Affichage des articles dont le libellé est BD québécoises. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BD québécoises. Afficher tous les articles

dimanche 6 août 2017

Une longue canicule - Anne Villeneuve

Résumé :

Une longue canicule, la première bande dessinée d’Anne Villeneuve, met en scène Marie-Hélène, une jeune femme quittant les Îles-de-la-Madeleine pour venir s’installer à Montréal. La jeune fille découvre une nouvelle ville, ses habitants et apprend à vivre avec son déracinement et les démons de son passé. Œuvre sensible et intimiste, le récit se déroule sur une durée de quelques jours durant lesquels la métropole est plongée dans l’une des plus chaudes canicules de son histoire.


Je vous présente aujourd'hui une autre BD québécoise pour laquelle j'ai eu un coup de coeur ! J'attendais une canicule pour la lire (je l'attends toujours...) mais peu importe le temps, on passe un excellent moment avec cet album !

Le point de départ est simple : une jeune femme, Marie-Hélène, quitte ses Îles-de-la-Madeleine natales pour s'installer au coeur de Montréal. Le changement est brusque et déstabilisant. Elle n'a jamais été entourée par autant de gens mais elle se sent très seule. Elle a peu d'alliés : Nestor un collègue de travail français et Marguerite sa vieille voisine solitaire mais sympathique. Sa vie semble tranquille mais ne elle ne le restera pas... Et puis, l'amour n'est pas bien loin non plus.

J'ai eu un gros coup de coeur pour la magnifique couverture bleue mais ce qu'il y a à l'intérieur est aussi bien. L'ambiance de canicule est géniale, les dessins en noir et blanc sont beaux et le scénario tient la route. On passe par toute la gamme des émotions. Je l'ai dévoré d'un trait !

Bref, Une longue canicule est une belle BD intime et douce à s'offrir !

Une longue canicule - Anne Villeneuve
Éditions Mécanique Générale 2017
216 page

dimanche 30 juillet 2017

L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab

 Résumé :

Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.


J'aime beaucoup retrouver l'ambiance des camps de vacances dans les livres et les bandes dessinées ayant été moi-même campeuse et animatrice à certains moments de ma vie. D'ailleurs, dans un style différent mais tout aussi intéressant, j'avais adoré Paul a un travail d'été de Michel Rabagliati qui avait aussi cette thématique. Si vous connaissez d'autres titres, je suis preneuse !

Dans L'Esprit du camp, nous vivons le premier été d'Élodie, 17 ans, comme monitrice de camp de vacances. Nous faisons vite connaissance avec les autres moniteurs et monitrices (pourquoi n'ont-ils pas de noms de camp?) et le directeur qui est tout un personnage. C'est le moins qu'on puisse dire ! Les moniteurs ne sont pas des modèles : ils sacrent devant les jeunes campeurs, se font bronzer sur la plage sans surveiller les enfants se baignent, etc. Je ne leur confierais pas mes enfants mais ils sont drôles et c'est l'important ! Mais les plus drôles, ce sont définitivement les campeurs. Les petites rousses du groupe d'Élodie n'ont vraiment pas la langue dans leur poche !

Un deuxième tome est prévu. J'espère qu'il répondra à nos interrogations : qui est véritablement le directeur ? Y'a-t'il vraiment quelque chose de maléfique dans la forêt ? Est-ce que Catherine ressent plus que des sentiments d'amitié pour Élodie ? Il y a un soupçon de fantastique et peut-être une histoire d'amour à prévoir pour la suite.  Je la lirai assurément.

Crue, colorée, drôle et déjantée, c'est une BD estivale géniale !
L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab
Éditions Studio Lounak 2017
104 pages

mercredi 15 février 2017

Rôles de composition - Jimmy Beaulieu

Résumé :

Dans ce nouvel album en couleurs et en grand format, il nous raconte l’histoire d’un couple à travers différents morceaux de son quotidien sur une période de cinq ans. Avec le récit de Noémie et Sarah, Jimmy Beaulieu nous livre une réflexion sur la fidélité, le désir, le contrôle, le renoncement, la culpabilité, le mensonge. Rôles de composition est une oeuvre intime sur le rôle de l’autre dans une relation, sur les rôles que l’on interprète et sur qui l’on est.


