vendredi 10 janvier 2020

Survivre à la grossesse et plus encore... - Julie Champagne & Ana Roy

Quatrième de couverture :

Encore un guide sur la grossesse? Hum, pas tout à fait… Divisé en neuf chapitres, comme autant de mois de gestation, ce guide nouveau genre promet de dire toute la vérité sur ce qui attend la femme enceinte et son partenaire. Il aborde avec une bonne dose d'humour,de compassion et d'autodérision, autant le côté obscur de la grossesse que ses petits miracles trimestriels. Véritable bouée salutaire dans la mer d'informations qui submerge les futurs parents, ce guide prodigue tous les conseils nécessaires — suivis, choix de praticien, prescriptions médicales, contre-indications alimentaires — pour survivre à cette période sans perdre la tête ou... les eaux. Positif et réconfortant, il est LE livre de chevet par excellence pour tous les parents modernes qui cherchent à calmer leurs appréhensions et à dédramatiser afin de rendre ces quarante semaines moins lourdes sur le nerf sciatique! À lire sans aucune restriction!


Vous avez une sœur, une fille, une amie ou une collègue qui vient de vous annoncer qu'elle est enceinte ? J'ai trouvé le livre à lui offrir ! À première vue, je croyais que c'était une bande dessinée. Erreur ! Survivre à la grossesse et plus encore… est un guide qui n'en a pas vraiment l'air. Pourtant, c'est une mine d'or d'informations sur toutes les étapes que traversent les femmes enceintes. Il est vraiment très complet. C'est une belle lecture complémentaire au fameux Mieux-vivre qui est beaucoup moins attrayant (mais ô combien important). Il n'y a pas de tabous, on ose dire ce qui ne l'est pas dans plusieurs autres livres de ce genre. L'auteure, Julie Champagne, ne se prend pas trop au sérieux. L'humour est présent d'une couverture à l'autre permettant de dédramatiser les situations. Les illustrations d'Ana Roy collent parfaitement à ce type de livre. 

Seul bémol : j'aurais aimé que certains passages soient plus inclusifs. On mentionne que les familles d'aujourd'hui ne sont pas toutes nucléaires (comme la mienne d'ailleurs) mais il y a une grande section pour les papas. Il y aurait surement eu une façon d'inclure les autres types de famille en mentionnant "l'autre parent" ou "le parent qui ne porte pas le bébé". Et puis, ce n'est pas toujours des infirmières qui donnent les cours prénataux et qui font les suivis après la naissance. Nous avons eu un infirmier (oui, un homme) très compétent pour nos cours prénataux. Ces petits détails m'ont agacée dans un livre résolument moderne comme celui-ci.

J'aurais aimé l'avoir entre les mains dès mes premières semaines de grossesse. Lu au début du troisième trimestre, les chapitres précédents étaient moins pertinents car c'était du connu (et du vécu) pour moi. Ils n'étaient pas moins intéressants pour autant.

À mettre entre les mains de toutes les femmes enceintes !

Survivre à la grossesse et plus encore - Julie Champagne & Ana Roy
Édition Parfum d'encre 2019
192 pages

mercredi 8 janvier 2020

Hiver rouge - Dan Smith

Quatrième de couverture :

Hiver rouge 1920, Russie centrale. La terreur s'est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserte l'Armée rouge pour aller l'enterrer dans son village. Mais lorsqu'il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c'est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu. Nikolaï se met alors sur la piste des siens. C'est le début d'une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au coeur d'un pays ravagé par la guerre civile.


Hiver rouge, c'est le roman que j'ai dévoré au début des vacances des Fêtes. À priori, ce n'est pas le genre de roman que je lis régulièrement mais des proches me l'avaient chaudement conseillé et prêté. Puis, avec l'hiver qui tardait à arriver en décembre, j'avais le goût de me plonger dans cet hiver rouge en Russie.

