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vendredi 19 juin 2015

Le Journal d'Anne Frank - Anne Frank

Quatrième de couverture :

Réunit la version du journal retouchée par A. Frank dans les derniers mois de sa vie et des extraits de sa première rédaction.


Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi. Cette édition comporte des pages inédites.


Résumer ici l'oeuvre d'Anne Frank serait bien inutile. Je ne souhaite pas non plus l'analyser comme dans un cours de littérature. Vous pouvez trouver d'excellentes analyses un peu partout de gens qui écrivent bien mieux que moi. C'est suite à ma soirée au théâtre du mois d'avril que j'ai décidé de lire ce texte en entier. Je l'ai lu sans me casser la tête, sans l'intellectualiser, et il m'a vraiment passionnée.

Qui peut lire le Journal d'Anne Frank sans l'adopter tout de suite ? Cette adolescente, vive d'esprit, fait des réflexions toujours très pertinentes à propos de son époque, des Juifs, de la Guerre, de la condition de la femme, de l'amour qu'elle découvre et de la sexualité. Elle est très informée sur tous les sujets et elle est parfaitement lucide. Avec sa plume vivante, elle sait dire les choses mieux que bien des adultes et, même, que bien des écrivains ! Elle mentionne d'ailleurs dans son Journal qu'elle rêvait de devenir une journaliste ou une écrivaine célèbre qui serait lue dans le monde entier. Si seulement elle savait...

Son quotidien n'est pas toujours passionnant mais elle écrit de façon à ce qu'on saisisse ses émotions. C'est ce qui est intéressant. Il serait difficile autrement d'imaginer comment devait se sentir des juifs clandestins enfermés pendant plus de deux ans.

J'espère que le monde s'intéressera encore longtemps à ce Journal pour continuer de faire vivre Anne et tous ces enfants qui ont quitté le monde beaucoup trop vite. Maintenant, j'aimerais tant visiter Amsterdam et la fameuse Annexe ! J'espère pouvoir m'y rendre un jour.

Le Journal d'Anne Frank - Anne Frank 
Éditions Le livre de poche 2013 (nouvelle édition)
368 pages

samedi 6 juin 2015

Orange is the new black - Piper Kerman

Quatrième de couverture :

Piper Kerman est une jeune femme comme tant d'autres : elle a un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de la jeune casse-cou qui avait livré une valise d'argent pour un trafiquant de drogues dix ans plus tôt. Mais le passé l'a rattrapée. Condamnée à quinze mois d'incarcération dans une prison pour femmes du Connecticut, la jeune cadre dynamique de bonne famille devient le matricule 11187-424.

Le choc est brutal. De sa première fouille corporelle à sa libération, Piper Kerman apprend à naviguer dans cet étrange univers aux codes absurdes et aux lois arbitraires. Elle rencontre des femmes issues de tous les milieux, qui la surprennent par leur générosité, leur humour et leur ouverture d'esprit. Déchirant, drôle et parfois rageant, le récit de Piper Kerman nous offre un témoignage rare et précieux sur le quotidien des détenues américaines.


Car c'est en grande partie pour elles que Piper a écrit ce livre : pour témoigner au nom de toutes celles qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer. 


On m'a recommandé de regarder la série Orange is the new black. Comme pour les films, quand une série est l'adaptation d'un livre, j'aime bien commencer d'abord par la lecture. Je peux comparer ensuite et voir si tout est comme je me l'étais imaginé. Donc, avant de regarder cette série, j'ai tenu à lire le récit autobiographique de Piper Kerman. Après tous ces éloges sur la quatrième de couverture, mes attentes étaient plutôt élevées.

Dès les premiers chapitres, l'histoire de Piper Kerman m'a tenu en haleine. C'est bien écrit malgré le ton familier. Le contexte de départ n'est pas banal non plus. Ce n'est probablement pas tous les jours qu'une jeune femme de bonne famille se rende elle-même à la prison escortée en voiture par son fiancé comme s'ils allaient faire un pique-nique ! Piper a un passé un peu trouble (mais pas trop) ce qui l'amène à devoir purger une peine de quelques mois dans une prison américaine à sécurité minimale. Le personnage est intéressant, c'est un bon point de départ ! Son témoignage est même instructif par moment pour une personne qui, comme moi, ne connait rien au monde carcéral. Les différents clans, les règles officielles et les autres non-écrites; ce n'est pas simple tout ça ! Mais, malgré tout, je m'attendais  à autre chose. Partout, on annonce une comédie hilarante alors que je n'ai pratiquement pas ris de toute ma lecture. Il y a aussi beaucoup de personnages et je devais régulièrement faire des retours en arrière pour me souvenir de tous et chacun. J'aurais cru être plus touchée par ces détenues et par Piper elle-même. On ressent son désarroi lors de ses premiers pas dans la prison mais il me semble qu'elle aurait pu pousser plus loin l'analyse de ses émotions lorsqu'elle raconte certaines anecdotes en particulier.