Jimmy Beaulieu est un auteur de BD prolifique. Pourtant, je ne l'avais encore jamais lu (mis à part la série Magasin général où il adaptait le texte en "québécois"). J'ai donc emprunté son tout dernier titre, Rôles de composition, sans attente particulière et j'ai beaucoup aimé.

Nous suivons l'évolution d'un couple composé de deux jeunes femmes par le biais de courtes histoires. Dans la première histoire, nous retournons en 2012 lors du Printemps Érable et des manifestations des carrés rouges qui font désormais partie de l'histoire du Québec moderne. Les jeunes femmes étaient alors des étudiantes et de ferventes militantes. C'est l'occasion de nous faire réfléchir sur nos responsabilités sociales, sur l'activisme et le militantisme. Plus tard, l'une d'elles deviendra comédienne. On en profite pour amener des réflexions sur la création et l'art. Vous l'aurez compris, chaque thème exploité apporte son lot de réflexions et c'est est toujours pertinent. Il est aussi question d'amour, de désir et d'infidélité.

Je ne suis pas fan des dessins (par exemple l'actrice allemande supposément très belle a une tête à la Titeuf) mais j'ai passé par-dessus car tout le reste me plaisait. Chaque histoire a sa couleur qui lui est propre. Évidemment, le rouge est associé à la fameuse grève étudiante. La couverture, regroupant toutes ces couleurs, crée une jolie unité.

Bref, Rôles de composition est une très belle découverte. N'hésitez pas à me conseiller d'autres titres de Jimmy Beaulieu car je ne sais pas par où commencer... ou plutôt, par où continuer !
Rôles de composition - Jimmy Beaulieu
Éditions Mécanique générale 2016
112 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

mercredi 11 janvier 2017

Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage.


Isabelle Arsenault & Fanny Britt sont les créatrices de du magnifique album Jane, le renard et moi qui a eu beaucoup de succès ici, au Québec, et ailleurs. Elles récidivent avec ce nouvel album Louis parmi les spectres en conservant leur style bien à elles.

À l'instar de leur premier album, les deux créatrices abordent la vie à travers les yeux d'un enfant. Louis est un peu plus âgé que l'héroïne de Jane, le renard et moi. Depuis la séparation de ses parents, il partage son temps entre l'appartement de sa mère en ville et la maison de campagne de son père. Son papa a une dépendance à l'alcool. C'est probablement la raison de la séparation mais pour lui, ça n'a fait qu'empirer les choses. Pour Louis et son petit frère Truffe aussi.

Bien que les thèmes ne soient pas joyeux, ce n'est pas larmoyant du tout. Louis a la chance de pouvoir compter sur son ami Boris pour lui tenir compagnie en ville. Les passages où Boris est présent sont les plus savoureux. Et puis, il y a la belle Billie qui rend la vie de Louis plus belle mais pas nécessairement plus simple ! C'est sans compter la surprise du raton...

J'ai aimé retrouver les doux dessins d'Isabelle Arsenault qui m'avaient plu dans Jane, le renard et moi. Le crayonné est superbe et inventif. Les couleurs pâles, qui ont une signification particulière, ajoutent au charme qui opère déjà.

Un troisième s'il vous plait !

D'autres livres d'Isabelle Arsenault et/ou Fanny Britt sur mon blogue : Jane, le renard et moi et Les maisons (Fanny Britt écrit aussi pour les adultes)
Louis parmi les spectres - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2016
160 pages
Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

mercredi 4 janvier 2017

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle

Résumé :

En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".


L'année 2017 débute très bien avec un gros coup de coeur qui m'a attendu sous le sapin. J'ai lu S'enfuir en deux jours durant lesquels je pensais sans arrêt au personnage de Christophe, médecin sans frontière retenu captif. Savoir que l'histoire est vraie la rend encore plus poignante.

