mercredi 4 mars 2015

Un océan d'amour - Lupano & Panaccione

Résumé :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Depuis quelques semaines, on pourrait croire que je me suis imposée une thématique Mer ou Bretagne pour la BD de la semaine avec Les petites maréesTout seul et maintenant avec Un océan d'amour. Pourtant, ce n'est qu'un pur hasard. Ou peut-être que cette destination m'attire vraiment, même inconsciemment...

Un océan d'amour est atypique puisqu'elle est complètement muette. Il n'y a aucun dialogue, aucun mot hormis les noms des bateaux sur les coques et pourtant, c'est tout à fait compréhensible. Les visages des personnages sont très expressifs et les dessins sont précis. On dit bien qu'une image vaut mille mots après tout, non ?

Malgré l'absence de texte, le scénario de Lupano est très riche en rebondissements et le découpage est ultra dynamique. Aucun des personnages principaux n'a de répit dans cette histoire et le lecteur non plus ! Les situations sont parfois tirées par les cheveux pour le plus grand plaisir du lecteur. Le petit marin frêle et sa femme rondelette feront tout pour se retrouver malgré qu'ils n'aient pas beaucoup de contrôle sur les événements. Ils forment un couple que l'on pourrait qualifier de mal assorti mais on ne doute jamais sur leur amour l'un pour l'autre. En plus des aventures cocasses, ce petit côté tendre m'a plu.

Par le biais de cette histoire, on dénonce aussi des problèmes environnementaux. Nous n'avons qu'à penser à l'énorme chalutier du début qui ne semble pas se soucier des quotas de pêche ou, encore, au cargo avec ses fuites de pétrole. Il y a aussi la mouette qui arrive prisonnière d'anneaux de plastique qui sert pour les emballages de canettes et, plus tard, la "mer de déchets" à laquelle se heurte le bateau du petit marin. Le dessin s'étend alors sur deux pages ce qui donne de l'ampleur à cette horrible masse.

Cette jolie BD est intelligente, drôle et remplie de tendresse. Que pourrait-on vouloir de plus ? À lire absolument !



Un océan d'amour - Lupano & Panaccione
Éditions Delcourt 2014
222 pages 

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Jacques.

dimanche 1 mars 2015

Bonnes vacances à ceux qui relâchent !!!

Au mois de février, j'enviais les blogueuses européennes qui disaient avoir deux semaines de vacances. C'est à notre tour maintenant d'en avoir une petite ! C'est la semaine de relâche scolaire pour les enfants et pour nous, les enseignants. Profitons-en puisque le printemps ne s'annonce pas de tout repos ! 

Je n'ai pas prévu partir très loin. Je visite ma famille à la campagne, j'en profite pour faire des sports d'hiver. Dans mes bagages, il y a quelques bandes dessinées et deux romans. J'irai probablement faire du ski aussi mais je ne m'éloignerai pas beaucoup de la blogosphère. 



Bonnes vacances !

mercredi 25 février 2015

Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Hélène est victime de harcèlement et d’intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...

Jane, le renard et moi est un récit touchant qui présente avec justesse la méchanceté que les enfants peuvent déployer l’une envers l’autre.

Au texte brûlant d’actualité de Fanny Britt s’ajoute le travail d’illustration d’Isabelle Arsenault : moderne et sensible, utilisant la couleur de façon surprenante, son dessin se révèle exceptionnel. Pour leur première incursion dans la bande dessinée, les deux auteures réalisent une oeuvre parfaite.

J'aime beaucoup ce que font en général les éditions de La Pastèque. Cette maison d'édition du Québec nous a offert, entre autres, la série Paul de Rabagliati et Valentin de Pascal Girard et Yves P. Pelletier. Jane, le renard et moi est une autre belle publication de leur catalogne.

