jeudi 8 janvier 2015

Pour Charlie...

parce que ce dessin de Bansky en dit long. J'aime beaucoup cet artiste.

mercredi 7 janvier 2015

Journal 1 & 2 - Fabrice Neaud

Résumé :

Depuis 1994, Fabrice Neaud a entrepris un projet novateur et ambitieux : réaliser son journal intime en bande dessinée. Au fil de ses albums et récits complets, en utilisant la bande dessinée dans ce qu'elle a de plus riche et de plus spécifique, Fabrice Neaud renouvelle sans cesse ce média, tout au long d'une œuvre forte, dense, complexe et variée. On trouve de tout dans l'œuvre de Fabrice Neaud : beaucoup d'émotion et une vive sensibilité ; une réflexion sur notre société, ses valeurs, l'exclusion et la tolérance ; des références picturales, mythologiques, sociologiques, musicales, littéraires et philosophiques ; des réflexions sur l'art et l'amour ; des trouvailles formelles innovantes ; une touche d'humour ; des dessins superbes...

Le Journal de Fabrice Neaud, c'était à la base une série de quatre albums. J'ai lu ce gros album qui regroupe les deux premiers, c'est pourquoi il s'intitule Journal 1 suivi de Journal 2.

Journal est un véritable journal intime écrit et dessiné par Fabrice Neaud. Il a été un des premiers, dans les années 1990, à faire de l'autobiographie en BD. Aujourd'hui, ce procédé est courant et a certainement perdu un peu de son originalité. Par contre, il est très bien fait. J'ai particulièrement aimé le côté graphique. Les dessins sont magnifiques et inventifs. Parfois, les visages sont brouillés pour mieux exprimer une émotion, ou encore, nous avons droit à des métaphores illustrées. L'auteur est très créatif malgré le réalisme de ses dessins.


L'auteur s'attarde principalement sur ses relations amoureuses dans son journal. Il aborde en surface quelques autres sujets comme son boulot d'artiste-dessinateur-publicitaire mais mise tout de même plus sur ses rencontres. Il en fait d'étranges au parc avec d'autres hommes homosexuels. L'une d'elle, avec Stéphane, viendra chambouler toute sa vie.

J'ai eu quelques pensées pour Fun Home d'Alison Bechdel pendant ma lecture. Les deux oeuvres sont semblables dans leur façon d'aller au fond des choses que ce soit les liens familiaux pour l'une et les relations amoureuses pour l'autre. Elles sont également bavardes toutes les deux avec un texte très riche.

Ce Journal a de belles qualités mais, malgré quelques moments forts, je suis demeurée assez extérieure au récit. Je n'ai pas encore décidé si j'allais poursuivre avec les deux derniers tomes.
Journal 1 & 2 - Fabrice Neaud
Éditions Ego comme X 2011
184 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se fait chez Yaneck .

lundi 5 janvier 2015

Sauf quand on les aime - Frédérique Martin

Quatrième de couverture :

Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans, et la vie les a déjà malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L'arrivée de l'indomptable Tisha et les tourments enflammés de monsieur Bréhel vont tout bousculer. 

De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent à tout prix de préserver leur tendresse et leur solidarité.Jusqu'au jour où la violence leur impose la mesure du réel.

Sauf quand on les aime ébauche le portrait d'une jeunesse silencieuse qui peine à se mettre au monde. Une jeunesse meurtrie en quête de liberté et d'avenir, confrontée au défi d'aimer.

Dans certains domaines, je suis totalement influençable et la lecture est un de ces domaines. Quand plusieurs lecteurs disent du bien d'un même livre, je suis forcément curieuse. J'ai envie de voir si je ferai partie du lot ou si, au contraire, je serai le mouton noir qui n'adhère pas. Frédérique Martin m'était tout à fait inconnue mais j'ai été conquise dès les premières pages. J'ai découvert une écriture qui me plait vraiment.

