dimanche 13 septembre 2015

Et au pire, on se mariera - Sophie Bienvenu

Quatrième de couverture :

Avant de rencontrer Baz, Aïcha était tout le temps enragée. Elle traînait son enfance brisée en essayant d’éviter sa mère, les vieux puants et les seringues usées du parc. Maintenant qu’elle est amoureuse, elle voit les balançoires dans les parcs de Centre-Sud. Voilà pourquoi, pour Baz, Aïcha ferait tout, même le pire. Tout, c’est ce qu’elle doit raconter à cette femme qui la regarde comme une page de faits divers. Mais suivre le récit d’Aïcha, c’est entrer dans un labyrinthe pour s’y perdre autant qu’elle.

Une confrontation déchirante et drôle où l’émotion court. La langue à fleur de peau de Et au pire, on se mariera se trouve à la croisée du romanesque, du théâtre de rue et de la déposition.


Ouf ! Quel texte ! Quand j'ai choisi ce livre je ne savais pas vraiment de quoi il parlait. L'avoir su, je ne suis pas certaine que j'aurais voulu le lire mais je me suis jeter dessus parce que j'ai eu un coup de coeur pour Chercher Sam de Sophie Bienvenu. À l'instar de ce dernier, Et au pire, on se mariera aborde des sujets difficiles mais de brillante façon. C'est déstabilisant, c'est tough mais ça se lit d'un trait !

Au début du récit, nous comprenons qu'une jeune fille discute avec une personne dont on ignore le rôle. Elle fait un monologue qui n'en est pas vraiment un. La personne, que l'on devine rapidement être une travailleuse sociale, s'adresse à elle. Nous comprenons qu'elle lui pose des questions même si elles sont absentes du texte. En fait, jamais un autre personnage n'a la parole dans ce livre. C'est incroyable de réaliser que nous pouvons suivre toute la discussion en ayant que la moitié sous les yeux ! Les points de suspension sont très révélateurs. L'auteure est très habile.

Pendant cet interrogatoire, Aïcha, âgée de 13 ans, raconte autant ses fantasmes que les faits réels. C'est ce qui m'a le plus déstabilisé. C'est au lecteur de tenter de dissocier le vrai du faux comme le bien du mal dans les parties confuses. La tâche n'est pas facile. Et que dire de la fin ? Je suis restée sans mot.   
                                                           
Malgré des thèmes qui ne m'attiraient pas du tout, Sophie Bienvenu m'a renversé une fois de plus avec ce roman. Elle est incroyablement talentueuse. 

Et au pire, on se mariera - Sophie Bienvenu
Éditions La Mèche (nouvelle édition) 2015
160 pages

7 commentaires:

Sandrine a dit…

Je ne connais pas cet auteur. A retenir donc.
Bon dimanche.

Marie-Claude Rioux a dit…

Depuis le temps que j'entends un grand bien de ce roman... Ton billet vient enfonce le clou! À suivre dans ma PAL!

Marguerite a dit…

@ Sandrine : Oh oui, un nom à retenir :)

@ Marie-Claude Rioux : Il faut être prêt à être dérangé, déstabilisé, mais c'est excellent !

Topinambulle a dit…

Il a rejoint ma PAL la semaine dernière, mais je sens que je vais devoir m'accrocher...et bien choisir mon moment pour le lire.

Marguerite a dit…

@ Topinambulle : Super ! J'ai hâte de connaitre ton avis. Il n'est pas "jojo" mais il n'est pas si pire que ça. Il se lit bien.

Gabriel a dit…

Bon... moi j'ai adoré Chercher Sam (il faut le lire c'est un petit bijou) mais je n'ai pas aimé celui-ci. Je l'ai trouvé dur, cru, j'ai eu du mal à ressentir quelque chose pour les personnages. J'ai trouvé ça intense comme lecture et troublant. Tout le monde semble avoir aimé ce livre. Pas moi.

Marguerite a dit…

@ Gabriel : Je suis d'accord avec toi pour "Chercher Sam" mais, pour moi, "Et au pire, on se mariera" n'est pas si loin derrière. Dur et troublant, je suis d'accord aussi. Mais je trouve que l'écriture de Sophie Bienvenu est géniale et le rythme qu'elle arrive à donner à ses livres aussi !