jeudi 27 août 2015

Les fantômes fument en cachette - Miléna Babin

Quatrième de couverture :

Depuis l’adolescence, Maeve, Fred et Loïc sont blottis dans une relation triangulaire et ambiguë. Mais voilà qu’au passage à la vie adulte, cette relation qui les protégeait de tout soudain les étouffe. Maeve se réfugie dans son appartement de la rue Cartier, à Québec, auprès de ses quelques repères : un plant de verveine citronnelle, un chat sauvé de justesse et surtout Murielle, l’octogénaire qui habite au-dessus. Depuis qu’elle a fait la rencontre de Max, elle le sait, il lui faut redéfinir la nature du triangle. Devant cette menace, Loïc se fait intrusif, manipulateur. Il a toujours su comment s’y prendre avec Maeve, qui ne peut résister à une certaine chanson, pas plus qu’à l’odeur de la cigarette.


Les fantômes fument en cachette est le premier roman de Miléna Babin. J'aime découvrir des premiers romans et surtout lorsqu'ils sont québécois. Avec celui-ci, j'ai découvert une écriture qui me plait mais je n'ai malheureusement pas été séduite par les personnages.

D'abord, parlons de l'écriture ! Elle est rafraîchissante, parfois humoristique et parfois sensible. J'ai aimé la poésie qui s'en dégageait lorsqu'elle évoquait des gestes pourtant simples du quotidien. L'auteure fait souvent appel aux sens (l'odeur du café et des biscuits sablés, le son des pièces de monnaie qui tombent dans le parcomètre, le vacarme des chaudrons quand Murielle cuisine en haut, etc.) et c'est agréable.

Si je n'ai pas adhéré totalement à cette histoire, c'est la faute aux personnages principaux. Ils ne sont pas particulièrement attachants. Leurs agissements m'ont aussi paru peu crédibles et ça m'a dérangé. Par exemple, dans les premières pages du roman, un personnage demande à Maeve de garder une fillette huit ans dont il a la garde même s'il vient tout juste de la rencontrer. Il affirme lui faire parfaitement confiance puisqu'elle lui a laissé son CD rare de The Kooks. Un enfant contre un CD, vraiment ? Ça me semble tout à fait de même valeur voyons ! J'aurais aimé en savoir plus sur eux aussi. Notre entrée dans la vie de Maeve est trop brusque. Je me suis longtemps demandé qui elle était de même que Loïc et Fred. Murielle, la voisine octogénaire qui a horreur de la fumée de cigarette, a une personnalité bien définie. C'est elle que j'ai préférée d'entre tous !

Je ressors donc mitigée de cette lecture mais, parce qu'elle a une écriture accrocheuse, je crois que Miléna Babin écrira de bons romans dans le futur. 

Les fantômes fument en cachette - Miléna Babin
Éditions XYZ 2014
204 pages

lundi 24 août 2015

Infernale rentrée !

Et là, je ne parle pas de la rentrée littéraire malheureusement ! Je parle de la rentrée des enseignants et plus spécifiquement de celle des enseignants contractuels qui, comme moi, n'ont pas de permanence. Ils ne savent pas où ils vont travailler cette année et même pire, ils ne savent même pas s'ils vont travailler cette année ! 

Le mois d'août est donc synonyme de stress intense et, si on est chanceux, d'heures supplémentaires pour se mettre à jour dans notre nouveau milieu.  C'est pourquoi je suis absente depuis une dizaine de jours mais je reviendrai très bientôt. J'ai deux romans terminés qui attendent leur petit moment de gloire sur mon blog ainsi que deux romans entamés qui attendent, eux, un peu d'attention.

vendredi 14 août 2015

Chercher Sam - Sophie Bienvenu

Quatrième de couverture :

Mathieu est dans la rue. Il y survit grâce à Sam, son chien. Quelque chose le tue, qui n'est pas le froid ou l'indifférence des autres. Quelque chose l'empêche de respirer. Quand Sam disparaît, Mathieu part à sa recherche et, sans le vouloir, ouvre la porte à ses démons.


Chercher Sam est un petit roman qui n'avait l'air de rien sur son étagère. La couverture est sombre et floue et le titre n'est pas particulièrement évocateur non plus. Il pourrait signifier n'importe quoi. Pourtant, cette lecture est un coup de coeur !

