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mercredi 12 février 2020

Les sept maris d'Evelyn Hugo - Taylor Jenkins Reid

Quatrième de couverture :

A 80 ans, Evelyn Hugo, légende du cinéma, décide de lever le voile sur sa vie intime et de raconter ses sept mariages. Elle choisit de se confier à Monique Grant qui travaille pour un obscur magazine. Cette dernière veut profiter de cette opportunité pour lancer sa carrière. Au fil des confidences de l'actrice, la journaliste réalise que leurs destins sont liés.


À quelques jours de la St-Valentin, je vous présente un bon gros roman qui, évidemment, parle d'amour. Ce qui est vraiment bien, c'est qu'il aborde plusieurs types d'amour que ce soit l'amour passionnel, l'amour tendre, l'amour presque fraternel et l'amour d'une mère pour sa fille. Mais, Les sept maris d'Evelyn Hugo, c'est aussi bien plus que ça !

Evelyn Hugo, une légende fictive du cinéma, souhaite raconter sa vie à une jeune journaliste qu'elle a soigneusement choisie. Selon l'actrice, personne ne sait la vérité au sujet de ses nombreux mariages et de sa vie. Elle se confiera dans un long interview qui constituera tout le roman. Le récit débutera dans le Hollywood très glamour des années 50 et se terminera alors qu'elle a quatre-vingt ans.

Evelyn Hugo est un personnage complexe et nuancé. Elle n'est pas toujours aimable car elle est manipulatrice et obstinée mais au final, je n'ai jamais été capable de la détester. Elle use de son charme et de son corps pour obtenir ce qu'elle veut mais n'était-ce pas, pour les femmes, un des seuls moyens d'avoir un du contrôle sur sa vie à cette époque ? Son envie de réussir et sa détermination sont remarquables. On se questionne inévitablement sur la place de la femme dans la société de l'époque (et d'aujourd'hui aussi) et l'équité entre les hommes et les femmes. 

Tout au long de sa carrière, l'icône du cinéma a tenté de protéger son image de diverses façons: en camouflant ses origines cubaines à coup de teintures blondes et en refusant de parler en espagnol ou encore, en cachant le fait qu'elle était bisexuelle. Il y a là une véritable réflexion sur le prix à payer pour être célèbre.

Et l'amour dans tout ça ? Tous ses mariages ne seront pas passionnés. Certains ne sont que des arrangements ou des opportunités. D'autres seront tendres et heureux. Puis, il y a le grand Amour qui n'est pas exactement là où le personnage principal pensait le trouver...

Le roman est à la fois dense et fluide en plus d'être hautement divertissant. On ne voit pas passer les "presque" 600 pages !

Les sept maris d'Evelyn Hugo - Taylor Jenkins Reid
Éditions Milady 2019
595 pages

vendredi 25 octobre 2019

Shining - Stephen King

Quatrième de couverture :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté…
L’hiver, l’hôtel est fermé.
Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien.
Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance: c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny.
Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.
Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel?


Mes deux dernières semaines ont été consacrées à la lecture d'un classique de Stephen King : Shining. C'est l'un de ses premiers romans et assurément l'un des plus connus également. Il a fait l'objet d'une célèbre adaptation par Stanley Kubrick mais, comme je ne l'ai jamais visionnée, je ne connaissais que les grandes lignes de l'histoire : une famille dans un grand hôtel hanté, un garçon médium et un père qui tranquillement perd la boule… 

Dès les premiers chapitres, je savais que ce roman me plairait. Il possède toutes les qualités de King que j'aime. La psychologie des personnages est travaillée et les liens entre eux sont étoffés. Les plus intéressants sont évidemment Danny et son père Jack Torrance. Danny c'est l'enfant de cinq ans qui possède un Don qui lui permet de voir le passé. Jack est un ancien professeur à l'université qui a été mis à pied suite à une altercation avec un de ses étudiants. Violent, il est aussi alcoolique. Sa femme Wendy a d'ailleurs menacé de le quitter après un épisode de violence envers son propre fils. Elle lui a donné une dernière chance puisqu'il a juré de ne plus jamais boire. L'équilibre familial est précaire cependant. Wendy est suspicieuse et le surveille sans cesse guettant la rechute. 

Ces trois personnages évoluent donc dans l'Overlook, ce grand hôtel dans les montagnes du Colorado, qui devient presque un personnage lui-même. La neige abondante bloquant tous les accès, ils y sont prisonniers pour tout l'hiver. L'atmosphère déjà bien lourde à leur arrivée devient invivable lorsque les phénomènes paranormaux se déclarent. Le lecteur est aussi prisonnier de ce huis-clos oppressant. Le récit est lent mais c'est parfait pour bien saisir la descente aux enfers des personnages. Le dosage de l'horreur psychologique et du paranormal est très bien. Il n'y a que les buissons vivants qui ne m'ont pas trop convaincue. Puis, j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis la fin de ma lecture concernant la fin du livre. Sans rien dévoiler mais je peux seulement dire que je me questionne à propos de l'histoire de Grady le précédent gardien… Il me semble y avoir une certaine incohérence.

Bref, Shining est un roman culte qui, je crois, me laissera des souvenirs pour longtemps.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem, Rage et L'Outsider.

Shining - Stephen King
Éditions J'ai lu 1981
576 pages

mardi 8 octobre 2019

L'Outsider - Stephen King



Quatrième de couverture :

Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?


Stephen King est un auteur que j'apprécie beaucoup et ce, depuis mon adolescence. Ses premières publications m'attirent davantage mais j'ai voulu jeter un oeil à ce qu'il écrivait présentement. J'ai opté pour L'Outsider paru cette année en français.

L'histoire débute comme un polar traditionnel. Un meurtre sordide, un vieux policier, une jeune victime, un tueur potentiel, un procureur, une enquête : tous les éléments habituels sont là. Puis vient l'alibi béton du présumé coupable qui change tout. À partir de là, l'enquête bascule. Puisque c'est Stephen King, il y a bien entendu un soupçon de surnaturel. Sans trop en révéler, il emprunte quelques éléments à la mythologie mexicaine. Je ne connaissais pas du tout ce folklore mais j'ai été suffisamment intriguée pour faire quelques petites recherches sur Internet par la suite.