La petite Hélène est en 5ème année du primaire et chaque jour, pour elle, est un enfer. Elle est victime d'intimidation de la part des élèves de sa classe. Timide et sans défense, elle a développé des techniques pour faire croire que les paroles blessantes ne l'atteignent pas. Elle fait tout pour éviter ses camarades. À l'heure des repas, elle se concentre sur sa nourriture pour ne pas avoir à discuter ou, encore, elle détache puis rattache ses chaussures pour éviter de faire face aux regards.

Bien entendu, elle souffre en permanence... sauf lorsqu'elle lit Jane Eyre. Lorsqu'elle est enfin heureuse et qu'elle rejoint son héroïne préférée dans son Angleterre imaginaire, les pages deviennent en couleur. Les dessins qui appartiennent à son quotidien bien réel jouent dans les tons de gris. L'apparition de couleurs est une belle trouvaille et décrit bien les émotions de la jeune fille. Dans les dessins à la mine, il y a beaucoup de textures. Ils sont vraiment jolis et sensibles tout comme le texte d'ailleurs. Cependant, parfois, je m'imaginais mal qu'une pré-adolescente de 10-11 ans puisse tenir ces propos. Je n'ai pas totalement cru à la narration car je n'ai pu oublier qu'une adulte était derrière ces lignes.

Malgré ce léger bémol, c'est un album qu'il faut découvrir pour sa sensibilité, son thème d'actualité et ses dessins crayonnés plus que magnifiques. Voyez par vous-mêmes !


Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2013
104 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Yaneck

dimanche 22 février 2015

Réparer les vivants - Maylis de Kerangal

Quatrième de couverture :

«Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» 

Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

Ce roman, je l'ai vu partout et, dernièrement, il figurait parmi plusieurs bilans de fin d'année. La majorité ont aimé mais d'autres pas du tout. C'est ce qui m'a décidé à le lire et d'en faire même une lecture commune avec Sandrine.

Maylis de Kerangal n'avait pas une plume totalement inconnue. Dans Réparer les vivants, j'ai retrouvé le style d'écriture original et bien personnel de Maylis de Kerangal que j'avais aussi aimé dans Corniche Kennedy. Une autre des particularités de ses romans est de ne pas avoir véritablement de personnage principal. C'est plutôt un événement ou un lieu qui est mis en avant et autour duquel plusieurs personnages gravitent. Dans Réparer les vivants, il s'agit du don d'organes suite au décès d'un jeune homme. Elle nous offre donc tous les points de vue face au drame que ce soit celui des parents de la jeune victime, du médecin qui a constaté sa mort, de sa petite copine, de l'infirmier responsable des dons d'organes, etc. C'est très intéressant et forcément émouvant aussi.

Les descriptions sont très précises qu'il s'agisse de médecine ou de surf. Pour en avoir déjà expérimenté ce sport à quelques reprises, je peux affirmer qu'elle s'y connait parfaitement. Par exemple, le moment où les jeunes surfeurs enfilent leur combinaison humide est tellement empreint de réalisme, on se croirait directement sur la plage avec eux !

Sans être trop didactique, je referme quand même le bouquin avec l'impression d'avoir appris quelque chose. Les processus et les méthodes des transplantations en France sont peut-être différents d'ici, au Québec, mais certaines choses ne peuvent pas vraiment différer. Saviez-vous qu'entre l'instant où le coeur est arrêté dans le corps du donneur et celui où il recommence à battre dans celui du receveur il se conserve pendant 4 heures ?

Réparer les vivants - Maylis de Kerangal
Éditions Gallimard 2014
281 pages

mercredi 18 février 2015

Tout seul - Chabouté

Résumé :

50 ans qu'il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l'emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port... Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d'horizon fait si peur ? Où s'évader lorsqu'on n’a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?... Des années passées sur son rocher, avec l'imagination comme seule compagne... 

Avec Tout seul, Christophe Chabouté signe un de ses albums les plus surprenants, où se côtoient onirique et quotidien et où s'enchevêtrent subtilement sensibilité, tendresse et humour...

