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mercredi 5 février 2020

Une famille presque normale - M. T. Edvardsson

Quatrième de couverture :

Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s'apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est. C'est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d'affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s'agir que d'une erreur judiciaire.

Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n'a pas toutes les pièces. C'est d'abord Adam qui s'exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s'échappe. La seule évidence qui s'impose très vite, c'est qu'il n'existe aucune famille " normale ".

Plus qu'un thriller, une découverte exceptionnelle. 



Ma dernière lecture d'un polar scandinave remontait à plusieurs mois. En lisant la quatrième de couverture de celui-ci, j'ai tout de suite été intriguée même si je ne connaissais pas du tout. C'est plutôt normal car c'est le premier roman de cet auteur suédois à être traduit en français. Et ce fût une très bonne pioche !

Tout commence alors que Stella Sandell, 19 ans, est arrêtée pour le meurtre d'un riche homme d'affaire d'une trentaine d'année. Tout bascule dans la famille Sandell apparemment sans histoire et "normale". Le récit est divisé en trois parties distinctes dans lesquelles les membres de la famille se livrent un après l'autre. D'abord, nous avons droit à la version d'Adam le père. Ensuite, c'est Stella qui raconte sa vie et les évènements venant déjà bousculer la version de son père. Finalement, Ulrika, la mère, vient clore le récit avec ses propres vérités. Le regard croisé sur des moments pourtant ordinaires et les différences de point de vue sont intéressants.

Évidemment, tout au long de la lecture, on veut savoir ce qui s'est réellement passé. Stella est-elle coupable ou non ? Mais, en plus de ça, ce roman nous fait réfléchir à la justice. Les deux parents sont des personnes qui devraient croire en une certaine justice. Adam est pasteur de profession. Il devrait s'en remettre à la volonté de Dieu. De son côté, Ulrika est une avocate. Inutile de dire qu'elle devrait croire en le système judiciaire pour lequel elle travaille chaque jour. Et pourtant, toutes leurs certitudes s'effacent lorsque leur propre fille est considérée comme le suspect numéro un de cette affaire. Et là, la fameuse question se pose : "Jusqu'où iriez-vous pour protégez votre famille?".

Même sans grands rebondissements, l'auteur entretient le suspense jusqu'à la toute dernière page. Le dénouement ne déçoit pas non plus. C'est un vrai bon page-turner !

Une famille presque normale - M. T. Edvardsson
Éditions Sonatine 2019
528 pages

samedi 20 janvier 2018

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas « le genre » de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. Il découvre que l’époux de Maria a eu un passé agité, qu’il a une liaison avec l’une de ses anciennes amours, qu’il est endetté et que Maria possédait une vraie fortune. Une intrigue parallèle nous raconte l’histoire d’un jeune couple disparu lors d’une promenade sur le lac. Et nous avons enfin des informations sur la nature des relations d’Erlendur avec son ex-épouse, Halldora.


Lire un roman d'Indridason pendant les vacances des Fêtes, c'est maintenant un classique chez moi ! Je l'ai fait encore cette année avec le 6ème roman mettant en scène l'inspecteur Erlendur.

Dans Hypothermie, notre vieux Erlendur enquête sur le suicide mystérieux d'une femme dans son  chalet de campagne en Islande. C'est la meilleure amie de cette femme qui le met sur la piste d'une affaire qui n'avait pas l'air d'être être une. Puis, l'enquête avance et il y est question de croyances surnaturelles, de fantômes, de médiums et d'expériences interdites (qui m'ont fait penser au film Flatliners). L'enquête est passionnante malgré qu'il n'y ait pas de l'action à chaque page. Si vous aimez habituellement les enquêtes proposées par Indridason, vous devriez aimer celle-là également. Moi, j'ai beaucoup aimé.