Au fil des pages, les morts se succèdent au même rythme que les découvertes. Autour du policier et du procureur, se forme une équipe qui tentera d'éclaircir le mystère et de combattre le mal qui s'abat sur Flintcity, une ville imaginaire située dans le sud des États-Unis. Certains personnages seront familiers à ceux qui ont lus Mr. Mercedes ce qui n'était pas mon cas. 

Cependant, la fin m'a semblé fin trop rapide et un peu trop facile. N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'on reproche souvent à Stephen King, de bâcler la fin de ses romans ? Il se moque justement de ces critiques dans son caméo du nouveau film It (je vous en parlerai très, très bientôt).

J'ai été captivée du début à la fin de ma lecture mais, après coup, je réalise qu'il ne figurera pas parmi mes King préférés.

D'autres livres de Stephen King sur mon blogue : Jessie, Carrie, Misery, Salem et Rage.

L'Outsider - Stephen King
Éditions Albin Michel 2019
576 pages


vendredi 13 juillet 2018

A comme aujourd'hui - David Levithan

Quatrième de couverture :

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, et ne dispose d’aucun moyen de savoir où, et « qui » sera son hôte. Une seule chose est sûre : il n’empruntera cette identité que le temps d’une journée. Aussi incroyable que cela paraisse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière : ne pas s’attacher ; ne pas se faire remarquer ; ne jamais s’immiscer dans la vie de l’autre. 

Des préceptes qui resteront les siens jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu’il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient enfin de croiser quelqu’un qu’il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour...

Une romance captivante, qui tente de décrypter ce sentiment complexe qu’est l’amour, à travers le destin de ces deux héros que tout semble vouloir séparer. Ou comment parvenir à aimer lorsque l’on est condamné à ne vivre qu’au présent...


Voici un autre roman pour ados ou young adult qui a connu du succès et qui a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 2018. Je l'ai lu récemment dans ma passe "ados" !

Le point de départ est original. C'est d'ailleurs ça qui m'a donné envie de le lire. Tous les jours, A. se réveille dans le corps d'une nouvelle personne. Son "hôte d'un jour" peut être n'importe qui mais il a toujours son âge, soit 16 ans, et il habite toujours aux États-Unis (même si cette règle n'est jamais écrite noir sur blanc). Il peut être un garçon, une fille, hétérosexuel(le), homosexuel(le), en pleine santé, malade, sportif, musicien, etc. Un jour, alors qu'il est un ado plutôt ordinaire prénommé Justin, il tombe amoureux de sa petite amie Rhiannon. Alors qu'habituellement il se contente de vivre la vie de son hôte sans faire de vague, son existence changera drastiquement. Les jours suivants, son but sera de la retrouver.

Les hôtes ont des vies très différentes les unes des autres et c'est ce qui m'a vraiment tenue en haleine. L'histoire d'amour a été reléguée au deuxième plan. J'avais hâte à chaque début de chapitre de découvrir où il serait parachuté : dans une famille ultra religieuse, dans le corps d'un garçon obèse ou d'un garçon dépendant de la drogue, dans celui d'une jeune fille dépressive ou encore d'une fille trop extrêmement jolie. 

Cette histoire est une ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit en plus d'être un véritable page-turner ! D'être dans la peau d'une autre personne, ça rend obligatoirement plus empathique. Cette lecture fait réfléchir autant qu'elle amuse. Je la recommanderais sans hésiter aux jeunes et aux moins jeunes. Il me reste à voir le film intitulé Every day maintenant. J'ai quelques doutes mais j'espère qu'il sera à la hauteur...


Un autre roman de David Levithan sur mon blogue : Une nuit à New York

A comme aujourd'hui - David Levithan
Éditions Gallimard 2013
384 pages

samedi 4 novembre 2017

La maison hantée - Shirley Jackson

Quatrième de couverture :

Construite par un riche industriel au XIXe siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n'est plus habitée par ses propriétaires. 

On la dit hantée. 

Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. 

C'est ainsi qu'Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. 

L'expérience peut commencer, mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent...


Mon mois d'octobre a été plus occupé que prévu. Je croyais pouvoir lire au moins deux romans pour le Défi de l'Halloween mais finalement, j'ai eu du mal à en terminer un seul à temps ! Voici donc l'unique roman qui a été lu pour le challenge (dans un billet en retard). Il s'agit d'un classique fantastique de Shirley Jackson écrit en 1959 et adapté au cinéma plus d'une fois que l'on qualifie de chef-d'oeuvre du genre.

Dans toute la région, on raconte que Hill House est hantée. Cette demeure désormais inhabitée attire le inévitablement Dr. Montague qui effectue des travaux sur les phénomènes paranormaux. Il désire s'y rendre avec quelques convives. Tout commence donc avec les invitations du Dr. Montague envoyées à trois jeunes gens pour diverses raisons. Eleanor et Theodora auraient des facultés de médium alors que Luke sera l'héritier de la maison au cours des prochaines années. Ils répondent tous présents pour vivre une expérience à Hill House.

L'ambiance angoissante d'un huis-clos est bien rendue et le malaise est présent. Par contre, j'attendais plus de ce roman. Je m'attendais surtout à frissonner davantage. Aussi, le récit est très lent. J'apprécie la lenteur dans certains romans mais cette fois, j'aurais aimé plus de péripéties. Les personnages ne m'ont pas particulièrement intéressée non plus. Ils sont plutôt désagréables et antipathiques. 

Bref, sans être une déception, ce ne fût pas le grand moment de lecture auquel je m'attendais malheureusement. 

La maison hantée - Shirley Jackson
Éditions Rivages 2016
270 pages

jeudi 23 février 2017

L'immeuble Christodora - Tim Murphy

Quatrième de couverture :

Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d'un certain New York, de l'anarchie des années sida aux hipsters de demain.