Mathieu est un jeune homme sans domicile fixe. Il dort parfois chez des connaissances qui lui offrent un toit pour une nuit mais, le plus souvent, il dort dans la rue. À ses côtés, il y a toujours Sam sa chienne pitbull qui est sa meilleure alliée. En plus d'être une bonne compagnie, elle lui sert de "chaufferette" lorsque les nuits sont froides. Elle est tout ce qui lui reste de sa vie d'avant. Et il perd la dernière "chose" qui lui reste.

Mathieu n'est pas quelqu'un qui se dévoile rapidement. Lorsque Sam disparaît, nous ne savons presque rien sur lui. Petit à petit, avec sa voix et ses expressions parfois crues, il révèle qui il est et ce qui l'a mené à la rue. L'écriture est très orale, on dirait qu'on l'entend parler. Difficile de croire que l'auteure est une française qui vit au Québec ! Elle s'est très bien approprié le langage d'ici.

La construction est aussi très dynamique avec les courts chapitres qui racontent la vie de Mathieu dans l'ordre et surtout dans le désordre. C'est bien fait car, malgré les sauts aux différentes époques, on suit parfaitement bien le fil de l'histoire. J'avais toujours envie de lire juste un p'tit chapitre de plus. Je l'ai dévoré en une journée !

Le Cheval d'août, que je ne connaissais pas il y a quelques mois, édite des romans forts intéressants. J'avais aussi eu un coup de coeur pour Les filles bleues de l’été en juillet.

Chercher Sam - Sophie Bienvenu
Éditions Le Cheval d'août 2014
184 pages

mercredi 12 août 2015

Mes achats québécois du 12 août

Pourquoi en acheter un seul quand on peut en acheter plus ?


Deux livres très différents :

Wildwood de Johanne Seymour
Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu


Et vous, avez-vous participé au mouvement ?

mardi 11 août 2015

C'est demain !


Je vais me joindre au mouvement, et vous ?

dimanche 9 août 2015

Nous les menteurs - E. Lockhart

Quatrième de couverture :

Une famille belle et distinguée. Une île privée. Une fille brillante, blessée; un garçon passionné, engagé. Un groupe de quatre adolescents - Les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice. 

Une révolution. Un accident. Un secret. Mensonges sur mensonges. Le grand amour. La vérité.

Une drame familial époustouflant où culmine le suspense. Une lecture qui, à peine terminée, donne envie de retourner à la première page pour recommencer...


Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un roman pour adolescents ou pour jeunes adultes. J'avais noté ce titre sur un blog quelque part (je ne me souviens plus lequel...) mais c'est la couverture très estivale qui m'a donné envie de le lire pendant les vacances.

L'écriture particulière ne m'a pas convaincue tout de suite. Il a fallu un certain nombre de pages pour que je l'apprécie réellement mais, dès que ce fût le cas, j'ai totalement embarqué dans cette histoire.

J'adore les secrets de famille et j'ai été servie ! Cadence, le personnage principal, a eu un accident mais elle ne s'en souvient pas beaucoup. Ses proches refusent de lui en parler préférant que la mémoire lui revienne naturellement. Ils disent suivre les consignes du personnel médical qui s'est occupé d'elle. Cadence sait bien qu'ils cachent quelque chose. Elle a parfois des flash, des bribes de souvenirs mais elle n'arrive pas à brosser un portrait complet de l’événement.  Alors, comme elle, le lecteur essaie de comprendre ce qui s'est vraiment passé saisissant chaque petit indice révélé.

L'atmosphère de vacances est bien rendue. L'île privée de la famille Sinclair est un endroit idyllique avec ses grosses maisons de vacances américaines, sa promenade en bois, la mer et les bateaux. Pourtant, le mystère ne cesse de planer au-dessus de ce beau décor. Une jolie histoire d'amour naît aussi sur l'île entre Cadence et Gat mais ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressé.

L'auteure a demandé de ne pas trop en révéler sur son livre et, surtout, sur sa fin alors je m'arrête ici. Elle a dit : "Lisez-le. Et si on vous demande comment ça se termine, MENTEZ !" Je vous dirai seulement qu'on passe un bon moment avec ce roman. Il m'a donné envie d'en lire d'autres qui s'adressent à ce public. J'avais oublié que j'aimais bien ce type de livre de temps en temps et qu'il s'en écrit de bons aussi !

