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jeudi 3 octobre 2019

Les réservoirs de l'abîme - Stéphane Choquette

Quatrième de couverture :

Janvier 1998. Crise du verglas. Panne généralisée. Nicolas, 14 ans, est confiné dans sa maison avec sa grand-mère malade. Tous les voisins ont déserté le quartier, mais la grand-mère de Nicolas refuse d’aller dans un refuge. Dans cette ville fantôme aux allures apocalyptiques, un homme erre de maison en maison affublé d’un masque à gaz, et des événements inquiétants se multiplient : vols de génératrices, disparitions d’animaux… et enlèvements d’enfants. Nicolas parviendra-t-il à trouver de bonnes âmes pour lui venir en aide?

Une aventure de survie trépidante qui nous fait frissonner aussi bien de froid que de peur.

Tous les québécois de plus de trente ans se souviennent du mois de janvier 1998 et de la fameuse Crise du verglas : pannes d'électricité généralisées et… journées de congé d'école, jeux de société à la chandelle avec la famille, feu de bois dans le foyer. Si la Crise du verglas me rappelle de bons souvenirs, c'est loin d'être le cas du héros de ce roman. Nicolas Picard n'a que 14 ans en janvier 1998 mais il doit composer avec le froid, la noirceur, les déplacements quasi impossibles, les réserves de bois qui s'épuisent et sa grand-mère malade qui semble dépérir à chaque jour. Et puis, il y a ces voleurs qui rôdent, ces animaux qui disparaissent et cet enfant qui manque à l'appel.

Rien n'est facile pour Nicolas. Heureusement, il fait rapidement la rencontre de Sophie et de son père, qui seront ses alliés pendant l'épreuve. J'ai trouvé le personnage de Sophie un peu agaçant au départ mais ça n'a rien gâché. Puis, vers le milieu du roman, tout bascule. Un personnage étonnant et inquiétant fait son apparition et l'histoire prend un tout autre sens. L'action débute véritablement à ce moment. 

Évidemment, face à une telle catastrophe, la vie telle qu'on la connait disparaît peu à peu. Les comportements des gens changent également et c'est fort intéressant. Si certains demeurent altruistes malgré tout, d'autres n'ont plus aucun scrupule et ne pensent qu'à eux et leur bien-être.

Ce roman est parfait pour s'initier aux histoires d'épouvante. Sans être extrêmement effrayant, il donnera certainement quelques frissons aux jeunes lecteurs. Je le conseillerais à partir de 12 ans.

Les réservoirs de l'abîme - Stéphane Choquette
Éditions Québec Amérique 2019
272 pages

mercredi 18 septembre 2019

Le dernier qui sort éteint la lumière - Simon Boulerice

Quatrième de couverture :

On dit que les familles heureuses n’ont pas d’histoire et pourtant…
Arnold et Alia sont jumeaux et vivent avec leurs deux pères qui s’aiment. Tandis qu’Arnold préfère ne pas être remarqué et dessine discrètement des superhéros musclés, Alia parle haut et fort de sa famille particulière. À l’approche de leur treizième anniversaire, leurs pères entreprennent d’écrire 13 lettres qui dévoileront lequel des deux est le père biologique. Au fil des aléas du quotidien, de leurs déductions concernant leur génétique et des émissions de télévision qu’ils ne veulent pas manquer, les jumeaux découvrent que l’histoire d’amour réelle de leur famille vaut bien celles qu’ils écoutent compulsivement à la télé.

J'ai lu ce roman jeunesse il y a quelques mois. Malgré le temps qui a passé, j'en ai gardé un souvenir très clair.

Arnold et Alia sont jumeaux et ils ont deux pères. Pour l'anniversaire de leurs 13 ans, les pères décident de leur écrire 13 lettres. À la fin, ils promettent qu'ils sauront enfin lequel est leur père biologique.

Au début, je m'attendais à du suspense concernant le père biologique. Bien non… Ce n'est pas le suspense qui est mis à l'avant-plan mais bien l'histoire d'amour de leurs pères puis le contexte dans lequel leur projet d'avoir des enfants est né. Les lettres s'intéressent donc à la relation des parents alors que les moments au présent concernent plutôt les adolescents qui ont une vie ordinaire comme tous les ados. Ils vont à l'école secondaire, ils ont des amis, ils regardent beaucoup la télévision et ils ont des passion (le dessin pour Arnold).

Les familles homoparentales sont rares dans la littérature en général. Je ne nierai pas que j'ai un intérêt bien personnel pour ce type de représentation car nous serons bientôt deux mamans. Les questionnements et les malaises des adolescents m'interpellaient donc particulièrement. J'ai apprécié que les jumeaux ne réagissent pas de la même manière. Alia parle sans gêne de sa famille atypique alors qu'Arnold, bien qu'il aime ses parents, est parfois mal à l'aise devant ses pairs. D'ailleurs, la sortie au mini-putt de la famille est très révélatrice.

Le dernier qui sort éteint la lumière est un roman assurément feel-good avec un sujet absolument nécessaire. Merci Simon Boulerice de nous offrir de la diversité !

D'autres livres de Simon Boulerice sur mon blogue : L'enfant mascara, Les garçons courent plus vite et Javotte

Le dernier qui sort éteint la lumière - Simon Boulerice
Éditions Québec Amérique 2017
216 pages

vendredi 13 juillet 2018

A comme aujourd'hui - David Levithan

Quatrième de couverture :

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, et ne dispose d’aucun moyen de savoir où, et « qui » sera son hôte. Une seule chose est sûre : il n’empruntera cette identité que le temps d’une journée. Aussi incroyable que cela paraisse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière : ne pas s’attacher ; ne pas se faire remarquer ; ne jamais s’immiscer dans la vie de l’autre. 

Des préceptes qui resteront les siens jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu’il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient enfin de croiser quelqu’un qu’il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour...

Une romance captivante, qui tente de décrypter ce sentiment complexe qu’est l’amour, à travers le destin de ces deux héros que tout semble vouloir séparer. Ou comment parvenir à aimer lorsque l’on est condamné à ne vivre qu’au présent...