Je n'ai pas lu les albums précédents de Guy Delisle même si on me les a souvent recommandés. Ils me semblaient très politiques, trop complexes. Avec celui-ci, j'ai appris certaines choses mais j'en ai surtout ressenties. Comment ne pas avoir un coup de coeur pour un album qui fait tout ça en même temps ?

Pendant plus de 100 jours, Christophe est à la merci de ses ravisseurs tchétchènes qui ne parlent aucune langue qu'il connait. Il ne sait pas pourquoi il est là ni s'il en sortira. Et jamais le lecteur n'aura d'autres informations que lui. Comme si nous étions enfermés avec lui, nous vivons la surprise, l'incompréhension, la colère, la tristesse et l'angoisse. Le récit aurait pu être resserré et ainsi faire moins de pages mais l'idée était probablement d'en faire un aussi long que l'enfermement vécu par Christophe. On ressent l'ennui (mais on ne s'ennuie pas, rassurez-vous) et l'étouffement. L'ambiance est si anxiogène qu'elle a provoqué des réactions presque physiques chez moi. Je suis persuadée que mon coeur s’accélérait à certains moments...

Ce gros album est à lire absolument ! C'est un huis-clos qui nous fait passer par toute la gamme des émotions et qui se lit comme un thriller.

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle
Éditions Dargaud
432 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Moka.

dimanche 7 août 2016

La femme aux cartes postales - Jean-Paul Eid & Claude Paiement

Résumé :

1957. Rose quitte sa Gaspésie natale en laissant, derrière elle, une lettre sur son oreiller. Elle n’a qu’un rêve en tête: briller sur les scènes des prestigieux cabarets de la métropole. À cette époque, Montréal est un haut lieu de la vie nocturne et l’une des escales obligées des plus grands jazzmen. Les nightclubs brillent de tous leurs feux et la mafia fait des affaires d’or. Mais l’arrivée du rock’n’roll, l’engouement pour la télévision et l’élection du jeune et incorruptible maire Jean Drapeau va sonner le glas de cet âge d’or.

2002. En Gaspésie, un étranger vient d’acquérir une maison abandonnée mise aux enchères; photos aux murs, vieux piano désaccordé et au fond d’un garde robe, un terrible secret de famille…


Depuis sa sortie, j'avais très envie de lire La femme aux cartes postales. J'avais l'impression que j'allais l'aimer et je ne me suis pas trompée. Si j'avais une bande dessinée québécoise à vous suggérer en ce moment (ou pour le 12 août), ce serait celle-ci !

Dès le départ, deux époques et deux personnages principaux se chevauchent. À toutes les 5-6 pages, l'époque change et souvent, on nous laisse à un moment crucial. Voulant revenir le plus vite possible à l'époque précédante, on tourne les pages à toute vitesse. Dans les années 50, une jeune femme originaire de la Gaspésie quitte le nid familiale pour poursuivre son rêve de devenir une chanteuse de jazz à Montréal. À l'époque, c'était la ville de tous les possibles. En 2012, un homme apprend l'existence d'un frère jumeau. Ce dernier a péri dans l'écrasement des tours jumelles du World Trade Center. Il commencera une enquête personnelle pour retracer ses origines.

Le scénario est solide et le dessin en noir et blanc est magnifique. Il rend parfaitement bien l'ambiance jazzée des bars de l'époque. Je ne suis pas une amatrice de jazz et pourtant, je me suis surprise à vouloir en écouter pendant ma lecture. Pour la sortie de la BD, on lui a même créé un mini-album de deux chansons (Two little birds et Lullaby of birdland) interprétées par Fanny Bloom que vous pouvez écouter écouter sur itunes. Original !

À lire si vous avez envie de découvrir le Montréal des années 50 ou tout simplement de lire une BD au scénario bien ficelé ! Un coup de coeur pour moi.

La femme aux cartes postales - Jean-Paul Eid & Claude Paiement 
Éditions La Pastèque 2016
232 pages

mercredi 20 janvier 2016

Rewind - Philippe Girard

Résumé :

Vous marchez parmi la foule. Deux tueurs sont à vos trousses. Sachant que votre seule chance de leur échapper est de vous jeter dans les bras d’une inconnue en espérant qu’elle vous emmènera chez elle lorsque les balles vous auront troué la peau…

Quel choix sera le bon pour échapper à son destin ? Philippe Girard a l’art de distiller une ambiance oppressante de film noir. Par le jeu subtil des multiples retours en arrière, cette énigme trouvera son dénouement dans...sa genèse.