Au départ, je craignais ne pas aimer. Le début est lent et plus ou moins enthousiasmant. Nikolaï Levitski, le personnage principal, revient dans son village natal avec son frère décédé (oui, il traîne son cadavre depuis un moment déjà) à dos de cheval. On ne sait presque rien sur lui au départ. Malheureusement, à son arrivée, il ne retrouve ni sa femme ni ses deux fils. En fait, le village est complètement désert. Il se rencontre avec une vieille dame qu'il a connue jadis qui raconte des bribes d'histoires qui semblent être tout droit sorties de son imagination. Tout devient intéressant, environ cent pages plus tard, quand il se résout à quitter à nouveau son village et à partir à la recherche de sa famille. 

Durant son périple, Nikolaï ira de rencontre en rencontre. Mais alors, à qui peut-il faire confiance ? Le récit devient très prenant. J'avais du mal à m'arrêter. En plus, chaque chapitre se termine sur un cliffhanger qui nous donne envie de poursuivre "juste quelques pages de plus". Je ne connais pas beaucoup l'histoire de Russie, ses guerres, l'armée rouge et les Tchékistes mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier ce roman. Nous sommes beaucoup plus dans un suspense, un thriller, que dans un roman historique. Il y a un petit côté survivaliste également. Il faut parfois avoir le cœur bien accroché par contre car cette histoire n'est pas exempte de violence de toute sortes. Certains passages sont très durs.

Je suis bien contente d'être sortie de ma zone de confort et d'être allée à la rencontre de ce déserteur de l'armée rouge dans ce roman riche en rebondissements. J'ai adoré.

Hiver rouge - Dan Smith
Éditions 10-18  2016
552 pages

mardi 17 décembre 2019

Les abysses - Biz

Quatrième de couverture :

On peut être au cœur de la forêt et sentir néanmoins s’ouvrir sous ses pieds des profondeurs abyssales. On peut être sur la terre ferme et néanmoins se noyer… 

Catherine se noie. Son père, son unique parent à qui elle tient plus que tout au monde, son « père-mère », son ami, son confident… son père est enfermé dans une cellule de la prison à sécurité maximale de Port-Cartier. 

Michel Métivier, surnommé le « boucher de Baie-Comeau », ne doit pas en sortir avant une dizaine d’années. En attendant, sur les murs aveugles de son cachot, il dessine aux marqueurs fluo des créatures pélagiques, fantômes phosphorescents auxquels il consacre maintenant ses journées après avoir passé sa vie à empailler des animaux terrestres, ses trophées de chasse. 

La réalité d’un milieu carcéral fédéral n’est pas de tout repos, et le danger couve parmi les autres détenus : criminels, maniaques, psychopathes, assassins… 

De son côté, Catherine est en liberté mais vit dans une autre forme de prison. Crispée autour d’un secret qui ne sera révélé au lecteur qu’à la dernière ligne du roman, elle se coupe de tout : de son chum, de ses études, de ses plaisirs, d’elle-même. Entre ses rencontres avec la psy du cégep, ses visites à son père et ses piètres tentatives pour démontrer un semblant de normalité, elle perd pied, coule et se demande de plus en plus à quoi sert de lutter.

Le livre propose une structure en trois parties qui établit d’abord un présent tendu et mystérieux, puis qui remonte dans le temps pour donner accès à un récit de débâcle, tout en évitant soigneusement de dévoiler le cœur même du drame qui secoue Michel et Catherine ; la troisième partie, brève, percutante, montre en détail la scène qui a fait… tout chavirer.

Roman policier ? Oui. Roman psychologique aussi, et roman noir, ou plutôt roman en nuances de gris foncé. Roman habile : assurément.


Chaque livre que Biz publie fait beaucoup parler de lui. Il y a toujours un certain engouement autour de ses parutions. Personnalité d'abord connue grâce à son groupe de musique Loco Locass, il est devenu un auteur prolifique avec ses sept (je crois) romans. Les abysses était le premier roman pour adultes de lui que je lisais. J'ai lu il y a quelques années La chute de Sparte qui s'adresse plutôt aux adolescents et j'ai vu son adaptation au cinéma.