Voici un autre roman pour ados ou young adult qui a connu du succès et qui a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 2018. Je l'ai lu récemment dans ma passe "ados" !

Le point de départ est original. C'est d'ailleurs ça qui m'a donné envie de le lire. Tous les jours, A. se réveille dans le corps d'une nouvelle personne. Son "hôte d'un jour" peut être n'importe qui mais il a toujours son âge, soit 16 ans, et il habite toujours aux États-Unis (même si cette règle n'est jamais écrite noir sur blanc). Il peut être un garçon, une fille, hétérosexuel(le), homosexuel(le), en pleine santé, malade, sportif, musicien, etc. Un jour, alors qu'il est un ado plutôt ordinaire prénommé Justin, il tombe amoureux de sa petite amie Rhiannon. Alors qu'habituellement il se contente de vivre la vie de son hôte sans faire de vague, son existence changera drastiquement. Les jours suivants, son but sera de la retrouver.

Les hôtes ont des vies très différentes les unes des autres et c'est ce qui m'a vraiment tenue en haleine. L'histoire d'amour a été reléguée au deuxième plan. J'avais hâte à chaque début de chapitre de découvrir où il serait parachuté : dans une famille ultra religieuse, dans le corps d'un garçon obèse ou d'un garçon dépendant de la drogue, dans celui d'une jeune fille dépressive ou encore d'une fille trop extrêmement jolie. 

Cette histoire est une ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit en plus d'être un véritable page-turner ! D'être dans la peau d'une autre personne, ça rend obligatoirement plus empathique. Cette lecture fait réfléchir autant qu'elle amuse. Je la recommanderais sans hésiter aux jeunes et aux moins jeunes. Il me reste à voir le film intitulé Every day maintenant. J'ai quelques doutes mais j'espère qu'il sera à la hauteur...


Un autre roman de David Levithan sur mon blogue : Une nuit à New York

A comme aujourd'hui - David Levithan
Éditions Gallimard 2013
384 pages

dimanche 6 mai 2018

Le chute de Sparte - Biz

Quatrième de couverture :

Steeve, grand lecteur, féroce critique de la société, raconte sa dernière année au secondaire marquée par la mort du quart-arrière des Spartiates, l'équipe de football de l'école Gaston-Miron. La chute de Sparte ressemble à son auteur : drôle, cultivé, aux opinions féroces, aux désirs vifs, et dont la passion pour l'Histoire confère au récit une profondeur insoupçonnée. Son narrateur rejoint, par son esprit agile et caustique, ces grandes figures adolescentes à l'esprit torturé qui s'apprêtent à quitter l'enfance pour une aventure adulte pas piquée des vers...


Si j'ai lu ce roman, c'est parce que je suis tombée par hasard sur la bande-annonce de l'adaptation qui sortira dans nos cinémas en juin prochain. J'avais noté tous les romans de Biz, auteur et chanteur du groupe Loco Locass, sans jamais en ouvrir un. C'est maintenant chose faite.

Malgré son titre qui réfère à l'Histoire, La chute de sparte est un roman contemporain. Steeve est un ado bien ordinaire pour qui le passage au secondaire n'a rien d'évident. Ni très populaire, ni solitaire, il est de ceux qui passent inaperçus la plupart du temps. Ce qu'il préfère, c'est la lecture mais ça, il ne le dit pas. Vous savez sans doute que c'est honteux d'aimer lire au secondaire ! Nous le suivons pendant sa dernière année alors qu'il doit faire des choix importants pour son avenir.

Malheureusement, je n'ai jamais pu oublier complètement l'adulte, ou plutôt Biz, en lisant les pensées du narrateur. Le niveau de langage est peu crédible pour un adolescent. L'auteur continu à passer ses messages comme dans ses chansons. On reconnait son discours sur l'avenir du Québec, sur l'immigration, etc. Évidemment, ce n'est pas le seul auteur à le faire mais il me semble que dans plusieurs cas, c'est fait avec subtilité. Le ton moralisateur ne m'a pas particulièrement plu non plus.

Malgré tout, je l'ai lu très rapidement. Le rythme est bon. La fin, que j'avais vu venir, m'a tout de même convaincue. Bref, je vais sans doute relire Biz mais avec un narrateur adulte cette fois.


Le chute de Sparte - Biz
Éditions Leméac 2011
165 pages

vendredi 6 janvier 2017

L'enfant mascara - Simon Boulerice

Quatrième de couverture :

L’enfant mascara est une histoire d’amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu’elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d’Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l’un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s’être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d’éclat et d’arrogance, dont la vie n’aura été que fulgurance.

Un roman unique, traversé par la profonde empathie de son auteur.


Avant de lire la quatrième de couverture, je ne connaissais pas cet affreux crime survenu en Californie en 2008. Après, j'étais curieuse de découvrir comment Simon Boulerice pouvait faire cohabiter sa fantaisie habituelle et sa poésie avec cette horreur. Il en résulte un roman bouleversant.

Larry/Leticia est un personnage unique. S'il/elle ne fait pas l'unanimité, c'est à cause de son extravagance. Il/elle n'a pas peur d'être lui/elle-même dans cette société qui prône le fait d'être différent... mais pas trop. Son défaut : aimer "trop" fort Brandon. Pas de demi-mesure. Ça frôle le harcèlement. Brandon est présenté de manière étonnamment humaine aussi même si on sait dès le départ qu'il commettra le geste le plus horrible qui soit.

Même si ce n'est pas le but premier du roman, j'ai appris plein d'anecdotes concernant des stars de cinéma, la Californie (que j'aime énormément) et la culture américaine. Apprendre en lisant, j'adore ! Et parce que l'auteur ne fait rien comme les autres, son roman est complètement atypique, parsemé de poèmes et d'acrostiches comme on en faisait enfant.

L'enfant mascara est le livre de Simon Boulerice que j'ai préféré jusqu'à maintenant. On le retrouve dans les rayons pour adolescents mais j'ai l'impression qu'il plaira autant, sinon davantage, aux adultes.