J'ai un seul petit agacement (et c'est le même que dans Hiver arctique, son roman précédent) qui concerne l'histoire du jeune frère d'Erlendur qui a perdu la vie. Il se sent encore coupable de l'avoir perdu de vue dans la tempête. Cette histoire est lassante et n'avance pas d'un pouce depuis le tout premier roman. J'espère qu'il découvrira un jour ce qu'il est véritablement arrivé à son frère et qu'il pourra ainsi faire son deuil et nous laisser tranquille avec ça !

Bref, j'ai passé encore un très bon temps des Fêtes avec mon cher Erlendur !

D'autres romans d'Arnaldur Indridason sur mon blogue : La cité des jarres, La femme en vert, La voix, L'homme du lac, Betty et Hiver arctique

Hypothermie - Arnaldur Indridason
Éditions Métailié 2010
304 pages

jeudi 4 janvier 2018

Homo Sapienne - Niviaq Korneliussen

Quatrième de couverture :

Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu’à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu’elle aime les femmes, Ivik comprend qu’elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur «l’île de la colère», où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs.

Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée. Elle parle du désir universel d’être soi, socialement, intimement, confiante que les cœurs et les corps sauront être vrais.

Née en 1990, Niviaq Korneliussen a grandi à Nanortalik, au sud du Groenland. Homo sapienne marque un tournant dans l’histoire littéraire groenlandaise en rejoignant un lectorat en dehors de la terre natale. Selon The New Yorker, l’écrivaine inuite s’affirme avec ce premier livre comme la «nouvelle étoile du Nord».


Niviaq Korneliussen est la première auteure groenlandaise que je lis. À en croire la préface, ils ne sont pas nombreux à être lus en dehors du Groenland non plus. Sa façon moderne d'écrire et ses thèmes se distinguent de ses prédécesseurs. C'est probablement ce qui explique son grand succès en partie.

Homo Sapienne est divisé en cinq parties distinctes et chacune d'elle porte la voix d'un personnage. Cependant, nous recroisons les personnages dans les parties des autres. Ils habitent tous la ville de Nuuk. Comme sa population est limitée, les personnages se connaissent tous ou, du moins, sont reliés entre eux d'une quelconque façon. Fia, Arnaq, Ivik, Inuk et Sara sont jeunes, amoureux et épris de liberté mais aussi, résignés. Ils forment une génération qui se cherche. Ils se cherchent une identité propre, une identité sexuelle et/ou de genre et une identité en tant que Groenlandais. En attendant, ils fêtent, ils boivent et ils couchent ensemble !

J'ai beaucoup aimé que les voix soient différentes les unes des autres. L'écriture est aussi fluide et crue. Elle est parsemée de phrases anglaises ainsi que de termes d'une langue Inuit du Groenland (toujours traduits évidemment). Ce mélange représente parfaitement cette génération qui s'ouvre sur le monde avec l'anglais mais qui conserve aussi la langue de leurs ancêtres. Je comprends tout à fait que ce roman ait fait tout un tabac là-bas. Toute une génération s'est retrouvée dans ce roman. Et même si je n'ai rien d'une Groenlandaise, j'ai adoré aussi !

Homo Sapienne - Niviaq Korneliussen
Éditions La Peuplade 2017
232 pages

dimanche 12 janvier 2014

Hiver arctique - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Un soir glacial de janvier à Reykjavik, le corps d’un petit garçon est retrouvé au pied d’un immeuble de banlieue. Il avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande. Erlendur et son équipe n’ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère. Erlendur va explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée. Une autre enquête mobilise Erlendur. Une femme trompée, qui croyait au grand amour, a disparu, et une femme mystérieuse appelle le commissaire sur son portable pour pleurer, ce qui va permettre au commissaire de révéler ses dons de diplomate. Par ailleurs, son fils et sa fille s’obstinent à exiger des réponses qu’il n’a aucune envie de donner. 

Dans ce dernier roman impressionnant, Indridason surprend en créant un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre, et pour la troisième fois, le Prix Clé de Verre du roman noir scandinave.