Rewind, ça le dit : on recule et on recommence. Le personnage principal revit toujours le même moment un peu comme dans Le jour de la marmotte à la différence que celui-ci se fait tirer dessus à chaque fois. Philippe Girard, quel bédéiste cruel pour son personnage !

Ce que j'ai préféré dans cette bande dessinée, c'est le dessin au trait gras. Il est simple au départ mais il se complexifie lorsque la folie s'empare du personnage. À un certain moment, les personnages deviennent difformes et j'ai trouvé qu'ils s'apparentaient à ceux des peintures de Picasso ! Avec ses couleurs terres, le  type de dessin s'agence parfaitement à l'ambiance de film noir un peu vieillot.

Pendant ma lecture, je me souviens avoir pensé que Philippe Girard devait avoir eu un plaisir fou en créant cette BD. Il s'est laissé aller avec les revolvers, les tueurs à gage et les courses-poursuites malmenant au passage son personnage principal. Cependant, le scénario, avec ce procédé, aurait pu être poussé beaucoup plus loin. J'aurais aussi aimé en savoir plus sur le personnage principal. Tout va beaucoup trop vite.

Je ne garderai surement pas l'histoire en mémoire longtemps mais Philippe Girard a un style différent que j'ai bien aimé pendant les vingt minutes de ma lecture. Rewind se lit tellement vite !
Rewind - Philippe Girard
Éditions Glénat 2011
136 pages 

mercredi 25 novembre 2015

Paul dans le nord - Michel Rabagliati

Résumé :

Été 76. Paul a 16 ans et ne rêve que d'une chose: une motocyclette Kawasaki KE100 pour fuir son quotidien et ses parents envahissants. Avec Ti-Marc, un nouvel ami rencontré à sa polyvalente, Paul traversera cette période difficile de son adolescence avec un peu plus de légèreté. Voyages en auto-stop, soirées arrosées entre copains et expériences nouvelles seront au rendez-vous. Le tout, sur fond de jeux olympiques, de musique de Peter Frampton et de Beau Dommage…



Michel Rabagliati touche à toutes les périodes de la vie : l'enfance (Paul à la campagne et Paul au parc), la transition entre l'adolescence et l'âge adulte (Paul a un travail d'été et Paul en appartement), l'âge adulte (Paul à la pêche) et le 3ème âge (Paul à Québec). Il ne s'était pas encore intéressé à l'adolescence cette période charnière. Avec Paul dans le nord, c'est chose faite, Paul est en plein dedans !

Nous sommes en 1976 quelques mois avant que Montréal accueille les Jeux olympiques d'été et Paul est en pleine crise d'adolescence. Autrement dit, il a les hormones dans le tapis ! Il est paresseux, répond parfois à ses parents et adore flâner avec ses amis en écoutant Beau dommage. Mais, malgré tout, il demeure attachant. Nous savons tous qu'il a un bon fond. L'auteur a une vision très réaliste de l'adolescence. Il l'aborde avec beaucoup de justesse et jamais il ne tombe dans les clichés. L'album est aussi rempli de références culturelles, tant dans les dialogues que dans les dessins, qui nous aident à imaginer cette époque même si nous ne l'avons pas vécu.

Encore une fois, avec ses ingrédients habituels, Michel Rabagliati nous offre du bonbon ! Paul dans le nord est un de ses très bons titres. Je pense même qu'il intéressera un tout nouveau public : les adolescents. Et, je suis heureuse de constater que la qualité de la série ne diminue pas.