Claire, Juliette, Kader et Tisha sont jeunes et ils peinent à trouver leur route. Ils peinent à vivre parfois. Ses écorchés de la vie, on dirait qu'on les connait bien, qu'ils pourraient être nos amis. On les aime malgré leur travers et malgré leurs déprimes. Leur situation est précaire mais ils se rassemblent dans une colocation parce que, face au quotidien, l'union fait la force. C'est beau d'être témoin d'autant de solidarité. 

J'ai été touchée par leurs réflexions qui ont fait écho aux miennes dans ma tête. Ils ont quelques années de moins que moi mais leurs questionnements ne me sont pas étrangers. Ils ont tous envie de plus dans la vie. Mais plus de quoi ? 

Ce roman parle d'amitié mais il parle aussi d'amour, d'amour non réciproque surtout. Malgré qu'elle soit plus souvent sombre que lumineuse, cette histoire nous rappelle qu'on peut trouver le bonheur dans de petites choses et qu'il a y toujours quelque chose de beau autour de nous.

Il n'y a que certains passages lors des dialogues qui étaient incompréhensibles pour la québécoise que je suis. Les expressions très françaises fusaient de tous les côtés jusqu'à m'y perdre un peu. Sinon, tout m'a plu dans ce roman, l'écriture, les personnages, les émotions et les réflexions qui s'imposent à nous.

Sauf quand on les aime - Frédérique Martin
Éditions Belfond 2014
224 pages

samedi 3 janvier 2015

L'adaptation de Wild

Je rédige ce billet à chaud. Je viens de rentrer chez moi après le visionnement de Wild au cinéma. J'avais de très hautes attentes, le livre Wild ayant été un vrai coup de coeur. Jean-Marc Vallée, Reese Witherspoon et les autres ne le savaient peut-être pas mais ils en avaient de la pression ! Au final, le pari est relevé, le film est aussi beau et touchant que les écrits de Cheryl Strayed.

Jean-Marc Vallée m'a déjà conquise plus d'une fois. C.R.A.Z.Y et Dallas Buyers Club figureraient certainement sur la liste de mes meilleurs films toutes catégories confondues si jamais elle existait. Encore une fois, je suis ébahie. La mise en scène est remarquable. C'était un défi de rendre un périple solitaire aussi intéressant. L'histoire est déjà touchante mais on a su bien retransmettre les émotions par les images. Reese Witherspoon était parfaite dans son rôle. Et que dire de tous ces magnifiques paysages ?

La chronologie n'est pas exactement la même que dans le livre mais ça ne m'a pas du tout gênée. Aussi, certains passages ont été écourtés ou complètement effacés mais tout tient la route. J'ai seulement trouvé drôle, par exemple, de voir Cheryl marcher avec son t-shirt de Bob Marley alors qu'on n'a pas vu le moment où elle le recevait. Seuls les "vrais" auront remarqué ces menus détails !

C'est un superbe film, et surtout, n'y voyez pas un Into the wild (vraiment excellent aussi) version féminine. Il y a beaucoup de différences en commençant par les motivations du personnage principal. L'un veut à tout prix se faire oublier de la société de consommation et la fuir alors que l'autre veut faire la paix avec son passé et espère une renaissance à la fin de son périple.

Mon billet à propos du livre se trouve ici : Wild

jeudi 1 janvier 2015

3... 2... 1... Bonne année !!!


Je tiens à souhaiter "Bonne année" à tous ceux qui passeront ici ! 
Que 2015 soit une année de bonheur ! 

lundi 29 décembre 2014

Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul ? - Pierre Szalowski

Quatrième de couverture :

Martin Gagnon, célibataire endurci, revient à Montréalle soir du réveillon de Noël 1988 alors que personne ne l’attend et qu’il n’attend plus rien de personne. Dans l’hôtel vide où il débarque, de strictes consignes ont été données au personnel : pas d’alcool, pas de femmes,pas de fête pour le turbulent hockeyeur, chassé sept ans plus tôt par le Canadien pour une frasque nocturne de trop. Pour l’ancienne gloire locale, la nuit prometd’être longue, très longue. Mais c’est sans compter les hasards de la vie, qui peuvent parfois nous offrir d’incroyables surprises…

Résigné à tuer le temps entre sa chambre d’hôtel et la banquette arrière d’un taxi à la recherche d’amis perdus, Martin Gagnon fait une rencontre inattendue qui va peu à peu illuminer cette nuit jusqu’à en devenir la plus belle de sa vie.

