samedi 24 janvier 2015

Good neighbors ou Notre-Dame de Grâce

Good neighbours (ou Notre-Dame de Grâce en V.F.) est un film sorti en 2010. Pourquoi est-ce que je l'ai regardé récemment ? Simplement pour me remémorer le personnage de Louise de Chère voisine et l'univers de Christine Brouillet. J'ai envie de lire la suite Louise est de retour ainsi que le troisième roman la mettant en scène La mort mène le bal. Il fera parti de la rentrée d'hiver 2015. Il paraîtra en février. Je veux vous prévenir, je n'ai pas particulièrement apprécié. Il me semble que l'adaptation de Chère voisine aurait pu être bien meilleure.

Un quasi huis-clos dans un immeuble d'appartements de Montréal est un bon point de départ. Le trio de voisins, personnages étranges et originaux, offrait beaucoup de possibilités. D'ailleurs, ils représentent la grande force du roman. J'ai l'impression qu'on n'a pas su saisir leurs personnalités décalées et leur humour noir. Victor qui tente d'être drôle m'a plutôt tombé sur les nerfs. Les voix m'ont aussi énormément dérangée dans la version française. Certains acteurs québécois bien connus (Micheline Lanctôt, Anne-Marie Cadieux ou encore Xavier Dolan) avaient leur véritable voix alors que celles des trois personnages principaux, des acteurs anglophones, étaient doublées. Déjà, c'est étrange. Pour ajouter à la bizarrerie, j'ai eu l'impression qu'elles étaient doublées par des français malgré les jurons bien québécois. Je vous conseille donc fortement de le voir en V.O.

Au moins, j'ai aimé retrouver la ville de Montréal comme décor (même si l'histoire originale se situait plutôt à Québec) et l'ambiance du référendum de 1995. La photographie est soignée et agréable. J'ai aussi aimé le twist final alors qu'on ne sait pas qui va se faire prendre.

Si le but était de me donner envie de replonger dans cet univers, ce n'est pas une grande réussite. J'espère m'attaquer bientôt à Louise est de retour malgré tout. 

mercredi 21 janvier 2015

Melvile (L'histoire de Samuel Beauclair) - Romain Renard

Résumé :

Après un premier roman, Samuel Beauclair s'installe à Melvile dans une maison ayant appartenu à son père, lui-même romancier. En proie à une dépression créative et amoureuse, il ne parvient plus à écrire. Il espère trouver dans les lieux de son enfance une nouvelle sérénité, loin des noirceurs du passé. A la suite d'une double rencontre, celle des frère et soeur, Rachel et David, Samuel ouvrira des portes trop longtemps restées closes. Mais c'était sans compter qu'ici, à Melvile, certains démons, certaines légendes prennent chair et corps bien plus facilement qu'ailleurs...

Je viens de terminer Melvile qui n'est rien de moins que mon premier gros coup de coeur BD de l'année 2015 ! Cette bande dessinée avait vraiment tout pour me plaire, l'histoire est prenante, les dessins sont majestueux et l'atmosphère est absolument envoûtante. Elle m'a complètement fascinée !

Samuel, l'écrivain en panne d'inspiration, ne m'est pas paru franchement sympathique au début mais il m'intriguait énormément. Fragile et prisonnier de ses démons, il s'est réfugié dans la maison de son père au bord d'un lac dans un village que j'imagine situé aux États-Unis au Canada.

L'atmosphère est sans doute l'élément le plus important de cet album. Romain Renard y a porté une grande attention et ça fonctionne merveilleusement bien. On la sent lourde de secrets, mystérieuse. Elle s'agence à la perfection à l'intensité du récit. Les jeux de lumières sont ausi superbes. Les couleurs chaudes de la canicule alternent avec des teintes foncés plus angoissantes la nuit. Certaines cases sont si belles que j'en ferais des toiles sur mes murs !

La bande dessinée, seule, est déjà complète mais nous avons droit à une application gratuite pour Ipad vraiment intéressante. Je n'avais pas une opinion favorable à ce mariage entre la lecture et les nouvelles technologies avant Melvile mais j'ai adoré mon expérience. Je l'ai lu en écoutant la bande sonore qui ne peut qu'augmenter les émotions. Avec elle, j'ai particulièrement apprécié les cases muettes qui donnaient un air de cinéma à l'ensemble. Après ma lecture, je me suis amusée comme une enfant à scanner les pages pour découvrir les croquis de Romain Renard. Il y a aussi des photos, des illustrations inédites, des vidéos et des fonds d'écran. Ceux qui s'intéressent au processus de création seront plus que comblés par ces petits ajouts. D'ailleurs, j'écris ces lignes en écoutant la chanson de l'épilogue... Magnifique !