New York. Milly et Jared, couple aisé animé d'ambitions artistiques, habite l'immeuble Christodora, vieux building de Greenwich Village. Les habitants du Christodora mènent une vie de bohèmes bien loin de l'embourgeoisement qui guette peu à peu le quartier. Leur voisin, Hector, vit seul. Personnage complexe, ce junkie homosexuel portoricain n'est plus que l'ombre du militant flamboyant qu'il a été dans les années quatre-vingt.

Mateo, le fils adoptif de Milly et Jared, est choyé par ses parents qui voient en lui un artiste. Mais le jeune homme, en plein questionnement sur ses origines, se rebelle contre ses parents et la bourgeoisie blanche qu'ils représentent.

Milly, Jared, Hector et Mateo, autant de vies profondément liées d'une manière que personne n'aurait pu prévoir. Dans cette ville en constante évolution, les existences de demain sont hantées par le poids du passé.


New York est une ville que j'aime beaucoup et quand elle a une place importante dans un roman, comme dans Le Pactole ou Le Chardonneret, je suis attirée. Mais L'immeuble Christodora est bien plus qu'un roman à saveur new yorkaise, c'est un roman absolument nécessaire pour ne pas oublier la lutte que plusieurs groupes ont mené alors que l'épidémie du sida faisait rage aux États-Unis.

Lors que le récit commence et que nous rencontrons les habitants du Christodora, nous sommes en 2001 mais c'est grâce aux nombreux allers-retours dans le temps que nous apprenons véritablement à les connaitre. Le courant n'a pas passé tout de suite entre eux et moi. J'ai dû être persévérance mais ça a vraiment valu le coup. J'ai aimé découvrir les liens qui les unissaient et ceux qui ne me paraissaient pas attachants de prime abord ont su me toucher plus tard.

Le contexte de la fin des années 80 et au début des années 90 est fort bien décrit et bien expliqué. C'est une sombre époque que je ne connaissais absolument pas. Je ne savais pas à quel point les premiers patients séropositifs avaient vécu la misère. Les préjugés étaient alors très présents dans la population générale et même chez les travailleurs de la santé publique, les chercheurs ou les politiciens. On ne se préoccupait pas du sida qu'on considérait être une maladie d'homosexuels seulement. Les différentes communautés devaient militer sans cesse pour l'avancement des recherches alors qu'on dépensait de grosses sommes dans d'autres sphères de la santé. Les femmes séropositives étaient aussi de grandes oubliées. On ne considérait pas qu'elles puissent être concernées par le sida. Elles étaient exclues des études, des recherches et ne recevaient absolument aucune forme d'aide. 

J'ai vraiment appris plein de choses à propos de ce mouvement dans ce roman très dense. Il est bien écrit et bien documenté. Avec L'immeuble Christodora, Tim Murphy a rendu un brillant hommage aux militants qui ont tout changé et à ceux qu'il a perdus beaucoup trop tôt.

L'immeuble Christodora - Tim Murphy
Éditions Plon 2017
446 pages

lundi 12 décembre 2016

Le Pactole - Cynthia D'Aprix Sweeney

Quatrième de couverture :

Dispersée dans New York, la fratrie Plumb préfère s’éviter.

Jack, antiquaire endetté, rêve d’offrir à son conjoint un peu de tranquillité. Auteur d’un unique best-seller, l’ex-« Glitterary Girl » Beatrice rêve, elle, de retrouver l’inspiration. Quant à Melody, dont le mari peine à solder le prêt de leur maison, elle rêve d’un avenir luxueux pour ses jumelles adorées. À vrai dire, ils n’ont pas grand-chose en commun. Excepté « Le Pactole », une fortune léguée par leur père qui doit leur revenir aux quarante ans de Melody, dans cinq mois…

C’était sans compter l’accident de Leo, l’aîné, golden boy déchu : pour couvrir le scandale, les fonds ont été dilapidés, fauchant ainsi tous les espoirs.

Mais qu’attendre de l’égocentrique Leo ? Et de ces retrouvailles forcées ? Sinon une fiévreuse partie de poker menteur qui, en révélant les failles de chacun, va balayer les certitudes, et bouleverser leurs vies…


Le Pactole est un roman qui a eu énormément de succès chez nos voisin du sud. J'ai eu envie de le lire surtout pour en savoir plus sur la vie des habitants de New York. Cette famille est parfaite pour nous la faire découvrir.

Léo, Béatrice, Melody et Jack forment une fratrie discordante. Avec leurs personnalités fortes, ils ont de la difficulté à s'harmoniser et les secrets de famille sont nombreux. C'est pire depuis qu'un important montant d'argent promis par leur père, qui devait être également distribué, a été utilisé en totalité par l'un d'eux sans l'accord des autres. La disparition du Pactole (quel mot étrange) est donc l'élément déclencheur de toute cette histoire. Ayant planifié leur vie en fonction de ce Pactole, chacun devra trouver des solutions pour ne pas tout perdre.

J'ai apprécié la plupart des personnages; une écrivaine célibataire, un homme d'affaire excentrique, une mère de jumelles adolescentes (qui, elles, découvrent leur sexualité), un antiquaire homosexuel, un homme qui a perdu sa femme dans la tragédie du 11 septembre, etc.  Il est intéressant d'avoir plusieurs perspectives. Par contre, j'ai trouvé l'écriture un peu froide, elle nous tient émotionnellement à distance d'eux. 

C'est un roman tout à fait plaisant sans toutefois être marquant. On souligne sur la quatrième de couverture son potentiel cinématographique. Je suis d'accord, j'aimerais bien qu'il soit adapté.

Le pactole - Cynthia D'Aprix Sweeney
Éditions Fleuve 2016
432 pages

jeudi 10 novembre 2016

The Girls - Emma Cline

Quatrième de couverture :

Evie Boyd, adolescente rêveuse et solitaire, vit au nord de la Californie à la fin des années 1960. Au début de l'été, elle aperçoit dans un parc un groupe de filles. Interpellée par leur liberté, elle se laisse rapidement hypnotiser par Suzanne et entraîner dans le cercle d'une secte. Elle ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche à grands pas d'une violence impensable. Premier roman.