Mais est-ce bien le hasard qui a présidé à cette rencontre ? N’est-elle pas le fruit d’une soirée que Martin Gagnon voulait oublier quand il a quitté Montréal ? Et s’il était père sans l’avoir jamais su ?


Pierre Szalowski aborde toujours des sujets dans lesquels les québécois se retrouvent, se reconnaissent. Dans son roman plus connu Le froid modifie la trajectoire des poissons, l'action se déroulait pendant la Crise du verglas de 1998 qui a marqué tous les habitants de la province. Cette fois, le personnage principal est un joueur de la célèbre équipe de hockey des Canadiens de Montréal.

Dans les premiers chapitres, le personnage principal n'est pas facile à aimer. Martin Gagnon est un joueur de hockey qui aime un peu trop faire la fête. Il s'est probablement inspiré de segments de la vie de certains joueurs réels du tricolore. J'ai cru en reconnaître quelques uns et leurs célèbres frasques. En plus, il est désagréable et arrogant. Il me faisait même penser au fameux M. Scrooge de Charles Dickens en cette veille de Noël ! Il faut donc dépasser la première partie pour commencer à l'apprécier.

Pierre Szalowski a conservé son écriture très cinématographique quoique j'ai trouvé qu'il était plus précis dans ce dernier roman. On y retrouve aussi plus de descriptions. Il  est facile d'imaginer ses romans adaptés au grand écran.  

Bref, ce roman est un parfait feel-good book ! Ce n'est peut-être pas l'histoire la plus recherchée mais elle fait du bien. Je l'ai lu dans un hôtel de Montréal lors du dernier weekend avant Noël. Je n'aurais pu trouver une lecture plus de circonstance puisque l'histoire se déroule majoritairement dans un hôtel de la métropole aussi pendant le jour et la nuit de Noël !

Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul ? - Pierre Szalowski
Éditions Hurtubise 2012
320 pages

mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël !


Je vous souhaite tous un très joyeux Noël avec votre famille, vos amis, vos livres ou vos chats, peu importe, tant que vous soyez heureux ! Le bonheur, c'est tout ce qui importe après tout. Amusez-vous et faites-vous plaisir, c'est le temps de l'année idéal pour ça !

mardi 23 décembre 2014

Album de famille - Asa Grennvall

Résumé :

Drame psychologique autour d'une famille, et surtout de sa fille aînée, Mari, une adolescente en révolte contre tout. Ce roman graphique, en cinq actes et un épilogue, enchaîne les voix narratives pour dresser un portrait psychologique de chaque personnage.

L'Album de famille porte bien son nom. Dès les premières pages, nous entrons dans cette famille suédoise et nous la suivons sur plusieurs années. Les différents membres de cette famille livrent tour à tour leurs réflexions sur les relations qu'ils entretiennent (ou n'entretiennent plus) entre eux. 

Cette bande dessinée sort du lot par son originalité tant du côté psychologique qu'au niveau des dessins. L'auteur excelle pour créer des personnages à la psychologie complexe. Elle explore brillamment la vie d'une adolescente révoltée que personne ne semble comprendre, celle de sa mère qui la rejette, celle de sa petite soeur "parfaite", etc. Je ne suis pas encore certaine d'aimer le style graphique mais j'ai passé de longues minutes à le regarder tout de même. Il est naïf et décalé.

Je vous conseille donc d'être curieux et de laisser une chance à ce petit album atypique avec lequel j'ai passé un bon moment.
Album de famille - Asa Grennvall
Éditions L'Agrume 2014
112 pages

dimanche 21 décembre 2014

Les vacances commencent !

