mercredi 15 avril 2015

Amorostasia 2 - Cyril Bonin

Résumé (Attention aux SPOILERS si vous n'avez pas lu le 1er tome) :

Dans Paris, aujourd’hui. Trois ans ont passé depuis l’apparition du virus de l’amorostasie qui s’est propagé dans la capitale laissant les malades dans un état cataleptique. Olga Politoff, journaliste qui enquêtait sur ce virus, s’est retrouvée figée à son tour avec Kiran. Dans un monde bouleversé par l’épidémie, ils vont être à nouveau plongés au cœur de la tourmente… Alors que l’Amorostasie est devenue mondiale, tous les laboratoires du monde se battent pour trouver le remède qui fera revenir à la vie les victimes figées par la maladie ; Seul l’un d’entre eux a obtenu un certain nombre de résultats encourageants. Il s’agit maintenant de tester le vaccin sur un cobaye consentant…et Kiran, prisonnier sans famille, semble le sujet idéal. Mais l’expérience tourne court lorsqu’il tombe dans un coma profond. À quelques centaines de kilomètres de là, la séduisante Olga se réveille brusquement dans sa chambre d’enfant, au domicile de ses parents. À peine éveillée, elle ne souhaite qu’une chose : retrouver son amoureux pour se figer avec lui, de nouveau. Hélas, Olga va découvrir que le monde, en trois ans, a bien changé…et son statut de première « réveillée » de la maladie va attirer toutes les convoitises…

Celui-là, je ne l'attendais pas ! Le premier tome d'Amorostasia a été un coup de coeur mais j'étais loin de me douter qu'il existerait une suite. Il avait pourtant tout d'un one-shot ! Mais, contrairement à certains, j'étais plutôt heureuse que l'épidémie se prolonge...

Bien entendu, l'effet de surprise n'était plus là mais j'ai tout de même adoré cette histoire. Le rythme y est plus enlevé que dans le premier tome. L'enquête pour retrouver Kiran et celle des chercheurs pour mettre la main sur Olga nous font tourner les pages à vitesse grand V. 

Cyril Bonin a imaginé tous les problèmes que la société pourrait rencontré avec une telle maladie. Ce côté sociologique m'a beaucoup plu. Avec les mesures adoptées qui ressemblent étrangement aux mesures de guerres, on peut aussi faire plein de parallèles avec certaines périodes de l'Histoire. On pense notamment à la Seconde Guerre mondiale mais aussi à la prohibition aux USA lorsqu'il est question de bars clandestins dans des lieux secrets. La non-mixité nous ramène aussi à une autre époque. Par contre, il me semble qu'elle ne pourrait pas tout régler. N'y a-t-il donc pas homosexuels qui figent ? Marco est le seul personnage homosexuel mais, heureusement ou malheureusement, il ne semble pas sensible à cette maladie d'amour. C'est un personnage secondaire intéressant de même de Madame Marthe. Cette femme est inspirante et rafraîchissante ! Ses réflexions sont vraiment intéressantes. J'aime les femmes fortes !

En résumé : procurez-vous cette série si ce n'est déjà fait, elle est excellente ! J'aimerais bien qu'on me réserve une autre surprise et qu'un troisième tome voit le jour. Ne sait-on jamais !
Amorostasia 2 (Pour toujours...) - Cyril Bonin
Éditions Futuropolis 2015
128 pages


mercredi 8 avril 2015

Ceux qui me restent - Laurent Bonneau & Damien Marie

Résumé :

Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.

La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus; un voyage en Alzheimer.

Avec les nombreuses recommandations de la blogosphère, je me suis ruée sur ce titre dès qu'il a été disponible à ma bibliothèque. J'avais de très hautes attentes qui ont presque toutes été comblées. 

Ma grand-mère souffre d'Alzheimer depuis quelques années. C'est une maladie que je n'arrive pas à démystifier. Pourtant, ça semble facile dans Ceux qui me restent ! C'est impressionnant d'avoir une compréhension aussi parfaite d'une maladie aussi complexe. On aborde le sujet avec sensibilité mais jamais il ne devient larmoyant. Le personnage de la fille de Florent m'a beaucoup touché car cette Aurélie, c'est à la fois ma mère, ma tante, mon oncle. Ce sont eux qui rendent visite à ma grand-mère quotidiennement ou hebdomadairement sans aucune reconnaissance. Ce sont aussi eux qui souffrent de cette maladie d'Alzheimer sans même l'avoir.