À la lecture de La chute de Sparte, j'avais reproché à l'auteur d'avoir "sentie" sa voix à plusieurs reprises. Je n'avais jamais totalement cru au narrateur adolescent. Ici, j'ai oublié Biz. J'ai pu embarquer dans l'histoire beaucoup plus facilement. S'il y a aussi certaines critiques sociales dans ce roman, elles sont plus subtiles et parfaitement intégrées au récit. 

Nous sommes transportés sur la Côte-Nord alors que Catherine vit des moments difficiles. Son père est emprisonné à la prison de Port-Cartier. Il a été accusé du meurtre d'un chasseur américain venu passer ses vacances près de leur chalet. Malgré tout, Catherine tente de poursuivre sa vie d'étudiante au cégep du mieux qu'elle peut avec, à ses cotés, son copain et son amie de longue date.

Malgré une fin prévisible, j'ai lu ce livre à toute vitesse. Évidemment, je voulais savoir si j'avais vu juste. Le rythme est prenant et l'enquête aussi. La relation père-fille est aussi intéressante bien qu'elle aurait pu être exploitée davantage. 

Bref, je ne me suis pas ennuyée une seconde avec ce roman même si la fin se devine longtemps d'avance. Je lirai assurément d'autres romans de cet auteur.

Un autre livre de Biz sur mon blogue : La chute de Sparte

Les abysses - Biz
Éditions Leméac 2019
144 pages

vendredi 15 novembre 2019

La mitaine perdue (Au beau débarras T.1) - Simon Boulerice & Lucie Crovatto

Résumé :

Ce jour-là, on gèle au Beau Débarras. Le chauffage est cassé et une précieuse mitaine a été perdue par le jeune Abdou. Sa maman y avait brodé avec amour un cœur en satin.

Danser pour se réchauffer, fouiller dans les mitaines retrouvées, faire la différence entre une moufle et une mitaine ou aiguiser ses talents d’artiste : toutes les solutions sont bonnes pour raviver la chaleur et le réconfort.

Personne ne sera laissé pour compte dans ce lieu où tout prend vie!


Au beau débarras, c'est la nouvelle série jeunesse du prolifique auteur Simon Boulerice. Il a collaboré avec l'illustratrice Lucie Crovatto pour concocter un album d'une grande beauté. Un bel objet soigné d'une couverture à l'autre !

Fidèle à ses habitudes, Simon Boulerice propose une histoire dans un univers fantaisiste. Le centre Au beau débarras est un endroit presque magique avec des objets qui bougent et des personnages haut en couleurs. Ils nous sont présentés dans une double page au tout début du livre. J'ai bien l'impression qu'ils seront présents dans la suite de la série. Par le biais de ses personnages, l'auteur continue de prôner la diversité et de combattre les stéréotypes de genre. L'un d'eux, Serge-Sophie, est un personnage non-binaire. C'est assez rare pour qu'on le souligne.

Chaque chapitre débute avec une horloge différente. J'aime beaucoup l'idée, les parents peuvent faire pratiquer la lecture de l'heure (une connaissance qui se perd avec tous les gadgets donnant l'heure numérique). J'ai aussi aimé les petites leçons de français de Madame Bouche-Cancan mais je ne saurais dire précisément à quel public ce livre s'adresse. Le niveau de langage me semble assez avancé.

Même si en tant qu'adulte on la voit bien venir, la fin est parfaite. Elle est très réaliste. Je me vois bien dire "Ne fais pas comme Abdou, cherche un peu mieux" lorsqu'un enfant aura perdu quelque chose.

Finalement, je suivrai la série avec intérêt même si les univers très fantaisistes ne m'attirent pas énormément. Je la lirai pour les personnages différents, pour le vocabulaire (j'espère le retour de Madame Bouche-Cancan) et pour les illustrations douces et magnifiques.