Le début des vacances des Fêtes, ça signifie aussi plus de temps pour les loisirs, pour lire et pour écrire des billets sur mon blog ! 

Et comment bien commencer cette période magique mais mouvementée ? En passant une fin de semaine à Montréal à faire les boutiques, se baigner à l'extérieur (malgré les -10 degrés), souper au centre-ville, assister une partie des Canadiens de Montréal et lire bien au chaud à l'hôtel un roman tout à fait de circonstance (dont je vous parlerai bientôt).




Bonnes vacances !

dimanche 14 décembre 2014

Ne me dis pas que tu as peur - Giuseppe Catozella

Quatrième de couverture :

Saamiya a la course dans le sang. Enfant, elle promet à son père qu'elle remportera un jour une médaille olympique. Elle s'entraîne dans les ruelles poussiéreuses de Mogadiscio avec Ali, son meilleur ami, qui lui apprend à se laisser porter par le vent. Les victoires arrivent et se succèdent, mais elles attirent aussi sur elle l'attention des fondamentalistes, dont l'étau se resserre sur le pays. Or, Saamiya est une guerrière : à 17 ans, elle réussit à se qualifier pour le jeux Olympiques de Pékin et devient le symbole des femmes brimées par la charia. Menacée, obligée de courir sous une burqa, elle finit par se rendre à l'évidence : pour défendre ses chances aux J.O. de Londres, il lui faut s'entraîner librement. Commence alors un long et terrible voyage vers l'Europe : 8 000 km de l'Éthiopie au Soudan à travers le désert, puis à la Lybie et, de là, aux côtes italiennes.

Pour tirer de l'oubli cette histoire qui a bouleversé le monde entier, en 2012, Giuseppe Catozella choisit de se mettre dans la peau de la jeune athlète somalienne. C'est Saamiya qui, d'une voix douce mais ferme, raconte son combat pour la liberté, mais aussi le destin des innombrables migrants qui tentent chaque jour, dans l'indifférence générale, de rallier l'Occident au péril de leur vie.


L'histoire de Saamiya a, apparemment, bouleversé le monde en entier en 2012. Pourtant, je n'en avais jamais entendu un mot et ce n'est pas parce que je ne suis pas les Jeux Olympiques ! Aux deux ans, je passe pratiquement deux semaines sur mon divan à regarder sans pause les différentes disciplines. J'adore les J.O. J'adore ce qu'ils représentent. Mais l'histoire de Saamiya m'a échappé comme elle a probablement échappé à plusieurs personnes par chez moi. Je suis donc heureuse de l'avoir découverte avec ce livre.

Au commencement, la petite Saamiya n'a que 8 ans mais elle a déjà une passion pour la course. C'est le seul sport qu'elle peut pratiquer avec si peu de moyens dans un pays en guerre. Je ne connaissais pas du tout la situation en Somalie. Les Somaliens sont divisés en clans et se font même la guerre entre eux. Saamiya a la chance d'être une "Abgal" et non une "Darod" comme son ami Ali. Les Abgal, on les laisse habituellement tranquilles alors qu'on persécute régulièrement les Darod qui sont au bas de la société. Le problème de Saamiya, pour les Somaliens, c'est qu'elle court comme les garçons et, surtout, sans voile. Une fille qui court "presque nue" accompagné d'un Darod, dans les rues de Mogadiscio, ça ne passe pas inaperçu malheureusement.

Le destin de Saamiya est infiniment triste et nous connaissons déjà la fin avant d'entreprendre la lecture. Par contre, nous découvrons la force de caractère de cette jeune femme et sa passion pour la course. Je ne connaissais pas non plus les horribles conditions du fameux Voyage de ces gens qui tentent de fuir l'Afrique vers l'Europe. Ce livre est un bel hommage qui m'a touché et informé. Pour ces raisons, je ne peux que le conseiller.

Ne me dis pas que tu as peur - Giuseppe Catozella
Éditions du Seuil 2014
288 pages