mercredi 10 septembre 2014

Max Winson (T.1 La tyrannie) - Jérémie Moreau

Résumé :

Max Winson n'a jamais perdu un match de tennis de sa vie. Adulé par la foule, il n'est pourtant pas celui qu'on croit. Grande carcasse mélancolique à l'allure de Pierrot, il n'est que le produit d'une enfance volée par des entraînements inhumains, le pantin d'un père tyrannique. Quand ce dernier devient trop faible pour le coacher, la liberté s'offre à lui avec son cortège de paradoxes existentiels...

Max Winson est au sommet du classement de l'ATP depuis des années. Il est jeune, riche et complètement imbattable sur un court de tennis. Par contre, dès les premières pages, on remarque qu'il semble malheureux. Il ne laisse jamais ses émotions l'envahir et ne semble avoir aucun plaisir. Une entrevue à la télévision sera le début de gros changements dans sa vie.

D'abord, ce sont les personnages caricaturaux qui m'ont surprise. Le vieux père Winson, Andy et Tyle sont tout sauf conventionnels. Cependant, leurs réactions amplifiées rendent la lecture dynamique.

L'album a aussi le mérite de proposer plusieurs réflexions pertinentes sur la victoire et le succès. Elles peuvent évidemment s'appliquer autant en dehors du monde sportif. Peut-on gravir les échelons du succès sans écraser les autres ? Est-ce que la compétition est saine ? Est-ce que le succès est le but ultime de toute chose ? 

Tous en noir et blanc, les dessins sont stylés mais me semblent un peu brouillons. Je n'ai pas détesté mais je n'ai pas aimé non plus. Le côté caricatural des personnages ressort aussi beaucoup graphiquement. 

Le premier volet du dyptique Max Winson est surprenant, décalé et intelligent. Je crois qu'il peut plaire à un large public qu'il soit sportif ou non. L'étonnante fin donne envie de lire la suite !
Max Winson (T.1 La tyrannie) - Jérémie Moreau
Éditions Belcourt
160 pages

Pour voir ce qu'ont lu les autres participants de la BD du mercredi, allez chez Mango !

dimanche 7 septembre 2014

Beach Bum - Pierre Brume

Quatrième de couverture :

L'action de ce premier tome de Beach Bum se déroule au Mexique, à Puerto Loco, petit village de la Côte Pacifique. Insouciant et désinvolte, Max accumule les conquêtes féminines et multiplie les combines pour survivre dans ce monde paradisiaque où le temps se dilate dans un quotidien de rêve. Dans un décor tropical, luxuriant et baigné de somptueux couchers de soleil, chaque jour apporte son lot d'imprévus, au rythme des vagues parfois périlleuses. Car tout n'est pas que sexe, plage, alcool et aventures. Le danger guette notre Beach Bum.

Trouvé complètement par hasard, c'est l'endroit où se déroule l'histoire qui m'a attiré : le Mexique! Je ne connaissais rien de l'auteur ni du scénario avant de commencer si ce n'est que Beach Bum est le premier tome d'une série à venir.

Max, un québécois à la recherche de liberté, vit déjà depuis quelques semaines sous les tropiques lorsque nous faisons sa rencontre. Dès le départ, plusieurs péripéties surviennent mais, bien qu'intéressantes, elles me semblaient trop rapidement survolées. Il m'a fallu un peu plus de temps pour finalement apprécier cette lecture légère et ensoleillée.

J'avais un peu de difficulté à me mettre en tête que c'était une fiction et non pas la vie de l'auteur à une certaine époque. Ça sent vraiment le vécu (autant la pêche d'huîtres en apnée que les parties de jambes en l'air dans les hamacs à vrai dire) mais au fond, peu importe, c'est divertissant ! J'ai eu le goût de repartir au Mexique illico ! Pendant ma lecture, je me suis demandée : de la men litt, est-ce que ça existe? Beach Bum possède toutes les qualités de la chick litt et tous les défauts aussi mais en version plus masculine. 

Bref, c'est une lecture pour la plage ! Mon conseil : achetez-le à votre copain avant de partir dans le Sud pour qu'il lise avec vous. Je paris qu'il adorera ce livre ! Puis quand vous aurez fini le vôtre, empruntez-lui donc !

Beach Bum - Pierre Brume
Éditions Clermont
341 pages

mercredi 3 septembre 2014

Come prima - Alfred

Résumé :

Début des années 60. Suite à la mort de leur père, deux frères, Fabio et Giovanni, sillonnent les routes au volant d’une Fiat 500. Leur voyage, émaillé de disputes et de silences, de souvenirs et de rencontres, les conduira jusqu’à leur Italie natale, quittée depuis des années. Par bribes, le portrait de leur père se recompose et les amène à mettre en lumière leurs relations tumultueuses…

Dès les premières pages de Come prima, j'ai tombé sous le charme du dessin d'Alfred. Quelques pages plus loin, c'était au tour de la narration de me séduire. Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour réaliser que je filais tout droit vers un gros coup de coeur à bord de cette minuscule bagnole et ces deux frères italiens. Un coup de coeur BD comme je n'en ai pas eu depuis des mois !