D'autres livres de Simon Boulerice sur mon blogue : Le dernier qui sort éteint la lumière, L'enfant mascara, Les garçons courent plus vite et Javotte

La mitaine perdue (Au beau débarras T.1) - Simon Boulerice & Lucie Crovatto
Éditions Québec Amérique 2019
48 pages

mardi 12 novembre 2019

Sur les traces de Cédrika Provencher - Stéphan Parent

Quatrième de couverture :

À l'été 2007, un drame survient secouant tout le Québec : une fillette de neuf ans de la région de Trois-Rivières est portée disparue. L'inquiétante nouvelle de la disparition de Cédrika Provencher fait les manchettes et alimente les médias des années durant, d'autant plus que le mystère entourant l'événement reste entier. Alors que le temps avance et que l'enquête piétine, Stéphan Parent, scénariste s'intéressant particulièrement aux cas d'enlèvements d'enfants, planche sur un nouveau projet. Le documentaire qu'il prépare se veut un outil pour prendre le relais là où les forces de l'ordre ont failli, et projeter sur grand écran des renseignements et indices susceptibles d'aider à retrouver la petite. Alors qu'il est contraint d'interrompre la réalisation de son long-métrage, Stéphan Parent ne peut se résoudre à garder sous silence les informations inédites qu'il a colligées au fil de ses démarches. Ce témoignage lève le voile sur ce qui n'a jamais été révélé au grand public.


Sur les traces de Cédrika Provencher devait, à la base, être un documentaire réalisé par Stéphan Parent sur la disparition de la fillette en 2007. Suite à de nouvelles découvertes et à la demande de la famille, il est contraint d'abandonner son projet après plusieurs heures de travail. Refusant tout de même de demeurer silencieux, il décide d'écrire à propos de ses propres démarches de recherches. Au cours de celles-ci, il a obtenues bon nombre de confidences qu'il juge pertinentes. De là est né ce livre qui est un témoignage de son enquête personnelle.

Il est difficile de parler d'un livre comme celui-ci qui aborde un sujet très sensible. Cependant, il est très intéressant mais choquant aussi. La disparition de Cédrika est une affaire qui m'a ébranlée et touchée d'autant plus qu'elle s'est déroulée près de chez moi. De savoir, des années plus tard, que des témoins importants n'ont pas été rencontrés par les policiers ou encore, que certains témoignages pertinents ont été écartés prématurément, c'est très fâchant. Certaines révélations sont d'ailleurs étonnantes. Stéphan Parent a redonné la parole à certains d'entre eux à travers ce livre.

Au final, je suis du même avis que Stéphan Parent : il faut continuer d'en parler pour un jour espérer connaître la vérité. Le coupable court toujours et tout ce qu'il désire, lui, c'est le silence. Il faut continuer de faire bouger les choses et refuser que cette affaire devienne un cold case. Ce livre est là pour ne pas oublier.

Sur les traces de Cédrika Provencher - Stéphane Parent
Éditions JCL 2019
248 pages

mardi 5 novembre 2019

Dans un rayon de soleil - Tillie Walden

Résumé :

Aux confins de l'espace, Mia s'engage sur un vaisseau dont l'équipage restaure des structures architecturales du passé. Alors qu'elle semble y trouver une nouvellle famille, ses souvenirs refont surface: cinq ans auparavant, elle a rencontré Grace au pensionnat et en est tombée éperdument amoureuse...


Tillie Walden. Le nom de cette bédéiste américaine ne vous est peut-être pas familier pour le moment mais je crois qu'il le deviendra dans les prochaines années. Plusieurs de ses bandes dessinées ont été traduites en français récemment et elles gagnent à être connues. Pour ma part, je l'ai découverte avec Spinning, une autobiographie qui mêlait adolescence, isolement, sport de haut niveau (patinage artistique) et découverte de l'homosexualité. C'est grâce à Spinning que j'ai osé me plonger dans l'album Dans un rayon de soleil. La science-fiction ne m'attire pas spécialement. Pourtant, j'ai beaucoup aimé.

Tout au long de l'histoire, nous naviguons entre le passé et le présent. Le présent, c'est Mia qui commence un nouveau boulot. Elle se joint à quatre autres collègues qui, à bord d'un vaisseau, vont restaurer de vieilles structures délabrées dans l'espace. Le passé, c'est lorsqu'elle était au pensionnat. Loin d'être une élève modèle, elle rencontre Grace alors qu'elle est convoquée en retenue. Grace changera sa vie. Elle en tombera éperdument amoureuse.