Nous les menteurs - E. Lockhart
Éditions Gallimard Jeunesse 2015
288 pages

vendredi 7 août 2015

Le mirage : tout a l'air tellement beau vu de loin

Dès que j'en ai entendu parler, j'ai eu envie de voir ce film Le mirage de Ricardo Trogi avec un scénario de Louis Morissette. Ce mercredi orageux me semblait être le moment parfait ! Les films de Ricardo Trogi me plaisent généralement et j'admire le travail de Louis Morissette. J'aime pratiquement tout ce qu'il fait. J'avais bien aimé sa série C.A. il y a quelques années. Derrière son humour se cachent toujours des réflexions intéressantes et importantes. C'est encore le cas avec ce nouveau film.

Aussi acteur dans son propre film, Louis Morissette incarne Patrick, un jeune père de famille et propriétaire d'une franchise de magasin de sport. En apparence, il a une famille idéale. Sa femme et lui forment un beau couple, ils ont deux enfants épanouis, ils habitent une immense maison avec piscine creusée et spa et ils ont des emplois stables. Cependant, si on creuse un peu (et pas nécessairement beaucoup), on découvre bien vite qu'ils ne sont pas heureux. Ni les parents, ni les enfants. Les petits sont surmenés. Travaillant moi-même dans les écoles, ces passages où l'ont découvre qu'ils fréquentent une école trilingue, qu'ils suivent des cours de piano, de natation, de danse et de soccer m'ont bien fait sourire. J'en vois à l'année des enfants qui ont des horaires de premier ministre ! Ils doivent être polyvalents et performants alors qu'ils ont seulement envie de jouer ! Pour ajouter au malheur de la famille, le couple bat de l'aile depuis longtemps et ils ne savent plus comment faire pour se retrouver.

Le scénario n'a rien de bien original. Avec un point de départ comme celui-là, il aurait aussi bien pu être mauvais mais il ne l'est pas. Il dépeint avec justesse notre société de consommation. Pour les personnages du film, le bonheur semble venir avec les biens matériels. Ou du moins, c'est ce qu'ils semblent croire. Certaines images sont saisissantes comme lorsque Patrick fait son jogging sur un tapis roulant, devant sa porte de garage ! Les réflexions sur la vie de couple valent aussi le détour.

C'est cliché de dire qu'on passe par toute la gamme des émotions mais c'est vrai ! On rit beaucoup à certains moments puis cinq minutes plus tard, on a "le moton". La fin est prévisible mais, en même temps, c'est exactement celle que je souhaitais. 

Pour les questionnements qu'il a soulevés ainsi que les belles discussions que j'ai eues après son visionnement, je suis contente de l'avoir vu.

mercredi 5 août 2015

Tag : problèmes de lecteurs

C'est rare que je reprends un tag mais j'avais envie de jouer le jeu cette fois-ci. Je l'ai piqué Chez Gab !
Mon hamac, mon endroit favori pour lire lors de mon voyage à Roatan

1. Tu as 20.000 livres dans ta PAL. Comment décides-tu de ta prochaine lecture ?


Je suis loin d’avoir 20 000 livres dans ma PAL ! Elle ne dépasse jamais 10 livres environ. Je suis relativement raisonnable ! Je n’ai pas de façon spéciale de choisir mes lectures. Souvent, je pioche d’abord dans mes trouvailles de la bibliothèque parce que je veux avoir le temps de les lire avant de les rendre. En été, comme maintenant, je n’emprunte pas beaucoup de livres car je suis toujours à droite et à gauche (en vacances) alors je favorise ma PAL.

2. Tu as lu la moitié d’un livre et tu ne l’aimes pas. Tu abandonnes ou tu continues ?

Si le livre est court, je persiste alors que s’il est épais, j'abandonne même si ça me fait toujours un peu mal au cœur. Je ne veux pas perdre de précieuses heures.

3. Les couvertures d’une saga/série que tu aimes ne se ressemblent pas… Comment tu gères ça ?

Peu importe ! C’est certain que ça fait moins joli dans ma bibliothèque mais ça ne m’empêchera pas de les lire !