The Girls est probablement mon plus grand coup de coeur de l'année 2016 jusqu'à maintenant (notez que nous sommes quand même en novembre). 
Ce sera tout pour l'introduction.

The Girls est fortement inspirée de celles de l'Affaire Charles Manson. L'auteure, Emma Cline, ne s'en cache pas. Elle a mentionné qu'en lisant à propos de cette affaire, elle avait trouvé très peu d'information à propos des filles, pourtant nombreuses, qui vivaient dans la commune. Elle s'est intéressée à elles pour écrire ce roman plus que réussi.

Pour raconter l'existence de ces Filles, Emma Cline a mis en scène une adolescente californienne, Evie Boyd. C'est un personnage fictif qu'elle a créé. En 1969, Evie est esseulée depuis le divorce de ses parents. Son existence lui semble morne alors qu'elle voudrait "vivre plus". Elle commence à avoir conscience de son corps, de son propre désir et de celui qu'elle a maintenant le pouvoir de créer chez les autres. Grâce à un récit intimiste, l'auteure s'est penchée sur la psychologie de l'adolescente de manière si juste et intelligente que le personnage semble prendre réellement vie sous nos yeux.

Emma Cline possède un sens de l'observation incroyable grâce auquel son écriture se démarque. Elle a quelque chose de juvénile tout en étant très précise. Dès les premières phrases, elle m'a envoûté et ce, jusqu'aux dernières lignes. Les descriptions sont puissantes et riches. Elle a même le pouvoir de rendre la laideur attirante et poétique. Je la relirai, c'est certain.

Même si nous connaissons la fin, elle nous bouleverse. Mais, il faut surtout lire ce roman pour le voyage initiatique qu'il offre, le trajet déroutant qui mène à cette atroce scène. Je l'ai terminé il y a quelques jours et depuis, je l'ai toujours en tête. À lire en écoutant Freak de Lana Del Rey.

Troublant. Fascinant. Bouleversant.

The girls - Emma Cline
Éditions La Table ronde 2016
336 pages

vendredi 2 septembre 2016

Seul sur mars - Andy Weir

Quatrième de couverture :

Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.
Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…


Récemment, j'ai osé sortir complètement de mes habitudes pour lire Seul sur Mars, un mélange de thriller et de roman de science-fiction. Je ne suis pas particulièrement friande de SF mais si j'ai voulu lire celui-là c'est la faute à Jules et à Gab (un blogueur disparu?). Je l'avais noté depuis longtemps mais je l'ai trouvé récemment à la bouquinerie (avec cette couverture que je trouve plus inspirante, désolée Matt Damon).

D'abord, j'ai beaucoup aimé le réalisme. L'histoire du pauvre astronaute abandonné sur Mars par ses pairs qui le croyaient mort après une abominable tempête de sable me semblait tout à fait crédible. J'ai donc embarqué tout de suite... Ou plutôt, tout de suite après l'explication de la culture des pommes de terre que j'ai trouvée un peu longue. Mais, dès les terriens découvrent que Mark Watney est toujours vivant, le roman devient complètement addictif !

Tout le long, deux styles s'alternent. D'un côté, nous avons le journal de bord de Mark puis de l'autre, les discussions de l'équipe au sol qui communique avec lui et avec l'équipage d'Hermès 3. Cette alternance rend la lecture très dynamique. Les pages tournent à toute vitesse ! Moi qui n'avais qu'un faible intérêt pour l'astronomie et la science, je me suis surprise à Googler des mots comme Pathfinder et Sojourner pour comprendre davantage.

Si je n'avais qu'un petit reproche à faire, il concernerait le personnage principal. J'aurais aimé savoir qui était Mark Watney sur la terre. Avait-t'il quelqu'un dans sa vie ? Avait-t'il des enfants ? Je m'attendais à en savoir plus sur l'homme, pas seulement sur l’astronaute. Malgré ce petit reproche, j'ai beaucoup, beaucoup aimé Seul sur Mars. Je vais sans doute regarder l'adaptation cinématographique maintenant.

Seul sur mars - Andy Weir
Éditions Bragelonne 2014
408 pages

mardi 9 février 2016

Blacklistée - Cole Gibsen

Quatrième de couverture :

En apparence, Regan Flay a tout ce dont on peut rêver. A 17 ans, elle est populaire, étudie dans l'un des meilleurs lycées du monde, et ses parents ont les moyens de satisfaire le moindre de ses souhaits. Mais sa vie bascule le jour où, en arrivant en cours, Regan découvre ses textos et messages privés Facebook placardés sur les murs du lycée. Vacheries, mensonges, insultes, manipulations : tout est là, exposé aux yeux de chacun. En une seconde, elle passe du statut de princesse à celui de véritable paria. Ses amis lui tournent le dos, et les autres élèves du lycée commencent à lui faire vivre un véritable enfer. Elle trouve du soutien auprès de Nolan, un jeune homme plutôt beau garçon mais légèrement dysfonctionnel socialement. Ce dernier découvre vite que Regan est tout sauf la miss Parfaite qu'elle voulait bien montrer. Sous sa carapace, c'est une jeune fille angoissée, qui a du mal à supporter les exigences de sa mère concernant son avenir. Car rester toujours au top demande une sacrée dose d'énergie, et aucun échec n'est envisageable. Pourtant, la chute de Regan n'est qu'un début, et personne n'en sortira indemne...


J'ai poursuivi ma découverte de la littérature pour jeunes adultes avec ce titre paru récemment. L'histoire en est une d'intimidation qui peut sembler banale mais elle a le mérite de mélanger les cartes avec, pour personnage principal Reegan, une jeune fille qui passe du camp des intimidatrices à celui des victimes en une journée. Elle m'était antipathique au départ si bien que je me disais qu'elle ne récoltait que ce qu'elle avait semé. Heureusement, elle change et évolue au fil des pages devenant une adolescente attachante.

Dans le premier quart, je croyais avoir deviné où l'auteure s'en allait. Heureusement, elle m'a déjoué sur quelques points avec son scénario. Il est efficace et il est bien ancré dans son époque avec l'utilisation des cellulaires et des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Il serait difficile de ne pas y faire allusion dans les romans actuels mais cette fois c'est particulièrement pertinent et bien fait.