À l'instar de Spinning, cet album a un nombre impressionnant de pages. Il est vraiment lourd et très peu pratique pour la lecture. Cependant, il s'agit du seul reproche que je pourrais lui faire. Bien que l'univers soit très éloigné de ce que j'ai l'habitude de lire, j'ai embarqué dans cette histoire rapidement. Lorsque le présent se mêle au passé, c'est encore meilleur ! Les personnages sont intéressants et très loin des stéréotypes habituels. D'ailleurs, l'un d'eux, Ellie, est une personne non-binaire. On le mentionne dès les premières pages. Toutes les autres collègues de Mia sont des femmes car, étonnamment, il n'y a aucun homme dans cet univers. Rien n'est expliqué ni même souligné. Tout semble très naturel pour elles. Au départ, j'avais un peu de mal à les distinguer les unes des autres mais tout s'est vite réglé après quelques pages. J'ai beaucoup aimé les illustrations et les couleurs qui varient selon l'époque ou les émotions.

Je vous conseille tous cette belle grosse BD atypique. Et si jamais la science-fiction, le féminisme et les histoires d'amour, ça vous parle, c'est encore mieux !

Un autre album de Tillie Walden sur mon blogue : Spinning
Dans un rayon de soleil - Tillie Walden
Éditions Gallimard 2019
544 pages

jeudi 31 octobre 2019

Shining, le film par Stanley Kubrick

C'est aujourd'hui que le Challenge Halloween se conclut pour moi et ce, même si l'Halloween est reportée à demain presque partout au Québec (du jamais vu!). Pour ce dernier billet, je vous parle un film qui n'a besoin d'aucune présentation. Je l'ai regardé la fin de semaine dernière, je devais bien être une des seules personnes à ne jamais l'avoir vu. Comme vous le savez, j'ai lu le livre ce mois-ci et j'ai écrit un billet ici. Je ne résumerai donc pas l'histoire une seconde fois. Je vais plutôt comparer les deux oeuvres qui sont totalement différentes. 

Je le dis d'emblée : j'ai préféré le roman de Stephen King à l'adaptation de Stanley Kubrick. Je m'explique. J'aurais probablement beaucoup aimé le film si je n'avais pas lu d'abord le livre. Cependant, la descente aux enfers des personnages est beaucoup plus crédible dans le roman. Nous arrivons à comprendre les motivations qui poussent Jack, le père de famille, à vouloir rester dans l'hôtel alors que c'est nébuleux dans le film. Il est aussi décrit de façon beaucoup plus humaine par Stephen King. Il sombre plus lentement dans la folie. De son côté, la Wendy du livre me semblait moins insignifiante que celle du film. Cette dernière est complètement insouciante lorsqu'elle apprend qu'elle vivra à l'écart du reste du monde pendant tout l'hiver alors que dans le livre, elle s'y résigne mais n'hésite pas à communiquer ses réticences. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Ce personnage est très peu exploité dans le film et c'est dommage.

Il n'y a pas que les personnages qui diffèrent, les scènes ne sont pas identiques non plus. Plusieurs ont été modifiées mais ça ne m'a pas gênée. Les décors quant à eux sont fidèles aux descriptions mis à part les buis en forme d'animaux remplacés par un immense labyrinthe. Je n'étais pas déçue qu'ils aient disparus dans l'adaptation. Ce sont les passages que j'ai le moins apprécié dans le livre, je l'ai d'ailleurs mentionné dans mon précédent billet. L'hôtel est parfait avec son look art-déco, ses tapis aux motifs psychédéliques et son grand hall muni d'incroyables lustres et d'un immense foyer. L'ambiance est très bien rendue.

Et maintenant, que dire de la fin ? Elle a été complètement réécrite pour l'adaptation. Rien n'est comme dans le livre, même pas le nombre de survivants ! Si certains lecteurs ont été choqués, ce ne fût pas mon cas. J'ai aimé être surprise une deuxième fois. Je ne saurais dire laquelle je préfère, les deux ont leurs propres qualités.