Le crayonné est bien maîtrisé. Les dessins, très sobres, m'ont plu. Par contre, j'ai eu un peu de mal avec les couleurs que je ne trouvais pas esthétiques. Mais ça, ce n'est que mon humble avis. J'espère que ça ne vous empêchera pas de découvrir cette magnifique BD !


Ceux qui me restent - Laurent Bonneau & Damien Marie
Éditions Grand Angle 2014
152 pages


samedi 4 avril 2015

Anne Frank sur les planches

Cette semaine, j'ai fait une rare mais très belle sortie au théâtre pour voir l'adaptation du Journal d'Anne Frank. Et quand quelque chose remue plein d'émotions à l'intérieur, j'ai forcément envie d'en parler même si je ne m'y connais pas du tout en théâtre. Je l'avais dit l'an dernier : je ne vois qu'une pièce ou deux par année.

Image tirée du feuillet d'informations remis aux spectateurs


Tout le monde connait une parcelle de l'histoire d'Anne Frank qu'on ait lu son Journal ou non. Je ne l'ai jamais lu en entier mais je compte remédier à la situation prochainement. Quoi qu'il en soit, nous connaissons le triste sort de la jeune juive et de sa famille. Il était alors tout à fait indiqué de commencer par la fin. Dès la première scène, où apparaît Otto Frank (Paul Doucet) à la gare cherchant ses deux filles, j'ai apprécié la musique et les images projetées qui rendent le tout très cinématographique. Quand on sait que la musique est de Jorane, on ne s'étonne pas qu'elle soit magnifique. Les scènes qui alternent entre "l'après" et "l'avant" m'ont aussi fait penser à un découpage de film. Le ton est parfois grave mais il n'est pas dénudé d'espoir et d'humour. Ces petits moments plus légers sont bienvenus. J'ai aimé voir les personnages, à certains moments, s'amuser dans l'Annexe. Mylène St-Sauveur m'a totalement convaincue dans le rôle d'Anne Frank. Bien qu'elle ait au moins 10 ans de plus de son personnage, elle incarne parfaitement cette adolescente vive et réfléchie à la fois. Elle a cette charmante candeur qui semble tout à fait naturelle.

Alors non, je ne m'y connais malheureusement pas en théâtre (je ne prétends pas vraiment m'y connaître en littérature non plus) mais je sais apprécier ce qui est beau et bien fait. C'est une pièce que je ne suis pas près d'oublier !

Le journal d'Anne Frank
Texte : Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène : Lorraine Pintal

jeudi 2 avril 2015

Le cinquième corridor - Daniel Leblanc-Poirier

Quatrième de couverture :

Il est facile de confondre le vertige et la passion. C’est pourquoi les prisons ne sont jamais construites en hauteur. La police était stationnée sur le coin de la rue le jour où j’ai emménagé à la Place du Boulevard. J’avais 19 ans. J’ai abouti dans un appartement sans balcon au troisième étage, mais à la base j’avais été attiré par la hauteur du building. Je recommence. La Place du Boulevard est un édifice de 18 étages. J’arrivais d’une banlieue avec l’idée de me jeter en bas du vertige. Ok. Je recommence. Je commande un café au lait dans un établissement de ka rue Ste-Catherine que je ne connais pas encore. En le buvant, je regarde les gens passer sur la rue et je me promets de faire partie de leur révolution un jour. La police est parquée sur le coin de la rue. À 19 ans, Mylène et moi on s’est laissés vers la fin de l’été et c’est là que je me suis lancé. J’ai emménagé à la Place du Boulevard. Je me suis loué un appartement, mais on a repris vers octobre. On s’est embrassés tout de suite en se voyant. C’était sur le Plateau Mont-Royal, je m’en souviens bien.