Paul dans le nord - Michel Rabagliati
Éditions La Pastèque 2015
184 pages


mercredi 18 novembre 2015

Hiver nucléaire - Cab

Résumé :

Montréal, juin 2028, -30°C. C’est l’hiver nucléaire depuis un terrible accident à la nouvelle centrale nucléaire Gentilly-3, à Pointe-aux-Trembles. La neige atteint les balcons des 2e étages, les déplacements se font en motoneige, les souffleuses tournent à plein régime, et les propriétaires des terrasses sont exaspérés. Au milieu de cette interminable saison froide, Flavie, courrier en ski-doo, doit composer avec les éléments, les retombées radioactives et une faune urbaine, en pleine mutation, littéralement.


Ces derniers temps, j'ai eu des problèmes avec mon ordinateur. Ce sont ces problèmes technologiques qui m'empêchent de participer comme je le voudrais au mois québécois. J'ai dû dépoussiérer mon vieil ordinateur portable très, très lent pour vous présenter une BD québécoise en ce mercredi.

C'est la couverture qui m'a donné envie de découvrir Hiver nucléaire. Elle me plait beaucoup ! Je ne connaissais rien de cette BD qui était à la base un feuilleton web. Le personnage principal, c'est Flavie, un jeune femme en surpoids qui livre des bagels en ski-doo dans les quartiers de Montréal qui ne sont plus accessibles en voiture. Les rues sont bloquées car la neige ne fond plus. C'est l'hiver depuis plusieurs mois déjà. Les saisons sont complètement déréglées depuis l'accident nucléaire de Pointe-aux-Trembles. Flavie possède une force de caractère peu commune. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et s'exprime haut et fort.

Le pitch était intrigant et les dessins de Cab me plaisaient. Certaines planches sont vraiment magnifiques ! Les paysages hivernaux sont doux et reposants. C'est plaisant aussi de reconnaitre certains lieux de Montréal comme le Schwartz's où les gens font toujours la queue malgré le froid pour du smoked meat. Par contre, au niveau de scénario, j'ai été déçue. La bédéiste aurait pu aller beaucoup plus loin. Elle avait créé un contexte environnemental très intéressant et une héroïne (un brin féministe) brillante. J'ai eu l'impression de lire une gentille critique des hipsters du Mile-End. On se moque de ceux ne savent que "ressentir" les choses et qui sont plutôt inutiles dans un contexte de survie. L'histoire (de séduction ?) entre Flavie et Marco était fade. Je m'attendais à ce qu'ils flirtent un peu. Se promener en ski-doo ensemble et avoir froid, ça rapproche mais non...

Hiver nucléaire avait, selon moi, beaucoup de potentiel. C'est dommage d'avoir l'impression qu'il n'a été exploité qu'à moitié.

Hiver nucléaire - Cab
Éditions Front froid
95 pages


mercredi 21 octobre 2015

Les cousines vampires - Alexandre Fontaine Rousseau & Cathon

Résumé :

À l’invitation de sa cousine Frédérique, Camille retourne dans le vieux manoir où elle a passé le plus bel été de son enfance. Mais plus rien, dans le sinistre paysage qu’elle découvre, ne correspond aux tendres souvenirs qu’elle chérissait… et les gens méfiants qu’elle rencontre à la taverne du village semblent craindre ce lieu qu’ils nomment « la maison du diable ». Quant à la mystérieuse Frédérique, elle n’aime décidément ni le potage à l’ail, ni la quiche à l’ail, ni la salade de gousses d’ail. Les cousines vampires se lit comme l’on regarde une vieille série B oubliée…


Pour souligner l'Halloween, je me suis procurée cette bande dessinée de Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau. Je ne connaissais pas du tout ces deux artistes mais j'ai passé un excellent moment avec le fruit de leur collaboration.

Le scénario est très simple. Frédérique est un vampire qui s'ennuie seule dans son manoir. Elle invite donc sa cousine Camille à lui tenir compagnie. Camille est la "nunuche" parfaite ou l'idiote qui tient souvent un rôle important dans les films d'épouvante. Parce que oui, Les cousines vampires est une parodie de ce genre de film. Les auteurs se moquent allègrement des clichés mais avec un humour sympathique qui nous laisse croire qu'ils affectionnent aussi ces vieux films. Le découpage et les différents plans sont très cinématographiques.

