mercredi 12 mars 2014

Essex County - Jeff Lemire

Résumé :

Lester Papineau, un garçon d’une dizaine d’années vit chez son oncle fermier depuis la mort de sa maman. Il s’ennuie ferme, dessine des histoires naïves de super héros. Son seul ami est Jimmy Lebeuf, un épicier un peu simplet. Mais pourtant, on veut les empêcher de se voir.

Vince et Lou Lebeuf sont les vedettes de l’équipe de hockey. Liés comme les dix doigts de la main, tout semble leur réussir, jusqu’au jour ou une aventure amoureuse les sépare. La vie de Vince ne devient plus que remords et ce n’est que vieillards qu’ils se retrouveront. Mais rien ne saura les réconcilier.

Infirmière à domicile, Anne Byrne côtoie les protagonistes de ces histoires. Elle finira par découvrir les secrets de famille qui les entourent, réveillant des plaies béantes mal cicatrisées.

Essex County recueille les trois tomes de la série, ainsi que deux histoires courtes. Rarement le terme roman graphique n’aura été si bien employé.

Je n'avais jamais rien lu de Jeff Lemire qui n'est pourtant pas un inconnu dans le monde de la BD et des romans graphiques. Il semble être plus connu du côté anglophone par contre. Essex County m'a attiré parce qu'il se déroule au Canada et parce que le hockey, un sport que j'aime beaucoup, est très présent aussi. Nous n'avons qu'à feuilleter le livre pour nous en rendre compte. Une grosse BD de près de 500 pages avec du hockey, c'était bien assez pour que je l'emprunte et ce, même si les personnages sont des fans de Maple Leafs de Toronto ! Bouh ! Les fans des Habs me comprendront !

J'ai été touchée par certains de ces hommes mais je suis restée indifférente à d'autres. Je dis bien "des hommes" car les femmes, quasi inexistantes, sont ici reléguées au second plan. Mon intérêt a été inégal tout au long de ma lecture. Chaque chapitre est dédié à un personnage en particulier mais les histoires finissent toutes par s'entrecouper. J'ai bien aimé cette particularité du scénario. Les histoires des membres de la famille se déroulent sur plusieurs années autant à la ville qu'à la campagne. Le contraste est d'ailleurs très intéressant lorsqu'un personnage conduit un tramway à Toronto et que son frère, au même moment, conduit son traducteur dans un vaste champ. On y retrouve de jolies métaphores comme lorsqu'un personnage affirme que la ville l'a "pris dans ses filets" et que l'image représente ces dizaines de fils électrique qui alimentent son tramway. Le hockey est aussi un  agréable un fil conducteur entre les différentes époques pour une adepte. Le tout est toujours raconté avec justesse, humanité et nostalgie.

J'ai passé un agréable moment avec les habitants du Comté d'Essex. Je dois dire cependant que j'ai lu des bandes dessinées qui m'ont passionnée davantage dernièrement et que ça me rend très trop difficile. Essex County est une excellente pioche quand même ! La qualité de cet album est indéniable et je lirai fort probablement d'autres livre de Jeff Lemire.



*Je n'ai pas trouvé de planches avec des dialogues en français mais la traduction existe bel et bien ! Je l'ai lu entièrement en français.

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dimanche 9 mars 2014

La vie d'Adèle

Il y a trois ans, je découvrais les bandes dessinées depuis peu. J'avais mis la main sur Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. J'avais eu un énorme coup de coeur comme beaucoup sur les blogs J'ai été très surprise d'apprendre qu'on en ferait une adaptation cinématographique premièrement parce que les BD sont rarement adaptées et, deuxièmement, parce que l'histoire peut sembler destinée à un public précis et limité. J'ai donc été encore plus surprise d'apprendre l'année dernière que le film remportait la Palme d'or au Festival de Cannes 2013. 

J'avais hâte de voir la vie de Clémentine (ou Adèle) sous un autre angle. Le début du film est très fidèle au livre mais il s'en éloigne plus les minutes (ou les heures) avancent. J'ai apprécié qu'on y change quelques éléments de façon à permettre à ceux qui ont lu la bande dessinée de vivre de nouvelles émotions et d'être surpris à nouveau. 