Mes grandes attentes n'ont pas été comblées mais je donnerai une chance à la série quand même car je suis curieuse de voir tout ce "beau" monde à l'écran !

Orange is the new black - Piper Kerman
Éditeur Presses de la cité 2014
394 pages

dimanche 14 décembre 2014

Ne me dis pas que tu as peur - Giuseppe Catozella

Quatrième de couverture :

Saamiya a la course dans le sang. Enfant, elle promet à son père qu'elle remportera un jour une médaille olympique. Elle s'entraîne dans les ruelles poussiéreuses de Mogadiscio avec Ali, son meilleur ami, qui lui apprend à se laisser porter par le vent. Les victoires arrivent et se succèdent, mais elles attirent aussi sur elle l'attention des fondamentalistes, dont l'étau se resserre sur le pays. Or, Saamiya est une guerrière : à 17 ans, elle réussit à se qualifier pour le jeux Olympiques de Pékin et devient le symbole des femmes brimées par la charia. Menacée, obligée de courir sous une burqa, elle finit par se rendre à l'évidence : pour défendre ses chances aux J.O. de Londres, il lui faut s'entraîner librement. Commence alors un long et terrible voyage vers l'Europe : 8 000 km de l'Éthiopie au Soudan à travers le désert, puis à la Lybie et, de là, aux côtes italiennes.

Pour tirer de l'oubli cette histoire qui a bouleversé le monde entier, en 2012, Giuseppe Catozella choisit de se mettre dans la peau de la jeune athlète somalienne. C'est Saamiya qui, d'une voix douce mais ferme, raconte son combat pour la liberté, mais aussi le destin des innombrables migrants qui tentent chaque jour, dans l'indifférence générale, de rallier l'Occident au péril de leur vie.


L'histoire de Saamiya a, apparemment, bouleversé le monde en entier en 2012. Pourtant, je n'en avais jamais entendu un mot et ce n'est pas parce que je ne suis pas les Jeux Olympiques ! Aux deux ans, je passe pratiquement deux semaines sur mon divan à regarder sans pause les différentes disciplines. J'adore les J.O. J'adore ce qu'ils représentent. Mais l'histoire de Saamiya m'a échappé comme elle a probablement échappé à plusieurs personnes par chez moi. Je suis donc heureuse de l'avoir découverte avec ce livre.

Au commencement, la petite Saamiya n'a que 8 ans mais elle a déjà une passion pour la course. C'est le seul sport qu'elle peut pratiquer avec si peu de moyens dans un pays en guerre. Je ne connaissais pas du tout la situation en Somalie. Les Somaliens sont divisés en clans et se font même la guerre entre eux. Saamiya a la chance d'être une "Abgal" et non une "Darod" comme son ami Ali. Les Abgal, on les laisse habituellement tranquilles alors qu'on persécute régulièrement les Darod qui sont au bas de la société. Le problème de Saamiya, pour les Somaliens, c'est qu'elle court comme les garçons et, surtout, sans voile. Une fille qui court "presque nue" accompagné d'un Darod, dans les rues de Mogadiscio, ça ne passe pas inaperçu malheureusement.

Le destin de Saamiya est infiniment triste et nous connaissons déjà la fin avant d'entreprendre la lecture. Par contre, nous découvrons la force de caractère de cette jeune femme et sa passion pour la course. Je ne connaissais pas non plus les horribles conditions du fameux Voyage de ces gens qui tentent de fuir l'Afrique vers l'Europe. Ce livre est un bel hommage qui m'a touché et informé. Pour ces raisons, je ne peux que le conseiller.

