mercredi 14 avril 2010

L'attrape-coeurs - J.D. Salinger

Quatrième de couverture :

Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Les avis que j'ai lu à propos de ce roman de Salinger sont très différents et souvent excessifs. D'un côté il y a ceux qui affirment que ce livre a changé leur vie et que c'est un des meilleurs livres jamais écrit. De l'autre, il y a ceux qui ne comprennent pas que l'on puisse crier au génie et qui n'aiment pas le personnage d'Holden. Je me situe entre ces extrêmes, mais j'ai vraiment aimé !

Je ne vous cacherai pas que c'est mon bon ami Paul qui l'a lu plusieurs fois et qui adore qui m'a donné le goût de le lire (cf. Paul à la pêche). Puis, Lorraine Fouchet (oui, l'auteure) me l'avait recommandé ici alors que je l'avais à peine entamé. Je la cite : "je viens de découvrir Salinger avec l'Attrape-Coeurs, et je suis... scotchée, chamboulée, admirative, et heureuse, vraiment, de ce bonheur de lecture..." Je me suis dis que c'était un signe !

Au début, j'ai eu un peu de mal avec le type de langage très familier du narrateur mais contrairement à d'autres lecteurs, j'ai toléré les nombreux "et tout", "ou quoi" et les "ça me tue". Ça fait parti de l'oeuvre et ça devait être drôlement dérageant pour l'époque. Les thèmes abordés tout au long du vagabondage d'Holden Caulfield devaient l'être tout autant. Mais, ce que je trouve vraiment intéressant dans ce roman, c'est d'avoir le point de vue d'un adolescent des années 50. C'est un des premiers auteurs qui a osé aborder le malaise d'un adolescent de l'époque aussi ouvertement. Les oeuvres avaient normalement des héros beaucoup plus matures. J'admire son audace. Les héros n'ont pas à être tous identiques. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient matures non plus. Salinger aurait-il influencé la littérature que l'on nomme aujourd'hui la littérature jeunesse ?

J'ai aussi beaucoup aimé me retrouver dans le New York des années 1950. Je n'avais aucune difficulté à m'imaginer les vieux taxis, le collège de Pencey Prep., les costumes vestons-cravates des jeunes étudiants, les vieux bars où l'on jouait du jazz, etc. L'écriture est bien imagée, ça m'a plu.

Finalement, mis à part les tics de langages légèrement agaçants, j'ai vraiment apprécié cette rencontre avec Holden. Je ne regrette absolument pas la lecture de ce classique de la littérature américaine. J'en garderai un très bon souvenir ! Dites, c'est vrai qu'il est censuré aux moins de 16 ans aux États-Unis ?


Défi 100 ans de littérature américaine : 3/3
Pourquoi pas 5 maintenant ? C'est parti pour 2 de plus !



samedi 10 avril 2010

Marie (Magasin général T.1) - Loisel & Tripp

Résumé :

- Ben voyons, Marie, tout le monde profite de toi, et puis on dirait que tu le vois pas...
- Faut bien rendre service, Jacinthe... Je l'ai toujours fait.
- Oui, mais avant, c'était Félix qui s'occupait du magasin !
- Je sais bien, ma petite Jacinthe... Je sais, mais j'ai toujours été comme ça...


Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, premier volet de la trilogie distillée par Régis Loisel (La Quête de l'oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-Louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d Anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissance à un auteur virtuel.

Cette bande dessinée n'est pas nouvelle, elle a déjà fait l'objet de plusieurs billets dans la blogosphère. Je l'ai trouvé sillonnant dans le rayon de bandes dessinées de ma bibliothèque, une section que je fréquente depuis peu de temps. C'est la série de Paul qui m'a donné envie de m'y aventurer. Alors voilà, j'ai tenté le coup !

Magasin général, c'est l'histoire de tout un village de campagne du Québec au début du XXe siècle. Dans ce premier tome (d'une série de six, je crois), on procède à la présentation des habitants du village partant de la femme qui tient le magasin général jusqu'au curé en passant par l'institutrice, le cordonnier, les draveurs, les cultivateurs, etc. J'ai trouvé qu'il y avait plus ou moins d'intrigues dans ce premier tome probablement à cause de toute cette mise en scène des personnages. Il y en a plusieurs et, parfois je les mélangeais un peu. Je ne sais pas encore si j'aime ou si je n'aime pas. J'ai beaucoup aimé les dessins mais pour le reste, je suis encore indécise. Mais, j'ai le goût de continuer, c'est déjà bien, non ?