Pendant le temps des fêtes, j'ai lu ce livre (de circonstance) alors qu'il neigeait des centimètres et des centimètres à l'extérieur ! J'aime bien cet auteur et son personnage Erlendur. Mais surtout, ce que j'aime des polars d'Indridason, ce sont les enquêtes. On peut facilement élaborer des théories comme si nous étions enquêteur aussi. Cet opus n'y fait pas exception. J'ai encore eu du plaisir à lire ce polar très efficace qui a aussi un petit côté social. 

On y aborde de façon directe la vie des immigrants venant d'Asie et de l'intégration de leurs enfants à l'école. Le racisme est malheureusement encore une réalité en Islande (comme dans tous les pays je suppose). Indridason a l'habitude des thèmes durs et il en parle bien. Il dénonce sans être moralisateur pour autant. À part le racisme dans celui-ci, il a abordé la violence conjugale dans La femme en vert et la "surveillance mutuelle" dans l'Allemagne des années 60 dans L'homme du lac

Mon seul petit agacement est l'histoire du jeune frère d'Erlendur, qui a perdu la vie dans une tempête, qui commence vraiment à me lasser. On connait les faits depuis le premier titre, La cité des Jarres, et on en reparle régulièrement à chaque nouveau livre malgré que ce dossier n'avance absolument pas. Jusqu'ici, je n'avais presque pas de point négatif à mentionner sur cette série mais en voilà un ! Cela dit, il n'est pas assez agaçant pour m'empêcher de poursuivre.

Hiver arctique - Arnaldur Indridason
Éditions Métailiés 2009
336 pages

lundi 25 février 2013

Betty - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Quand j’ai rencontré Bettý, j’ai su que ma vie allait basculer. Elle était magnétique et fatale. J’aurais tout donné pour elle. J’ai même accepté de travailler pour son mari. Mais maintenant c’est moi qui suis derrière les barreaux. Aux yeux de tous, je suis coupable de meurtre. Parce que, si l’amour se joue à trois, il y en a toujours un de trop.

Une fois n'est pas coutume, j'écrirai un très court avis. C'est trop difficile de ne rien révéler et je ne veux absolument pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs. Betty est un roman d'à peine deux cent pages qui se lit très rapidement. Indridason nous a habitués à suivre les enquêtes d'Erlendur et de son équipe mais, cette fois-ci, ce sont de tout nouveaux personnages que nous rencontrons. C'est intéressant de lire ce qu'il a écrit avant les aventures du célèbre enquêteur islandais. Ce roman n'est pas tout neuf. C'est seulement sa traduction qui l'est. Je n'en dis pas plus si ce n'est que j'ai bien aimé suivre cette machiavélique Betty et cette histoire noire et tordue.

Un petit passage où un policier discute avec ses collègues avant un interrogatoire d'un certain Erlendur qui enquête sur le squelette trouvé dans le lac de Kleifarvatn m'a bien fait sourire. C'est l'enquête de L'homme du lac que j'ai lu la semaine dernière !

Pour ceux qui n'ont pas peur des spoilers -------------------------------------------->
Il y a un bon revirement de situation auquel on ne devrait normalement pas s'attendre vers le milieu du roman. Mais, puisque maintenant vous savez (je le savais moi aussi), vous trouverez peut-être la manipulation de l'auteur comme moi. J'ai tout vu venir ! Pourrez-vous en dire autant ?

vendredi 15 février 2013

L'homme du lac - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractère cyrillique à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, Ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide. Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple,jugeait nécessaire de le surveiller constamment. 

Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.

Indradison nous raconte une magnifique histoire d'amour victime de la cruauté de l'Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.

Quand j'ouvre un roman d'Indridason, je sais que des heures de plaisir m'attendent ! Jusqu'à date, je n'ai jamais eu de déception. Ses polars sont efficaces et intéressants. De plus, les enquêtes ne se ressemblent pas.