L'intimidation est un thème récurrent dans la littérature YA mais souvent tout est noir un jour et tout est arrangé le lendemain. C'est le cas dans Blacklistée. Or, dans la réalité, il faut souvent travailler pendant des semaines voire des mois sur les vrais cas d'intimidation. Bien sûr, il ne faut pas confondre "dispute" ou "conflit" et "intimidation". L'intimidation est répétitive et implique un abus de pouvoir d'un jeune sur un autre. Mon expérience de travail dans une école secondaire me rend certainement plus critique mais je crois que les plus jeunes n'auront pas les mêmes reproches à faire. Et c'est fait pour eux après tout !

Ceci dit, malgré mes quelques bémols, j'ai eu du plaisir à le lire alors le but a été atteint.

Blacklistée - Cole Gibsen
Éditions Hugo et Cie 2015
327 pages

jeudi 8 octobre 2015

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers - Benjamin Alire Saenz

Quatrième de couverture :

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... 

C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.


J'ai lu dernièrement un autre roman jeunesse à la couverture intrigante : Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers. C'est une histoire à la narration linéaire somme toute assez simple et prévisible mais qui fait plaisir à lire.

Ari et Dante sont des adolescents ordinaires qui s'ouvrent au monde qui les entoure. Ils sont tous les deux des garçons d'origine mexicaine vivant aux États-Unis mais ils sont très différents. Dante est extroverti alors qu'Aristote est solitaire. Leurs familles ne se ressemblent pas non plus. Dans celle de Dante, les démonstrations d'affection sont naturelles alors que chez Ari, elles sont rares. Les membres de la famille ne se parlent que lorsqu'ils ont quelque chose à se dire. Dans le cas du père, les phrases sont courtes; trop courtes au goût d'Ari. Son propre père, qui a vécu la guerre du Vietnam, est un mystère qu'il tente de percer. Son frère qui croupit en prison en est un autre. Aristote en est même un pour lui-même !

L'écriture est empreinte d'une douceur et d'une sensibilité rare pour un roman de ce genre. Dès la première rencontre des deux personnages à la piscine, leur amitié semble réelle et sincère. Pour moi, cette relation confuse qu'ils entretiennent est le principal intérêt de l'histoire. Certains moments qu'ils partagent ensemble sont sublimes comme lorsqu'ils courent nus sous la pluie ou qu'ils regardent les étoiles dans la boîte du pick-up d'Ari dans le désert. Je n'ai pas souvent lu de livres sur une relation entre deux garçons, j'ai l'impression qu'ils sont rares. 

Ne vous fiez pas au nombre de pages ou à l'épaisseur du livre, il se lit rapidement. Les chapitres sont courts, voire ultra courts. La mise en page très aérée est propice à la réflexion. Et vous en ferez certainement de belles car Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers est un magnifique roman !

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers - Benjamin Alire Saenz
Éditions Pocket Jeunesse 2015
368 pages

dimanche 20 septembre 2015

Le vide de nos coeurs - Jasmine Warga

Quatrième de couverture :

Aysel a pris sa décision: elle doit disparaître. Depuis que son père a provoqué l'accident fatal qui a marqué sa petit ville à jamais, la vie est devenue trop difficile à supporter.

Cependant, elle n'est pas sûre d'avoir le courage d'y arriver seule. C'est alors qu'elle découvre Smooth Passages, un site qui lui permettra de trouver un compagnon pour oser sauter le pas. Elle choisit FrozenRobot, alias Roman, lui aussi victime d'une tragédie familiale.

Aysel et Roman n'ont rien en commun, mais il commencent à s'apprivoiser petit à petit. Lorsque la date fatidique approche, Aysel se pose des questions. Méritent-ils de s'infliger un tel sort quand l'amour semble pouvoir guérir les blessures les plus profondes? Et comment convaincre Roman, dont le coeur est vide depuis trop longtemps?


Le vide de nos coeurs est un autre roman de cette immense vague young adult. C'est presque un tsunami ! Cependant, dès la lecture de la quatrième de couverture, j'ai compris qu'il ressortirait du lot avec ses thèmes délicats mais audacieux. Cette douzaine de petites lignes m'a très vite donné envie de m'y attarder.

Aysel et Roman sont marqués à vie par deux événements terribles que peu de gens vivront au cours de leur existence. Ils ne sont pas encore des adultes mais ils ont déjà un mal de vivre qui ne les quitte plus. Roman est rongé par la culpabilité alors qu'Aysel a peur d'elle-même. Leur désir de disparaître est leur seul point en commun lorsqu'ils se rencontrent. L'histoire entre Aysel et Roman commence donc en même temps que leur décompte fatal. À chacun des chapitres, le nombre de jours qu'il reste avant le funeste événement est indiqué. Et lorsque ces nombres deviennent des chiffres, la tension monte inévitablement. Redoutant la fin, je n'avais pas envie d'avancer et pourtant je voulais continuer de connaître ces personnages. C'est inhabituel d'être en désaccord avec la quête des personnages principaux. On s'attache à eux et particulièrement à Aysel qui nous livre davantage ses pensées. Mais, même si on arrive à la comprendre, on voudrait tellement lui dire que le suicide n'est pas la bonne solution ! 

Je ne vous cacherai pas que cette histoire est bouleversante mais tout n'est pas noir tout le temps. Certains moments sont humoristiques et d'autres sont empreints de tendresse. Les deux adolescents s'écoutent pour se comprendre et c'est très beau. J'ai aimé aussi le petit frère qui tente de faire plaisir à sa sœur comme il peut. Les enfants comprennent bien mieux la dépression qu'on pourrait le croire. Et puis, on nous rappelle aussi qu'il y a toujours de l'espoir.

Parler du suicide chez les jeunes n'est pas facile. Et parler de suicide aux jeunes l'est encore moins. Écrire sur ce sujet était un pari risqué. L'auteure aurait pu faire une grosse gaffe mais elle n'en a fait aucune. Une vraie réussite !