L'intérêt de cette BD n'est donc pas l'histoire (qui est prévisible) mais plutôt le ton humoristique et le dessin. Les expressions faciales de l'austère Frédérique m'ont particulièrement fait rire. Les dessins qui semblent avoir été réalisés au crayon HB sont bruts mais très jolis.

Tout est en harmonie dans cet album : le scénario, le découpage, le dessin en le noir et blanc, le ton et l'humour. L'album en tant qu'objet a aussi beaucoup de classe.

Les cousines vampires est LA bande dessinée à lire pour être dans l'ambiance de l'Halloween même si vous êtes des "pissous" ! 
Les cousines vampires - Alexandre Fontaine Rousseau & Cathon
Éditions Pow Pow 2014
136 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Noukette.


mercredi 9 septembre 2015

Un bonheur presque parfait (Les nombrils T.7) - Delaf & Dubuc

Résumé (ATTENTION SPOILERS DES TOMES PRÉCÉDENTS) :

Pour Vicky, le bonheur est total : ses parents la préfèrent enfin (!) à son insupportable grande soeur Rebecca, elle sort avec James, beau jeune homme promis au plus bel avenir, et le barbecue familial de fin d'été lui permet d'afficher son insolente réussite à la face de tous les voisins.

Quant à Jenny, elle connaît un double bonheur : avec le musculeux Jean-Franky, elle a les tablettes de chocolat ; avec le gentil Hugo, elle a les attentions de chaque instant. Karine, elle, a une nouvelle passion et ce n'est pas un garçon : son groupe de musique est sur le point d'être signé par un gros producteur, mais pour cela elle doit d'abord remonter le moral à Albin, leader de la formation, qui est en pleine dépression depuis les événements tragiques de l'été (et du tome 6).

Mais la vie est cruelle et le bonheur fragile, surtout quand on triche avec ses propres sentiments.
Heureusement qu'il reste l'amitié...


Le septième tome des Nombrils ! J'attendais cette sortie depuis longtemps car les auteurs ont la mauvaise habitude de clore avec des fins qui nous donnent directement envie de se jeter sur le suivant ! C'était le cas avec Un été trop mortel et ça l'est encore avec Un bonheur presque parfait. J'avais apprécié le début de la série mais j'ai véritablement adoré les quatrièmecinquième et sixième tomes. L'histoire a commencé à évoluer alors que dans les précédents elle stagnait un peu. Ce tout dernier tome est dans la même veine que ceux que j'ai adoré.

Pour ceux qui n'ont pas peur des spoilers -------------------------------------------->
Si le cinquième tome était celui de Karine, ce septième tome est définitivement celui de Vicky. Son évolution est presque aussi marquée que celle de son amie. Elle gagne beaucoup en maturité. Elle en aura assurément besoin pour la suite des choses car l'album se termine sur une grosse surprise pour elle (et Jenny !). Il y a une révélation à la toute dernière page à laquelle j'avais déjà pensé à la lecture des tomes précédents mais je l'avais oublié en cours de route. Pourtant, j'avais raison !

Vicky est peut-être la vedette (comme sur la couverture d'ailleurs) mais les autres personnages sont tous au rendez-vous : Karine, Albin, James, Mégane, Hugo, Murphy, Jean-Frankie et les autres. Jenny prend aussi beaucoup de place. Il ne manque que Dan !

Bref, si vous êtes fan, vous ne serez pas déçus ! En passant, Delaf et Dubuc nous ont fait un petit clin d'oeil à la page 23. Cherchez bien, ils se sont dessinés ! J'aime ces petites attentions qu'ils offrent à leurs lecteurs.
Une bonheur presque parfait (Les nombrils T.7) - Delaf & Dubuc
Éditions Dupuis 2015
52 pages

mercredi 2 septembre 2015

Apnée - Zviane

Résumé :

C’est le récit de l’absence du regard des autres. Ce n’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt une sensation, cette sensation d’apnée qui envahit l’individu, lorsque prisonnier de lui-même, l’eau est trop trouble autour de lui pour qu’il s’aperçoive que l’oxygène est tout juste au-dessus de sa tête.


