dimanche 8 août 2010

Slumdog millionaire

Je suis en retard sur ce coup-là, je sais ! Slumdog millionaire de Danny Boyle a énormément fait parler de lui l'an passé (j'utilise le titre en V.O. même si je l'ai vu en V.F. parce que je trouve que Le pouilleux millionaire, c'est juste horrible). Il n'a pas non plus passé inaperçu dans les grandes soirées de remise de prix : il a remporté 4 Golden Globes, 7 BAFTA et 8 Oscars. Avec tous ces prix, donner mon avis semble presque inutile mais ça me fait plaisir quand même.

Pour faire court, Jamal Malik, un jeune indien participe à un jeu-questionnaire télévisé pour avoir une chance de revoir son amour d'enfance. Par miracle, il réussit à répondre correctement à toutes les questions. Comme il vient d'un bidonville, on le soupçonne d'avoir triché. S'en suit un grand interrogatoire où il doit raconter sa vie et expliquer d'où lui vienne chacune des réponses.

Cette adaptation du premier roman de Vikas Swarup (que je n’ai pas lu) est un film très dur. On y montre la misère des enfants indiens qui doivent subvenir seuls à leur besoin. Selon les rumeurs, les petits acteurs qui incarnent Jamal, son frère et Latika enfants seraient eux-mêmes issus des bidonvilles où ont été tourné les scènes. Je ne sais pas si cela a été vérifié mais leur jeu est très réaliste. J’ai beaucoup aimé les voir jouer. Les différentes vues sur Mumbai sont superbes aussi. Je ne suis pas une habituée des films indiens et de Bollywood donc j'ai apprécié ce dépaysement. Ce n’est pas non plus le genre de films qu’on a l’habitude de récompenser. Et là me vient une question : Est-ce parce qu’il est différent qu’il a fait tant parler de lui ? Car malgré toutes ces qualités, je ne comprends pas pourquoi tant de prix.

Je ne sais pas si je lirai Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup qui doit être très dur aussi mais j’ai envie de découvrir son autre roman Meurtre dans un jardin indien.

lundi 2 août 2010

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

Quatrième de couverture :

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d'adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s'excuse, et, peu à peu, un dialogue s'engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s'étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l'un pour l'autre une certaine fascination. Alors même qu'ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l'autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d'un chagrin d'amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s'imposent une règle : reconnaître l'autre qu ils n ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler...

Daniel Glattauer, né à Vienne en 1960, écrit depuis 1989 des chroniques politiques et judiciaires pour le grand journal autrichien Der Standard, Quand souffle le vent du nord, son premier livre traduit en français, est son plus grand succès.



Les personnes qui ne connaissent pas ce livre ne suivent définitivement pas la blogosphère ! Je crois être la dernière à le lire mais je tiens à ajouter mon petit grain de sel car c'est, pour moi aussi, un coup de coeur !

Ce roman surprenant est composé uniquement de courriels que s'échangent Emmi et Léo. Ces courriels sont agrémentés d'humour, de sarcasme, de charme et parfois d'un brin de folie. C'est par leur façon d'écrire que nous arrivons à nous faire une idée de leur personnalité respective. Nous ne connaissons des personnages que ce qu'ils veulent bien révéler à cet être idéalisé qui attend impatiemment derrière son écran. Emmi et Leo sont pleinement conscients qu'ils idéalisent l'autre. C'est pour cette raison qu'ils ne veulent pas du tout se rencontrer au départ. Ils ont une grande crainte, celle de ne pas être à la hauteur des attentes de l'autre et vice versa.

J'ai aimé ressentir cette sorte de dépendance intense que l'on peut facilement développer sur Internet. C'est une réalité déconcertante pour l'entourage mais elle est pourtant bien réelle. Au fur et à mesure que la relation virtuelle s'épanouie, c'est comme si la vie quotidienne de chacun d'eux disparaissait peu à peu. Le virtuel empiète sur le monde réel. L'auteur le démontre habilement. En plus des relations par Internet, il aborde de manière délicate la question de l'infidélité. Il n'y a pas de réponses aux questionnements des protagonistes mais les réflexions valent le détour.