Le vide de nos coeurs - Jasmine Warga
Éditions Hugo et Cie 2015
306 pages

lundi 7 septembre 2015

Si loin de toi - Tess Sharpe

Quatrième de couverture :

Quand la vérité ne vous laisse plus respirer...
Sophie Winters a failli mourir.
Deux fois.
Survivante.

Blessée à vie, elle est accro aux antidouleurs.
Droguée.

Mina, sa meilleure amie, a été tuée sous ses yeux.
Traumatisée.

Personne ne croit à sa version des faits.
Ni la police.
Ni sa famille.
Seule au monde.

Elle se battra pour qu'éclate la vérité.
Au nom de l'amour.
Prête à tout.


J'adore les quatrièmes de couverture comme celle-là qui en disent peu. Il en a tellement qui en révèlent trop ! Alors comme le secret est intact, je vais faire différemment aujourd'hui. Je vais énumérer les raisons qui font de Si loin de toi un roman young adult à lire sans résumer l'histoire.

D'abord, il faut savoir que ce roman est un peu trash (il ne conviendrait pas aux jeunes ados). Mais ce n'est pas ce qu'aiment les ados d'ailleurs ? Il est quand même question de meurtre, de drogue et de désintox ! 

Ensuite, ce roman est un savant mélange de thriller, de policier et de drame. Sophie devra mener une enquête puisque le meurtrier de son amie Mina a trompé les autorités. Les policiers et les enquêteurs sont tous tombés dans le piège et elle est la seule à pouvoir le dire mais personne ne la croit. Son enquête est bien ficelée jusqu'à la fin digne d'un bon thriller.

Finalement, la principale raison qui fait de ce roman une réussite est Sophie Winters, le personnage principal. Elle a une véritable personnalité, si bien que les autres personnages paraissent un peu fades à ses côtés. Elle a une force de caractère incroyable en réussissant à accepter son handicap physique et à être clean après s'être droguée pendant plusieurs mois aux narcotiques. Elle s'affirme comme bisexuelle ce qui est plutôt rare dans la littérature YA également. Les relations qu'elle entretient avec Mina et Trev sont aussi complexes et ambiguës qu'elle et c'est ce qui est intéressant.

Si loin de toi est un autre roman young adult qui m'a fait passer un excellent moment ! Il m'a touché avec son côté dramatique autant qu'il m'a scotché avec son côté "thriller".

Si loin de toi - Tess Sharpe
Éditions Robert Laffont Collection "R" 2014
504 pages

dimanche 30 août 2015

Mémoire d'elles - T. Greenwood

Quatrième de couverture :

Massachussetts, années 1960. Billie et Eva élèvent leurs enfants dans la modeste zone résidentielle de Hollyville. Ces mères au foyer ont du mal à se contenter du petit bonheur sur mesure et des joies domestiques que la vie leur réserve. Malmenées par leurs maris, elles se soutiennent pour faire face à l'adversité, et l'amitié qui les unit ne tarde pas à se changer en amour. Mais comment vivre au grand jour une relation que la société condamne avec une telle virulence? Elles rêvent d'une évasion près du lac où elles se sont avoué leur amour, mais le destin les attend au tournant.



Repéré chez Jules, ce livre a vite rejoint ma pile de lecture d'été grâce à sa jolie couverture estivale ! Mais détrompez-vous, il ne s'agit pas d'une histoire joyeuse et légère de vacances. Cette histoire est belle mais aussi révoltante pour les femmes indépendantes que nous sommes aujourd'hui. Elle nous rappelle que cette oppression sur les femmes par les hommes n'a disparue  qu'assez récemment finalement.

Alors, ce roman c'est l'histoire de Billie qui a maintenant plus de 80 ans. Dans les années 60, sa vie a bascule lorsqu'une jeune famille comme la tienne emménage dans la maison d'en face. Ils habitent dans une petite ville américaine où les familles sont normalement constituées d'un père qui travaille à l'extérieur et d'une mère qui effectue les tâches ménagères et qui éduque les petits. Ils ont une modeste maison et une seule voiture que l'homme utilise pour se rendre au travail laissant la mère prisonnière chez elle. Les enfants des deux familles développent rapidement des liens d'amitié. Leurs parents font de même lors de barbecues organisés dans la cour mais, tout devient compliqué quand, entre les deux femmes, il y a plus que de l'amitié.

Dès les premières pages, nous savons que cette romance aura quelque chose de tragique. Certains passages sont durs quand on aborde, entre autres, la violence conjugale. Il y a beaucoup de personnages dans ce roman mais, le plus souvent, j'ai eu l'impression que Billie et Eva étaient seules au monde, qu'elles n'avaient aucun allié. Elles vivaient dans une société où les bonnes mœurs semblaient plus importantes que les êtres humains. Si elles ont connu un certain bonheur, c'est grâce à leurs manigances pour se retrouver le temps d'une promenade avec le chien ou de quelques jours au chalet de la soeur de Billie. Les scènes intimes sont dépeintes de façon très pudique comme si elles avaient été écrites à cette époque. 

L'écriture est fluide et agréable. Le livre est épais mais il se lit vraiment bien grâce à cette écriture et à sa construction. À chacun des chapitres, nous changeons d'époque. Billie la narratrice nous raconte à la fois son passé dans les années 60 et son présent.

Ce roman est donc une chronique d'une époque particulièrement triste et choquante pour les femmes avec, pour l'ensoleiller un peu, une belle histoire d'amour. Voyez si ça peut vous plaire, moi j'ai vraiment beaucoup aimé.

Mémoire d'elles - T. Greenwood
Éditions Milady 2014
512 pages

dimanche 9 août 2015

Nous les menteurs - E. Lockhart

Quatrième de couverture :

Une famille belle et distinguée. Une île privée. Une fille brillante, blessée; un garçon passionné, engagé. Un groupe de quatre adolescents - Les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice. 

Une révolution. Un accident. Un secret. Mensonges sur mensonges. Le grand amour. La vérité.