Au printemps dernier, j'ai découvert Zviane avec son album Les deuxièmes que j'ai beaucoup aimé. J'avais envie d'en lire un autre depuis ce temps. Pour continuer ma découverte, j'ai choisi Apnée, un autre album fort intéressant mais dont il est difficile de parler.

Le personnage principal est une jeune femme qui a fait des études en musique à l'université. Cependant, depuis sa graduation, elle bosse plutôt dans l'organisation de colloques reliés au monde de la musique. Ce travail est loin d'être celui auquel elle rêvait lorsqu'elle était étudiante. En fait, toute sa vie semble loin de celle qu'elle rêvait. Elle ne va pas bien. J'ai supposé qu'elle souffrait d'une dépression ou d'un épuisement professionnel. On ne cite jamais son mal de vivre mais on le comprend, et c'est encore mieux. L'album est tout en sensibilité.

Le dessin est très minimaliste. Cette abondance de blanc m'a fait peur au départ. D'habitude, j'apprécie les dessins détaillés mais il n'a fallu que quelques pages pour que disparaissent toutes mes appréhensions.

Apnée est un très bel album en tous points. C'est seulement dommage qu'il se lise si rapidement !

Apnée - Zviane
Éditions Pow Pow 2010
82 pages

mercredi 24 juin 2015

Les deuxièmes - Zviane

Résumé :

Un homme et une femme sont en vacances dans un chalet qui n’est pas le leur, dans un pays qui n’est pas le leur. Ils sont confinés à l’intérieur à cause de la pluie, ils ne savent même pas quelle heure il est. Comme par l’embrasure d’une porte, nous sommes témoins du temps suspendu, du bruissement de la pluie dans la forêt, du goût de la sueur séchée sur leur peau, des mots amoureux qu’ils se chuchotent, mais qui cachent autre chose: dans cette limite floue entre ce qui est un jeu et ce qui ne l’est pas peut se dissimuler une bataille sans merci entre le rationnel et l’irrationnel.


En ce jour de la Fête du Québec, je me devais de vous présenter une BD québécoise ! Bonne St-Jean tout le monde !

Il y a longtemps que j'ai repéré les albums de Zviane et particulièrement celui-ci qui a remporté quelques prix. Je me suis lancée dans cette histoire sans savoir de quoi il en retournait. Je ne comprenais pas non plus la signification du titre qui pourtant est très éloquent après la lecture.

L'album s'ouvre sur une immense fenêtre par laquelle on aperçoit que de la pluie. L'atmosphère commence déjà à se définir. Le couple passera les prochains jours bien à l'abri dans la maison d'architecte prêtée par un copain. Ces personnages, je ne les ai pas aimés tout de suite. Je n'appréciais pas leur façon de se parler au début. Les "yo" et autres expressions adolescentes me laissaient perplexe mais j'ai passé par-dessus au bout de quelques pages. On ne sait presque rien d'eux. On ne sait pas du tout qui sont cet homme et cette femme mais nous entrons dans leur intimité sans censure. Nous sommes en quelque sorte des voyeurs dans ce cocon. Je vous avertis, ne laissez pas traîner cet album à la portée des enfants ou vous aurez à répondre à bien des questions !

J'ai bien aimé les dessins de Zviane. Je ne connaissais pas son style mais j'adhère totalement ! J'ai particulièrement aimé les grandes cases qui prenaient toute la place et dans lesquelles on voit les personnages déambuler de pièces en pièces. Dites, on peut la louer cette maison pour les vacances ?

Je relirai certainement Zviane pour la vivacité de ses dessins, pour son originalité et parce que j'ai l'impression que je passerai à nouveau un bon moment !
Les deuxièmes - Zviane
Éditions Pow Pow 2013
132 pages

mercredi 25 février 2015

Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt

Résumé :

Hélène est victime de harcèlement et d’intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...

Jane, le renard et moi est un récit touchant qui présente avec justesse la méchanceté que les enfants peuvent déployer l’une envers l’autre.