D'autres livres de Simon Boulerice sur mon blogue : Les garçons courent plus vite et Javotte.

L'enfant mascara - Simon Boulerice
Éditions Leméac 2016
184 pages

jeudi 22 décembre 2016

Comme un livre ouvert - Liz Kessler

Quatrième de couverture :

Ashleigh Walker est amoureuse. Au sens le plus intense et bouleversant du terme. Un amour inconditionnel qui la consume. De quoi oublier de s'inquiéter pour ses mauvais résultats scolaires. De quoi lui faire oublier le mariage de ses parents qui s'effondre. Il y a juste une chose qui la perturbe… Pourquoi n'est-ce pas Dylan, son petit ami qui la met dans cet état, mais plutôt Mademoiselle Murray, sa prof d'anglais ?


Il me prend assez régulièrement l'envie d'aller fouiner dans les nouveautés pour adolescents. Malgré mon âge, j'ai du plaisir à lire ces romans de temps en temps. Comme un livre ouvert aborde de belle façon deux principaux thèmes : subir le divorce de ses parents et découvrir son attirance pour les personnes du même sexe. Je suis étonnée que le divorce ne prenne pas plus de place dans le résumé, on l'aborde autant que l'homosexualité de l'héroïne.

Le roman est divisé en trois grandes parties. J'ai beaucoup aimé les deux premières. Ashleigh n'est pas sans faille et c'est ce qui en fait un personnage humain et attachant. C'est une adolescente qui tente d'être appréciée de tous. Ses réflexions empreintes d'empathie à propos de ses parents m'ont touché. Par contre, j'ai trouvé que la troisième partie était précipitée. Alors que l'auteure prend son temps pour développer les relations d'Ashleigh avec Dylan, Mlle Murray, Robyn et Cat, elle néglige celles avec Jayce et Taylor. Pourtant, elles sont importantes. Elle nous laisse aussi sur un événement marquant abordé à la va-vite. J'aurais aimé plus de pages pour cette finale qui était bien consistante !

Les jeunes lecteurs n'apprendront probablement rien de nouveau mais ceux qui vivent le divorce de leurs parents ou se questionnent sur leur orientation sexuelle verront qu'ils ne sont pas les seuls. Et ça, c'est déjà beaucoup. Je n'hésiterais pas à conseiller ce roman.

Comme un livre ouvert - Liz Kessler
Éditions Hugo et cie 2016
312 pages

jeudi 26 mai 2016

Le jardin d'Amsterdam - Linda Amyot

Quatrième de couverture :

Il existe des endroits où la vérité se dévoile plus facilement qu'ailleurs. Le jardin d'Amsterdam est manifestement un de ces lieux propices aux confidences, Un jardin où les révélations s'égrènent au rythme d'une tendre amitié. Amyot entrecroise le récit d'Adèle, une vieille femme hantée par un amour d'enfance, et celui de la jeune Élaine, la même héroïne que dans la fille d'en face. Transporté de l'époque de la Deuxième guerre mondiale à aujourd'hui, de l'Europe à l'Amérique, d'une génération qui s'éteint tranquillement à une autre qui s'engage vers le monde des adultes, le lecteur se trouve confronté à l'écho de son premier amour.


Après plusieurs semaines silencieuses, je reviens pour vous présenter un petit roman jeunesse qui se lit d'un trait.

Élaine est une élève du secondaire qui fait la rencontre de la charmante Adèle, une femme du troisième âge. Malgré le fossé des générations qui les sépare, elles développent une relation d'amitié. Adèle, plus à l'écoute que les amis d'Élaine, deviendra sa principale confidente. Adèle s'ouvrira aussi davantage avec la jeune fille qu'avec sa nièce qui s'occupe d'elle sans s'intéresser véritablement à son passé.

Ensemble, elles parlent d'amour, un thème universel et sans âge. Elles se rejoignent parce qu'on aimait de la même façon au temps de la Deuxième Guerre mondiale. "C'est ce qui est autour qui a changé." 

Le jardin d'Amsterdam est une douce et magnifique histoire !

Le jardin d'Amsterdam - Linda Amyot
Éditions Leméac Jeunesse 2013
88 pages

mardi 9 février 2016

Blacklistée - Cole Gibsen

Quatrième de couverture :

En apparence, Regan Flay a tout ce dont on peut rêver. A 17 ans, elle est populaire, étudie dans l'un des meilleurs lycées du monde, et ses parents ont les moyens de satisfaire le moindre de ses souhaits. Mais sa vie bascule le jour où, en arrivant en cours, Regan découvre ses textos et messages privés Facebook placardés sur les murs du lycée. Vacheries, mensonges, insultes, manipulations : tout est là, exposé aux yeux de chacun. En une seconde, elle passe du statut de princesse à celui de véritable paria. Ses amis lui tournent le dos, et les autres élèves du lycée commencent à lui faire vivre un véritable enfer. Elle trouve du soutien auprès de Nolan, un jeune homme plutôt beau garçon mais légèrement dysfonctionnel socialement. Ce dernier découvre vite que Regan est tout sauf la miss Parfaite qu'elle voulait bien montrer. Sous sa carapace, c'est une jeune fille angoissée, qui a du mal à supporter les exigences de sa mère concernant son avenir. Car rester toujours au top demande une sacrée dose d'énergie, et aucun échec n'est envisageable. Pourtant, la chute de Regan n'est qu'un début, et personne n'en sortira indemne...


J'ai poursuivi ma découverte de la littérature pour jeunes adultes avec ce titre paru récemment. L'histoire en est une d'intimidation qui peut sembler banale mais elle a le mérite de mélanger les cartes avec, pour personnage principal Reegan, une jeune fille qui passe du camp des intimidatrices à celui des victimes en une journée. Elle m'était antipathique au départ si bien que je me disais qu'elle ne récoltait que ce qu'elle avait semé. Heureusement, elle change et évolue au fil des pages devenant une adolescente attachante.