Emma du film ne ressemble pas à Emma du livre mais sa partenaire se rapproche beaucoup de Clémentine je trouve. Ce qui est certain c'est que les deux actrices jouent très bien. On croit à leur complicité sauf pendant les scènes de sexualité que j'ai trouvées trop froides et trop longues. Je n'ai pas trouvé l'utilité de si longues scènes. On a vraiment le goût d'appuyer sur "forward" et c'est dommage. Heureusement, il y a bien autre chose dans ce film. Les réflexions sur la vie de couple sont incontournables de même que celles sur la vie en général et ce qu'on en fait. Les milieux familiaux des personnages principaux sont très différents. Alors que les parents libéraux de l'une trouve qu'être institutrice n'est qu'un métier et non une passion, les autres, très pragmatiques, s'inquiètent pour l'artiste et lui demandent si son "mari" pourra assurer les revenus du foyer avec un emploi plus conventionnel. Emma, dans le même état d'esprit que sa famille et ses amis, insiste même pour que sa jeune compagne trouve une passion artistique afin de se réaliser. Elle ne peut concevoir qu'on puisse être heureux sans ça.

J'ai particulièrement aimé la présence du bleu dans le film qui est un rappel de la bande dessinée. Le bleu représente le désir et on le retrouve à plusieurs moments révélateurs. Mis à part sur les cheveux d'Emma, j'ai remarqué sa présence sur les ongles de l'amie d'Adèle qui l'embrasse dans les escaliers de l'école, sur les toiles peintes par Emma ou, encore, sur la robe d'Adèle dans la scène finale. 

Bref, je pourrais continuer à déblatérer sur ce film longtemps puisqu'il est vraiment consistant. Il ne dure pas trois heures pour rien ! Mais je préfère vous laisser faire votre propre idée.

mercredi 12 février 2014

Cinq mille kilomètres par seconde - Manuele Fior

Résumé :

L’histoire d’amour entre Piero et Lucia, que l’on retrouve à différents moments de leur vie dans Cinq mille kilomètres par seconde, se présente comme le portrait d’une certaine génération ! : celle qui, instable et sans repère, se trouve aujourd’hui dans la trentaine. Séduite par des milliers de modèles de vie possibles, elle ne sait en trouver un qui lui convienne. En le cherchant, elle s’aventure dans le monde, emprunte de nouveaux chemins, et s’égare. L’amour, idéalisé par l’éloignement, trompé par l’illusion de moyens de communication de plus en plus rapides, se transforme, s’épuise, et révèle alors la cruauté de son visage.

Sous des auspices intimistes, Cinq mille kilomètres par seconde est un ouvrage ambitieux qui nous promène dans le monde et dans le temps. Cette fresque introspective est illuminée par les aquarelles à couper le souffle d’un Manuele Fior qui atteint ici une maturité graphique impressionnante.

Sachant que cet album a gagné le prix du Fauve d'or en 2011, je m'attendais à quelque chose de bien, de vraiment bien même ! Les albums récompensés au Festival d'Angoulême me plaisent habituellement mais ça n'a pas été le cas cette fois. 

J'avais choisi Cinq mille kilomètres par seconde pour lire une belle histoire d'amour et pour la commenter pour la St-Valentin mais je ne me suis pas attachée au deux protagonistes. C'était donc difficile d'être intéressée à leur histoire. Je suis restée totalement hermétique à leurs destins.

Les aquarelles, bien qu'elles aient du style, n'ont pas réussi à sauver le tout. J'ai bien aimé le jeu des couleurs. Selon les endroits où ils se trouvent, les couleurs changent. Les couleurs jaunes et vert lime dominent en Italie alors que le bleu et le violet sont utilisés pour représenter les décors de la Norvège. En Égypte, nous avons droit à des couleurs très chaudes : orange, brun et quelques touches de rouges. Par contre, les visages des personnages ne m'ont pas plu. Ils m'étaient complètement antipathiques.

Bref, c'est une lecture qui ne laissera pas beaucoup de souvenirs dans ma tête. Je vais surement hésiter avant de lire à nouveau une bande dessinée de Manuele Fior.



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samedi 1 février 2014

Joyeux Noël ! Non je ne suis pas en retard...

Tout juste après les vacances des fêtes, j'ai revu un film sorti en 2005 que je trouve absolument génial ! Je tenais à en parler sur mon blog mais c'est encore plus pertinent maintenant alors que je participe au défi "Une année en 14". 

Joyeux Noël raconte un page d'histoire qu'on ne m'a jamais enseigné à l'école mais elle a bien eu lieu. C'est la trêve de Noël de 1914 lors de la Première Guerre mondiale. En d'autres mots, les soldats anglais, allemands et français ont décidé, d'un commun accord et à l'insu de leurs généraux respectifs, de célébrer la nuit de Noël ensemble sans aucune violence. L'histoire a été romancée pour les besoin du film mais elle est inspirée de faits réels comme cette fameuse partie de football entre des différents camps.