Vous pouvez découvrir un peu l'univers de Melvile ici.


Melvile (L'histoire de Samuel Beauclair) - Romain Renard
Éditions Le Lombard 2013
128 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Noukette.

lundi 19 janvier 2015

En ce lundi matin...

la route était féerique ! Il me semble que ça amorti notre lundi matin ça. Les photos prises avec mon téléphone cellulaire ne rendent malheureusement pas justice à la beauté du décor. Bon début de semaine !



vendredi 16 janvier 2015

Notre duplex - Éléonore Létourneau

Quatrième de couverture :

Il y a trois ans, Marie et Véronique faisaient l’acquisition d’un duplex dans le quartier Rosemont. Depuis, ces deux cinéastes dans la jeune trentaine ont connu des sorts bien différents: alors que pour Marie tout déboule, son amie fait du surplace. Dans la morosité d’après-mai 2012, Véronique cherche en vain ce qui la passionne encore. Sur un coup de tête, elle part pour Paris, où elle saura, espère-t-elle, redéployer ses ailes. Roman de «désapprentissage», où s’installe au fil des pages la petite musique du suspense, Notre duplex traduit avec une infinie justesse les questionnements d’un être à la croisée des chemins.

Pour aimer un roman, je crois fermement qu'il faut le lire au bon moment. Un livre peut être génial mais je peux passer complètement à côté seulement pour une question de "timing". Notre duplex a été lu à un bon moment dans mon cas alors que peu de choses me retiennent de partir, moi aussi, un mois à Paris ou ailleurs. 

Ce petit livre m'a happé dès les premières pages comme peu réussissent à le faire. Au départ, Véronique semble s'adresser à quelqu'un qui lui est cher mais, nous n'en savons pas beaucoup plus. Nous savons que sa vie lui pèse et qu'elle est en plein questionnement. Elle choisit Paris, ville qu'elle connait déjà, pour faire une  longue introspection. C'est un personnage intéressant malgré qu'elle stagne un peu. Elle est envieuse du succès des autres et amère de ses échecs mais, malgré tout, elle espère trouver une nouvelle direction à prendre. L'écriture est imagée et fluide. J'ai apprécié les descriptions de la Ville Lumière qui semble ici plutôt pluvieuse que lumineuse.

En lisant la brève bio sur la quatrième de couverture, je me suis demandé si le récit n'était pas légèrement autobiographique. Ce n'est pas rare que les premiers romans soient inspirés de la vie des auteurs mais, si c'est bien écrit et que c'est intéressant, qu'est-ce que ça peut bien changer au fond ?

Notre duplex - Éléonore Létourneau
Les Éditions XYZ inc. 2014
148 pages

mercredi 14 janvier 2015

Rouge karma - Eddy Simon & Pierre-Henri Gomont

Résumé :

Adélaïde, une jeune française enceinte de huit mois, débarque à Calcutta. Elle veut retrouver Mathieu, le père de son futur enfant, qui ne donne plus signe de vie depuis plusieurs semaines. Dès son arrivée à l’aéroport, elle va être « prise en charge » par Imran Suresh, tout jeune chauffeur de taxi sympathique et débrouillard. Malgré une volonté sans faille, Adelaïde, arrivera-t-elle à démêler le vrai du faux dans une Inde aux mille visages, et à déjouer les plans du sinistre Sanjay Dut, officier de police puissant qui règne en maître sur les bas-fonds la mégapole indienne… Une magnifique plongée à la découverte du sous-continent indien, mystérieux, étouffant et inattendu à souhait…

Ce qui saute aux yeux dès qu'on ouvre cet album, ce sont les magnifiques dessins et les couleurs très attrayantes. C'est aussi ce qui m'a poussé à le prendre avec moi. Ça, et le voyage en Inde à petit prix qu'il me proposait!

Adelaïde débarque dans les rues animées de Calcutta par une journée chaude mais pluvieuse. Elle désire se rendre illico au poste de police pour ouvrir une enquête suite à la disparition de son conjoint et père de l'enfant qu'elle porte. N'obtenant pas l'aide escompté, elle doit se résoudre à mener elle-même l'enquête.  Elle rencontrera Imran, un jeune chauffeur de taxi indien bienveillant, qui deviendra son acolyte. Très vite, l'enquête prendra une ampleur insoupçonnée.