Dans le premier quart, je croyais avoir deviné où l'auteure s'en allait. Heureusement, elle m'a déjoué sur quelques points avec son scénario. Il est efficace et il est bien ancré dans son époque avec l'utilisation des cellulaires et des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Il serait difficile de ne pas y faire allusion dans les romans actuels mais cette fois c'est particulièrement pertinent et bien fait.

L'intimidation est un thème récurrent dans la littérature YA mais souvent tout est noir un jour et tout est arrangé le lendemain. C'est le cas dans Blacklistée. Or, dans la réalité, il faut souvent travailler pendant des semaines voire des mois sur les vrais cas d'intimidation. Bien sûr, il ne faut pas confondre "dispute" ou "conflit" et "intimidation". L'intimidation est répétitive et implique un abus de pouvoir d'un jeune sur un autre. Mon expérience de travail dans une école secondaire me rend certainement plus critique mais je crois que les plus jeunes n'auront pas les mêmes reproches à faire. Et c'est fait pour eux après tout !

Ceci dit, malgré mes quelques bémols, j'ai eu du plaisir à le lire alors le but a été atteint.

Blacklistée - Cole Gibsen
Éditions Hugo et Cie 2015
327 pages

jeudi 28 janvier 2016

Ma vie autour d'une tasse John Deere - Émilie Rivard

Quatrième de couverture :

La « vieille fifure » de son ami Renaud, l’inséparable de sa princesse Flavie, la victime à sauver du directeur Guilbert, le chouchou de sa mémé Poulette, le chevalier servant des filles de l’école, le confident de monsieur Ju… 

S’il avait à le faire, Étienne se décrirait plutôt comme un adolescent chanceux. Chanceux d’être si bien entouré, chanceux de pouvoir faire ses propres choix malgré les difficultés, chanceux de vivre à une époque et dans un milieu où son homosexualité n’est pas une tare, chanceux d’entrer doucement dans le monde adulte, même si, parfois, ça fait peur... 

Un roman où règnent l’amitié, l’humour, la sincérité et la vie.


Dès que j'ai vu cette couverture Chez Gab, elle m'a attirée. Son discours à propos de ce roman jeunesse était tentant aussi. Quand est venu le temps de faire mon choix pour ma lecture "jeune adulte" de janvier pour le Défi littéraire québécois 2016 du Le fil rouge, je me suis souvenue de ce titre.

Le personnage principal, Étienne, est un garçon ordinaire. Il n'a pas de pouvoirs spéciaux et ne vient pas d'une autre planète. C'est assez rare dans la littérature pour adolescent d'avoir un héros masculin et un univers réaliste. Ce qui est encore plus rare : Étienne est gai et s'assume complètement. Dès la première scène, dans le bureau du directeur de son école, nous comprenons que le sujet de son orientation sexuelle est banal pour lui. Le roman n'est pas basé sur cette information mais l'auteure effleure le sujet à quelques reprises. Nous explorons son quotidien fait de fous rires avec ses amis, de visites à la résidence de sa grand-mère, de cours plus ou moins passionnants et de party qui ne finissent pas toujours comme prévu.

C'est un roman que je conseillerais surtout aux adolescents qui ne lisent pas beaucoup; les descriptions sont très courtes, les scènes filent à vive allure et l'humour est très présent. Super positif, il fera du bien aux jeunes qui le liront !

Ma vie autour d'une tasse John Deere - Émilie Rivard
Éditions Bayard 2015
179 pages

Janvier : Un roman jeune adulte
C'était ma participation de janvier au Défi littéraire 2016 du blog Le fil rouge

jeudi 8 octobre 2015

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers - Benjamin Alire Saenz

Quatrième de couverture :

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... 

C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.


J'ai lu dernièrement un autre roman jeunesse à la couverture intrigante : Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers. C'est une histoire à la narration linéaire somme toute assez simple et prévisible mais qui fait plaisir à lire.

Ari et Dante sont des adolescents ordinaires qui s'ouvrent au monde qui les entoure. Ils sont tous les deux des garçons d'origine mexicaine vivant aux États-Unis mais ils sont très différents. Dante est extroverti alors qu'Aristote est solitaire. Leurs familles ne se ressemblent pas non plus. Dans celle de Dante, les démonstrations d'affection sont naturelles alors que chez Ari, elles sont rares. Les membres de la famille ne se parlent que lorsqu'ils ont quelque chose à se dire. Dans le cas du père, les phrases sont courtes; trop courtes au goût d'Ari. Son propre père, qui a vécu la guerre du Vietnam, est un mystère qu'il tente de percer. Son frère qui croupit en prison en est un autre. Aristote en est même un pour lui-même !

L'écriture est empreinte d'une douceur et d'une sensibilité rare pour un roman de ce genre. Dès la première rencontre des deux personnages à la piscine, leur amitié semble réelle et sincère. Pour moi, cette relation confuse qu'ils entretiennent est le principal intérêt de l'histoire. Certains moments qu'ils partagent ensemble sont sublimes comme lorsqu'ils courent nus sous la pluie ou qu'ils regardent les étoiles dans la boîte du pick-up d'Ari dans le désert. Je n'ai pas souvent lu de livres sur une relation entre deux garçons, j'ai l'impression qu'ils sont rares. 

Ne vous fiez pas au nombre de pages ou à l'épaisseur du livre, il se lit rapidement. Les chapitres sont courts, voire ultra courts. La mise en page très aérée est propice à la réflexion. Et vous en ferez certainement de belles car Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers est un magnifique roman !

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers - Benjamin Alire Saenz
Éditions Pocket Jeunesse 2015
368 pages

dimanche 20 septembre 2015

Le vide de nos coeurs - Jasmine Warga

Quatrième de couverture :

Aysel a pris sa décision: elle doit disparaître. Depuis que son père a provoqué l'accident fatal qui a marqué sa petit ville à jamais, la vie est devenue trop difficile à supporter.

Cependant, elle n'est pas sûre d'avoir le courage d'y arriver seule. C'est alors qu'elle découvre Smooth Passages, un site qui lui permettra de trouver un compagnon pour oser sauter le pas. Elle choisit FrozenRobot, alias Roman, lui aussi victime d'une tragédie familiale.