Les héros, peu importe à quel clan ils appartiennent, sont très attachants. Ils ne sont présentés ni comme des héros ni comme des méchants mais plutôt comme de pauvres hommes qui subissent, bien malgré eux, les horreurs de la guerre. La fraternisation, dans les tranchées, en cette nuit de Noël fait vraiment plaisir à voir. 

Passez votre chemin si vous souhaitez voir un film de guerre rempli d'effets spéciaux, celui-ci est plutôt plein de bons sentiments malgré le contexte difficile. Mais si ce sont les émotions qui vous intéressent, foncez ! À voir dans le temps de Noël, ou pas !

jeudi 30 janvier 2014

Défi "Une année en 14"


J'ai repéré, chez Stephie, un défi qui souligne le centenaire qui nous sépare actuellement du début de la Première Guerre mondiale. Je principe est simple : tout au long de l'année 2014, nous devons écrire des billets à propos d'une ou plusieurs œuvres racontant ces années de guerre (mais aussi les années qui précèdent si l’oeuvre sert à montrer l’entrée dans la guerre, ou les années qui suivent si cela traite des conséquences de cette guerre). Les oeuvres peuvent être des romans, des bandes dessinées, des albums, des films, des spectacles, etc.  Ça ne devrait pas être trop difficile. J'ai déjà quelques idées en tête.  Stephie fera un récapitulatif de tous les billets des participant(e)s nous donnant, par le fait même, plein d'idées ! Je mettrai les miens également ici. Ce sera mon récapitulatif personnel.

Bandes dessinées
Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Films
Joyeux Noël  (2005)

mercredi 29 janvier 2014

Conventum - Pascal Girard

Résumé :

Pascal mène une vie tranquille à Québec lorsqu'il reçoit une invitation pour une soirée de retrouvailles avec ses anciens camarades de classe. L'angoisse monte. Il se sent gros et vieux, bien loin de l'image de gagnant qu'il aimerait donner. Course à pied, régime, nouvelle garde-robe, Pascal se donne à fond pour être à la hauteur. Mais le jour J, il semble frappé d'une malédiction.

J'étais en terrain connu avec les dessins de Pascal Girard. J'avais pu apprécier son travail dans Valentin, un de mes premiers coups de coeur BD. Cependant, il n'avait pas signé le scénario comme c'est le cas pour Conventum. J'aimais bien l'idée de départ, le conventum quelle drôle de coutume quand on y pense ! Je ne sais pas si c'est une pratique commune ailleurs qu'au Québec. Probablement que oui car Bruel chantait bien "On s'était dit rendez-vous dans 10 ans"...

Si vous avez lu le résumé, vous aurez compris que Pascal, le personnage principal, était un "looser" à l'école secondaire. Il espère faire meilleure impression dix ans plus tard à son conventum. Il veut une espèce de revanche en prouvant que le perdant qu'il était a finalement bien réussi dans la vie. J'imagine que c'est ce que voudrait tout adulte qui n'était pas bien accepté socialement à l'adolescence. Par contre, pour Pascal, tout ça vire en véritable obsession ! Je ne sais pas à quel point c'est autobiographique mais ça l'est probablement un peu puisque le personnage principal se nomme Pascal Girard et il est dessinateur. Ce qui est certain c'est qu'il ne se ménage pas dans cette histoire ! Il se moque de son physique ingrat et de sa volonté de plaire à tous. Il n'est pas un héros auquel il est facile de s'attacher mais son autodérision m'a plu.

On rit quelques fois en lisant cette histoire et on sourit beaucoup. C'est humoristique et léger. Avec son petit format (malgré ses 160 pages) il me semble qu'il serait parfait pour un bon moment de détente à la plage (ahhh les vacances) !