À l'instar de ma BD précédente, Ma révérence de Lupano et Rodguen, nous avons droit à un duo de héros mal assortis. Tout commence lorsque Giovanni décide de retrouver son frère aîné Fabio pour lui annoncer la mort de leur père. S'étant laissés en mauvais termes, les retrouvailles ne sont évidemment pas réjouissantes. On ne sait pas grand chose de Giovanni mis à part qu'il a essayé de réparer les pots cassés par son frère il y a de ça des années. Malgré tout, Fabio accepte de retourner en Italie avec lui. Dans les premières planches, on aperçoit Fabio livré un combat de boxe et on s'imagine facilement qu'il est un dur à cuire, paumé et bourru. Se fier aux apparences cependant est une erreur. C'est aussi le genre de personnage à s'émouvoir à la vue d'un oranger et de ses fruits qu'il n'a pas mangé depuis des années. C'est cette complexité qui les rend crédibles et humains.

L'Italie, sous les traits d'Alfred, est magnifique. J'ai adoré les couleurs ensoleillées des paysages ! On nous offre un très beau road-trip avec les deux frères. La route n'est pas tranquille avec eux mais elle est passionnante !

Bref, Come prima est une superbe BD volumineuse comme je les aime !
Come prima - Alfred
Éditions Delcourt
222 pages

Pour lire les billets des participants de la "BD du mercredi", c'est chez Mango !

mercredi 27 août 2014

Ma révérence - Wilfrid Lupano & Rodguen

Résumé :

Vincent, trentenaire, un poil dépressif, estime que la société lui doit quelques dommages et intérêts, au titre de préjudice moral. Et comme on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, il s'improvise braqueur de fourgon. Son plan est malin, sa cause noble et l'amour au bout du braco. Mais en choisissant pour complice le déconcertant Gaby Rocket, Vincent n'a-t-il pas vu trop grand ?

Ma révérence a eu un véritable succès sur les blogs mais pas que là. Elle a remporté le Prix Fauve Polar SNCF au Festival de BD d'Angoulême. Je vous assure qu'elle a aussi eu du succès chez moi !

Au départ, ce qui m'a frappé, c'est la narration volontairement décousue. On suppose que Vincent, le personnage principal, ne sait pas par quel bout commencer. C'est qu'elle est spéciale son histoire ! Il nous présente rapidement son acolyte, un looser qui se croit un dur de dur, un pauvre type alcoolique et homophobe. Le duo de personnages deviendra attachant malgré tous leurs travers. J'ai pris plaisir à les voir pratiquer et réviser leur plan qui, disons-le, n'impressionne pas vraiment ! Loin de leur souhaiter du malheur, j'avais envie qu'ils réussissent mais l'espoir était faible.

Le dessin et le scénario sont très cinématographiques. Le dessin est dynamique et agréable pour l'oeil. Les visages sont très expressifs comme vous pouvez le constater dans les extraits ci-dessous. On a l'impression de regarder un dessin animé. Le scénario, humoristique par moments, tient aussi la route. Le dernier tiers de l'album a un rythme particulièrement enlevant. Bref, Ma révérence, c'est que du plaisir !


Ma révérence - Wilfrid Lupano & Rodguen
Éditions Delcourt
123 pages

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dimanche 24 août 2014

Le chardonneret - Donna Tartt

Quatrième de couverture :

Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Dona Tartt.

La sortie de ce roman, il y a quelques mois, n'est pas passée inaperçue en remportant, entre autres, le prix Pulitzer. C'est que Donna Tartt a du talent, vraiment ! Elle nous l'avait amplement démontré dans Le maître des illusions mais elle en rajoute avec son "p'tit dernier". Cette fois encore, son écriture est hyper précise sans être lourde. Elle coule facilement et efficacement. 

Avant ma lecture, j'avais entendu dire que Le chardonneret était interminable et que les nombreuses longueurs diminuaient le plaisir. Je ne suis pas d'accord quoique je l'ai trouvé long aussi. Nous ne sommes pas habitués de lire un pavé de près de 800 pages aussi compactes. Les caractères sont petits, il y a peu d'espaces et peu chapitres pour alléger la lecture. Par contre, dire que le plaisir ne suit pas la cadence serait mentir. L'histoire est prenante et les personnages sont originaux et travaillés. C'est surtout le cas du copain de Théo, Boris. Ce dernier a probablement voyagé plus que vous et moi déjà alors qu'il n'a pas encore vingt ans. Il est polyglotte, marginal et plutôt téméraire. C'est un personnage en qui on a plus ou moins confiance mais du genre qui me plait bien. 

Le roman se divise en plusieurs parties qui ont toutes un petit quelque chose. Les personnages se retrouvent à New York, à Las Vegas et à Amsterdam. Ce n'est cependant pas toujours une partie de plaisir alors que les excès font partie du quotidien et que la mort ne rôde jamais bien loin. Tout comme dans La maître des illusions, l''histoire a un côté noir très prononcé qui m'a totalement envoûté. Les théories du bien et du mal exprimées tout au long de l'histoire méritent qu'on leur porte attention aussi.

