vendredi 20 janvier 2017

Votre avis ?

Aujourd'hui, je ne parle pas d'un roman en particulier (mais mon prochain billet sera en ligne bientôt). J'aimerais savoir si vous êtes sur Goodreads, vous, les blogueurs-lecteurs. C'est une plateforme que je découvre mais que j'aime déjà beaucoup.

J'aime scanner les romans, lire les avis, voir mon récapitulatif de l'année en statistiques, connaitre les lectures en cours des gens et comparer les lectures. Et vous ? J'aimerais connaitre votre avis et peut-être devenir ami(e)s, pourquoi pas ? Ça me ferait plaisir. J'y suis sous mon véritable nom Daisy Belisle. L'invitation est lancée !

dimanche 15 janvier 2017

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette

Quatrième de couverture :

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. 

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes.
Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.


Ça y est, j'ai enfin lu ce roman dont tout le monde parle depuis bientôt deux ans ! Je ne sais pas ce que je pourrais dire qui n'a pas encore été dit. Je me contente simplement d'en rajouter une couche car j'ai eu, moi aussi, un gros coup de coeur pour ce magnifique roman. Il mérite tous les prix remportés.

Les grandes lignes sont connues. Au décès de sa grand-mère Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette est désignée unique héritière avec son frère. Cette femme, elle ne l'a pas connu. Elle est même étonnée d'avoir accès à l'appartement de celle qui a abandonné ses enfants en bas âge au profit de la liberté. Pour retracer sa vie, l'auteure a fouillé les lieux de la défunte, interrogé ceux et celles qui l'ont connu et embauché une détective privée.

Ce que j'ai préféré dans La femme qui fuit est certainement le portrait de femme qui s'étend sur près de 80 ans. Suzanne Meloche était une femme forte et fragile à la fois qui semble avoir vécu plus d'une vie. Il y avait là tout le matériel pour en faire un roman mais encore fallait-il une écriture qui accroche. Anaïs Barbeau-Lavalette l'a. Je n'étais pas certaine d'apprécier la narration au "tu" mais je l'ai oublié après quelques pages. Ça coulait bien. Par cette écriture, j'ai ressenti l'amour-haine de l'auteure pour sa grand-mère.

Lire ce roman, c'est aussi l'occasion d'apprendre sur l'histoire du Québec : les années de guerre, le régime de Duplessis, le refus global et le mouvement automatiste, la sprinteuse québécoise Hilda Strike au Jeux Olympiques de 1932, etc. Il est bien documenté.

Passionnant. Je ne vois pas d'autre mot. Un futur classique québécois sans doute.

La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette
Éditions Marchand de feuille 2015
378 pages

mercredi 11 janvier 2017

Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage.


Isabelle Arsenault & Fanny Britt sont les créatrices de du magnifique album Jane, le renard et moi qui a eu beaucoup de succès ici, au Québec, et ailleurs. Elles récidivent avec ce nouvel album Louis parmi les spectres en conservant leur style bien à elles.

À l'instar de leur premier album, les deux créatrices abordent la vie à travers les yeux d'un enfant. Louis est un peu plus âgé que l'héroïne de Jane, le renard et moi. Depuis la séparation de ses parents, il partage son temps entre l'appartement de sa mère en ville et la maison de campagne de son père. Son papa a une dépendance à l'alcool. C'est probablement la raison de la séparation mais pour lui, ça n'a fait qu'empirer les choses. Pour Louis et son petit frère Truffe aussi.

Bien que les thèmes ne soient pas joyeux, ce n'est pas larmoyant du tout. Louis a la chance de pouvoir compter sur son ami Boris pour lui tenir compagnie en ville. Les passages où Boris est présent sont les plus savoureux. Et puis, il y a la belle Billie qui rend la vie de Louis plus belle mais pas nécessairement plus simple ! C'est sans compter la surprise du raton...

