bientôt d’amitié avec la famille. Il sera avec elle témoin d’une succession d’événements de plus en plus effrayants. Se peut-il que les Ayres, hantés par les souvenirs d’une vie révolue, soient aussi tourmentés par une autre présence rôdant dans les corridors de Hundreds Hall ?

Subtil mélange de fresque familiale, de roman social et de suspense gothique, le cinquième ouvrage de Sarah Waters, finaliste au prix Booker, vient confirmer d’éclatante manière le formidable talent d’une romancière ensorcelante.


Avant de partir en voyage, je m'étais plongée dans cette très mystérieuse histoire de campagne anglaise et de maison délabrée possiblement hantée. Encore une fois, j'ai été frappée par le talent de Sarah Waters. Chaque fois que je me lance dans une de ses grosses briques, je suis éblouie par le réalisme des descriptions. Ne pas connaitre du tout l'auteure, j'aurais facilement pu croire qu'elle avait vécue l'après-guerre en Angleterre.

La campagne anglaise d'après-guerre, c'est le décor de cette nouvelle histoire. Histoire qui m'a donnée quelques frissons, je l'avoue, beaucoup plus que certains romans portant pourtant l'étiquette "Horreur". C'est cette atmosphère étrange qui secoue le lecteur et le fascine de même que les personnages. Le pauvre Rod blessé de guerre, la gentille Mrs Ayres, l'insaisissable Caroline, la jeune Betty et le docteur Faraday resteront, j'en suis certaine, longtemps dans ma mémoire. Comme dans les précédents romans que j'ai lu de Waters (Du bout des doigts et Affinités), l'aspect psychologique est très travaillé. Le côté sociologique m'a semblé plus présent ou peut-être simplement que je n'y avais pas porté beaucoup attention dans les précédents. Dans L'indésirable, c'est un aspect très important. L'auteur y explique, à travers ses personnages, le déclin de l'aristocratie anglaise et la déchéance des grandes familles comme celle des Ayres.

Vous l'aurez constaté, c'est un roman d'ambiance dont j'ai beaucoup apprécié la lecture. Il n'y a que la lenteur, bien qu'elle me semble voulue, qui m'a fait diminuer le rythme. J'ai eu un peu de mal à quelques rares moments mais aussitôt qu'un évènement étrange survenait, j'avais envie de poursuivre. Je pense être la seule de toute la blogosphère à lui faire un reproche mais il est si petit, ce reproche, que vous ne devez pas trop y faire attention. C'est un roman à lire absolument !