Aysel et Roman n'ont rien en commun, mais il commencent à s'apprivoiser petit à petit. Lorsque la date fatidique approche, Aysel se pose des questions. Méritent-ils de s'infliger un tel sort quand l'amour semble pouvoir guérir les blessures les plus profondes? Et comment convaincre Roman, dont le coeur est vide depuis trop longtemps?


Le vide de nos coeurs est un autre roman de cette immense vague young adult. C'est presque un tsunami ! Cependant, dès la lecture de la quatrième de couverture, j'ai compris qu'il ressortirait du lot avec ses thèmes délicats mais audacieux. Cette douzaine de petites lignes m'a très vite donné envie de m'y attarder.

Aysel et Roman sont marqués à vie par deux événements terribles que peu de gens vivront au cours de leur existence. Ils ne sont pas encore des adultes mais ils ont déjà un mal de vivre qui ne les quitte plus. Roman est rongé par la culpabilité alors qu'Aysel a peur d'elle-même. Leur désir de disparaître est leur seul point en commun lorsqu'ils se rencontrent. L'histoire entre Aysel et Roman commence donc en même temps que leur décompte fatal. À chacun des chapitres, le nombre de jours qu'il reste avant le funeste événement est indiqué. Et lorsque ces nombres deviennent des chiffres, la tension monte inévitablement. Redoutant la fin, je n'avais pas envie d'avancer et pourtant je voulais continuer de connaître ces personnages. C'est inhabituel d'être en désaccord avec la quête des personnages principaux. On s'attache à eux et particulièrement à Aysel qui nous livre davantage ses pensées. Mais, même si on arrive à la comprendre, on voudrait tellement lui dire que le suicide n'est pas la bonne solution ! 

Je ne vous cacherai pas que cette histoire est bouleversante mais tout n'est pas noir tout le temps. Certains moments sont humoristiques et d'autres sont empreints de tendresse. Les deux adolescents s'écoutent pour se comprendre et c'est très beau. J'ai aimé aussi le petit frère qui tente de faire plaisir à sa sœur comme il peut. Les enfants comprennent bien mieux la dépression qu'on pourrait le croire. Et puis, on nous rappelle aussi qu'il y a toujours de l'espoir.

Parler du suicide chez les jeunes n'est pas facile. Et parler de suicide aux jeunes l'est encore moins. Écrire sur ce sujet était un pari risqué. L'auteure aurait pu faire une grosse gaffe mais elle n'en a fait aucune. Une vraie réussite !

Le vide de nos coeurs - Jasmine Warga
Éditions Hugo et Cie 2015
306 pages

lundi 7 septembre 2015

Si loin de toi - Tess Sharpe

Quatrième de couverture :

Quand la vérité ne vous laisse plus respirer...
Sophie Winters a failli mourir.
Deux fois.
Survivante.

Blessée à vie, elle est accro aux antidouleurs.
Droguée.

Mina, sa meilleure amie, a été tuée sous ses yeux.
Traumatisée.

Personne ne croit à sa version des faits.
Ni la police.
Ni sa famille.
Seule au monde.

Elle se battra pour qu'éclate la vérité.
Au nom de l'amour.
Prête à tout.


J'adore les quatrièmes de couverture comme celle-là qui en disent peu. Il en a tellement qui en révèlent trop ! Alors comme le secret est intact, je vais faire différemment aujourd'hui. Je vais énumérer les raisons qui font de Si loin de toi un roman young adult à lire sans résumer l'histoire.

D'abord, il faut savoir que ce roman est un peu trash (il ne conviendrait pas aux jeunes ados). Mais ce n'est pas ce qu'aiment les ados d'ailleurs ? Il est quand même question de meurtre, de drogue et de désintox ! 

Ensuite, ce roman est un savant mélange de thriller, de policier et de drame. Sophie devra mener une enquête puisque le meurtrier de son amie Mina a trompé les autorités. Les policiers et les enquêteurs sont tous tombés dans le piège et elle est la seule à pouvoir le dire mais personne ne la croit. Son enquête est bien ficelée jusqu'à la fin digne d'un bon thriller.

Finalement, la principale raison qui fait de ce roman une réussite est Sophie Winters, le personnage principal. Elle a une véritable personnalité, si bien que les autres personnages paraissent un peu fades à ses côtés. Elle a une force de caractère incroyable en réussissant à accepter son handicap physique et à être clean après s'être droguée pendant plusieurs mois aux narcotiques. Elle s'affirme comme bisexuelle ce qui est plutôt rare dans la littérature YA également. Les relations qu'elle entretient avec Mina et Trev sont aussi complexes et ambiguës qu'elle et c'est ce qui est intéressant.

Si loin de toi est un autre roman young adult qui m'a fait passer un excellent moment ! Il m'a touché avec son côté dramatique autant qu'il m'a scotché avec son côté "thriller".

Si loin de toi - Tess Sharpe
Éditions Robert Laffont Collection "R" 2014
504 pages

dimanche 9 août 2015

Nous les menteurs - E. Lockhart

Quatrième de couverture :

Une famille belle et distinguée. Une île privée. Une fille brillante, blessée; un garçon passionné, engagé. Un groupe de quatre adolescents - Les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice. 

Une révolution. Un accident. Un secret. Mensonges sur mensonges. Le grand amour. La vérité.

Une drame familial époustouflant où culmine le suspense. Une lecture qui, à peine terminée, donne envie de retourner à la première page pour recommencer...


Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un roman pour adolescents ou pour jeunes adultes. J'avais noté ce titre sur un blog quelque part (je ne me souviens plus lequel...) mais c'est la couverture très estivale qui m'a donné envie de le lire pendant les vacances.

L'écriture particulière ne m'a pas convaincue tout de suite. Il a fallu un certain nombre de pages pour que je l'apprécie réellement mais, dès que ce fût le cas, j'ai totalement embarqué dans cette histoire.