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mercredi 22 janvier 2014

Blankets (Manteau de neige) - Craig Thompson

Résumé :

Drôle d’enfance pour Craig. Il grandit dans un cadre idyllique, celui d’une ferme isolée dans les bois du Wisconsin, où il cotoie biches, renards, ours, blaireaux… En revanche, la petite ville où il va à l’école est emblématique de l’Amérique profonde : repliée sur elle-même, violente, raciste. Une intolérance subie de plein fouet, à laquelle vient s’ajouter une culpabilité omniprésente entretenue par son éducation ultra-catholique. Lassé de l’autoritarisme de son père et des brimades vécues à l’école, Craig se réfugie dans le dessin, “plaisir frivole” dont s’efforcent de le détourner ses éducateurs. Son sentiment de culpabilité atteint son paroxysme lorsqu’il tombe raide amoureux de Raina, rencontrée dans un camp de vacances paroissial. Une passion qu’il parviendra tout de même à vivre jusqu’au bout… et qui lui redonnera goût au dessin, pour notre plus grand bonheur!

Je ne passerai pas par quatre chemins pour vous dire à quel point j'ai aimé ce livre, j'ai adoré ! Cette imposante autobiographie figure parmi les plus grands romans graphiques et je sais maintenant pourquoi. Craig Thompson nous livre une oeuvre tout en émotions et en subtilités. 

Lorsque nous faisons la connaissance de Craig, il est encore enfant. Il nous fait part de ses difficultés. Il est rejeté par les autres enfants et ses parents, des chrétiens pratiquants très rigides, ne sont pas des alliés non plus. Il les craint et son petit frère aussi. Quelques années plus tard, un pasteur lui propose d'entrer dans les ordres et de faire de lui un homme de religion. C'est alors que commence une réflexion aboutie quant à la place de la religion et la spiritualité dans sa vie. À l'adolescence, Craig croise Raina qui deviendra son véritable premier amour.

La solitude, le rejet social, la religion, l'amour et la découverte de la sexualité sont tous des thèmes superbement abordés par l'auteur. Il a mis sur papier les sentiments fougueux d'un adolescent en amour de façon très juste.

La neige que j'aime tant ajoute un côté féerique aux planches déjà magnifiques. L'utilisation du noir et du blanc est parfaite. On ressent le contraste entre le chaud et le froid. La chaleur des étreintes des amoureux sous les couvertures alterne avec la froideur des décors blancs et enneigés.

Pour moi, c'est un incontournable. Blankets est sensible et passionnant.  Et je vous ai déjà dit que j'aimais les longues bandes dessinées, non ? J'ai été servie avec ces 582 pages !




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mercredi 15 janvier 2014

Dora (t.1) - Minaverry

Résumé :

Allemagne, 1960. Dora, jeune juive dont le père est mort en camp de concentration, travaille comme archiviste au Berlin Document Center. Confrontée à l’horreur des crimes nazis, elle entreprend sa propre enquête. Elle rejoint sa mère en France, se lie à un groupe de jeunes communistes de Bobigny, puis fait la connaissance d’un espion israélien qui lui propose de partir en Argentine sur les traces de Mengele, le célèbre médecin nazi d’Auschwitz… 

À travers ces rencontres et ces aventures, Dora reconstitue une partie de sa propre histoire et passe de l’adolescence à l’âge adulte. Dora est une aventure passionnante qui nous entraîne dans le contexte géopolitique de l’après Seconde Guerre mondiale. Chasse aux nazis rocambolesque à travers le monde, c’est aussi un récit historique et documentaire, et un roman d’apprentissage palpitant. 

C'est grâce à Maus que j'ai eu envie de lire un autre album sur la Seconde Guerre mondiale. Par contre, l'histoire de Dora ne se passe pas pendant la guerre mais plutôt quelques années après. L'auteur nous fait part des énormes drames humains qui ont eu lieu par le biais d'archives. Il faut savoir que la jeune Dora travaille comme archiviste au départ.

Je n'ai pas détesté cette lecture mais il a fallu parcourir plus de la moitié du livre pour comprendre où voulait en venir Minaverry et entrevoir quelle serait l'intrigue. Je n'avais pas lu le résumé, je ne savais pas que l'héroïne partirait à la recherche du docteur Mengele en Amérique du Sud. Quand je l'ai compris, j'étais plus intéressée. Je sens que le tome suivant sera plus palpitant.

Sans être une historienne aguerrie, je peux m'imaginer le travail de moine derrière cette histoire très documentée. Il fallait rendre le métier de Dora crédible, c'est réussi ! Par contre, il y avait beaucoup trop d'archives à mon goût. Elles ralentissaient le rythme de la lecture. Certaines étaient pertinentes et intéressantes, d'autres moins.

Les dessins, eux, sont très beaux. Je trouve qu'ils ont de la classe malgré les visages qui me semblaient parfois un peu figés. Ce noir et blanc s'harmonise parfaitement avec ce genre d'histoire.