J'ai aussi adoré la fin. Elle en a déçu plusieurs mais je ne fais pas parti de ceux-là. C'est une fin choc, abrupte, j'en conviens mais dans ce cas-ci, j'ai aimé ! Et pour tout dire, je suis déçue qu'il existe une suite. Je ne sais pas si je la lirai. Si je décide de ne pas la lire, ce n'est pas parce que je n'ai pas apprécié ma lecture de Quand souffle le vent du nord. Au contraire.

dimanche 25 juillet 2010

Le colis Swap Littérature Jeunesse - Partie 2

J'ai reçu au milieu de la semaine la suite de mon colis du Swap Littérature Jeunesse ! Ma swappée m'avait promis une enveloppe de "Sweeties" et je peux dire que j'ai été bien gâtée encore une fois !


Voici le contenu de la grande enveloppe : une très jolie carte, des bonbons Gobstoppers (durs à l'extérieur et "chewy" à l'intérieur !), un assortiment de chocolats noirs (délicieux !) et des biscuits-fudges de Londres ! Miam miam ! Merci beaucoup Marion !!

mardi 20 juillet 2010

Docteur à tuer - Josh Bazell

Quatrième de couverture :

Le Dr Peter Brown est interne dans le pire hôpital de Manhattan. Il a du talent pour la médecine, des horaires infernaux et un passé qu'il préférerait taire. Qu'il s'agisse d'une artère bouchée ou d'un projet machiavélique de procès pour erreur médicale, il connaît le mal qui se tapit dans le coeur des hommes. Il faut dire que, dans une autre vie, le Dr Brown a été Griffe d'ours, un tueur à gages pour la mafia. Eddy Squillante, son nouveau patient, n'a plus que trois mois à vivre, et peut-être moins, lorsqu'il découvre que sous les traits de son nouveau médecin se cache Griffe d'ours. Avec la mafia, le gouvernement et la mort en personne qui s'abat sur l'hôpital, le Dr Brown parviendra-t-il à survivre et à saisir sa dernière chance de rédemption ?

Premier roman de Josh Bazell, lui-même médecin, Docteur à tuer est boosté à l'adrénaline et à l'humour. Time Magazine l'a sélectionné pour son originalité parmi les meilleurs romans de l'année 2009. Et Leonardo DiCaprio incarnera prochainement le Dr Brown au cinéma.


J'ai choisis ce livre comme je le fait malheureusement très rarement, c'est-à-dire par hasard. J'avais envie d'un polar puis après avoir lu la quatrième de couverture, j'avais envie de le découvrir.

Le rythme rapide nous offre l'intérêt nécessaire pour tourner les pages les unes après les autres sans s'en rendre compte. L'humour est grinçant et les notes en bas de page sont originales mais le roman en soi est simple. Il aurait gagné à être plus étoffé. J'ai l'impression qu'on a tout misé sur l'humour spécial de Bazell.

Contrairement à ce que j'aurais cru, ce sont les retours en arrière que j'ai préféré. Le personnage principal raconte son enfance, sa rencontre avec la famille Locarno qu'il choisit comme modèle, ses premiers amours et des anecdotes du début de sa "carrière" dans la mafia. Sa nouvelle carrière et son histoire avec Squillante, son patient mourant, ne m'ont malheureusement pas intéressées. Je m'attendais à la fin à une poursuite haletante dans l'hôpital mais la scène finale m'a déçue.

Au final, je dirais que le premier roman de Josh Bazell se laisse lire mais il n'est pas un grand roman. Il aura fait l'affaire pour quelques après-midis ensoleillés sur le patio mais je sais déjà que je n'en garderai pas un grand souvenir.

dimanche 18 juillet 2010

Le colis Swap Littérature Jeunesse - Partie 1

N'étant pas chez moi la semaine dernière, je n'ai déballé mon colis du Swap Littérature Jeunesse que vendredi. Un gros colis m'attendait devant ma porte. Je trouve ça stupide de la part des facteurs de laisser un tel colis devant la porte d'un appartement (surtout avec Amazon.ca écrit dessus, c'est tentant, non ?). Heureusement, j'ai des voisins honnêtes.
Enfin, je veux vous montrer ce que j'ai déballé ! J'ai été bien gâtée. C'est la première partie puisque Marion m'a dit qu'une enveloppe "Sweeties" en provenance de Londres allait suivre. J'ai hâte ! Je vous montrerez ça évidemment !!
Il y avait quatre paquets cadeaux à l'intérieur et sur chacun d'eux, un petite carte avec de gentils petits commentaires de Marion...
Les livres : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (je ne connais pas mais Marion dit avoir beaucoup aimé, j'ai hâte de le découvrir), La fée carabine de Daniel Pennac (la suite du précédent), Treize raisons de Jay Asher (que j'avais dans ma wish list).
Un DVD : Deux aventures de tintin de Hergé : Les 7 boules de cristal suivi de Le temple du soleil (j'ai lu plusieurs de ses aventures en BD mais ce sera la première fois que je regarde une adaptation en dessins animés).
Un gros merci pour tout Marion ! Vivement la suite :)

samedi 10 juillet 2010

L'été meurtrier - Sébastien Japrisot

Quatrième de couverture :