Bref, ce n'est pas évident de parler d'un roman aussi fort et dense. Le Chardonneret, c'est un roman d'envergure à l'écriture puissante !

Le chardonneret - Donna Tartt
Éditions PLON 2014
787 pages

vendredi 22 août 2014

Si la BD québécoise vous intéresse...

vous serez contents d'apprendre qu'une nouvelle revue intitulée "Planches" devrait voir le jour dans les prochains mois. Ils en sont actuellement à demander des contributions financières pour le projet. Intéressant, non ? Vous pouvez obtenir la revue et quelques articles contre votre contribution (des éditions spéciales, marque-page, ex-libris, etc.).


mercredi 20 août 2014

Justine - Gauthier

J'écris un mini-billet pour une mini BD ! Je ne ferai pas de résumé sinon vous n'aurez plus aucune surprise ! L'album de Justine est mini par son format mais pas du tout par l'importance et la valeur de son sujet. Je doute qu'il soit facile de parler d'un enfant garçon né dans un corps de fille que ce soit en bande dessinée ou dans un tout autre médium d'ailleurs. Quand c'est super bien fait, ça vaut la peine d'être dit ! 

J'aime beaucoup les dessins simples mais qui disent tout. Je les avais beaucoup aimé aussi dans l'autre bande dessinée de Gauthier que j'ai lu Peau de lapin. J'avoue avoir préféré ce Peau de lapin à Justine parce qu'on avait le temps d'entrer plus doucement dans l'histoire...

vendredi 15 août 2014

Le Nao de Brown - Glyn Dillon

Résumé :


Nao souffre de TOC, mais pas de celui qui consiste à sans cesse se laver les mains ou toujours tout ordonner. Nao souffre d’obsessions violentes et morbides et ses compulsions prennent la forme de rituels mentaux invisibles. Travaillant à mi-temps dans un magasin de jouets designs et tendances, tout en essayant de décoller sa carrière d’illustratrice, elle est en quête d’un amour insaisissable... l’amour parfait. Et en rencontrant l’homme de ses rêves, elle réalise que les rêves peuvent s’avérer... bizarres.

J'étais très curieuse à propos de cet album qui a remporté des prix prestigieux. En le feuilletant, ce sont les superbes dessins qui m'ont davantage attiré. Il n'en fallait pas plus pour que je le prenne !

L'histoire est celle de Nao, une jeune femme asiatique vivant à Londres (c'est un peu redondant ces temps-ci avec Un thé pour Yumiko). Cependant, le quotidien de Nao n'est pas ordinaire. Elle vit avec ses démons, des pensées terribles. Son entourage n'est pas au courant mais fréquemment, elle se voit, en pensée heureusement, agresser des gens autour voire même les tuer. Ces TOC très particuliers font d'elle un personnage très différent de ceux qu'on a l'habitude de rencontrer dans les bandes dessinées ce que j'ai apprécié. Malgré ses problèmes, Nao a la chance de vivre une histoire d'amour présentée de façon très réaliste et plaisante.

Par contre, l'histoire de Pictor l'homme-arbre, qui alterne avec celle de Nao ne m'a pas du tout intéressée. Je dirais même que cette fable m'a profondément ennuyée. Je vous fais une confession : je n'ai pas lu toutes les pages de cette histoire.


Je ne sais pas si j'en garderai un grand souvenir mais j'espère au moins garder en mémoire ces dessins. Ne sont-ils pas géniaux ?

mardi 12 août 2014

De retour pour de bon !

Voilà ! Je suis chez moi pour de bon cette fois ! Je ne devrais malheureusement pas repartir dans les prochains mois et l'activité du blog devrait reprendre son cours normal...

Ma destination cette fois était le Bas St-Laurent et la Gaspésie au Québec. Je connaissais le Bas St-Laurent mais jamais je ne m'étais rendue plus loin que Rimouski. La Gaspésie, c'était tout nouveau pour moi ! J'ai eu un énorme coup de coeur pour cette région incroyablement belle et où les gens sont tous plus sympathiques les uns que les autres. Moi qui adore les animaux, j'ai été gâtée ! J'ai croisé des lièvres, des cerfs de Virginie, des caribous, des phoques et des milliers de fous de Bassan. 

Le Québec n'a vraiment rien a envier aux autres pays (oui, pour moi, le Québec est un pays) !


Les caribous du Mont Jacques-Cartier

Cap-des-Rosiers

Vue du Mont St-Alban

Une plongée en apnée magique avec des phoques communs


Les fous de Bassan de l'Île Bonaventure (la plus grosse colonie au monde)

Le Rocher Percé vu de l'Île Bonaventure

vendredi 1 août 2014

Blog en pause pour une autre semaine !

Et oui ! Je repars pour une semaine de vacances. Je ne dévoile pas la destination tout de suite, ce sera une surprise à mon retour ! À moins que vous ne le deviniez avant ! Un indice : ce sera un voyage en voiture cette fois, pas d'avion ! :) À bientôt !