Le cinquième corridor, c'est l'histoire d'une rupture amoureuse racontée par un jeune homme qui n'a définitivement pas la langue dans sa poche. Avant la lecture, je ne connaissais ni l'éditeur ni l'auteur. Son écriture, très fluide et poétique, m'a agréablement surprise au départ. Mais, après la première moitié, l'auteur m'a perdue quelque part au milieu de ses longues phrases confuses. Le personnage principal devient instable émotionnellement et la confusion règne dans sa tête (et dans la mienne aussi). Avec les bouleversements, sa poésie a semblé disparaître laissant la place à une grande incohérence.

Ce texte est trop court pour se faire une idée du talent de Daniel Leblanc-Poirier. Je suivrai donc son parcours en espérant qu'il écrive un plus long roman un jour. J'aime bien quand on s'attarde un peu...

Le cinquième corridor - Daniel Leblanc-Poirier
Éditions Perce-neige 2015
109 pages

jeudi 19 mars 2015

Mommy... un peu en retard !

J'ai vu tous les films de Xavier Dolan au cinéma depuis Les amours imaginaires. Je suis une inconditionnelle de Dolan. Encore dernièrement, lors d'une soirée en famille, je l'ai défendu dans un grand débat ! C'était un intéressant débat puisque les arguments étaient de valeur de part et d'autre. J'aime aussi beaucoup les muses de Dolan et ça aide à apprécier les oeuvres. Anne Dorval et Suzanne Clément sont deux de mes actrices québécoises préférées. 

Alors, si j'ai vu Mommy au cinéma en septembre dernier, pourquoi est-ce que j'en parle seulement maintenant ? Parce que les mots ne me venaient pas sur le coup et que je ne voulais pas les forcer. Ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé par contre. Loin de là ! J'ai revu le film dernièrement et j'ai été aussi secouée par ce drame. Le jeu d'acteur du principal trio est impressionnant. On n'a pas fini de voir le jeune Antoine Olivier Pilon au grand écran ! Je l'avais remarqué dans la télé-série Mémoires vives mais le rôle de Clovis était loin d'être aussi exigeant que celui de Steve dans Mommy. Les personnages sont atypiques, intenses et intéressants. Cela donne des scènes très différentes les unes des autres. Elles sont parfois belles et émouvantes et, ensuite, très violentes. Dolan sait jouer avec les émotions et c'est pourquoi il excelle comme réalisateur. Ça ne s'apprend pas ça.

Je n'ai qu'un seule petite réserve: j'ai trouvé le tout un peu trop criard. Le fils et sa mère ne semblent pas pouvoir se comprendre autrement qu'en hurlant. Par chance, il y a Kyla, interprétée par Suzanne Clément, qui a perdu la faculté de parler normalement et qui apporte un peu de calme dans ce boucan ! 

mercredi 11 mars 2015

Abélard (T.1 La danse des petits papiers) - Dillies & Hautière

Résumé :

Pour séduire la jolie Épilie, Abélard ne voit qu'une solution: lui décrocher la lune ! Direction l'Amérique, le pays qui a inventé les machines volantes. Armé de son banjo et de son chapeau à proverbes, il se lance sur les routes de campagne, rencontre des Tsiganes, puis Gaston, un ours grincheux avec qui il va partager un bon bout de chemin... 

Avec ce road-movie animalier où l'absurde fait la part belle à la poésie, Régis Hautière et Renaud Dillies nous offre un petit bijou.


Après la rencontre de l'autre canard de Dillies, Rice de Betty Blues, j'ai enfin fait la connaissance du petit Abélard. J'avais chez moi la suite mais j'ai volontairement pris une pause après ce premier tome. J'avais envie de faire durer un peu le plaisir !

Abélard est un très naïf et tout mignon petit canard. Il vit depuis toujours dans son paisible marais. Chaque jour de sa vie, il côtoie les mêmes personnes, les autres habitants du marais. Musicien à ses heures, il possède aussi un chapeau magique qui lui transmet quotidiennement de très beaux messages. Ces messages, comme les interrogations d'Abélard, nous incitent à ralentir la lecture pour réfléchir. On joue avec les mots, les proverbes et les métaphores imagées pour nous proposer des pistes de réflexion sur nos relations interpersonnelles, la tolérance, la liberté, l'amour, le bonheur. Les dessins sont tout aussi poétiques que l'écriture.