J'ai aimé retrouver les doux dessins d'Isabelle Arsenault qui m'avaient plu dans Jane, le renard et moi. Le crayonné est superbe et inventif. Les couleurs pâles, qui ont une signification particulière, ajoutent au charme qui opère déjà.

Un troisième s'il vous plait !

D'autres livres d'Isabelle Arsenault et/ou Fanny Britt sur mon blogue : Jane, le renard et moi et Les maisons (Fanny Britt écrit aussi pour les adultes)
Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2016
160 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

vendredi 6 janvier 2017

L'enfant mascara - Simon Boulerice

Quatrième de couverture :

L’enfant mascara est une histoire d’amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu’elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d’Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l’un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s’être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d’éclat et d’arrogance, dont la vie n’aura été que fulgurance.

Un roman unique, traversé par la profonde empathie de son auteur.


Avant de lire la quatrième de couverture, je ne connaissais pas cet affreux crime survenu en Californie en 2008. Après, j'étais curieuse de découvrir comment Simon Boulerice pouvait faire cohabiter sa fantaisie habituelle et sa poésie avec cette horreur. Il en résulte un roman bouleversant.

Larry/Leticia est un personnage unique. S'il/elle ne fait pas l'unanimité, c'est à cause de son extravagance. Il/elle n'a pas peur d'être lui/elle-même dans cette société qui prône le fait d'être différent... mais pas trop. Son défaut : aimer "trop" fort Brandon. Pas de demi-mesure. Ça frôle le harcèlement. Brandon est présenté de manière étonnamment humaine aussi même si on sait dès le départ qu'il commettra le geste le plus horrible qui soit.

Même si ce n'est pas le but premier du roman, j'ai appris plein d'anecdotes concernant des stars de cinéma, la Californie (que j'aime énormément) et la culture américaine. Apprendre en lisant, j'adore ! Et parce que l'auteur ne fait rien comme les autres, son roman est complètement atypique, parsemé de poèmes et d'acrostiches comme on en faisait enfant.

L'enfant mascara est le livre de Simon Boulerice que j'ai préféré jusqu'à maintenant. On le retrouve dans les rayons pour adolescents mais j'ai l'impression qu'il plaira autant, sinon davantage, aux adultes.

D'autres livres de Simon Boulerice sur mon blogue : Les garçons courent plus vite et Javotte.

L'enfant mascara - Simon Boulerice
Éditions Leméac 2016
184 pages

mercredi 4 janvier 2017

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle

Résumé :

En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".


L'année 2017 débute très bien avec un gros coup de coeur qui m'a attendu sous le sapin. J'ai lu S'enfuir en deux jours durant lesquels je pensais sans arrêt au personnage de Christophe, médecin sans frontière retenu captif. Savoir que l'histoire est vraie la rend encore plus poignante.

Je n'ai pas lu les albums précédents de Guy Delisle même si on me les a souvent recommandés. Ils me semblaient très politiques, trop complexes. Avec celui-ci, j'ai appris certaines choses mais j'en ai surtout ressenties. Comment ne pas avoir un coup de coeur pour un album qui fait tout ça en même temps ?

Pendant plus de 100 jours, Christophe est à la merci de ses ravisseurs tchétchènes qui ne parlent aucune langue qu'il connait. Il ne sait pas pourquoi il est là ni s'il en sortira. Et jamais le lecteur n'aura d'autres informations que lui. Comme si nous étions enfermés avec lui, nous vivons la surprise, l'incompréhension, la colère, la tristesse et l'angoisse. Le récit aurait pu être resserré et ainsi faire moins de pages mais l'idée était probablement d'en faire un aussi long que l'enfermement vécu par Christophe. On ressent l'ennui (mais on ne s'ennuie pas, rassurez-vous) et l'étouffement. L'ambiance est si anxiogène qu'elle a provoqué des réactions presque physiques chez moi. Je suis persuadée que mon coeur s’accélérait à certains moments...

Ce gros album est à lire absolument ! C'est un huis-clos qui nous fait passer par toute la gamme des émotions et qui se lit comme un thriller.