Ne me dis pas que tu as peur - Giuseppe Catozella
Éditions du Seuil 2014
288 pages

vendredi 14 novembre 2014

Wild - Cheryl Strayed

Quatrième de couverture :

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.

Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.


Ceux qui me connaissent savent que j'adore les randonnées ! J'ai parcouru un bon nombre de sentiers au Québec principalement. J'adore enfiler les kilomètres, sentir l'odeur de la forêt, rencontrer les petits habitants de la forêt et être complètement épuisée en fin de journée.  Il est vrai cependant que je n'en ai jamais fait une de plusieurs jours en autonomie complète. Alors, comparé à ce que Cheryl Strayed a réalisé, ce que j'ai parcouru n'est vraiment rien! Pour bien apprécier Wild, il faut d'abord comprendre l'ampleur du projet de l'auteur. Elle souhaite parcourir le Pacific Crest Trail qui débute au sud de la Californie et s'étend jusqu'au nord de l'état de Washington en passant par l'Oregon.



Si Cheryl Strayed se lance un aussi gros défi, c'est qu'elle a besoin d'une renaissance. La vie l'a profondément blessée un peu comme Elizabeth Gilbert dans Mange prie aime. Le parallèle est facile, les livres ont plusieurs points en communs. Dans les deux cas, les femmes ont raté leur mariage et les relations familiales sont difficiles voires inexistantes. Elles se lancent donc, mal préparées, dans un gros projet afin de se retrouver et de redonner un sens à leur vie. Et, comme Mange prie aime, Wild sera adapté au cinéma. C'est le québécois Jean-Marc Vallée dont j'ai adoré les films C.R.A.Z.Y. et Dallas Buyers Club qui est le réalisateur. Petit scoop qui n'en est plus un : c'est Reese Whiterspoon qui jouera le rôle principal.  J'avais aimé la lecture de Mange prie aime mais j'ai vraiment préféré Wild.

Malgré ce qu'on peut croire, ce n'est jamais lassant même si Cheryl vit son périple en solitaire. Elle est une raconteuse très dynamique et intéressante. Elle rencontre aussi plusieurs personnages sur son passage ce qui donne lieu à beaucoup plus de dialogues que je ne l'aurais cru. Arrivée à la fin, j'avais envie de reprendre certains chapitres du début pour être sûre de n'avoir rien manqué. C'est dire à quel point j'ai apprécié cette lecture !

Il va de soi que je vais me précipiter pour voir l'adaptation qui devrait sortir dans les salles de cinéma du Québec en décembre prochain. Je souhaite qu'elle soit aussi inspirante que le récit et qu'on y retrouve les magnifiques panoramas !

Wild - Cheryl Strayed
Éditions Arthaud 2013
475 pages

dimanche 20 février 2011

Le secret du coffre bleu - Lise Dion

Quatrième de couverture :

A la mort de sa mère adoptive, l'humoriste Lise Dion découvre dans un coffre bleu qui avait bercé son imaginaire d'enfant une partie cachée de la vie de cette femme qu'elle a tellement aimée : sa mère aurait été religieuse et aurait été arrêtée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Le choc passé, Lise a voulu comprendre ce que sa mère avait vécu et elle a commencé une recherche qui a duré plusieurs années. Malgré les nombreux écueils de cette démarche, elle a inventé la vie que sa mère a probablement vécue en s'appuyant sur certains faits historiques et témoignages. Sous la forme de quatre cahiers retrouvés au fond du coffre bleu, Armande se dévoile à nous et laisse un héritage inestimable à sa fille unique, Lise.


C'est, il y a quelques années, en patientant aux douanes, en revenant de New-York, que j'ai vraiment découverte Lise Dion. Nous avions écouté un de ses spectacles dans l'autobus. Depuis, c'est une femme que j'apprécie voir à la télévision. Lorsque j'ai su qu'elle était invitée à Tout le monde en parle, je tenais à regarder son entrevue. Je ne savais alors pas qu'elle viendrait pour parler de la sortie d'un livre. J'étais surprise. Finalement, son livre, je l'ai lu presque d'un bout à l'autre sans m'arrêter.