J'adore les secrets de famille et j'ai été servie ! Cadence, le personnage principal, a eu un accident mais elle ne s'en souvient pas beaucoup. Ses proches refusent de lui en parler préférant que la mémoire lui revienne naturellement. Ils disent suivre les consignes du personnel médical qui s'est occupé d'elle. Cadence sait bien qu'ils cachent quelque chose. Elle a parfois des flash, des bribes de souvenirs mais elle n'arrive pas à brosser un portrait complet de l’événement.  Alors, comme elle, le lecteur essaie de comprendre ce qui s'est vraiment passé saisissant chaque petit indice révélé.

L'atmosphère de vacances est bien rendue. L'île privée de la famille Sinclair est un endroit idyllique avec ses grosses maisons de vacances américaines, sa promenade en bois, la mer et les bateaux. Pourtant, le mystère ne cesse de planer au-dessus de ce beau décor. Une jolie histoire d'amour naît aussi sur l'île entre Cadence et Gat mais ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressé.

L'auteure a demandé de ne pas trop en révéler sur son livre et, surtout, sur sa fin alors je m'arrête ici. Elle a dit : "Lisez-le. Et si on vous demande comment ça se termine, MENTEZ !" Je vous dirai seulement qu'on passe un bon moment avec ce roman. Il m'a donné envie d'en lire d'autres qui s'adressent à ce public. J'avais oublié que j'aimais bien ce type de livre de temps en temps et qu'il s'en écrit de bons aussi !

Nous les menteurs - E. Lockhart
Éditions Gallimard Jeunesse 2015
288 pages

dimanche 6 novembre 2011

Un été chez grand-mère (Le journal d'Aurélie Laflamme T.3) - India Desjardins

Quatrième de couverture :

À l'aube de ses quinze ans, Aurélie Laflamme a pris une décision : celle de devenir plus mature. Plus question de se laisser envahir par toutes sortes d'émotions incontrôlables ! Peu importe sa rupture avec Nicolas, ses mauvais résultats scolaires et le fait que sa mère parte en voyage avec son nouveau chum (possiblement diabolique) de l'autre côté de l'Atlantique, Aurélie (aidée par tout le chocolat qu'elle peut trouver) veut rester zen. Heureusement que l'année scolaire tire à sa fin, elle pourra enfin souffler et mettre à profit sa nouvelle résolution ! Mais comment y arriver quand elle doit s'expatrier à la campagne chez sa grand-mère pendant que sa meilleure amie, Kat, passe un mois dans un camp d'équitation et que son voisin, Tommy, se rend dans sa ville natale ?

Alors qu'Aurélie se prépare à passer un été à écouter gazouiller les moineaux et à observer la danse nuptiale des vers de terre (bref, déprimant !), elle ne peut imaginer la foule de péripéties qui l'attendent...
             


J'ai lu ce troisième tome cet été mais, ayant délaissé mon blog à ce temps-là, je n'avais pas fait de billet. Je tiens à le faire maintenant car c'est un roman jeunesse qui m'a beaucoup plu comme les deux tomes précédents d'ailleurs !

Ce que j'aime avec Aurélie, c'est qu'on ne se casse pas la tête ! Elle, elle se la casse souvent pour des futilités mais pas le lecteur qui, lui, rit plutôt. L'humour est toujours très présent dans ce tome. J'aurais aimé ne pas avoir à attendre 160 pages avant qu'elle se rende chez sa grand-mère mais la fin de l'année scolaire était quand même très plaisante à lire. Le changement d'environnement m'a plu et la grand-mère (l'espionne de mariage) également !

Ce qui ne m'accroche pas du tout par contre, ce sont les parties où la jeune fille lit son Miss Magazine ou y fait les tests. Je n'aime pas ce genre de magazine et ce sont des parties que je trouve ennuyantes. Pourquoi Aurélie ne ferait pas autre chose de sa vie comme joindre une troupe de théâtre, une équipe sportive ou un comité quelconque ? La plupart des adolescentes que je côtoie sont toujours embarquées dans 28 milles projets !

Bref, je lirai certainement les suites car, même en avançant dans les tomes, la qualité ne diminue pas. On entrevoie aussi de grands changements dans la vie de l'adolescente et je suis bien curieuse de voir comment elle les vivra.

jeudi 10 mars 2011

Sur le point de craquer (Le journal d'Aurélie Laflamme T. 2) - India Desjardins

Quatrième de couverture :

Aurélie n'en peut plus ! Sa mère cherche l'amour sur Internet et Aurélie s'inquiète: elle pourrait tomber sur des maniaques ! Quant à sa meilleure amie, Kat, elle est en plein chagrin d'Amour, se révolte contre les gars de la terre et propose à Aurélie un pacte de célibat qui les liera jusqu'à la fin du secondaire ! Mais le coeur d'Aurélie balance entre la proposition de son amie et ses sentiments de plus en plus forts pour Nicolas. Pour couronner le tout, son nouveau voisin se montre plutôt envahissant, et elle a une montagne de travail à faire pour améliorer ses résultats scolaires... Pas étonnant qu'elle soit sur le point de craquer !


J'ai lu récemment la suite des aventures de Mlle Laflamme, personnage désormais très connu au Québec et qui commence à se faire connaître sur le vieux continent. Elle a déjà fait plusieurs apparitions sur les blogs français ces derniers temps avec des pages couvertures différentes. Même si j'ai préféré le premier tome, je considère que celui-ci est une bonne continuité.

Le deuxième tome commence juste là où le premier s'était terminé. C'est le retour des classes après le congé de Noël pour Aurélie et ses amis. Aurélie se pose plusieurs questions dont d'une importante capitale : elle ne sait pas si son baiser officialise sa relation avec Nicolas ou non. Ce dernier ne l'a pas rappelé.