Si j'ai lu Tout seul, c'est grâce à Cristie qui en a parlé chez elle récemment. Il y a longtemps, j'avais lu et apprécié Sorcières aussi de Chabouté mais il n'arrive même pas à la cheville de Tout seul !

Les premières pages nous offrent des goélands, des vagues et un phare. Et du silence. Dans le milieu des marins, on raconte que ce phare est la résidence d'un homme solitaire qui n'aurait jamais vu la terre ferme. Née là-bas au large, il n'aurait jamais vu le monde. Chaque semaine un rafiot avec, à bord, un capitaine et son matelot viennent lui porter des boîtes en carton pleine de victuailles. Je n'en dirai pas plus. J'ai envie de garder le mystère intact car, si j'ai autant apprécié, c'est que je ne savais presque rien à propos de l'histoire lisant en diagonale toutes les critiques.

J'ai retrouvé le dessin de Chabouté qui ne vient pas naturellement me toucher mais qui s'avère totalement en harmonie avec cette histoire. Le noir et le blanc apporte une belle sobriété mais elle n'est pas un frein à la tendresse ni à l'imagination. Et parce que le personnage est seul et que son quotidien est simple, l'auteur a pu se permettre un rythme très lent mais jamais ennuyant.

Après avoir tourné la dernière page, j'ai dû m'arrêter et prendre quelques minutes pour réfléchir. Toute seule. Dans le silence aussi. Ça m'arrive lorsque je suis complètement bouleversée. Je sais alors que je viens de refermer un coup de coeur. Je ne l'ai pas acheté ce livre et je le regrette maintenant. Du grand art !

Tout seul - Chabouté
Éditions Vents d'Ouest 2008 
376 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Stephie

vendredi 13 février 2015

Le puits - Ivan Repila

Quatrième de couverture :

Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là? 

Le Puits est un conte brutal à la fin cruelle et pleine d’espoir. Une fable sur l’amour fraternel, la survie et la vengeance, un roman «qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry, selon Zoé Valdés. Un roman indispensable, alors que beaucoup d’entre nous avions déjà annoncé la défaite de l’imagination contre la quotidienneté médiocre et étriquée.»

Il y a quelques mois que ce titre me tentait. Il fait l'objet de tout un "tapage" sur les blogs tant anglophones que francophones. Je vous le dit toute de suite, je ne comprends pas tout l’engouement autour de ce livre. Cette fable pour adulte, conte philosophique ou peu importe, ne m'a pas plu du tout. 

Ça fait réfléchir, j'en conviens, mais est-ce plaisant à lire ? Pour moi, non. C'est malsain, dégueulasse par moment et dérangeant. Lire à toutes les pages ou presque que les deux jeunes frères mangent des asticots, des mouches et sucent des racines pour survivre, c'est redondant et franchement horrible ! Sur la quatrième de couverture, on l'a comparé au Petit prince de St-Exupéry mais je ne suis vraiment pas d'accord. Le conte de St-Exupéry est effectivement philosophique mais aussi poétique et mélancolique. Dans Le puits, tout est laideur et souffrance.

Heureusement, il n'est pas long à lire avec ses 106 pages. Et la fin est déstabilisante. Ce sont les seuls éléments positifs que j'ai trouvé. Bref, je suis passée complètement à côté. À vous de voir si c'est pour vous ou non !

Le puits - Ivan Repila
Éditions Denoël 2014
106 pages

mercredi 11 février 2015

Betty Blues - Renaud Dillies

Résumé :

Rice est un canard trompettiste de jazz. Mais Rice a le blues car sa chérie Betty est partie. Alors, il a le coeur qui saigne comme dans une chanson de Billie Holiday. Une composition touchante et inattendue signée Renaud Dilliès.