"J'ai dit d'accord.
Je suis facilement d'accord sur les choses. Enfin, je l'étais avec Elle. Une fois, je lui ai donné une gifle et, une fois, je l'ai battue. Et puis, je disais d'accord. Je ne comprends même plus ce que je raconte. Il n'y a qu'à mes frères que je sais parler, surtout le cadet, Michel. On l'appelle Mickey. Il charrie du bois sur un vieux Renault. Il va trop vite, il est con comme un verre à dents. »
Lisez la suite. Ce roman vous tiendra en haleine jusqu'au bout...


À dix-sept ans, Sébastien Japrisot publie sous son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi) son premier roman, Les mal partis. Après une période où il écrit directement pour le cinéma (Le passager de la pluie...), il revient à la littérature avec L'été meurtrier (prix des Deux-Magots 1978). Il a écrit plus de dix romans qui ont tous connu le succès.

Comme la quatrième de couverture en dit peu, je vais résumer pour ceux qui, comme moi avant la lecture, ne connaissent pas cette histoire et qui n'ont pas vu l'adaptation avec Adjani apparemment bien connue. L'été meurtrier, c'est l'histoire de Pin-Pon (on le surnomme ainsi parce qu'il est pompier à ses heures) et d'Eliane principalement mais toute une bande de personnages participent aussi à cette fresque. Éliane, dès le début, a un plan : elle veut venger sa mère d'un terrible évènement survenu plusieurs années plus tôt. On ne sait pas pourquoi ni comment elle s'y prendra mais on soupçonne rapidement que sa liaison avec Pin-Pon fait partie du plan. Elle est une fille très spéciale, aux moeurs légères mais à la personnalité forte.

Même s'il fait partie de la collection Folio policier, ce n'est pas l'intrigue policière qui m'a tenu en haleine puisqu'elle est très subtile pendant la majeure partie du roman. Ce n'est que vers la fin que le suspense est plus prenant. Ce sont les personnages originaux qui attirent l'attention. La psychologie des personnages et leurs relations entre eux sont très travaillées. J'ai trouvé par contre qu'il y avait trop de scènes sexuelles qui, finalement, n'apportaient rien au récit. Trop c'est comme pas assez, dit-on.

J'ai apprécié la façon de raconter par le biais de plusieurs personnages qui donne tour à tour leur point de vue. Lorsque certains personnages racontaient, l'écriture devenait semblable à celle de L'attrape-coeur de Salinger. C'est seulement en lisant la quatrième de couverture"[ ] Sébastien Japrisot publie sous son vrai nom Jean-Baptiste Rossi [ ]" que j'ai fait le lien, c'est lui-même, Rossi ou Japrisot (comme vous voulez), qui a traduit l'oeuvre de Salinger.

Mon intérêt a été plutôt inégal pendant la lecture mais je reconnais que Japrisot a écrit un roman complexe, intéressant et bien écrit. Le principal bémol pour moi est qu'il traine un peu en longueur.

jeudi 1 juillet 2010

Bientôt.. le Swap Jeunesse !

C'est aujourd'hui qu'était prévu le grand déballage des colis du Swap Jeunesse. Ma swappée ayant eu des difficultés pour trouver des livres en français (elle est de Londres !!), je vais le recevoir le mien un peu plus tard. Je vous en donne des nouvelles promis ! Si vous êtes curieux de voir les colis des autres participants, allez sur le site du Swap ici.. Et, pour voir celui que j'ai envoyé à Mousse, c'est .

dimanche 27 juin 2010

Paul à Québec - Michel Rabagliati


Résumé :

L'achat d'une première maison et la mort d'un proche sont au coeur de ce nouvel opus. D'Ahuntsic à Saint-Nicolas, en passant par le célèbre Madrid de l'autoroute 20, l'auteur nous propose, cette fois-ci, de découvrir sa famille : ce sont les derniers mois de Roland, le père de Lucie et beau-père de Paul. Autour de Roland, rongé par le cancer, la famille se soude...

À mon grand regret, j'ai terminé le dernier Paul disponible jusqu'à maintenant. Habituellement, je dévorais ses albums mais je l'ai vraiment dégusté celui-là. Je voulais qu'il dure longtemps comme un délicieux bonbon que l'on ne veut surtout pas croquer.