Au texte brûlant d’actualité de Fanny Britt s’ajoute le travail d’illustration d’Isabelle Arsenault : moderne et sensible, utilisant la couleur de façon surprenante, son dessin se révèle exceptionnel. Pour leur première incursion dans la bande dessinée, les deux auteures réalisent une oeuvre parfaite.

J'aime beaucoup ce que font en général les éditions de La Pastèque. Cette maison d'édition du Québec nous a offert, entre autres, la série Paul de Rabagliati et Valentin de Pascal Girard et Yves P. Pelletier. Jane, le renard et moi est une autre belle publication de leur catalogue.

La petite Hélène est en 5ème année du primaire et chaque jour, pour elle, est un enfer. Elle est victime d'intimidation de la part des élèves de sa classe. Timide et sans défense, elle a développé des techniques pour faire croire que les paroles blessantes ne l'atteignent pas. Elle fait tout pour éviter ses camarades. À l'heure des repas, elle se concentre sur sa nourriture pour ne pas avoir à discuter ou, encore, elle détache puis rattache ses chaussures pour éviter de faire face aux regards.

Bien entendu, elle souffre en permanence... sauf lorsqu'elle lit Jane Eyre. Lorsqu'elle est enfin heureuse et qu'elle rejoint son héroïne préférée dans son Angleterre imaginaire, les pages deviennent en couleur. Les dessins qui appartiennent à son quotidien bien réel jouent dans les tons de gris. L'apparition de couleurs est une belle trouvaille et décrit bien les émotions de la jeune fille. Dans les dessins à la mine, il y a beaucoup de textures. Ils sont vraiment jolis et sensibles tout comme le texte d'ailleurs. Cependant, parfois, je m'imaginais mal qu'une pré-adolescente de 10-11 ans puisse tenir ces propos. Je n'ai pas totalement cru à la narration car je n'ai pu oublier qu'une adulte était derrière ces lignes.

Malgré ce léger bémol, c'est un album qu'il faut découvrir pour sa sensibilité, son thème d'actualité et ses dessins crayonnés plus que magnifiques. Voyez par vous-mêmes !


Jane, le renard et moi - Isabelle Arsenault & Fanny Britt
Éditions La Pastèque 2013
104 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Yaneck

mercredi 26 novembre 2014

La collectionneuse - Pascal Girard

Résumé :

Voici le grand retour du dessinateur névrosé et maladroit!  Le pauvre Pascal vient de se faire larguer par sa blonde et squatte une chambre chez un couple d’amis.  Indifférent au dessin, en manque de sérotonine, incapable de courir à cause d’une entorse lombaire, il retourne sur les chantiers comme apprenti-ferblantier. Bref, l’heure est au bilan.

Pascal a beau faire des plans et vouloir atterrir sur ses pieds, une rencontre fortuite avec une cleptomane de livres transforme notre antihéros en Sherlock Holmes de fortune..


La collectionneuse est la troisième bande dessinée de Pascal Girard que je lis. J'avais beaucoup apprécié ses illustrations dans Valentin et j'avais également aimé Conventum qui était, cette fois, écrit et dessiné par lui. La collectionneuse est 100% de son cru aussi et, pour moi, elle surpasse Conventum !

Le héros préféré de Pascal Girard, c'est lui-même ! Il se met en scène dans plusieurs de ses bandes dessinées. Il utilise l'humour et l'auto-dérision à profusion ! Je ne connais toujours pas la part de réel dans tout ça mais peu importe car ses histoires sont cocasses. Côté émotions, il se laisse davantage aller avec cette collectionneuse et ça lui va bien ! L'histoire de cette attachante voleuse de livres est une belle trouvaille.

Les dessins sont simples, sans cadre et sans couleur. Il a son style bien particulier. Je le reconnais tout de suite lorsque je vois un de ses dessins. J'aime qu'il se démarque et  qu'il reste fidèle à son style au fil des années. Il n’essaie pas d'ajouter du "fla-fla" qui ne lui ressemble pas. Ceci dit, les couleurs pastels dans Valentin, ça lui allait bien aussi !
La collectionneuse - Pascal Girard
Éditions La Pastèque
100 pages

Pour lire les billets des participants de la "BD du mercredi", c'est chez Mango !