L'humoriste nous a confié que l'intrigant coffre bleu de la couverture, c'est le véritable coffre où étaient enfouis les plus grands secrets de sa mère Armande. Cadenassé, elle n'y a eut accès qu'à sa mort. Pour reconstituer et écrire l'histoire de sa mère, elle s'est basée sur les carnets de sa mère et les documents qu'elle y a trouvé mais elle dit s'être permit de les interpréter à sa manière. Il en découle une biographie romancée un peu comme l'a fait Arlette Cousture avec la vie de sa grand-mère Émilie et celle de sa mère Blanche.

Armande a connu un bien triste parcours. J'ai été très touchée surtout parce qu'elle est québécoise et que forcément, je me sens plus proche d'elle que des autres victimes de la Seconde Guerre mondiale dont j'ai pu lire les livres avant. Je suis peut-être naïve mais je n'avais jamais pensé qu'il y avait autant de gens d'ici en Europe à ce moment-là et qui ont vécu l'horreur dans les camps de concentration.

L'écriture, quant à elle, est simple mais pas du tout désagréable. Lise Dion le dit elle-même, elle est une "amateure" mais heureusement qu'elle a eu le courage de se lancer dans cette nouvelle aventure car la vie de cette femme vaut la peine d'être racontée.

Bref, c'est un livre qui se lit vraiment bien et que j'ai énormément apprécié. Je vous en conseille grandement la lecture !

Le secret du coffre bleu - Lise Dion
Éditions Libre Expression 2011
208 pages

mercredi 1 octobre 2008

Mange prie aime - Elizabeth Gilbert


Quatrième de couverture :

À trente et un ans, Elizabeth Gilbert possède tout ce dont une américaine ambitieuse peut rêver : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Elle devrait nager dans le bonheur, pourtant elle est rongée par l'angoisse, le doute, l'insatisfaction... S'ensuivent un divorce, une dépression et une liaison désastreuse qui la laissent exsangue et encore plus désemparée. Elle décide de tout plaquer pour partir seule à travers le monde. À elle de se construire la vie qu'elle s'est choisie !
En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les "douze kilos les plus heureux de sa vie", en Inde, ashram et rigueur ascétique l'aident à discipliner son esprit (lever à 4 heures du matin, méditation et nettoyage des sols !) et en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver l'équilibre qu'on appelle le bonheur...

J'ai lu ce livre il y a environ un mois. Je me souviens que mon degré appréciation était très variable selon la partie lue. Ce livre se divise en trois grandes parties situées dans trois pays différents.

Dans la première partie, Elizabeth vit en Italie. Entre un repas dans un joli restaurant de Rome et un cours d'italien, elle nous raconte son passé: son mariage, son divorce, ses amours. Cette partie est intéressante et indispensable pour connaître le personnage qu'est Elizabeth, une américaine pour le moins typique. Ça se lit très bien.

Cependant, la deuxième partie, qui se passe en Inde, m'a ennuyée. J'étais pourtant intéressée par l'Inde et la vie dans les ashrams alors je n'imagine pas un lecteur qui ne s'y intéresse pas du tout ! La vie du personnage principal est routinière. J'espérais que quelque chose se passe enfin mais il n'y a rien eu. De plus, les termes de méditation et de yoga fusent de partout, je m'y suis perdue quelques fois. Je m'efforçais de tout comprendre dans les premières pages mais j'ai finalement laissé tomber. J'ai eu l'idée d'abandonner le livre pendant cette partie car je lisais à vitesse de tortue mais, je me suis ravisée.

Heureusement que j'ai continué, la troisième partie est celle que j'ai préférée, et de loin. Elizabeth est alors en Indonésie, sur l'île de Bali. Elle se lie d'amitié avec un homme âgé, qui pratique le métier de sorcier que j'ai adopté tout de suite. J'ai beaucoup aimé la présence de ce drôle de personnage. J'ai aussi appris des trucs intéressants sur les habitants de Bali comme le fonctionnement des castes, par exemple. Les croyances et les rites sont complexes mais fascinants. La façon de nommer les enfants est surprenante tout comme leur représentation dans bébés. Les bébés sont considérés comme des dieux et ne sont pas autorisés à toucher le sol avec leurs pieds jusqu'à une certaine cérémonie. Je n'en dis pas plus mais vous voyez que certains détails m'ont marqués. C'est bon signe, non ?

La force du livre est le magnifique voyage qu'il nous offre dans trois parties différentes du monde. Enfin, je dirais surtout que la troisième partie est la meilleure et elle nous laisse sur une excellente impression.