La blogosphère est peuplée de fans inconditionnels de Dillies qui m'ont donné envie de découvrir son oeuvre. J'aurais souhaité qu'Abélard soit ma porte d'entrée vers son univers mais, comme il est toujours emprunté à la bibliothèque, j'ai opté pour Betty Blues

D'abord, j'ai été charmée par le mignon personnage de Rice. On l'adopte instantanément ! Le petit trompettiste sensible et malheureux souhaite plus que tout retrouver sa Betty qui l'a quitté pour un autre. Il doit cependant se résigner, Betty ne revient pas. Il décide donc de tout quitter et de changer de vie en quelque sorte. Pour un petit canard, il est très humain !

Le scénario est bon et le découpage, intelligent. La fin m'a complètement chamboulée ! Par contre, je n'aime pas l'abondance de lignes noires dans le dessin. Je m'y suis habituée mais ça m'a dérangé au début.

Je n'ai peut-être pas eu le coup de coeur auquel je m'attendais mais cet album me donne vraiment envie de poursuivre ma découverte de l'univers de Dillies. Et je pressens beaucoup de plaisir à venir !

Betty Blues - Renaud Dillies
Éditions Paquet 2003
80 pages


dimanche 8 février 2015

Car la nuit est longue - Sophie Bérubé

Quatrième de couverture :

Christophe est à la maison, Shaya, sa fille de trois ans, dort dans sa chambre, Kaï, sa compagne, est sortie pour la soirée. Christophe entend des pas dans l'escalier. La porte s'ouvre. Il regarde Kaï et se rend vite compte que quelque chose ne va pas.

Kaï a été violée.

Commence alors une longue nuit de dévastation où Christophe se sentira tour à tour impuissant devant sa souffrance et exclu de son drame. Un peu comme Shéhérazade dans les Mille et une nuits, il tentera de la libérer de son cauchemar en faisant appel à des histoires de leur passé, jusqu'à ce que le couple soit obligé de faire face à ses propres démons.


J'avais hâte de découvrir ce roman depuis que j'avais lu le synopsis. Dès les premières pages, nous entrons dans l'intimité d'un couple alors qu'une catastrophe les a frappés. Kaï, la conjointe de Christophe, a été violée. Nous ne savons rien d'eux sinon qu'ils semblent s'aimer énormément. Je m'attendais à un concentré d'émotions et c'est ce que j'ai eu. 

Le début est un peu long et répétitif. Christophe ne sait que faire lorsque Kaï arrive dans leur appartement. De peur de blesser sa belle pianiste, il ne lui touche pas, il ne lui parle pas. Je comprenais les hésitations de Christophe face à la détresse de Kaï mais je m'ennuyais un peu jusqu'à ce qu'il se prenne pour Shéhérazade. Il commence par raconter des histoires réelles de leur passé amoureux comme leur première rencontre. Il dévie ensuite doucement de la réalité au gré de son imagination. C'est le moyen qu'il a choisi pour se rapprocher de Kaï et lui apporter un peu de réconfort. À travers ce personnage, l'auteure dévoile tout son talent de raconteuse.

J'ai apprécié qu'on n'aborde pas le viol de façon franche. L'intérêt du roman n'est pas là de toute manière et ça n'aurait servi à rien d'ajouter de la brutalité. Le mot "viol" est déjà bien assez effrayant et il met tout de suite en contexte.

Car la nuit est longue est un beau roman sensible sur un thème de saison en ce mois de février : l'amour. Mais oubliez les fleurs, les chocolats et tout le fla-fla. Ici, nous avons affaire à l'amour avec un grand A.

Car la nuit est longue - Sophie Bérubé
Éditions David 2015
136 pages

mercredi 4 février 2015

Le serpent d'eau - Tony Sandoval

Résumé :

"Suis-moi ! Maintenant on est des animaux ! Moi je suis un renard et toi un serpent d'eau avec un masque de lapin !"

Alors qu’elle nage au détour d’une rivière, Mila rencontre Agnès. Entre ces deux filles solitaires va naître une amitié profonde, fraternelle, presque physique. D’histoires en escapades, de bosquets en ravins, Mila la brune et Agnès la blonde nous emmènent hors du temps, dans un espace où les règles s’abolissent, un terrain de jeu libre et ouvert.