L'intrigue est bien menée. Le découpage favorise les nombreux rebondissements dans l'enquête. Adelaïde et Imran forme un duo de personnages intéressants. J'ai eu beaucoup de plaisir à les suivre. Cette femme perdue et dépaysée à la recherche de son conjoint m'a rappelée ce père à la recherche de son fils en Amérique du Sud du diptyque Au nom du fils.

Si le scénario est solide et haletant, j'ai surtout été séduite par le côté graphique. Le jeu des lumières est époustouflant et les nombreuses teintes sont très à propos pour illustrer un pays aussi coloré que l'Inde. Rouge Karma, ce n'est que du bon !


Rouge karma - Eddy Simon & Pierre-Henri Gomont
Éditions Sarbacane 2014
128 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Stephie

samedi 10 janvier 2015

Un livre québécois par mois

Je ne l'ai pas crié sur tous les toits mais, en 2015, j'aimerais lire plus. Ce n'est pas vraiment une résolution mais plutôt un souhait. J'oublie parfois à quel point ça me fait du bien, un peu comme j'oublie à certains moments comment je me sens après un petit jogging dehors ! C'est donc avec cet élan d'enthousiasme que je me lance un autre défi : lire un livre québécois par mois. 

Le défi a été créé par les auteurs du blog Le fil rouge. Il y a également un groupe Facebook qui porte le même nom. On y retrouve une panoplie de suggestions. J'adore! Chaque mois, un titre spécifique est proposé mais, le but étant principalement de lire québécois, nous sommes libres d'en choisir un autre. Tous les types de livres sont acceptés : les romans, les bandes dessinées, les albums, etc. Qui embarque ?

Elle participe aussi :
Karine J 

J'ajouterai vos liens si vous participez !


Récapitulatif au fil des mois

Janvier : Notre Duplex d'Éléonore Létourneau

jeudi 8 janvier 2015

Pour Charlie...

parce que ce dessin de Bansky en dit long. J'aime beaucoup cet artiste.

mercredi 7 janvier 2015

Journal 1 & 2 - Fabrice Neaud

Résumé :

Depuis 1994, Fabrice Neaud a entrepris un projet novateur et ambitieux : réaliser son journal intime en bande dessinée. Au fil de ses albums et récits complets, en utilisant la bande dessinée dans ce qu'elle a de plus riche et de plus spécifique, Fabrice Neaud renouvelle sans cesse ce média, tout au long d'une œuvre forte, dense, complexe et variée. On trouve de tout dans l'œuvre de Fabrice Neaud : beaucoup d'émotion et une vive sensibilité ; une réflexion sur notre société, ses valeurs, l'exclusion et la tolérance ; des références picturales, mythologiques, sociologiques, musicales, littéraires et philosophiques ; des réflexions sur l'art et l'amour ; des trouvailles formelles innovantes ; une touche d'humour ; des dessins superbes...

Le Journal de Fabrice Neaud, c'était à la base une série de quatre albums. J'ai lu ce gros album qui regroupe les deux premiers, c'est pourquoi il s'intitule Journal 1 suivi de Journal 2.

Journal est un véritable journal intime écrit et dessiné par Fabrice Neaud. Il a été un des premiers, dans les années 1990, à faire de l'autobiographie en BD. Aujourd'hui, ce procédé est courant et a certainement perdu un peu de son originalité. Par contre, il est très bien fait. J'ai particulièrement aimé le côté graphique. Les dessins sont magnifiques et inventifs. Parfois, les visages sont brouillés pour mieux exprimer une émotion, ou encore, nous avons droit à des métaphores illustrées. L'auteur est très créatif malgré le réalisme de ses dessins.


L'auteur s'attarde principalement sur ses relations amoureuses dans son journal. Il aborde en surface quelques autres sujets comme son boulot d'artiste-dessinateur-publicitaire mais mise tout de même plus sur ses rencontres. Il en fait d'étranges au parc avec d'autres hommes homosexuels. L'une d'elle, avec Stéphane, viendra chambouler toute sa vie.

J'ai eu quelques pensées pour Fun Home d'Alison Bechdel pendant ma lecture. Les deux oeuvres sont semblables dans leur façon d'aller au fond des choses que ce soit les liens familiaux pour l'une et les relations amoureuses pour l'autre. Elles sont également bavardes toutes les deux avec un texte très riche.