Dans cette quatrième enquête d'Erlendur, en partant d'un squelette retrouvé dans ce lac d'autrefois, maintenant desséché,  on s'attaque aux régimes politiques socialiste et communiste. On découvre que l'espionnage, souvent camouflée sous le nom de surveillance mutuelle, était une réalité bien réelle en Allemagne dans les années 60-70 mais, aussi, dans bien d'autres pays d'Europe. Les tribulations des jeunes étudiants universitaires islandais en Allemagne de l'Est sont habillement menées. J'ai pu découvrir en même temps qu'eux ce qu'était la vie dans ce pays à cet époque. J'étais aussi heureuse de voir Erlendur sociabiliser davantage. Ça regarde bien pour la suite !

Le dénouement, haletant et tragique, est satisfaisant sauf pour un détail : j'aurais apprécié savoir ce qu'il était arrivé à un personnage en particulier. On ne le sait pas et, pourtant, c'était un personnage important de l'histoire. 

Bref, je prends toujours un malin plaisir à lire ses enquêtes. C'est tout ! Et, c'est bien assez !

dimanche 6 janvier 2013

La voix - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins ...


J'ai récemment lu ce troisième opus de la série d'enquêtes d'Erlendur Sveinsson et je dois dire que je l'apprécie de plus en plus à chaque roman. J'ai vraiment dévoré celui-ci ; c'est mon préféré de la série jusqu'à maintenant !

La force de La voix n'est pas l'action. Si c'est ce que vous recherchez, passez votre chemin. C'est un roman d'ambiance avec une enquête passionnante et bien ficelée.

L'ambiance est parfaite : prenante, mystérieuse et froide dans ce chic hôtel d'Islande même pendant cette période de l'année pourtant "chaleureuse" normalement. Il ne s'agit tout à fait d'un huis-clos mais presque tout se passe dans l'hôtel bondé de touristes. Même Erlendur décide de s'installer dans une des chambres (comble du malheur, elle est glaciale, le radiateur ne fonctionne plus) pour mieux enquêter. À la fin, on connait tellement les lieux, c'est comme s'ils existaient réellement et qu'on y avait déjà mis les pieds.

Les personnages principaux me sont de plus en plus familiers. Arnaldur lui-même se dévoile peu à peu ce qui me plait bien. J'ai hâte de mieux connaitre cet homme introverti et solitaire. Une femme vient même troubler son existence. Serait-ce le début d'une belle histoire ? Les personnages propres à l'enquête sur le meurtre du père Noël  aux personnalités fouillées sont très intéressants aussi. 

Chose certaine, je ne perdrai pas de temps à enfiler les prochains tomes. Je me les ai même déjà tous procurés. Le pauvre vieux commissaire n'aura pas beaucoup de vacances !

lundi 22 août 2011

La femme en vert - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain. Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.

L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.

Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.

Après La cité des Jarres, j'ai voulu poursuivre la série des enquêtes d'Erlendur. Je tenais à les lire chronologiquement, ce qui m'a amené à me procurer La femme en vert sans même que j'aie lu la quatrième de couverture. Je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre.

Autant le dire tout de suite, je l'ai préféré au précédent que j'avais pourtant déjà bien aimé. La femme en vert m'a semblé être un roman beaucoup plus abouti et mieux construit. Il y a moins de facilités et moins de hasard que dans la première enquête. Celle-ci m'a beaucoup plus passionnée et j'en garde plus de souvenir (je l'ai lu il y a un mois environ).

Mis à part l'enquête elle-même, Indridason s'est aussi permit d'explorer des sujets plus tabous dans ce deuxième roman. Aborder de lourds problèmes sociaux n'est pas chose facile et c'est plutôt rare de le voir dans les polars. J'ai trouvé qu'il le faisait de belle manière.

J'ai évidemment envie de poursuivre avec la suite, La voix, dont je ne connais pas non plus les grandes lignes. Encore une fois, je compte garder la surprise !

vendredi 17 juin 2011

La cité des jarres - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant " qui fait perdre son temps à la police... Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la " cité des Jarres ", une abominable collection de bocaux renfermant des organes...