J'aime quand l'art, quel que soit le médium, fait naître en moi tout un mélange d'émotions indescriptibles. J'aime être complètement bluffée et sans mot. C'est ce qui s'est produit avec Le serpent d'eau de Tony Sandoval. Mais, quand vient le temps d'écrire un billet ici, c'est une autre paire de manches ! 

Avant même de lire une page, le dessin m'avait déjà séduite. Pendant la lecture, j'ai aussi passé un temps fou à le regarder. Je ne saurais dire pourquoi mais ces grosses têtes rondes et ces couleurs douces ont provoqué sur moi un magnétisme incroyable. Par contre, ne vous fiez pas aux couleurs. L'histoire n'est pas douce. Par moments, elle est même plutôt effrayante ! Sandoval trimballe le lecteur et ses deux héroïnes entre la réalité et les mondes des rêves (ou des cauchemars). C'est étrange, onirique, merveilleux.

Le début peut être confus mais il suffit d'être patient et d'admirer le travail graphique jusqu'à la rencontre du jeune frère d'Agnès. Après, tout est plus clair. Ce que nous ne pouvons comprendre, il faudra l’interpréter à notre manière. Une deuxième lecture sera aussi agréable, j'en suis certaine.

Ceux qui me connaissent bien ne comprendront rien à rien car ce genre de fantastique n'est absolument pas ma tasse de thé. J'y suis habituellement insensible mais, avec Sandoval, la magie a opérée !


Le serpent d'eau - Tony Sandoval
Éditions Paquet 2014
138 pages

samedi 31 janvier 2015

Louise est de retour - Chrystine Brouillet

Quatrième de couverture :

Louise, meurtrière sans scrupules de Chère voisine, coule des jours heureux à Montréal avec ses chats. L'annonce de la vente de l'immeuble où elle habite fait voler en éclats cette belle sérénité. Pas question pour Louise de quitter son nid douillet!

Une première victime, le malheureux propriétaire, s'incline devant sa détermination. Les conséquences de ce meurtre ne sont malheureusement pas celles escomptées. Louise devra jouer de finesse afin de se procurer l'argent nécessaire pour écarter la menace. Parviendra-t-elle à échapper aux policiers qui rôdent ? Mieux vaut ne pas réveiller une serial killer qui ronronne…

Si vous ne connaissez pas Louise, je vous conseille fortement de débuter par Chère voisine de Christine Brouillet. Si vous avez déjà fait la connaissance de ce personnage complètement atypique, poursuivez avec celui-ci ! Le premier roman m'avait vraiment plu, les attentes étaient donc hautes pour cette suite écrite 30 ans plus tard ! 

Il est rare d'avoir le point de vue d'une personne complètement dérangée dans un roman et, encore pire, d'une tueuse en série ! Nous sommes plutôt habitués à tenter de les démasquer. Ici, puisque nous connaissons d'emblée la coupable, le suspense est très différent. On se prend à espérer, malgré ses gestes impardonnables, qu'elle ne se fasse pas prendre. Et pourtant, ce n'est pas un personnage attachant avec son caractère froid.  C'est très bizarre ! 

Ce qui est certain c'est qu'on ne s’ennuie pas avec ce roman ! Un fois l'introduction terminée, il n'y a pas de temps mort. Louise a toujours un plan, un "projet" sur le feu. Certains aspects m'ont paru un peu moins crédibles que dans Chère voisine mais j'ai eu autant de plaisir à le lire. Les nombreux dialogues sonnent vrais et donnent du rythme. L'humour noir, quant à lui, ajoute juste ce qu'il faut de folie.

Je lirai la suite qui sortira en février même si j'ai du mal à croire que la tueuse en série puisque continuer son petit manège longtemps sans que cela ne devienne trop farfelu !

Louise est de retour - Chrystine Brouillet
Les Éditions de l'Homme 2014
224 pages

Un livre ? Plutôt 2 pour le mois de janvier, c'est encore mieux !