Encore une fois, ce sont les préoccupations d'adolescentes qui sont à la base de toute cette histoire imaginée par India Desjardins. Cependant, c'est raconté avec un humour original qui peut plaire aux plus âgés comme moi. C'est drôle, sympathique et très vivant. J'ai vraiment envie de lire la suite Un été chez ma grand-mère pour découvrir comment se passeront les vacances d'Aurélie et aussi pour ensoleiller un peu mes journées. J'en ferai probablement une lecture commune avec Kikine. Je vous déterminerai la date exacte pour que vous puissiez vous joindre à nous, si le coeur vous en dit !

dimanche 21 novembre 2010

Treize raisons - Jay Asher

Quatrième de couverture :

Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Sur la blogosphère certaines l'ont adoré, d'autres n'ont pas du tout été convaincues par ce roman jeunesse. Pour ma part, je me situe quelque part à mi-chemin entre ces différents avis.

Commençons par le positif : Treize raisons se lit comme un polar ! À toutes les fins de chapitres, j'avais hâte de découvrir qui serait la prochaine "victime" d'Hannah. Si j'ai pu deviner pour certaines personnes, j'ai aussi été surprise à quelques reprises. Les cassettes sont comme les pièces du puzzle de la vie de l'adolescente. Ce n'est qu'une fois toutes les pièces réunies qu'on comprend que c'est une accumulation de petits gestes et la création d'une fausse réputation qui a tout fait basculé. Puis, qu'on soit d'accord ou non avec le geste irréparable qu'elle a posé n'est qu'un détail n'étant pas dans sa situation ni son état dépressif.

Poursuivons avec le négatif maintenant : je suis déçue de l'implication de Clay, le personnage principal, dans l'histoire d'Hannah. Je me serais attendu à autre chose, à mieux. Il y joue un rôle très effacé. J'avais hâte d'en arriver à sa cassette pour qu'il soit enfin inclut mais ça ne s'est pas vraiment arrangé. C'est dommage. De plus, l'écriture, sans être mauvaise, n'est pas très emballante.

Au final, ce roman plaira certainement aux jeunes avec des thèmes qui les touchent directement mais il n'est quand même pas ce que la littérature jeunesse a de mieux à leur offrir. 

mardi 25 mai 2010

Eon et le douzième dragon - Alison Goodman

Quatrième de couverture :

Au coeur d'une Chine impériale mythique, Eon s'entraîne avec d'autres jeunes garçons pour être choisi comme apprenti par l'un des douze dragons qui protègent le pays. Mais il porte un dangereux secret. Dans ce monde plein de fausses identités, d'alliances incertaines mais aussi d'amitiés loyales, Eon est en grand péril.

La blogosphère peut être très tentatrice. La preuve ? Normalement, jamais je n'aurais choisi un livre avec des dragons. Le fantastique, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé ni dans les livres ni les films. Mais ayant lu plusieurs commentaires très positifs à propos d'Eon et le douzième dragon, j'ai voulu tenter le coup. Et j'ai bien fait !

D'abord, j'ai trouvé que l'auteur ose beaucoup pour un roman jeunesse, ce que j'ai grandement apprécié. Le personnage d'Eon, ou plutôt Eona, est fascinant ! Eon est en fait une jeune fille de seize ans qui refoule sa féminité et la camoufle à l'aide de plusieurs moyens pour avoir une chance d'être élue Oeil de dragon. Pour elle, le fait d'être une fille est un handicap pour réaliser ses rêves. Elle va jusqu'à prendre des infusions d'une faiseuse de fantômes pour enrayer "ses lunes" (ses menstruations). L'Oeil de dragon est la personne qui a le pouvoir de voir et de communiquer avec un dragon. Et celui-ci partage son pouvoir avec cette personne. Dans cette Chine impériale, il est improbable qu'une femme soit choisie pour jouer ce rôle. Alison Goodman a aussi créé des personnages secondaires hors du commun comme un transsexuel qui est devenu une dame de la cour et un gentil et fidèle garde eunuque. Je dois avouer que j'ai dû chercher sur Internet ce qu'était un eunuque. Au moins, j'aurai appris quelque chose ! Et que dire de la drogue solaire consommée par certains personnages ? Fallait oser !

L'atmosphère vieillotte et mythique m'a envoûtée. Cependant, quelques éléments étaient prévisibles. J'ai deviné quelques révélations à l'avance mais ça n'a pas nuit à mon intérêt. Je voulais savoir si j'avais vu juste. Bref, j'ai véritablement embarqué dans cette aventure. Il y aura une suite (existe-t-il encore des auteurs qui écrivent des livres uniques ?) que je lirai, évidemment.

vendredi 7 mai 2010

Extraterrestre... ou presque ! (Le journal d'Aurélie Laflamme 1) - India Desjardins

Quatrième de couverture :

A 14 ans, Aurélie Laflamme ne se sent aucune affinité avec personne. Depuis le décès de son père, sa mère est un vrai zombie, mais la voilà soudainement qui revit (et qui va même jusqu'à porter des dessous affriolants !) Pourrait-il y avoir un lien avec Denis Beaulieu, le directeur de l'école ? (ou-ach ! ). Quant à sa meilleure amie, Kat, l'amour lui ramollit complètement le cerveau. Pas question de s'y laisser prendre, elle aussi ! Mais personne n'est à l'abri d'un coup de foudre...
Et au milieu de ce tourbillon, Aurélie ne désire qu'une chose, trouver sa place dans l'univers.

Vous savez probablement toutes que Mlle Laflamme est un des personnages les plus populaires actuellement. Je ne passe pas une seule journée dans une école sans voir une jeune fille en lire un tome. Cependant, j'avais un à priori concernant India Desjardins. Elle a longtemps écrit pour des magazines pour jeunes filles que je trouve personnellement assez vides d'intérêt. Puis, lors d'une récente apparition à l'émission Tout le monde en parle, elle m'a semblé superficielle. Sympathique, mais superficielle. C'est impossible qu'une adolescente puisse tripper sur l'observation des oiseaux ? Rapport ?! (Comme dirait Aurélie) Si vous l'avez vu, vous comprenez.