Avec ce roman, j'ai enfin fait la connaissance du célèbre inspecteur Erlendur d'Arnaldur Indridason. Il y a plusieurs autres de ses enquêtes qui me faisaient envie mais je tenais à commencer par le début pour les lire chronologiquement. La cité des jarres est sa toute première enquête, traduite en français du moins.


Suite à la lecture de plusieurs billets sur la blogosphère, j'avais des attentes en débutant et après quelques pages, j'avoue que je n'étais pas certaine que ça me plairait. On entre vite dans l'action, ce qui m'a plu mais, j'aurais aimé connaitre un peu mieux les personnages. J'ai trouvé qu'ils manquaient de profondeurs. Une chance, l'enquête, elle, est prenante. Plusieurs rebondissements l'alimentent tout au long de l'histoire. Le lecteur a peu de répit. Puis, le livre est assez court, il se lit donc très bien.


Malgré mes petits bémols, je compte continuer la série de l'enquêteur Erlendur. Peut-être que les personnages gagneront en profondeur. J'espère notamment en apprendre plus sur les deux acolytes de l'enquêteur, Sigurdur Oli et Elinborg. Et si les autres romans ressemblent à celui-ci, ce sont des lectures parfaites pour l'été !

lundi 6 septembre 2010

L'inconnu du nord - Anna Jansson

Quatrième de couverture :

L'île de Gotland passe pour l'un des plus beaux sites sauvages de Suède. Visby, son chef-lieu, est une cité calme où chacun se connaît et se respecte. Forêts, plages et collines y sont autant de refuges pour les hommes et les oiseaux. L'inspecteur Maria Wern y mène l'existence d'une femme d'aujourd'hui, entre deux enfants qu'elle adore et un ex-mari souvent absent. Jusqu'au jour où l'île bascule dans la terreur En lisière de forêt, un campeur a été retrouvé égorgé tandis qu'à quelques kilomètres au sud se déclenche une épidémie de fièvre foudroyante. Les malades meurent les uns après les autres, au même rythme que les assassinats, qui se multiplient. Mais tout cela est-il vraiment une coïncidence ? Aidée du seul médecin qui lutte encore, Maria Wern veut tenir bon et aller au bout de son enquête. A ses risques et périls...

Je ne connais pas la littérature scandinave, je n'ai pas encore lu de leurs polars pourtant nombreux dans les rayons sauf Millenium qui m'a permis de faire une petite intrusion en Suède. Lorsque s'est présentée une occasion de recevoir un polar d'Anna Jansson, je l'ai saisi. Malheureusement, je suis très loin d'avoir éprouvé le même coup de coeur que pour la série de Larsson.

L'inconnu du nord n'est pas un polar comme je m'y attendais. Le suspense est souvent plat et l'intrigue est floue plus souvent qu'autrement. Je me suis très longtemps demandé quel était le lien entre le meurtre du campeur au début et cette vaste épidémie de grippe aviaire. Les personnages ne sont pas intéressants mis à part Maria Wern qui, elle, m'a bien plu. À chaque page, je m'attendais à ce qu'il y arrive quelque chose d'un peu tordu pour que la sauce prenne puis j'ai fini par perdre espoir. Quand je le déposais, je n'avais pas toujours envie de le reprendre.

Malgré tout, j'ai aimé le souci du détail de Jansson en ce qui concerne la partie médicale de l'histoire. La lutte que mènent les personnages contre l'horrible épidémie semble très réaliste. Ce sont finalement les situations extrêmes auxquelles font face les personnages (comme le jeune fils de Maria qui est tenu prisonnier dans une école avec d'autres enfants contaminés par la grippe pour éviter de la propager) qui donnent le plus froid dans le dos. Je me suis demandé comment notre société aurait réagi dans un pareil cas.

