jeudi 4 février 2016

Défi littéraire québécois 2016... en cours



Récapitulatif au fil des mois

Janvier : Roman Jeune adulte
Ma vie autour d'une tasse John Deere d'Émilie Rivard

Février : Roman d'amour

Mars : Roman écrit par une femme

Avril : Première parution

Mai : Bande dessinée

Juin : Recueil de poésie

Juillet : Album jeunesse

Août : Roman québécois au choix

Septembre : Pièce de théâtre

Octobre : Classique québécois

Novembre : Essai québécois

Décembre : Roman publié en 2016

lundi 1 février 2016

Anna, salle d'attente - Emmanuelle Cornu

Quatrième de couverture :

Anna.
Girouette.
Poule sans tête.
Piano désaccordé.
Acharnement thérapeutique.
Antichambre.
Intermède.
Purgatoire.
Plaque tournante.
Anna, salle d'attente.



Anna, salle d'attente quel drôle de titre ! Pourtant, il convient tout à fait pour l'histoire d'Anna. Cette jeune femme a vingt-sept ans, un emploi qui lui permet de bien vivre et provient d'une bonne famille. Mais, elle est seule dans la vie. Sa relation avec ses parents est boiteuse et elle n'a pas de véritables d'amis. Elle n'a pas non plus d'amoureuse. Elle est une jeune lesbienne plus ou moins assumée qui veut commencer par la fin : elle souhaite avoir un enfant avant même d'avoir connu le grand amour. Alors qu'elle fait des démarches d’insémination et d'adoption, elle rencontre Michaëlle, une femme libre, bouleversant du même coup tous ses plans.

Anna est à l'âge des choix. Elle est déchirée entre son amour pour Michaëlle et son désir d'avoir un enfant. Ses réflexions et ses interrogations sont légitimes et intéressantes mais, au fil des pages, elle devient un peu exaspérante par son incapacité à faire un véritable choix. Paradoxalement, par moments j'ai aimé sa fragilité. Le sujet de la santé mentale est abordé de manière toute simple et naturelle.

Le style d'écriture de l'auteure est unique. Les phrases sont courtes et souvent sans verbe. Ce sont des successions de mots, bien choisis, qui nous laissent beaucoup des images en tête. Les dialogues sont aussi intégrés dans le texte sans tiret, sans espace et sans guillemet. J'aime bien quand c'est différent ! Une belle découverte.

Anna, salle d'attente - Emmanuelle Cornu
Éditions Druide 2016
200 pages

jeudi 28 janvier 2016

Ma vie autour d'une tasse John Deere - Émilie Rivard

Quatrième de couverture :

La « vieille fifure » de son ami Renaud, l’inséparable de sa princesse Flavie, la victime à sauver du directeur Guilbert, le chouchou de sa mémé Poulette, le chevalier servant des filles de l’école, le confident de monsieur Ju… 

S’il avait à le faire, Étienne se décrirait plutôt comme un adolescent chanceux. Chanceux d’être si bien entouré, chanceux de pouvoir faire ses propres choix malgré les difficultés, chanceux de vivre à une époque et dans un milieu où son homosexualité n’est pas une tare, chanceux d’entrer doucement dans le monde adulte, même si, parfois, ça fait peur... 

Un roman où règnent l’amitié, l’humour, la sincérité et la vie.


Dès que j'ai vu cette couverture Chez Gab, elle m'a attirée. Son discours à propos de ce roman jeunesse était tentant aussi. Quand est venu le temps de faire mon choix pour ma lecture "jeune adulte" de janvier pour le Défi littéraire québécois 2016 du Le fil rouge, je me suis souvenue de ce titre.