Une drame familial époustouflant où culmine le suspense. Une lecture qui, à peine terminée, donne envie de retourner à la première page pour recommencer...


Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un roman pour adolescents ou pour jeunes adultes. J'avais noté ce titre sur un blog quelque part (je ne me souviens plus lequel...) mais c'est la couverture très estivale qui m'a donné envie de le lire pendant les vacances.

L'écriture particulière ne m'a pas convaincue tout de suite. Il a fallu un certain nombre de pages pour que je l'apprécie réellement mais, dès que ce fût le cas, j'ai totalement embarqué dans cette histoire.

J'adore les secrets de famille et j'ai été servie ! Cadence, le personnage principal, a eu un accident mais elle ne s'en souvient pas beaucoup. Ses proches refusent de lui en parler préférant que la mémoire lui revienne naturellement. Ils disent suivre les consignes du personnel médical qui s'est occupé d'elle. Cadence sait bien qu'ils cachent quelque chose. Elle a parfois des flash, des bribes de souvenirs mais elle n'arrive pas à brosser un portrait complet de l’événement.  Alors, comme elle, le lecteur essaie de comprendre ce qui s'est vraiment passé saisissant chaque petit indice révélé.

L'atmosphère de vacances est bien rendue. L'île privée de la famille Sinclair est un endroit idyllique avec ses grosses maisons de vacances américaines, sa promenade en bois, la mer et les bateaux. Pourtant, le mystère ne cesse de planer au-dessus de ce beau décor. Une jolie histoire d'amour naît aussi sur l'île entre Cadence et Gat mais ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressé.

L'auteure a demandé de ne pas trop en révéler sur son livre et, surtout, sur sa fin alors je m'arrête ici. Elle a dit : "Lisez-le. Et si on vous demande comment ça se termine, MENTEZ !" Je vous dirai seulement qu'on passe un bon moment avec ce roman. Il m'a donné envie d'en lire d'autres qui s'adressent à ce public. J'avais oublié que j'aimais bien ce type de livre de temps en temps et qu'il s'en écrit de bons aussi !

Nous les menteurs - E. Lockhart
Éditions Gallimard Jeunesse 2015
288 pages

samedi 6 juin 2015

Orange is the new black - Piper Kerman

Quatrième de couverture :

Piper Kerman est une jeune femme comme tant d'autres : elle a un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de la jeune casse-cou qui avait livré une valise d'argent pour un trafiquant de drogues dix ans plus tôt. Mais le passé l'a rattrapée. Condamnée à quinze mois d'incarcération dans une prison pour femmes du Connecticut, la jeune cadre dynamique de bonne famille devient le matricule 11187-424.

Le choc est brutal. De sa première fouille corporelle à sa libération, Piper Kerman apprend à naviguer dans cet étrange univers aux codes absurdes et aux lois arbitraires. Elle rencontre des femmes issues de tous les milieux, qui la surprennent par leur générosité, leur humour et leur ouverture d'esprit. Déchirant, drôle et parfois rageant, le récit de Piper Kerman nous offre un témoignage rare et précieux sur le quotidien des détenues américaines.


Car c'est en grande partie pour elles que Piper a écrit ce livre : pour témoigner au nom de toutes celles qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer. 


On m'a recommandé de regarder la série Orange is the new black. Comme pour les films, quand une série est l'adaptation d'un livre, j'aime bien commencer d'abord par la lecture. Je peux comparer ensuite et voir si tout est comme je me l'étais imaginé. Donc, avant de regarder cette série, j'ai tenu à lire le récit autobiographique de Piper Kerman. Après tous ces éloges sur la quatrième de couverture, mes attentes étaient plutôt élevées.

Dès les premiers chapitres, l'histoire de Piper Kerman m'a tenu en haleine. C'est bien écrit malgré le ton familier. Le contexte de départ n'est pas banal non plus. Ce n'est probablement pas tous les jours qu'une jeune femme de bonne famille se rende elle-même à la prison escortée en voiture par son fiancé comme s'ils allaient faire un pique-nique ! Piper a un passé un peu trouble (mais pas trop) ce qui l'amène à devoir purger une peine de quelques mois dans une prison américaine à sécurité minimale. Le personnage est intéressant, c'est un bon point de départ ! Son témoignage est même instructif par moment pour une personne qui, comme moi, ne connait rien au monde carcéral. Les différents clans, les règles officielles et les autres non-écrites; ce n'est pas simple tout ça ! Mais, malgré tout, je m'attendais  à autre chose. Partout, on annonce une comédie hilarante alors que je n'ai pratiquement pas ris de toute ma lecture. Il y a aussi beaucoup de personnages et je devais régulièrement faire des retours en arrière pour me souvenir de tous et chacun. J'aurais cru être plus touchée par ces détenues et par Piper elle-même. On ressent son désarroi lors de ses premiers pas dans la prison mais il me semble qu'elle aurait pu pousser plus loin l'analyse de ses émotions lorsqu'elle raconte certaines anecdotes en particulier.

Mes grandes attentes n'ont pas été comblées mais je donnerai une chance à la série quand même car je suis curieuse de voir tout ce "beau" monde à l'écran !

Orange is the new black - Piper Kerman
Éditeur Presses de la cité 2014
394 pages

vendredi 14 novembre 2014

Wild - Cheryl Strayed

Quatrième de couverture :

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.

Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.


Ceux qui me connaissent savent que j'adore les randonnées ! J'ai parcouru un bon nombre de sentiers au Québec principalement. J'adore enfiler les kilomètres, sentir l'odeur de la forêt, rencontrer les petits habitants de la forêt et être complètement épuisée en fin de journée.  Il est vrai cependant que je n'en ai jamais fait une de plusieurs jours en autonomie complète. Alors, comparé à ce que Cheryl Strayed a réalisé, ce que j'ai parcouru n'est vraiment rien! Pour bien apprécier Wild, il faut d'abord comprendre l'ampleur du projet de l'auteur. Elle souhaite parcourir le Pacific Crest Trail qui débute au sud de la Californie et s'étend jusqu'au nord de l'état de Washington en passant par l'Oregon.