Bref, je vais laisser une chance à la série, c'est seulement le premier tome après tout. Je vais poursuivre et je serai ensuite plus en mesure de me prononcer.

jeudi 8 avril 2010

Paul à la pêche - Michel Rabagliati

Résumé :

Une semaine de vacances dans une pourvoirie est un merveilleux prétexte pour Michel Rabagliati d’élargir son univers et de nous présenter de nouveaux personnages.

On fera donc la connaissance de Clément et Monique, aperçus dans Paul en appartement. Quant à nos deux tourtereaux, Paul et Lucie, nous pourrons enfin voir ce que l’avenir leur réserve !

Eh oui, encore Paul ! C'est le quatrième album que je dévore. J'ai adoré encore une fois. Si Paul a un travail d'été demeure mon préféré, celui-ci n'est vraiment pas loin derrière.

Dans cet album, Paul va à la pêche (vous n'aviez pas deviné, hein ?) avec Lucie, sa belle-soeur Monique, son beau-frère et leurs enfants. Je n'aime pas particulièrement la pêche mais elle n'est finalement qu'un cadre, qu'un prétexte pour vivre avec Paul de nouvelles aventures qui n'ont pas souvent de lien avec cette activité finalement.

Je pourrais vous expliquer encore une fois que j'adore la sensibilité du personnage de Paul et la façon simple, humaine et émouvante qu'a Rabagliati de raconter ses histoires mais j'aurais l'impression de me répéter. Alors, je dirai seulement que cet album est un autre gros coup de coeur. Et, quel bonheur qu'il contienne 200 pages ! Je suis impatiente de lire Paul dans le métro maintenant.


lundi 5 avril 2010

Merveilleusement givrée - Audrey Parily

Quatrième de couverture :

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.» N'est-ce pas le plus grand mensonge de toute l'humanité ? A moins que ce ne soit moi qui aie manqué l'appel lorsque les fées distribuaient sans compter le bonheur conjugal ! Hum. Quelqu'un aurait-il pensé à organiser des sessions de rattrapage par hasard ?

Tout était pourtant très bien parti. J'avais un amoureux tendre et passionné. Des amis fidèles. Un premier roman en librairie. Une mère satisfaite des choix de sa fille (OK, seulement à moitié, mais bon) quand. Bang ! Je suis tombée de mon lit et je me suis réveillée ! Apparemment, je n'étais pas faite pour le costume de la Belle au bois dormant. J'ai donc quitté mon conte de fées et j'ai sauté à pieds joints dans la réalité. Résultat : c'est le chaos.

Maxim travaille seize heures par jour et c'est à peine si nous nous voyons. Ophélie, ma demi-sour, s'est installée chez nous, la tête remplie de projets farfelus, propres à nous conduire au désastre. Et croyez-moi, le désastre n'a pas loupé le rendez-vous ! Donnez-moi une aspirine.

Heureusement, mon roman se vend comme des petits pains et s'apprête même à voir le jour de l'autre côté de l'Atlantique. (Yeah ! Insérez ici une danse de la victoire.) Un séjour en France s'imposerait-il ?

Toujours avec passion et détermination, Isa relèvera les défis qui la guettent au détour pour se rendre compte que, vraiment, la vie n'a rien d'un long fleuve tranquille !


Voilà un roman que j'avais vraiment hâte de lire ! La superbe fin de semaine de Pâques a été un prétexte parfait pour le lire à l'extérieur sous le soleil. Il m'a diverti mais j'avais peut-être trop d'attentes car j'ai vécu une petite déception. C'est que j'avais vraiment aimé le premier, vous l'ai-je déjà dit ? Merveilleusement givrée est la suite de Passionnément givrée lu le printemps dernier.

Dans le tome précédent, j'aimais bien l'héroïne Isabelle mais là, elle m'a agacée à quelques reprises. Les 120 premières pages ne parlent que de son roman, de ses lancements, ses salons du livre et ses séances de dédicaces. J'avoue, j'étais comme Maxim, un peu lassée de tout ça. J'ai préféré la deuxième et la troisième partie du roman et de loin. Ces parties ont plus de rythme ! Et puis l'Autre entre en scène... j'ai bien aimé l'Autre !