Bref, comme c'est le cas la plupart des cas, j'ai préféré le livre. Par contre, je ne me suis pas du tout ennuyée pendant le film qui dure plus de 2 heures 20 minutes. C'est un excellent film qui n'est pas un classique pour rien !

vendredi 25 octobre 2019

Shining - Stephen King

Quatrième de couverture :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté…
L’hiver, l’hôtel est fermé.
Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien.
Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance: c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny.
Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.
Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel?


Mes deux dernières semaines ont été consacrées à la lecture d'un classique de Stephen King : Shining. C'est l'un de ses premiers romans et assurément l'un des plus connus également. Il a fait l'objet d'une célèbre adaptation par Stanley Kubrick mais, comme je ne l'ai jamais visionnée, je ne connaissais que les grandes lignes de l'histoire : une famille dans un grand hôtel hanté, un garçon médium et un père qui tranquillement perd la boule… 

Dès les premiers chapitres, je savais que ce roman me plairait. Il possède toutes les qualités de King que j'aime. La psychologie des personnages est travaillée et les liens entre eux sont étoffés. Les plus intéressants sont évidemment Danny et son père Jack Torrance. Danny c'est l'enfant de cinq ans qui possède un Don qui lui permet de voir le passé. Jack est un ancien professeur à l'université qui a été mis à pied suite à une altercation avec un de ses étudiants. Violent, il est aussi alcoolique. Sa femme Wendy a d'ailleurs menacé de le quitter après un épisode de violence envers son propre fils. Elle lui a donné une dernière chance puisqu'il a juré de ne plus jamais boire. L'équilibre familial est précaire cependant. Wendy est suspicieuse et le surveille sans cesse guettant la rechute. 

Ces trois personnages évoluent donc dans l'Overlook, ce grand hôtel dans les montagnes du Colorado, qui devient presque un personnage lui-même. La neige abondante bloquant tous les accès, ils y sont prisonniers pour tout l'hiver. L'atmosphère déjà bien lourde à leur arrivée devient invivable lorsque les phénomènes paranormaux se déclarent. Le lecteur est aussi prisonnier de ce huis-clos oppressant. Le récit est lent mais c'est parfait pour bien saisir la descente aux enfers des personnages. Le dosage de l'horreur psychologique et du paranormal est très bien. Il n'y a que les buissons vivants qui ne m'ont pas trop convaincue. Puis, j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis la fin de ma lecture concernant la fin du livre. Sans rien dévoiler mais je peux seulement dire que je me questionne à propos de l'histoire de Grady le précédent gardien… Il me semble y avoir une certaine incohérence.

Bref, Shining est un roman culte qui, je crois, me laissera des souvenirs pour longtemps.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem, Rage et L'Outsider.

Shining - Stephen King
Éditions J'ai lu 1981
576 pages

dimanche 13 octobre 2019

Ça, chapitre 1 & chapitre 2


Chapitre un

Il y a quelques semaines, Netflix Canada a ajouté Ça : chapitre un à sa banque de films ce qui m'a donné envie de le revoir. 

Ce chapitre raconte la première partie de l'histoire du Loser's Club, ces jeunes adolescents qu'on intimide à l'école. Pour la plupart d'entre eux, la situation familiale n'est guère plus réjouissante. Mais, tout débute véritablement lorsque Georgie disparaît, enlevé (dévoré?) par un clown dans une bouche d'égout. C'est LA scène mythique. Puis Bill, le frère aîné de Georgie, et ses amis losers seront témoins d'événements surnaturels et effrayants. Ensemble, ils feront des recherches et essaieront de découvrir la vérité sur cette entité qui revient tous les 27 ans sous différentes apparences pour s'en prendre aux enfants de la ville de Derry.

Il s'agit d'un bien court résumé pour un film de 2 heures 15 minutes (et d'un roman de plus de 1 000 pages). Cependant, je préfère ne pas trop en dire pour ceux qui ne connaîtraient pas déjà l'histoire.