Le personnage principal, Étienne, est un garçon ordinaire. Il n'a pas de pouvoirs spéciaux et ne vient pas d'une autre planète. C'est assez rare dans la littérature pour adolescent d'avoir un héros masculin et un univers réaliste. Ce qui est encore plus rare : Étienne est gai et s'assume complètement. Dès la première scène, dans le bureau du directeur de son école, nous comprenons que le sujet de son orientation sexuelle est banal pour lui. Le roman n'est pas basé sur cette information mais l'auteure effleure le sujet à quelques reprises. Nous explorons son quotidien fait de fous rires avec ses amis, de visites à la résidence de sa grand-mère, de cours plus ou moins passionnants et de party qui ne finissent pas toujours comme prévu.

C'est un roman que je conseillerais surtout aux adolescents qui ne lisent pas beaucoup; les descriptions sont très courtes, les scènes filent à vive allure et l'humour est très présent. Super positif, il fera du bien aux jeunes qui le liront !

Ma vie autour d'une tasse John Deere - Émilie Rivard
Éditions Bayard 2015
179 pages

Janvier : Un roman jeune adulte
C'était ma participation de janvier au Défi littéraire 2016 du blog Le fil rouge

mardi 26 janvier 2016

À la recherche...

J'espère que vous pourrez m'aider. Je suis à la recherche du dixième petit livre, une novella, de la série Nova de la maison d'édition Le Quartanier. Il me manque Rosemont de profil de Raymond Bock. J'aimerais l'acheter et le lire mais il semble épuisé partout. Récompense promise à la personne qui m'aidera à le trouver !


La série Nova, c'est dix petits livres publiés à l'occasion du 10ème anniversaire du Quartanier réunissant des auteurs québécois comme Samuel Archibald, Éric Plamondon et Sophie Létourneau entres autres. En avez-vous lu ? Avez-vous aimé ?

samedi 23 janvier 2016

Javotte - Simon Boulerice

Quatrième de couverture :

Ce roman, qui navigue allègrement entre l’obsession sexuelle, la réflexion existentielle, la cruauté et la recherche du bonheur, est un antépisode moderne au conte de Cendrillon. Située dans une petite ville au sud de Montréal, cette histoire révèle, à la manière d’un journal intime, les états d’âme d’une adolescente qui se trouve moche et abjecte. Javotte Tremaine souffre d’avoir à supporter une mère froide et une soeur docile qu’elle manipule à sa guise – et tout cela, bien avant que ne débarque Cendrillon dans leur vie.

Court et ciselé, chacun des chapitres arrache des sourires. Mais derrière l’humour souvent noir se cache une profonde détresse. Comme le dit si bien Simon Boulerice au sujet de son héroïne, Javotte cherche la dignité, comme une plante se tourne naturellement vers la lumière.
Ne sommes-nous pas tous des plantes ?


J'ai détesté Javotte. Javotte le personnage, pas le roman. En fait, c'est la première fois que je hais autant un personnage principal. Déjà, c'est une expérience en soi ! C'était mon premier de Simon Boulerice mais certainement pas mon dernier. J'ai aimé ce petit roman trash.

Javotte sera la demi-soeur de Cendrillon mais elle ne sait pas encore. L'auteur a mis en scène le personnage du célèbre conte avant l'arrivée de Cendrillon dans la vie de sa famille. Javotte est méchante c'est bien connu, mais dans ce roman, elle est complètement dérangée mentalement et sexuellement. Il aura fallu patienter jusqu'à la moitié du roman pour que je ressente un peu d'empathie pour elle. Sa méchanceté envers sa camarade de classe Carolanne est plus compréhensible. Elle est jalouse de sa beauté, de sa popularité et de l'attention qu'elle reçoit du beau Luc (d'ailleurs la lettre qu'elle lui écrit est carrément jouissive). Par contre, la méchanceté envers sa soeur Anastasie me semblait totalement gratuite. Je l'ai détesté pour ça.

Mais, malgré un personnage principal ignominieux, le roman se lit d'un trait. Il est très rythmé, très cru, parfois drôle, parfois malsain. À certains moments, j'ai ressenti un malaise semblable à celui que ressenti pendant la lecture du roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu. Il faut seulement savoir à quoi s'attendre. Ce n'est pas un roman à mettre entre toutes les mains.