4. Tout le monde aime un livre que toi tu n’aimes pas. A qui en parles-tu du coup ?

J'en parle sur mon blog car, de toute manière, il n’y a pas de grands lecteurs autour de moi. C’est d’ailleurs pourquoi je tiens un blog. J’ai envie de parler de lectures quelque part !

5. Tu es en train de lire dans un lieu public et tu sens que tu vas pleurer ? Qu’est ce que tu fais ?

J’y ai réfléchis et je ne me souviens que de deux livres qui m’ont fait pleurer : Le roman de Sara d’Anique Poitras et Marie-Tempête de Dominique Demers. J’étais adolescente lors de ces lectures. J’imagine que j’étais plus sensible à cette époque de ma vie avec les hormones dans le tapis ! Alors, dans un lieu public, il y a bien peu de chance que ça m’arrive.

6. La suite d’un livre que tu aimes vient de sortir mais tu as oublié pas mal de choses. Que fais tu ? Tu relis le précédent ? Tu trouves un synopsis bien spoilant ? Tu pleures de frustration ?

Je feuillette le précédent, je relis des passages et surtout la fin. Parfois, je cherche aussi sur Internet.

7. Tu ne veux pas prêter tes livres. Comment dis tu non gentiment si on te pose la question ?

Je prête tous mes livres avec joie ! Mais ça n’arrive pas souvent. Les gens autour de moi ne sont que les lecteurs occasionnels. Dernièrement, j'en ai prêté deux : Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard et un autre dont je vous parlerai très bientôt.

8. Tu as choisi et reposés 5 livres le mois passé. Comment gères-tu ta panne de lecture ?

J’ai toujours quelques pannes par année mais l’envie de lire revient toujours ! Ça ne m’inquiète plus. Lorsque je n’ai pas envie de lire, je ne me force pas et je fais plein d’autres choses que j’aime. Je fais plus de sport et de course à pieds, je regarde plus de films et de séries. Je vois plus souvent mes proches aussi. Ces pannes sont bénéfiques pour ma vie sociale !

9. Il y a tellement de nouveaux livres que tu rêves d’acheter. Combien en achètes-tu réellement ?

Environ la moitié de ce que je lis. L’autre moitié, je l’emprunte à la bibliothèque. J’achète environ 3-4 livres par mois.

10. Après les avoir achetés, combien de temps restent-ils dans ta PAL avant que tu ne les lises ?

Ça varie entre quelques jours, quelques semaines, quelques mois… parfois quelques années ! Et je ne saurais dire pourquoi car au moment où je les achète, ils me tentent tous beaucoup !

Voilà ! Si le coeur vous en dit, piquez-le vous aussi ! 

lundi 3 août 2015

En silence - Audrey Spiry

Résumé :

Quelque part dans le sud, en été, un petit groupe d’amis – deux couples, deux enfants et un moniteur – part en expédition en pleine nature, pour une grande journée de canyoning. L’isolement, le dépaysement et le frisson du danger vont servir de révélateur. Chacun, au fil de cette longue journée pleine d’imprévus, va se retrouver seul, confronté en silence à ses interrogations les plus intimes. Ainsi Juliette, la narratrice, qui perçoit bientôt cette journée particulière comme une sorte d’épreuve du feu pour le couple qu’elle forme avec Luis. Comment dépasser le sentiment d’immobilisme et d’attente qui imprègne leur relation, et qui lui est devenu presque insupportable ? Cette belle journée d’été n’est-elle pas, finalement, l’épilogue de leur histoire d’amour ?

Unité de temps, de lieu, d’action, ce récit tout simple en apparence surprend et séduit à la fois par son ton, intime et sensible, et par sa forme, très picturale et spectaculairement colorée. Le premier album plein d’originalité d’une jeune dessinatrice au talent très affirmé.


Voici une belle bande dessinée aux couleurs bien estivales ! Ce sont ces dessins aux couleurs vives et surprenantes qui m'ont donné envie de la lire. Et, pour une amoureuse de l'eau comme moi, c'était difficile de résister à toutes ces nuances de bleu !