Après lecture, j'avoue avoir un peu changé d'avis. J'ai aimé la plume vive et pétillante d'India Desjardins. Elle est débordante d'humour. Je comprends entièrement que ça plaise aux jeunes. Il y a quand même des clichés qui m'ont fait rouler des yeux comme le méga-drame du bouton mais souvent, les situations sont cocasses et bien trouvées. Le ton est plein d'espoir et toujours positif. Elle nous met définitivement de bonne humeur cette Aurélie ! India Desjardins a la chance d'avoir un public plus que passionné, mais elle le lui rend bien.

Malgré quelques petits détails qui m'ont moins plu, j'ai envie de poursuivre. Apparemment plus on avance dans la série, mieux c'est. J'ai donc hâte de découvrir ce que l'auteure nous réserve après un bon départ. Et puis, j'ai vraiment hâte de voir la tête des élèves quand je leur dirai que j'ai lu le fameux Journal d'Aurélie. Je vais être leur idole, c'est sur !!

dimanche 18 avril 2010

Si je reste - Gayle Forman

Quatrième de couverture :

Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis vient l’accident de voiture. Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses supéfiantes : d’abord, elle entend tout ce qu’on dit autour de son lit d’hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir. C’est à elle de décider. Un choix terrible quand on a 17 ans.

Si je reste est une merveilleuse histoire d’amour, mais aussi un livre qui nous fait réfléchir à l’essentiel, à la place de l’amour et du bonheur, à tous ces liens avec nos proches auxquels on s’habitue et qui sont pourtant le vrai trésor de nos vies.


Suite à la lecture de plusieurs billets à propos de ce titre, je l'ai emprunté à la bibliothèque. Je ne suis habituellement pas fan des histoires très tristes mais j'avais le goût de lire celle-là. Si je pense avoir moins aimé que certaines lectrices, j'ai tout de même passé un bon moment de lecture.

Mia est une adolescente ordinaire lorsqu'elle a cet accident de voiture qui change tout. Elle sombre dans un coma et quitte son corps. Elle peut alors voir et entendre tout ce qui se passe dans l'hôpital où elle repose. Elle s'apprêtait à étudier dans une école de musique renommée avant que le malheur ne survienne. Mais, quand les membres de sa famille décèdent des suites de l'accident, elle devra trouver une véritable raison pour rester ou finalement cesser de se battre et s'en aller.

On retrouve plusieurs références musicales placées ici et là, des artistes et des titres de musique classique bien sûr mais aussi de pop, et rock et de punk. J'aime beaucoup ce genre de petits détails. J'y ai fait quelques petites découvertes. Vive Yout*** !

J'ai aimé que le récit soit entrecoupé par de nombreux souvenirs de la vie de Mia. Il y a alors une alternance de moments heureux et de moments tristes. On apprend à connaître l'adolescente et l'histoire devient encore plus touchante. L'écriture est simple mais juste.

Le bémol ? J'ai trouvé que l'histoire manquait un peu d'originalité mais je l'ai tout de même lu avec plaisir. Ça se lit facilement sans effort. Je suis persuadée qu'il plait aux plus jeunes aussi. Enfin, peu importe l'âge, c'est un agréable petit moment à s'offrir.

mardi 2 mars 2010

Hortense (Quatre soeurs tome 2) - Malika Ferdjoukh

Quatrième de couverture :

Hortense, sur SA falaise, tient SON journal intime.Elle y raconte combien c'est dur d'être 1 sur 5, une parmi la multitude, surtout quand cette multitude est composée de :

- Charlie qui veut tout réparer à la Vill'Hervé et regarder à la dépense au lieu d'épouser Basile le docteur, de vivre à ses crochets et de fêter Noël au foie gras.
- Geneviève qui ment alors qu'elle ne ment jamais.
- Bettina qui est odieuse avec les êtres les plus sensibles de l'univers, à savoir : elle, Hortense, et Merlin Gillespie, le livreur magicien de Nanouk Surgelés, très, très laid à l'extérieur, mais si, si beau à l'intérieur.
- Et Enid qui a des conversations à bâtons rompus avec son ami Gnome de la Chasse d'eau.

Hortense se demande ce qu'elle va devenir. Architecte de monuments éternels ? Zuleika Lester, du feuilleton Cooper Lane ? Chirurgienne de maladies incurables ? Et si c'était comédienne ? Une idée folle, complètement Saint-Pierre-et-Miquelon, comme dirait Muguette, la locataire malade de la maison voisine.

Hortense sait que pour devenir comédienne, il faut une présence, une voix, de la mémoire, mais surtout de l'entraînement. Alors elle referme SON journal, elle quitte SA falaise, et elle fonce.

Cette série deviendra probablement une de mes séries jeunesses préférées. Ce deuxième tome est aussi bien sinon mieux que le premier ! Encore une fois, nous sommes introduits de belle façon dans l'univers particulier des soeurs Verdelaine qui sont un peu plus matures. Mais heureusement pour nous, elles sont toujours aussi imaginatives et excentriques. D'ailleurs, leurs relations avec les animaux de la Vill'Hervé me font bien rire, surtout avec Mycroft ! De nouveaux personnages font leur apparition comme ce cher Merlin, le livreur de surgelés, qui fait énormément jaser. Et, encore une fois, j'ai eu le goût de faire partie de ce petit monde que représente la Vill'Hervé avec ces héroïnes attachantes.

J'ai fait, bien entendu, davantage connaissance avec la timide Hortense qui était un peu effacée dans le précédent. Elle se découvre un talent particulier en plus de développer une belle amitié avec une jeune fille appelée Muguette. Cependant, ce deuxième tome aurait aussi bien pu s'intituler Bettina puisque son histoire d'amour-rejet avec Merlin est au centre des évènements. J'ai beaucoup aimé cette partie. Je trouve bien la petite "leçon" sur l'apparence physique à laquelle on accorde souvent trop d'importance à l'adolescence.

Bref, ce roman est plaisant, drôle et pétillant. Il me donne évidemment envie de poursuivre avec ces Quatre soeurs que j'aime de plus en plus. Je suis certaine qu'il plait autant aux jeunes adolescentes qu'à celles qui sont jeunes de coeur !