Malheureusement, je n'ai pas retrouvé de petites anecdotes d'expatriée que j'avais tant aimées dans le premier tome. J'imagine que c'est normal puisqu'Isa s'est habituée aux différences culturelles après avoir vécu un certain temps au Québec. N'empêche, j'aurais aimé qu'il y en ait quelques unes ! Ça m'avait vraiment amusé dans Passionnément givrée. J'y ai cependant retrouvé l'humour de l'auteure qui est omniprésent tout au long de l'histoire. De ce côté, je me suis sentie en terrain connu avec la plume drôle et légère d'Audrey Parily.

Enfin, j'ai eu à nouveau beaucoup de plaisir en compagnie d'Isa et sa bande et j'ai déjà hâte de les retrouver dans le troisième tome. Avec une fin comme celle-là (un peu abrupte dirons-nous), on ne peut qu'attendre la suite. On se donne rendez-vous au printemps 2011 ?

jeudi 1 avril 2010

Parfum de glace - Yoko Ogawa

Quatrième de couverture :

A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu'elle ne savait rien de lui. Le jeune homme s'est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il créait des fragrances exceptionnelles en combinant son incomparable mémoire olfactive à ses capacités scientifiques. Sur les lieux du drame, Ryoko trouve une disquette contenant quelques phrases énigmatiques. Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, elle part à la rencontre de son passé.

Entre réel et imaginaire, symbolique et inconscient, Yoko Ogawa atteint ici le cœur des êtres, la source de leur mémoire, pour exprimer l'indicible douleur de vivre.

Je poursuis ma découverte de la littérature japonaise avec un deuxième titre de Yoko Ogawa. J'ai opté pour celui-ci puisqu'on le considérait plus abordable et moins "trash" que d'autres. Je voulais commencer en douceur...
L'héroïne de Parfum de glace, Ryoko, vit un deuil. Son copain s'est suicidé pour une raison qu'elle ne soupçonne même pas. Pour survivre à cette énorme perte, c'est un véritable pèlerinage qu'elle entreprend pour connaître celui qu'elle n'a finalement connu qu'en surface. De secrets en secrets, elle découvrira un adolescent et un jeune homme pratiquement étranger.
À certains moments, j'ai sentie que l'on versait dans le symbolique et je n'ai probablement pas tout saisi. C'est que Yoko Ogawa écrit tout en subtilité. Cependant, j'ai beaucoup aimé les références aux odeurs qui remémorent des souvenirs. Les descriptions étaient belles et poétiques.
Finalement, j'aurais aimé connaître la raison du suicide d'Hiroyuki. Et oui, je suis curieuse comme ça, j'aime bien savoir. J'avoue que j'ai aussi parfois éprouvé un malaise vis à vis l'atmosphère et les situations étranges qu'Ogawa met en scène mais j'adore la lire. Elle a un style très différent de ce que j'ai l'habitude de lire et j'aime, à l'occasion, sortir de ma zone de confort le temps d'une histoire. Mais, même si j'ai apprécié, il m'est difficile de bien décrire ce livre. Le mieux serait sans doute de le lire à votre tour.

samedi 27 mars 2010

Paul en appartement - Michel Rabagliati

Résumé :

Voici le troisième tome très attendu des aventures de Paul. Quelques années ont passé et Paul se retrouve en appartement avec sa copine sur le Plateau Mont-Royal à Montréal. Une œuvre définitivement urbaine cette fois-ci mais qui garde une fois de plus une finesse, une simplicité et une sensibilité auxquelles Michel nous a habitués.

Il est difficile de mettre le doigt sur ce qui me plait autant dans les albums de Paul. Après réflexion, je crois que c'est cette dose de bonheur contenu dans chacun des albums. Les personnages sont heureux et c'est comme s'ils partageaient leur petit bonheur quotidien avec nous.