J'ai beaucoup aimé ce film et ce, pour plusieurs raisons. Les jeunes acteurs sont excellents et la chimie entre eux opère dès les premières scènes. Le dosage entre l'horreur et les moments plus légers est parfait. Il y a même de l'humour à certains moments. Puis, ça donne le goût d'être un enfant dans les années 80. Quelle liberté ils ont avec leur vélo ! Les lecteurs de King se souviendront que l'action se déroule dans les années 50 dans le roman. Bien qu'il y ait quelques différences avec le roman, rien n'est dérangeant. L'ambiance des eighties colle parfaitement bien au récit.



Chapitre deux

Je suis allée voir le deuxième chapitre au cinéma récemment. La scène d'ouverture avec le québécois Xavier Dolan est prometteuse. Ensuite, revoir les protagonistes du premier film 27 ans plus tard est vraiment intéressant. Que sont devenus Bill, Beverly, Ben, Stan, Richie, Mike et Eddie ? Cette première partie est sans faute pour moi. Les acteurs sont bons en plus d'avoir une ressemblance évidente avec les jeunes acteurs du premier chapitre. Mais, malheureusement, la chimie entre eux n'opère pas ou du moins, pas autant que lorsque les membres du Loser's Club étaient jeunes. À partir de la réunion du groupe au restaurant, j'ai commencé à décrocher et rien ne s'est arrangé avec la fin.

Les effets spéciaux trop nombreux. Dans le premier film, on suggérait beaucoup plus qu'on ne montrait les différentes formes que prenait l'entité. À trop les voir, ils ne nous effraient plus du tout. Et que dire de la fin ? Elle était visuellement beaucoup trop intense pour moi. Je n'ai pas du tout appréciée.

À noter tout de même : le caméo de Stephen King est une réussite. Quelle surprise de voir qu'il a un petit rôle dans le film ! Il en profite même pour se moquer des critiques qui lui répètent depuis bon nombre d'années que ses fins de romans ne sont pas toujours à la hauteur. 


Pour résumer, j'ai adoré le premier chapitre. Cependant, j'ai beaucoup de réserves pour le deuxième. Je dois spécifier que j'ai vu le premier film en version originale anglaise alors qu'au cinéma, le deuxième était traduit en français. Les Club des Ratés, ça ne m'a pas convaincue et le clown Grippe-Sou ça fait définitivement moins peur que Pennywise, non ?

mardi 8 octobre 2019

L'Outsider - Stephen King



Quatrième de couverture :

Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?


Stephen King est un auteur que j'apprécie beaucoup et ce, depuis mon adolescence. Ses premières publications m'attirent davantage mais j'ai voulu jeter un oeil à ce qu'il écrivait présentement. J'ai opté pour L'Outsider paru cette année en français.

L'histoire débute comme un polar traditionnel. Un meurtre sordide, un vieux policier, une jeune victime, un tueur potentiel, un procureur, une enquête : tous les éléments habituels sont là. Puis vient l'alibi béton du présumé coupable qui change tout. À partir de là, l'enquête bascule. Puisque c'est Stephen King, il y a bien entendu un soupçon de surnaturel. Sans trop en révéler, il emprunte quelques éléments à la mythologie mexicaine. Je ne connaissais pas du tout ce folklore mais j'ai été suffisamment intriguée pour faire quelques petites recherches sur Internet par la suite.

Au fil des pages, les morts se succèdent au même rythme que les découvertes. Autour du policier et du procureur, se forme une équipe qui tentera d'éclaircir le mystère et de combattre le mal qui s'abat sur Flintcity, une ville imaginaire située dans le sud des États-Unis. Certains personnages seront familiers à ceux qui ont lus Mr. Mercedes ce qui n'était pas mon cas. 

Cependant, la fin m'a semblé fin trop rapide et un peu trop facile. N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'on reproche souvent à Stephen King, de bâcler la fin de ses romans ? Il se moque justement de ces critiques dans son caméo du nouveau film It (je vous en parlerai très, très bientôt).

J'ai été captivée du début à la fin de ma lecture mais, après coup, je réalise qu'il ne figurera pas parmi mes King préférés.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem et Rage.

L'Outsider - Stephen King
Éditions Albin Michel 2019
576 pages