Lorsque des citadins viennent en vacances de l'autre côté de son marais, Abélard est intrigué. Et quand une jeune femme au nom d'Épilie lui adresse la parole, il tombe en amour. C'est pour elle qu'il décidera de partir avec son minuscule baluchon sur le dos. Malheureusement, les gens, à l'extérieur de son marais, n'ont pas sa bonté et son innocence. Mais, si nous nous fions à la citation "On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va", notre petit canard musicien ira loin malgré tout. Mon voyage avec lui sur la route n'est donc pas terminé et j'en suis particulièrement heureuse !

Abélard (T.1 La danse des petits papiers) - Dillies & Hautière
Éditions Dargaud 2011
64 pages

dimanche 8 mars 2015

La déesse des mouches à feu - Geneviève Pettersen

Quatrième de couverture :

La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant.

La dédicace du début donne tout de suite le ton de ce roman "Aux petites crisses. Et à Anne-Marie, en particulier". Il n'en faut pas plus pour comprendre que nous aurons affaire à des petites crisses, des vraies, et que nous en verrons de toutes les couleurs !

Avec ce roman, j'ai redécouvert les adolescents dans toute leur splendeur. Pas ceux que je côtoie maintenant chaque jour mais plutôt ceux des années 1990. Catherine, le personnage principal, aurait quelques années de plus que moi si elle existait vraiment mais plusieurs de nos références culturelles étaient les mêmes. Les skateux avaient aussi leur espadrilles Airwalk dans mon temps. Nous écoutions Green Day dans nos discman et regardions Madame Doubtfire à la télévision sauf que nous n'avions pas de difficulté à suivre le film. Nous n'étions pas buzzés comme Catherine ! Celle-là, elle veut vivre à cent mille à l'heure et ne refuse aucune nouvelle expérience. Elle n'a pas la langue dans sa poche non plus. Parfois, la petite rebelle de Chicoutimi se montre étonnamment sensible, parfois totalement égoïste et détestable ! On bascule inévitablement dans le trash avec elle. 

L'écriture est très orale. Les dialogues sonnent justes. Les expressions saguenéennes fusent de partout. Mais certaines expressions devaient être universelles pour les jeunes de toutes les régions car j'en ai retrouvé qu'on utilisait aussi. Je les avais oublié mais j'ai ri lorsque j'ai lu "je me suis trouvée quotiente", "un petit cul racing" ou encore "les coches" (raccourci pour "les cochons" qui sont en réalité des policiers). Des expressions qui ont de la classe en somme... 

Avec la langue colorée, le thème de l'adolescence bien exploité et le dépaysement rural, La déesse des mouches à feu est un des bons romans québécois que j'ai lu dans les dernières années.

La déesse des mouches à feu - Geneviève Pettersen
Éditions Le Quartanier 2014
208 pages



mercredi 4 mars 2015

Un océan d'amour - Lupano & Panaccione

Résumé :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Depuis quelques semaines, on pourrait croire que je me suis imposée une thématique Mer ou Bretagne pour la BD de la semaine avec Les petites maréesTout seul et maintenant avec Un océan d'amour. Pourtant, ce n'est qu'un pur hasard. Ou peut-être que cette destination m'attire vraiment, même inconsciemment...

Un océan d'amour est atypique puisqu'elle est complètement muette. Il n'y a aucun dialogue, aucun mot hormis les noms des bateaux sur les coques et pourtant, c'est tout à fait compréhensible. Les visages des personnages sont très expressifs et les dessins sont précis. On dit bien qu'une image vaut mille mots après tout, non ?

Malgré l'absence de texte, le scénario de Lupano est très riche en rebondissements et le découpage est ultra dynamique. Aucun des personnages principaux n'a de répit dans cette histoire et le lecteur non plus ! Les situations sont parfois tirées par les cheveux pour le plus grand plaisir du lecteur. Le petit marin frêle et sa femme rondelette feront tout pour se retrouver malgré qu'ils n'aient pas beaucoup de contrôle sur les événements. Ils forment un couple que l'on pourrait qualifier de mal assorti mais on ne doute jamais sur leur amour l'un pour l'autre. En plus des aventures cocasses, ce petit côté tendre m'a plu.