En conclusion, le traitement de la tragédie de l'épidémie m'a plu. C'est plutôt le côté "polar" qui m'a déçue. C'est que je m'attendais à une histoire au rythme haletant. Dommage.

dimanche 14 mars 2010

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

Quatrième de couverture :

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante.

C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Plusieurs ont été charmées par ce roman. Moi, j'ai été plutôt déçue. Pas au point de l'abandonner quand même mais avec un titre comme celui-là, je m'attendais à une histoire beaucoup plus originale. Plus souvent qu'autrement, j'avais l'impression que ça tournait en rond qu'on revenait sans cesse à la case départ.

L'idée de l'alternance des narrateurs dans les chapitres m'a plu, on pouvait voir des deux côtés de la médaille. Je trouve que le récit était plus dynamique de cette façon. Le thème de base, soit l'incompatibilité des modes de vie dans un couple, est intéressant aussi. J'ai lu les premières pages rapidement et avec un bon intérêt mais, plus j'avançais moins je gardais le rythme. Certaines situations étaient drôles mais sans plus. Peut-être que le fait que je n'ai trouvé aucun des deux personnages principaux sympathique n'a pas aidé non plus. À leur manière et chacun à leur moment, ils m'ont énervés.

Enfin, je ne veux pas vous décourager de le lire car il a quand même des qualités. Il a plu a tellement de lectrices ! Vous devriez passer un bon moment si vous avez le goût d'une lecture légère et d'une histoire amour pas forcément romantique mais qui vous fera sourire. Je suis peut-être passée à côté de quelque chose mais je crois que je m'attendais simplement à plus.

vendredi 12 juin 2009

La reine dans le palais des courants d'air (Millenium 3) - Stieg Larsson

Quatrième de couverture :

Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s'ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d'une série rapidement devenue culte.

Le lecteur du deuxième tome l'espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n'est pas morte. Ce n'est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l'hôpital, dans l'incapacité physique de bouger et d'agir. Coincée, elle l'est d'autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu'elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu'elle...

Il n'existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l'ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent.

Côté forces du bien. on peut compter sur Mikael blomkvist, qui, d'une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d'autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d'Etat qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l'aide d'Armanskij, reste à savoir s'il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d'une publication concurrente.

Cette série est tout simplement un coup de coeur ! Je n'ajouterai rien à propos de l'histoire car la quatrième de couverture en dit déjà beaucoup. Je vous ferai seulement part de mon enthousiasme pour cette série. Quel dommage que l'on n'ait pas droit aux autres tomes prévus par feu M. Larsson ! Heureusement, ce troisième tome conclut quand même bien l'histoire dans les circonstances. Une fin comme celle du deuxième tome aurait été insoutenable.

Mon tome préféré demeure le deuxième que j'ai trouvé palpitant. Celui-ci l'est moins car on y traite beaucoup la préparation du procès de Lisbeth. Le suspense est légèrement moins intense que dans La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette mais, il y a quand même des scènes surprenantes absolument digne de Millenium. Malgré ces moments de suspense, pendant de sa lecture je me disais que c'était le tome que j'aimais le moins jusqu'à ce que j'en arrive aux 200 dernières pages. Elles se dévorent toutes seules. C'est, en fait, tout le procès. Il s'y déroule des trucs que j'attendais depuis le premier tome. L'attente cependant valait entièrement le coup.

Dans ce tome comme dans les précédents, j'ai aimé l'écriture de Larsson avec un extrême souci du détail et avec quelques longueurs certes mais auxquelles je me suis habituée et que j'appréciais finalement. Les faits, les biographies des personnages, rien n'était laissé au hasard. Son écriture était parfaite pour le genre. J'aurais volontiers lu tout ce qu'il aurait écrit.

