Max Winson n'a jamais perdu un match de tennis de sa vie. Adulé par la foule, il n'est pourtant pas celui qu'on croit. Grande carcasse mélancolique à l'allure de Pierrot, il n'est que le produit d'une enfance volée par des entraînements inhumains, le pantin d'un père tyrannique. Quand ce dernier devient trop faible pour le coacher, la liberté s'offre à lui avec son cortège de paradoxes existentiels...
Max Winson est au sommet du classement de l'ATP depuis des années. Il est jeune, riche et complètement imbattable sur un court de tennis. Par contre, dès les premières pages, on remarque qu'il semble malheureux. Il ne laisse jamais ses émotions l'envahir et ne semble avoir aucun plaisir. Une entrevue à la télévision sera le début de gros changements dans sa vie.
D'abord, ce sont les personnages caricaturaux qui m'ont surprise. Le vieux père Winson, Andy et Tyle sont tout sauf conventionnels. Cependant, leurs réactions amplifiées rendent la lecture dynamique.
L'album a aussi le mérite de proposer plusieurs réflexions pertinentes sur la victoire et le succès. Elles peuvent évidemment s'appliquer autant en dehors du monde sportif. Peut-on gravir les échelons du succès sans écraser les autres ? Est-ce que la compétition est saine ? Est-ce que le succès est le but ultime de toute chose ?
Tous en noir et blanc, les dessins sont stylés mais me semblent un peu brouillons. Je n'ai pas détesté mais je n'ai pas aimé non plus. Le côté caricatural des personnages ressort aussi beaucoup graphiquement.
Le premier volet du dyptique Max Winson est surprenant, décalé et intelligent. Je crois qu'il peut plaire à un large public qu'il soit sportif ou non. L'étonnante fin donne envie de lire la suite !
Max Winson (T.1 La tyrannie) - Jérémie Moreau
Éditions Belcourt
160 pages