Je crois que je lirai la suite car on a réussi à piquer ma curiosité. Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait le suivant : attendez d'avoir les deux tomes sous la main !




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dimanche 12 janvier 2014

Hiver arctique - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Un soir glacial de janvier à Reykjavik, le corps d’un petit garçon est retrouvé au pied d’un immeuble de banlieue. Il avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande. Erlendur et son équipe n’ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère. Erlendur va explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée. Une autre enquête mobilise Erlendur. Une femme trompée, qui croyait au grand amour, a disparu, et une femme mystérieuse appelle le commissaire sur son portable pour pleurer, ce qui va permettre au commissaire de révéler ses dons de diplomate. Par ailleurs, son fils et sa fille s’obstinent à exiger des réponses qu’il n’a aucune envie de donner. 

Dans ce dernier roman impressionnant, Indridason surprend en créant un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre, et pour la troisième fois, le Prix Clé de Verre du roman noir scandinave.

Pendant le temps des fêtes, j'ai lu ce livre (de circonstance) alors qu'il neigeait des centimètres et des centimètres à l'extérieur ! J'aime bien cet auteur et son personnage Erlendur. Mais surtout, ce que j'aime des polars d'Indridason, ce sont les enquêtes. On peut facilement élaborer des théories comme si nous étions enquêteur aussi. Cet opus n'y fait pas exception. J'ai encore eu du plaisir à lire ce polar très efficace qui a aussi un petit côté social. 

On y aborde de façon directe la vie des immigrants venant d'Asie et de l'intégration de leurs enfants à l'école. Le racisme est malheureusement encore une réalité en Islande (comme dans tous les pays je suppose). Indridason a l'habitude des thèmes durs et il en parle bien. Il dénonce sans être moralisateur pour autant. À part le racisme dans celui-ci, il a abordé la violence conjugale dans La femme en vert et la "surveillance mutuelle" dans l'Allemagne des années 60 dans L'homme du lac

Mon seul petit agacement est l'histoire du jeune frère d'Erlendur, qui a perdu la vie dans une tempête, qui commence vraiment à me lasser. On connait les faits depuis le premier titre, La cité des Jarres, et on en reparle régulièrement à chaque nouveau livre malgré que ce dossier n'avance absolument pas. Jusqu'ici, je n'avais presque pas de point négatif à mentionner sur cette série mais en voilà un ! Cela dit, il n'est pas assez agaçant pour m'empêcher de poursuivre.

mercredi 8 janvier 2014

Mauvais genre - Chloé Cruchaudet

Résumé :

Paul et Louise s'aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l'enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d'hôtel. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d'identité. Désormais il se fera appeler Suzanne. 

Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme. Inspiré de faits réels, Mauvais Genre est l'étonnante histoire de Louise et de son mari travesti qui se sont aimés et déchirés dans le Paris des Années folles.

Si la couverture de Mauvais genre vous est étrangère, c'est que vous n'avez pas suivi les blogs de BD ces derniers mois ! On voit Mauvais genre partout depuis un moment. Et partout, on l'encense! Je ne pouvais pas résister à lui jeter un coup d’œil.

Graphiquement, c'est ce qui me plait le plus, question BD, depuis des lustres ! J'adore ces dessins sans cadrage et les teintes utilisées. J'étais sous le charme tout au long de ma lecture !

Du côté du scénario, je n'ai pas été déçue non plus. Les quelques pages sur la guerre sont bouleversantes et m'ont ébranlées. C'était la première fois qu'une bande dessinée me faisait cet effet-là ! On ne peut que se réjouir du retour de Paul et on comprend son choix même s'il peut être très lourd de conséquences. Par la suite, j'ai été touché par l'histoire de cet homme que la guerre et la peur constante d'être retrouvé ont détruit. Même s'il n'est pas toujours doux avec sa femme, impossible pour moi de détester ce personnage qui s'est jeté dans de vilaines dépendances pour oublier : l'alcool et le sexe. Malgré tout, on ne peut qu'avoir pitié de Louise qui a perdu l'homme qu'elle aimait. Il faut aussi savoir que l'histoire est grandement inspirée d'une histoire vraie. Les dialogues sont justes et crédibles. 

Je craignais avoir de trop grandes attentes et être déçue. Heureusement, j'ai été aussi conquise que les gens dont j'ai lu les commentaires si élogieux. Chloé Chruchaudet est assurément un nom à retenir !



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