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle
Éditions Dargaud
432 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Moka.

jeudi 29 décembre 2016

L'heure est aux bilans : les romans étrangers

2016 n'aura pas été une grosse année pour les romans étrangers sur mon blogue mais la qualité est préférable à la quantité, non ? Et j'en ai lu de très bons ! 2017 devrait être différente si je me fie à ma PAL...

Mon coup de coeur de l'année est...


The Girls d'Emma Cline


Pas loin derrière, il y a...


Dracula de Bram Stoker
Station Eleven d'Emily St.John Mandel

mercredi 28 décembre 2016

L'heure est aux bilans : les bandes dessinées

En ce mercredi BD, je vous présente mon petit top pour l'année 2016. J'ai lu de très bonnes BD encore cette année.

Mes plus gros coups de coeur ex aequo sont...

 

La femme aux cartes postales de Jean-Paul Eid et Claude Paiement
Luisa ici et là de Carole Maurel


Pas loin derrière, il y a...

  

Groenland Manhattan de Chloé Cruchaudet
L'apocalypse selon Magda de Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel

mardi 27 décembre 2016

L'heure est aux bilans : les romans québécois

J'aime beaucoup la littérature québécoise. Elle prend beaucoup de place ici. En 2016, j'ai lu 23 romans québécois. Il y a eu des valeurs sûres, quelques déceptions, de bonnes surprises et de vrais coups de coeur.

Mon coup de coeur de l'année est...


Autour d'elle de Sophie Bienvenu


Pas loin derrière, il y a...

  


Bondrée d'Andrée A. Michaud
L’orangeraie de Larry Tremblay


Demain et après-demain suivront d'autres petits bilans...

dimanche 25 décembre 2016

jeudi 22 décembre 2016

Comme un livre ouvert - Liz Kessler

Quatrième de couverture :

Ashleigh Walker est amoureuse. Au sens le plus intense et bouleversant du terme. Un amour inconditionnel qui la consume. De quoi oublier de s'inquiéter pour ses mauvais résultats scolaires. De quoi lui faire oublier le mariage de ses parents qui s'effondre. Il y a juste une chose qui la perturbe… Pourquoi n'est-ce pas Dylan, son petit ami qui la met dans cet état, mais plutôt Mademoiselle Murray, sa prof d'anglais ?


Il me prend assez régulièrement l'envie d'aller fouiner dans les nouveautés pour adolescents. Malgré mon âge, j'ai du plaisir à lire ces romans de temps en temps. Comme un livre ouvert aborde de belle façon deux principaux thèmes : subir le divorce de ses parents et découvrir son attirance pour les personnes du même sexe. Je suis étonnée que le divorce ne prenne pas plus de place dans le résumé, on l'aborde autant que l'homosexualité de l'héroïne.

Le roman est divisé en trois grandes parties. J'ai beaucoup aimé les deux premières. Ashleigh n'est pas sans faille et c'est ce qui en fait un personnage humain et attachant. C'est une adolescente qui tente d'être appréciée de tous. Ses réflexions empreintes d'empathie à propos de ses parents m'ont touché. Par contre, j'ai trouvé que la troisième partie était précipitée. Alors que l'auteure prend son temps pour développer les relations d'Ashleigh avec Dylan, Mlle Murray, Robyn et Cat, elle néglige celles avec Jayce et Taylor. Pourtant, elles sont importantes. Elle nous laisse aussi sur un événement marquant abordé à la va-vite. J'aurais aimé plus de pages pour cette finale qui était bien consistante !

Les jeunes lecteurs n'apprendront probablement rien de nouveau mais ceux qui vivent le divorce de leurs parents ou se questionnent sur leur orientation sexuelle verront qu'ils ne sont pas les seuls. Et ça, c'est déjà beaucoup. Je n'hésiterais pas à conseiller ce roman.

Comme un livre ouvert - Liz Kessler
Éditions Hugo et cie 2016
312 pages