J'ai beaucoup aimé les petites références au conte que nous connaissons. Il faut être attentif pour les remarquer, elles ont été intégrées très subtilement.

Je relirai sans doute Simon Boulerice. J'ai bien envie d'explorer sa bibliographie qui ne cesse de s'agrandir.

Javotte - Simon Boulerice
Éditions Leméac 2015
192 pages

mercredi 20 janvier 2016

Rewind - Philippe Girard

Résumé :

Vous marchez parmi la foule. Deux tueurs sont à vos trousses. Sachant que votre seule chance de leur échapper est de vous jeter dans les bras d’une inconnue en espérant qu’elle vous emmènera chez elle lorsque les balles vous auront troué la peau…

Quel choix sera le bon pour échapper à son destin ? Philippe Girard a l’art de distiller une ambiance oppressante de film noir. Par le jeu subtil des multiples retours en arrière, cette énigme trouvera son dénouement dans...sa genèse.


Rewind, ça le dit : on recule et on recommence. Le personnage principal revit toujours le même moment un peu comme dans Le jour de la marmotte à la différence que celui-ci se fait tirer dessus à chaque fois. Philippe Girard, quel bédéiste cruel pour son personnage !

Ce que j'ai préféré dans cette bande dessinée, c'est le dessin au trait gras. Il est simple au départ mais il se complexifie lorsque la folie s'empare du personnage. À un certain moment, les personnages deviennent difformes et j'ai trouvé qu'ils s'apparentaient à ceux des peintures de Picasso ! Avec ses couleurs terres, le  type de dessin s'agence parfaitement à l'ambiance de film noir un peu vieillot.

Pendant ma lecture, je me souviens avoir pensé que Philippe Girard devait avoir eu un plaisir fou en créant cette BD. Il s'est laissé aller avec les revolvers, les tueurs à gage et les courses-poursuites malmenant au passage son personnage principal. Cependant, le scénario, avec ce procédé, aurait pu être poussé beaucoup plus loin. J'aurais aussi aimé en savoir plus sur le personnage principal. Tout va beaucoup trop vite.

Je ne garderai surement pas l'histoire en mémoire longtemps mais Philippe Girard a un style différent que j'ai bien aimé pendant les vingt minutes de ma lecture. Rewind se lit tellement vite !
Rewind - Philippe Girard
Éditions Glénat 2011
136 pages 

samedi 16 janvier 2016

Le Grand Galop - Marie-Noëlle Gagnon

Quatrième de couverture :

Elle avait rêvé d’une carrière de funambule, d’une maison avec des sapins et des balançoires, d’une fille qu’elle appellerait Anne. D’un amour qui durerait toujours. Que faire lorsque de ses rêves il ne reste que des retailles sinon les plier et les ranger dans un tiroir fleurant bon la lavande? C’est qu’elle ne sait pas vivre sans laisser son imagination la précéder, et c’est ainsi qu’elle avance et recule, accompagnée de son vautour, de sa mère toute d’ombre et de lumière, de ses souvenirs qu’elle revisite grâce à un passage secret dans sa garde-robe…

Porté par une écriture poétique, ce roman à la forme audacieuse explore les éblouissements et les fracas d’une jeune femme qui refuse la banalité et pourchasse l’extraordinaire.


Pendant plus d'une semaine, Le Grand Galop a été mon livre de chevet, celui que je lisais juste avant de dormir. Je me réserve toujours les plus beaux pour ce moment. Je l'ai lu une dizaine de pages à la fois en prenant bien mon temps. L'écriture de Marie-Noëlle Gagnon est magnifique. Elle peut parler d'amour, de l'enfance, de séparation, de dépression ou de l'achat d'une maison de la même manière c'est-à-dire de façon très juste et poétique à la fois. 