Par le biais de cette histoire, on dénonce aussi des problèmes environnementaux. Nous n'avons qu'à penser à l'énorme chalutier du début qui ne semble pas se soucier des quotas de pêche ou, encore, au cargo avec ses fuites de pétrole. Il y a aussi la mouette qui arrive prisonnière d'anneaux de plastique qui sert pour les emballages de canettes et, plus tard, la "mer de déchets" à laquelle se heurte le bateau du petit marin. Le dessin s'étend alors sur deux pages ce qui donne de l'ampleur à cette horrible masse.

Cette jolie BD est intelligente, drôle et remplie de tendresse. Que pourrait-on vouloir de plus ? À lire absolument !



Un océan d'amour - Lupano & Panaccione
Éditions Delcourt 2014
222 pages 

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Jacques.

dimanche 1 mars 2015

Bonnes vacances à ceux qui relâchent !!!

Au mois de février, j'enviais les blogueuses européennes qui disaient avoir deux semaines de vacances. C'est à notre tour maintenant d'en avoir une petite ! C'est la semaine de relâche scolaire pour les enfants et pour nous, les enseignants. Profitons-en puisque le printemps ne s'annonce pas de tout repos ! 

Je n'ai pas prévu partir très loin. Je visite ma famille à la campagne, j'en profite pour faire des sports d'hiver. Dans mes bagages, il y a quelques bandes dessinées et deux romans. J'irai probablement faire du ski aussi mais je ne m'éloignerai pas beaucoup de la blogosphère. 



Bonnes vacances !

mercredi 25 février 2015

Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Hélène est victime de harcèlement et d’intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...

Jane, le renard et moi est un récit touchant qui présente avec justesse la méchanceté que les enfants peuvent déployer l’une envers l’autre.

Au texte brûlant d’actualité de Fanny Britt s’ajoute le travail d’illustration d’Isabelle Arsenault : moderne et sensible, utilisant la couleur de façon surprenante, son dessin se révèle exceptionnel. Pour leur première incursion dans la bande dessinée, les deux auteures réalisent une oeuvre parfaite.

J'aime beaucoup ce que font en général les éditions de La Pastèque. Cette maison d'édition du Québec nous a offert, entre autres, la série Paul de Rabagliati et Valentin de Pascal Girard et Yves P. Pelletier. Jane, le renard et moi est une autre belle publication de leur catalogne.

La petite Hélène est en 5ème année du primaire et chaque jour, pour elle, est un enfer. Elle est victime d'intimidation de la part des élèves de sa classe. Timide et sans défense, elle a développé des techniques pour faire croire que les paroles blessantes ne l'atteignent pas. Elle fait tout pour éviter ses camarades. À l'heure des repas, elle se concentre sur sa nourriture pour ne pas avoir à discuter ou, encore, elle détache puis rattache ses chaussures pour éviter de faire face aux regards.

Bien entendu, elle souffre en permanence... sauf lorsqu'elle lit Jane Eyre. Lorsqu'elle est enfin heureuse et qu'elle rejoint son héroïne préférée dans son Angleterre imaginaire, les pages deviennent en couleur. Les dessins qui appartiennent à son quotidien bien réel jouent dans les tons de gris. L'apparition de couleurs est une belle trouvaille et décrit bien les émotions de la jeune fille. Dans les dessins à la mine, il y a beaucoup de textures. Ils sont vraiment jolis et sensibles tout comme le texte d'ailleurs. Cependant, parfois, je m'imaginais mal qu'une pré-adolescente de 10-11 ans puisse tenir ces propos. Je n'ai pas totalement cru à la narration car je n'ai pu oublier qu'une adulte était derrière ces lignes.

Malgré ce léger bémol, c'est un album qu'il faut découvrir pour sa sensibilité, son thème d'actualité et ses dessins crayonnés plus que magnifiques. Voyez par vous-mêmes !


Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2013
104 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Yaneck