Paul en appartement est résolument plus urbain que les deux précédents (Paul à la campagne et Paul a un travail d'été). Nous nous retrouvons à Montréal dans les années 80. Paul nous raconte encore de jolis souvenirs qui peuvent paraître banaux mais qui sont tellement justes que ça en est touchant. Nous assistons entre autres au quotidien de jeunes étudiants, à la naissance d'un couple de jeunes amoureux jusqu'à la cohabitation et à leur premier voyage à New York. J'ai trouvé la "scène" où ils sont assis sous le porche de Lucie avec un thé à la main fabuleuse.

Enfin, j'aime la simplicité et le naturel de Rabagliati. Les tranches de vie qu'il nous livre remuent inévitablement des souvenirs en nous (comme le voyage dans la Grosse Pomme dans mon cas). Du pur bonheur ! Que dire d'autre ?

jeudi 25 mars 2010

dimanche 21 mars 2010

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - Martin Michaud

Quatrième de couverture :

Imaginez... Une jeune femme lancée dans une course folle pour retrouver un homme qui, selon toute vraisemblance, n'existe pas...

Un enquêteur de la police de Montréal qui tente d'élucider les meurtres crapuleux de deux hommes tués de la même manière à une journée d'intervalle...

Un chasseur impitoyable qui pense que chacun doit payer pour ses fautes...

Imaginez encore... Un chassé-croisé haletant qui révèle fil à fil l'effroyable lien entre ces trois destins.

J'avais envie d'un bon polar et c'est exactement ce que j'ai eu. Demandez et vous receverez... Si seulement ça fonctionnait toujours comme ça ! Je n'avais pas d'attente particulière mais c'est avec plaisir que j'ai découvert un polar difficile à lâcher où trois histoires, bien différentes au départ, se chevauchent avant de finir complètement liées. Le lecteur se balade entre Montréal, Québec et Trois-Pistoles au gré des envies de Michaud.

L'auteur a réussi à me tenir en haleine du début à la fin. C'est qu'il a le don de s'arrêter où il ne faut pas et de poursuivre la narration avec un nouveau personnage. Le lecteur est alors obligé de lire quelques pages de plus pour savoir ce qui est finalement arrivé au personnage précédent. Pas fou Martin Michaud !

Le personnage principal, Lessard, un policier dans la quarantaine un peu cynique et désabusé, est stéréotypé. On a l'impression qu'on le connait déjà quand on commence la lecture. Rien de bien innovateur de ce côté. Ça pourrait déplaire à certains lecteurs mais ça n'a pas été mon cas. C'est plutôt le petit soupçon de surnaturel qui ne m'a pas particulièrement plu. Ce n'est pas quelque chose que j'apprécie dans un roman policier mais ça, c'est tout à fait personnel. D'autres aimeront probablement ce petit côté ésotérique.

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur est donc un polar efficace. Je vous le recommande pour passer un bon moment. Puis, de mon côté, il est certain que je garderai un oeil sur cet auteur prometteur de chez nous.

Défi La plume québécoise : 2/4

mercredi 17 mars 2010

Paul à la campagne - Michel Rabagliati

Résumé :

Paul à la campagne cache une oeuvre semi-autobiographique pleine de sensibilité. L'album se compose de deux récits, placés sous le signe de la nostalgie de l'enfance. Paul à la campagne raconte une visite dans les Laurentides tandis que Paul apprenti-typographe pose un regard tendre sur l'affection entre un père et son fils.
Comme vous voyez, j'ai rapidement enchaîné une deuxième histoire de Paul. Celle-ci est en fait le premier album du personnage chronologiquement parlant. Michel Rabagliati y raconte de beaux souvenirs d'enfance. On découvre avec plaisir le petit Paul, sympathique et très sensible comme nous le démontre, entre autres, l'histoire du petit oiseau mort.

J'ai, de nouveau, passé un excellent moment en compagnie de Paul mais je n'ai pas eu un coup de coeur comme avec Paul a un travail d'été. Son enfance m'intéressait d'autant plus que c'est une époque que je connais peu. J'ai bien aimé les deux récits. Par contre, j'en aurais voulu plus. L'album définitivement trop court (50 pages) m'a laissé sur ma faim. Je devrai obligatoirement me jeter sur les autres albums question d'être rassasiée.

Je vous laisse un lien intéressant pour en apprendre sur Michel Rabagliati et l'univers de Paul présenté par Bande à part. Mettez du son !