La forme, elle, est déstabilisante car l'auteure offre au lecteur plus d'une version des événements. Puisque la jeune femme affirme dans la toute première ligne que "toujours, son imagination la précède", j'ai cru que les premières versions étaient imaginées et que les deuxièmes représentaient forcément la réalité. Puis, je n'en étais plus si sûre. Ébranlée, je ne distinguais plus le vrai du faux. Mais est-ce important finalement de savoir ? Il faut se laisser porter par l'écriture et apprécier tout simplement.

La Grand Galop est un de ces livres qu'il faut absolument posséder puisque vous n'aurez qu'une envie : surligner. Il y aurait des milliers de citations à relever dans ce texte. Voici deux passages que j'aimais particulièrement.

"Je quitterai la maison de ma mère et je laisserai derrière tous ces cahiers dans lesquels j'ai couché des rêves qui ne sont pas arrivés et j'irai ailleurs en rêver des neufs. Que je n'écrirai nulle part." p. 28


"Je suis amoureuse d'un garçon de ma classe et c'est comme dans les films, je le regarde et j'ai le souffle coupé et le coeur qui bat très vite et les jambes en coton, mais tout de même j'attrape presque toujours le ballon au ballon-chasseur, il ne faut pas charrier, je déteste les filles qui se pâment et deviennent quelqu'un d'autre quand elles sont amoureuses." p. 139

Le Grand Galop - Marie-Noëlle Gagnon
Éditions Québec Amérique 2015
151 pages

mercredi 13 janvier 2016

La cabane - Stibane & Benjamin Fischer

Résumé :

Hiver 2010. Olivier et Nicolas, la trentaine, ont rendez-vous avec leur ancien ami Ben, tout juste sorti de prison après 10 ans d'incarcération. Ils ont convenu de se retrouver dans la forêt, à l'endroit même où, des années plus tôt, ils avaient érigé une cabane...

Un thriller psychologique au réalisme social digne des frères Dardenne.


La cabane est ma première BD de 2016. Dans son cas, c'est la jolie couverture enneigée qui m'a attirée. Elle me semblait toute douce avec ces pas dans la neige et ce feu. Je ne m'attendais pas à avoir affaire avec de petits magouilleurs, des gangsters et un trafic de drogue. Mais je me suis fait prendre au jeu et j'ai passé un très bon moment !

Dès les premières pages où l'ont voit un personnage être arrêté par les policiers j'ai été intriguée. Qui est ce personnage ? Qu'a-t-il fait pour se retrouvé menotté ? Le scénario est un thriller, un vrai, avec beaucoup d'action ! Puis, nous sommes transportés 10 ans plus tard alors qu'il sort de prison et que ses anciens copains l'attendent comme prévu à la cabane de leur adolescence. Le trio entend régler leurs conflits là où tout à commencé. L'histoire de La cabane nous amène à réfléchir aussi sur l'amitié. Les différentes réactions des personnages nous démontrent qu'il n'y accorde pas tous la même importance.

Bref, l'année commence bien avec ce one-shot divertissant pigé totalement au hasard !


La cabane - Stibane & Benjamin Fischer
Éditons La boîte à bulles 2015
96 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Stephie.

vendredi 8 janvier 2016

Les maisons - Fanny Britt

Quatrième de couverture :

Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappels de l’enfance, des fantômes, et la peur de vieillir dans l’amertume. Cesse-t-on un jour de désirer ce qu’on a désiré à vingt ans ?

Au confluent des Annie Dillard, Elisabeth Strout et Rachel Cusk, l’ample fresque des Maisons fouille les drames privés dans une époque d’insatisfaction et de conformisme. Derrière les portes closes sur des intérieurs encombrés par la solitude, on trouvera aussi l’amour des enfants et de l’architecture du quotidien. Tout ça se passe à Montréal.