Ce Journal a de belles qualités mais, malgré quelques moments forts, je suis demeurée assez extérieure au récit. Je n'ai pas encore décidé si j'allais poursuivre avec les deux derniers tomes.
Journal 1 & 2 - Fabrice Neaud
Éditions Ego comme X 2011
184 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Yaneck .

lundi 5 janvier 2015

Sauf quand on les aime - Frédérique Martin

Quatrième de couverture :

Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans, et la vie les a déjà malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L'arrivée de l'indomptable Tisha et les tourments enflammés de monsieur Bréhel vont tout bousculer. 

De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent à tout prix de préserver leur tendresse et leur solidarité.Jusqu'au jour où la violence leur impose la mesure du réel.

Sauf quand on les aime ébauche le portrait d'une jeunesse silencieuse qui peine à se mettre au monde. Une jeunesse meurtrie en quête de liberté et d'avenir, confrontée au défi d'aimer.

Dans certains domaines, je suis totalement influençable et la lecture est un de ces domaines. Quand plusieurs lecteurs disent du bien d'un même livre, je suis forcément curieuse. J'ai envie de voir si je ferai partie du lot ou si, au contraire, je serai le mouton noir qui n'adhère pas. Frédérique Martin m'était tout à fait inconnue mais j'ai été conquise dès les premières pages. J'ai découvert une écriture qui me plait vraiment.

Claire, Juliette, Kader et Tisha sont jeunes et ils peinent à trouver leur route. Ils peinent à vivre parfois. Ses écorchés de la vie, on dirait qu'on les connait bien, qu'ils pourraient être nos amis. On les aime malgré leur travers et malgré leurs déprimes. Leur situation est précaire mais ils se rassemblent dans une colocation parce que, face au quotidien, l'union fait la force. C'est beau d'être témoin d'autant de solidarité. 

J'ai été touchée par leurs réflexions qui ont fait écho aux miennes dans ma tête. Ils ont quelques années de moins que moi mais leurs questionnements ne me sont pas étrangers. Ils ont tous envie de plus dans la vie. Mais plus de quoi ? 

Ce roman parle d'amitié mais il parle aussi d'amour, d'amour non réciproque surtout. Malgré qu'elle soit plus souvent sombre que lumineuse, cette histoire nous rappelle qu'on peut trouver le bonheur dans de petites choses et qu'il a y toujours quelque chose de beau autour de nous.

Il n'y a que certains passages lors des dialogues qui étaient incompréhensibles pour la québécoise que je suis. Les expressions très françaises fusaient de tous les côtés jusqu'à m'y perdre un peu. Sinon, tout m'a plu dans ce roman, l'écriture, les personnages, les émotions et les réflexions qui s'imposent à nous. N'est-ce pas merveilleux de commencer l'année avec un coup de coeur ?

Sauf quand on les aime - Frédérique Martin
Éditions Belfond 2014
224 pages

samedi 3 janvier 2015

L'adaptation de Wild

Je rédige ce billet à chaud. Je viens de rentrer chez moi après le visionnement de Wild au cinéma. J'avais de très hautes attentes, le livre Wild ayant été un vrai coup de coeur. Jean-Marc Vallée, Reese Witherspoon et les autres ne le savaient peut-être pas mais ils en avaient de la pression ! Au final, le pari est relevé, le film est aussi beau et touchant que les écrits de Cheryl Strayed.

Jean-Marc Vallée m'a déjà conquise plus d'une fois. C.R.A.Z.Y et Dallas Buyers Club figureraient certainement sur la liste de mes meilleurs films toutes catégories confondues si jamais elle existait. Encore une fois, je suis ébahie. La mise en scène est remarquable. C'était un défi de rendre un périple solitaire aussi intéressant. L'histoire est déjà touchante mais on a su bien retransmettre les émotions par les images. Reese Witherspoon était parfaite dans son rôle. Et que dire de tous ces magnifiques paysages ?

La chronologie n'est pas exactement la même que dans le livre mais ça ne m'a pas du tout gênée. Aussi, certains passages ont été écourtés ou complètement effacés mais tout tient la route. J'ai seulement trouvé drôle, par exemple, de voir Cheryl marcher avec son t-shirt de Bob Marley alors qu'on n'a pas vu le moment où elle le recevait. Seuls les "vrais" auront remarqué ces menus détails !

C'est un superbe film, et surtout, n'y voyez pas un Into the wild (vraiment excellent aussi) version féminine. Il y a beaucoup de différences en commençant par les motivations du personnage principal. L'un veut à tout prix se faire oublier de la société de consommation et la fuir alors que l'autre veut faire la paix avec son passé et espère une renaissance à la fin de son périple.