Si Cheryl Strayed se lance un aussi gros défi, c'est qu'elle a besoin d'une renaissance. La vie l'a profondément blessée un peu comme Elizabeth Gilbert dans Mange prie aime. Le parallèle est facile, les livres ont plusieurs points en communs. Dans les deux cas, les femmes ont raté leur mariage et les relations familiales sont difficiles voires inexistantes. Elles se lancent donc, mal préparées, dans un gros projet afin de se retrouver et de redonner un sens à leur vie. Et, comme Mange prie aime, Wild sera adapté au cinéma. C'est le québécois Jean-Marc Vallée dont j'ai adoré les films C.R.A.Z.Y. et Dallas Buyers Club qui est le réalisateur. Petit scoop qui n'en est plus un : c'est Reese Whiterspoon qui jouera le rôle principal.  J'avais aimé la lecture de Mange prie aime mais j'ai vraiment préféré Wild.

Malgré ce qu'on peut croire, ce n'est jamais lassant même si Cheryl vit son périple en solitaire. Elle est une raconteuse très dynamique et intéressante. Elle rencontre aussi plusieurs personnages sur son passage ce qui donne lieu à beaucoup plus de dialogues que je ne l'aurais cru. Arrivée à la fin, j'avais envie de reprendre certains chapitres du début pour être sûre de n'avoir rien manqué. C'est dire à quel point j'ai apprécié cette lecture !

Il va de soi que je vais me précipiter pour voir l'adaptation qui devrait sortir dans les salles de cinéma du Québec en décembre prochain. Je souhaite qu'elle soit aussi inspirante que le récit et qu'on y retrouve les magnifiques panoramas !

Wild - Cheryl Strayed
Éditions Arthaud 2013
475 pages

dimanche 24 août 2014

Le chardonneret - Donna Tartt

Quatrième de couverture :

Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Dona Tartt.

La sortie de ce roman, il y a quelques mois, n'est pas passée inaperçue en remportant, entre autres, le prix Pulitzer. C'est que Donna Tartt a du talent, vraiment ! Elle nous l'avait amplement démontré dans Le maître des illusions mais elle en rajoute avec son "p'tit dernier". Cette fois encore, son écriture est hyper précise sans être lourde. Elle coule facilement et efficacement. 

Avant ma lecture, j'avais entendu dire que Le chardonneret était interminable et que les nombreuses longueurs diminuaient le plaisir. Je ne suis pas d'accord quoique je l'ai trouvé long aussi. Nous ne sommes pas habitués de lire un pavé de près de 800 pages aussi compactes. Les caractères sont petits, il y a peu d'espaces et peu chapitres pour alléger la lecture. Par contre, dire que le plaisir ne suit pas la cadence serait mentir. L'histoire est prenante et les personnages sont originaux et travaillés. C'est surtout le cas du copain de Théo, Boris. Ce dernier a probablement voyagé plus que vous et moi déjà alors qu'il n'a pas encore vingt ans. Il est polyglotte, marginal et plutôt téméraire. C'est un personnage en qui on a plus ou moins confiance mais du genre qui me plait bien. 

Le roman se divise en plusieurs parties qui ont toutes un petit quelque chose. Les personnages se retrouvent à New York, à Las Vegas et à Amsterdam. Ce n'est cependant pas toujours une partie de plaisir alors que les excès font partie du quotidien et que la mort ne rôde jamais bien loin. Tout comme dans La maître des illusions, l''histoire a un côté noir très prononcé qui m'a totalement envoûté. Les théories du bien et du mal exprimées tout au long de l'histoire méritent qu'on leur porte attention aussi.

Bref, ce n'est pas évident de parler d'un roman aussi fort et dense. Le Chardonneret, c'est un roman d'envergure à l'écriture puissante !

Le chardonneret - Donna Tartt
Éditions PLON 2014
787 pages

vendredi 6 juin 2014

Rage - Richard Bachman (Stephen King)

Quatrième de couverture :

Charlie Decker, un lycéen de Placerville, est renvoyé de son établissement pour des raisons de discipline. En sortant, il prend un flingue dans son casier, rentre dans sa classe, tue son prof et prend sa classe en otage.

Suite à la tragédie à Colombine High School en 1999, Stephen King avait lui-même décidé que son roman Rage écrit en 1977 ne serait plus édité. Les exemplaires existants ont également été retirés de la vente. À l'époque, il craignait avoir donné des idées à des jeunes déjà "pas très bien dans leurs têtes". Il voulait dissuader les gens de le lire. Je vous avoue que pour moi, ça a l'effet contraire. Le côté "interdit" m'attire. Maintenant, vous l'aurez compris, il est plus difficile de mettre la main sur ce livre. 

Si ce livre n'est plus disponible, nous n'avons pas arrêté de transposer ce genre de drame dans d'autres romans et au cinéma. Au Québec, par exemple, certains se l'ont permis au petit et au grand écran. Nous n'avons qu'à penser au film Polytechnique ou à l'insoutenable épisode de la série 19-2 (excellente série soit dit en passant!) diffusée l'année dernière qui a énormément fait jaser. Bonne chose, mauvaise chose ? Je ne sais pas, je ne me prononce pas, ce n'est pas le propos de mon billet.

Revenons à Rage lui-même. C'est un King plutôt court, sans vampire, sans esprit maléfique ou démon mais ça fait peur ! C'est certainement le roman de Stephen King qui m'a le plus troublé. Il faut dire que je travaille dans une école, ça n'aide pas. C'est tellement réaliste ! Le narrateur, c'est Charlie Decker, le tireur fou. Au départ, il semble être un adolescent plutôt normal mais, en avançant, certains éléments nous indiquent que sa réalité est relativement différente. Sa folie est superbement décrite. Je ne peux pas dire que j'ai eu un plaisir fou à le lire car c'est trop malsain mais il prouve le talent du maître de l'horreur. Pour écrire des thrillers psychologiques, il excelle.

Bref, ce n'est définitivement pas un livre à mettre entre toutes les mains mais le talent de Stephen King est indéniable.