Toutes personnes s'intéressant à la littérature québécoise a posé, à un moment ou à un autre, les yeux sur cette jolie couverture pastel cet automne. Les maisons de Fanny Britt étaient partout : dans les blogs, les revues, les journaux, etc.

De Fanny Britt, je n'avais lu que Jane, le renard et moi, une bande dessinée que j'ai bien aimée et qui résulte d'une collaboration avec la dessinatrice Isabelle Arseneault. Je ne connaissais donc pas vraiment son style d'écriture. J'ai été heureuse de constater qu'elle en a un bien à elle. Sa plume est vive, intelligente et fluide. Les pages se lisent toutes seules !

Dans Les maisons, c'est tout un portrait de femme qu'elle brosse, de l'enfance à l'âge adulte en passant par l'âge ingrat. Tessa est une femme au caractère unique : mi-heureuse, mi-amère et dotée d'un grand sens de l'humour. Elle peut raconter l'essayage d'un maillot de manière presque philosophique ! Elle peut aussi rendre intéressante une nuit d'attente en file devant le Spectrum pour avoir des billets de Pearl Jam. Cette partie sur son l'adolescence m'a particulièrement plu. Reprendre contact avec un ancien amour amènera ensuite Tessa à réfléchir à toutes les sphères de sa vie : son couple, sa vie familiale et professionnelle.  Par contre, son existence ne ressemblant en rien à la mienne et ses préoccupations étant aux antipodes des miennes, ses questionnements n'ont pas tous trouvé écho en moi. Mais ça n'enlève rien au grand talent de l'auteure.

Ce n'était pas un roman écrit pour moi, je le savais, mais je voulais découvrir l'écriture de Fanny Britt. En ce sens, je n'ai pas été déçue. Elle est superbe.

Les maisons - Fanny Britt
Éditions Le Cheval d'août 2015
232 pages

mardi 5 janvier 2016

Bondrée - Andrée A. Michaud

Quatrième de couverture :

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.


Bondrée aurait dû être un endroit de plaisir cette année encore, une bulle à l'écart du quotidien pour ces familles francophones du Québec et anglophones des États-Unis qui y possèdent une maison d'été. Bondrée, cette fois, devient une bulle de peur et de tristesse lorsque des habitants retrouvent Zaza Mulligan, une adolescente provocante, morte la jambe prise dans un piège à ours.

Nous entrons dans ce huis-clos brumeux avec deux narrateurs qui alternent. Parmi eux, il y a Andrée, une petite fille d'une douzaine d'année. Ses chapitres constituent un roman d'apprentissage à l'intérieur de ce polar. Alors que les drames surviennent, elle oscille entre l'enfance et l'âge adulte. Elle rêvait de plus de liberté cet été mais elle sera, avec la menace qui plane, encore plus surveillée qu'auparavant. Il n'y a pas d'action à toutes les pages mais je préfère les polars à l'atmosphère mystérieuse que ceux dans lesquels le sang gicle à profusion. J'aime les descriptions toutes en retenue, mon imagination se charge du reste. La psychologie des personnages est très fouillée. Leurs différentes réactions face aux drames sont intéressantes et réalistes.

Même s'il s'agit d'un polar, nous sommes forcés de ralentir le rythme pour en apprécier l'écriture. Elle est plus exigeante que celle des polars que j'ai l'habitude de lire mais elle est tellement plus belle aussi ! La présence régulière d'expressions anglophones peut surprendre au départ mais, dans un endroit comme Bondrée, à cheval sur la frontière, elle devient tout à fait naturelle.

Il y avait longtemps que je n'avais pas autant été imprégnée par l'atmosphère d'un polar. Je me sentais prise au piège dans cette forêt dense. Bondrée plaira autant aux amateurs de thrillers psychologiques qu'à ceux de romans d'apprentissage qui relèveront probablement quelques citations au passage. Andrée A. Michaud est une auteure que je relirai.

Bondrée - Andrée A. Michaud
Éditions Québec Amérique 
304 pages