En silence est l'histoire d'une jeune femme dans la vingtaine qui accompagne son amoureux dans une aventure de canyoning. Je ne connaissais pas vraiment cette activité alors j'étais heureuse de la découvrir. Le jeune couple est accompagné pour l'occasion par une charmante famille et un guide qui se prend un peu pour un super-héros. Tout au long de la journée, les personnages devront défier certaines de leurs peurs... et l'eau glaciale !

Évidemment, ce n'est pas tout. On découvre rapidement que la jeune femme n'est pas aussi heureuse qu'elle ne le laisse paraître. Elle est en pleine remise en question. Elle parcourra le canyon avec les autres mais aussi de façon bien solitaire, dans sa tête. Cette journée dans l'eau lui donnera l'occasion de faire une introspection. Il y a des non-dits intéressants et des parallèles à faire entre sa vie et les épreuves de l'activité.

En silence est original tant pour ces dessins que pour son scénario ! Elles sont rares les bandes dessinées qui mélangent activités sportives et introspection. Pourtant, ça va souvent de pair. C'est pendant de longues courses que j'en fais le plus et je ne crois pas être la seule. J'ai passé un très bon moment !


En silence - Audrey Spiry
Éditions Casterman 2012
160 pages

vendredi 31 juillet 2015

Derrière la porte - Sarah Waters

Quatrième de couverture :

Au sud de Londres, dans une villa triste et silencieuse, la vie est sur le point de changer pour la veuve Wray et sa « vieille » fille de vingt-six ans. La Grande Guerre a fait des ravages, les temps sont durs, elles doivent se résigner à sous-louer un étage de leur demeure pour éponger leurs dettes.

Les nouveaux occupants, un couple de jeunes mariés, secouent les habitudes de la maisonnée et apportent avec eux gramophone et joie de vivre. Mais quand le désir des unes s’enflamme et que la rancoeur des autres instille son venin, la table est mise pour le drame.

Avec le doigté et la malice qui la caractérisent, l’auteure de L’Indésirable livre le récit d’un amour aux limites du convenable où sensualité et obsession esquissent un funeste et envoûtant pas de deux.


Il y a ces livres que l'on découvre un peu par hasard et il y a les autres qu'on sait d'avance que l'on va aimer. Les romans de Sarah Waters figurent dans cette deuxième catégorie. Derrière la porte est le quatrième que je lis (Du bout des doigts, Affinités et L’indésirable) et jamais elle ne m'a jamais déçue.

Sarah Waters a le don de nous transporter dans une autre époque de façon si réaliste que l'on dirait qu'elle y a vécu. Cette fois, son histoire se déroule en 1922 tout juste après la Première Guerre mondiale. Les temps sont durs et tristes pour Frances, une vieille fille de vingt-six ans, et sa mère. Les hommes de la maison sont tous morts. Elles se retrouvent seules dans une immense propriété. Pour pouvoir y rester, elles sont dans l'obligation d'en louer une partie à un jeune couple avec beaucoup plus d'entrain et de joie de vivre qu'elles.

Si vous connaissez l'auteure, vous êtes habitué aux revirements de situations et aux rebondissements fréquents. Ce roman n'y fait pas exception. Cependant, il ne faut pas lire la quatrième de couverture ! Je fais de gros efforts pour ne pas "spoiler" mais apparemment tous ne se donnent pas cette peine. C'est terrible de voir ce que révèle la première petite phrase d'Entertainment Weekly ! Évidemment, je ne l'ai pas mis ci-dessus ! J'ai eu l'impression de lire deux romans en un tellement le ton et l'atmosphère changent avec les événements ! Mais vaut mieux ne rien savoir à l'avance si on veut réellement être surpris.

Les thèmes chers à Sarah Waters se retrouvent une fois de plus dans ce titre. Elle aborde l'homosexualité féminine, la guerre et ses conséquences, les différentes classes sociales, la criminalité et la déchéance des grandes familles londoniennes. Sa plume est toujours aussi belle et fluide. Le rythme est lent mais je le trouve parfaitement adapté pour une histoire qui se déroule à une époque où les messages importants se transmettaient via des télégrammes et où les nouvelles quotidiennes n'étaient transmises que par les journaux.

Si vous aimez déjà Sarah Waters, si vous aimez Londres ou si vous aimez les romans d'époque et les gros pavés, celui-ci est pour vous !

Derrière la porte - Sarah Waters
Éditions Alto 2015
576 pages