Je suis triste à l'idée de ne plus suivre de nouvelles aventures du journaliste et de Miss Hacker. Je vais aussi m'ennuyer de tous ces personnages qui buvaient du café à tous les jours et à toutes les heures de la journée (et de la nuit). Il restera à les visionner sur grand écran. Mais, ce n'est pas pareil.

jeudi 19 février 2009

La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette (Millenium 2) - Stieg Larsson

Quatrième de couverture :

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.

Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.

Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ?

S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.

J'ai commencé à lire ce deuxième tome de Millenium à un moment où j'étais déjà très occupée et où le temps pour lire me manquait. Quelle erreur monumentale ! Avant de commencer ce livre, qui est un bon pavé, assurez-vous d'avoir suffisamment de temps devant vous sinon vous remarquerez une tendance à être légèrement frustré lorsque vient le temps de le reposer. Vous êtes maintenant avertis !

Plus sérieusement, j'ai adoré ! Je ne saurais dire quoi mais cette série a vraiment un petit quelque chose d'accrocheur. Je ne pensais pas que j'aimerais autant ce tome que le premier mais je dirais finalement qu'il le surpasse. Il démarre beaucoup plus vite (j'avais reproché au premier les extrêmes longueurs du début). Au bout d'une trentaine de pages, le rythme est lancé et ne ralentit jamais. Larsson n'a jamais arrêté de me surprendre. Pas de temps morts, les événements et les révélations se succèdent tout au long de ces 653 pages. Découvrir Lisbeth est aussi un véritable plaisir. Elle demeure mon personnage préféré.

La fin, digne d'un grand thriller, est particulièrement enlevante. Il n'y a qu'un truc auquel j'ai beaucoup de difficulté à adhérer. Quelque chose est un peu tiré par les cheveux selon moi. Enfin, à part cet élément, la fin est géniale et se lit d'un trait. Évidemment, maintenant je veux savoir si ... mais en regardant la couverture du troisième tome, j'imagine que non ... pure déduction ! Bon, j'arrête d'écrire en langage codé. Je veux vraiment connaître la suite mais comme la semaine qui vient risque d'être encore très chargée, je vais attendre, question d'éviter les frustrations inutiles !

vendredi 26 décembre 2008

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Millenium 1) - Stieg Larsson

Quatrième de couverture :

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.

Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.

Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.

Vous devez sans doute avoir lu des tonnes de commentaires sur ce premier roman de cette série. Mon billet ira dans le même sens que la grande majorité des billets, j'ai carrément dévoré ce livre !

Le début a été extrêmement laborieux puisque je ne m'y connais absolument pas en économie. Il faut tout de même cent pages avant que la mission de Mickael soit claire. Avant d'atteindre la révélation d'Henrik, je lisais avec bien peu d'intérêt. J'aurais probablement abandonné si je ne connaissais pas tout le succès du roman partout dans le monde. Heureusement, j'ai continué.

La suite est terriblement prenante. L'enquête m'a captivée du début à la fin. J'avais rarement le goût de le reposer même si je devais le faire (on ne peut pas tout délaisser, quand même !). L'histoire est tellement riche en détails (les événements, les dates, etc.) qu'elle pourrait être réelle. Les personnages semblent vrais, aussi, à un point tel que j'avais l'impression de retrouver des connaissances ou des amis à chaque fois que je reprenais ma lecture. J'ai particulièrement apprécié les présences de Lisbeth Salander qui est un personnage (mon préféré sans hésitation !) vraiment intriguant. Bien qu'elle soit assez spéciale, je l'aimais bien et j'avais pitié d'elle parfois. La fin est bien construite aussi. J'avais des doutes et des soupçons sur quelques trucs mais en gros, je ne m'y attendais pas. J'adore me faire surprendre de la sorte !

Il est donc certain que je continuerai à lire cette trilogie. Je suis une nouvelle fan parmi les nombreux fan de Millénium. Je pense, par contre, prendre une petit pause. Il faut d'ailleurs que je me procure les suites mais, je veux absolument retrouver Lisbeth et Mickael bientôt !