J'ai à nouveau eu un gros coup de coeur avec cet album très touchant. Le ton est plus dramatique que dans les autres. Rabagliati a osé aborder des thèmes difficiles comme la maladie et la mort. Un mandat certes difficile mais excessivement bien réussi. Rabagliati est un maître ! Mon grand-père est aussi décédé d'un cancer et Paul à Québec a certainement ravivé beaucoup de souvenirs. Mais comme c'est tellement bien fait que ce n'est pas désagréable.

Malgré tout, Rabagliati réussit à nous faire rire à quelques reprises avec des passages plus légers. Celui où les trois soeurs fument un joint est hilarant. J'ai trouvé génial qu'un moment comme celui-là entrecoupe des passages difficiles car la vie est ainsi faite. De plus, l'histoire de Roland est triste mais elle soude de façon incroyable une famille. Malgré le malheur évident qui leur tombent dessus, les personnages ont conscience des petits bonheurs qui sont encore à leur portée. Les parties de Scrabble avec Roland, les discussions en famille, les grandes marches à l'extérieur en font partie. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc dans la vie. C'est aussi vrai dans les histoires de Paul.

Bref, Rabagliati a conservé sa touche qui a fait de sa série un véritable coup de coeur pour moi. Il me manquera ce Paul. Je l'ai adopté comme plusieurs. J'attends maintenant avec impatience la sortie du septième tome.


vendredi 25 juin 2010

Sénécal à nouveau à l'écran : Les sept jours du talion

J'ai visionné récemment l'adaptation du livre de Patrick Sénécal Les sept jours du talion. Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai été grandement déçue. Le roman, commenté ici, est bien meilleur.

D'abord, il est dommage que l'astucieux plan de Hamel pour capturer Lemaire et se cacher passe complètement inaperçu. Les pages où il mettait en branle toutes ses manigances étaient vraiment captivantes. On voit aussi très peu l'enquête de Mercure. La majeure partie du côté "policier" du roman qui m'avait tenu en haleine a disparu. Le film est surtout centré sur Hamel et l'assassin de sa fille dont j'étais personnellement lassée de voir l'entière nudité.

Je me souviens également que le roman m'avait porté à réfléchir à la question de la "vengeance légitime" mais le film n'a pas atteint cet objectif dans mon cas. Les diverses opinions des personnages ne sont pas suffisamment exprimées pour que l'on s'accroche à de bons arguments. On ne saisit pas non plus tout ce qui se passe dans la tête de Bruno Hamel. Tout y est plus explicite dans le roman.

Le choix d'un film sans musique par contre m'a paru convenable. Selon moi, ce n'est pas une obligation que de mettre de la musique pour imiter le cinéma hollywoodien. Claude Legault et Rémy Girard sont bons dans leur rôle respectif mais le scénario est trop différent du livre, surtout à la fin (aucun coup de feu ?). Je n'ai pas compris pourquoi la fin a été ainsi modifiée, elle qui avait à l'origine beaucoup plus de suspense. Et quelle fin abrupte !

Finalement, je me suis ennuyée. C'est dommage car j'aime le cinéma québécois en général. Le conseil que j'ai envie de vous donner ? Lire le roman ! Et si c'est un film que vous cherchez, sur un sujet similaire, Contre-enquête avec Jean Dujardin est franchement mieux.

samedi 19 juin 2010

Seul dans le noir - Paul Auster

Quatrième de couverture :

"Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain."

Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad...

Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire.
En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.

Quand un auteur a une large bibliographie, je ne sais jamais par où commencer craignant ne pas débuter par un roman représentatif de son oeuvre. Dernièrement, je pense que je suis mal tombée alors que je voulais découvrir Dany Laferrière. De Paul Auster, je comptais lire d'abord Brooklyn Follies mais le destin en a décidé autrement. Je ne sais pas si Seul dans le noir est représentatif mais j'ai vraiment aimé, c'est l'important !

Seul dans le noir, c'est l'histoire d'August Brill. La principale force de ce roman, c'est justement ce personnage qui devient presque réel, comme s'il avait écrit sa propre biographie, une biographie où les émotions et les souvenirs se succèdent dans l'ordre ou le désordre. Les errances de son imagination sont également fascinantes. Tout comme Paul Auster, Brill sait raconter.

Grâce aux chevauchements entre la fiction et la réalité d'August Brill, nous avons droit à deux, ou même trois, histoires en une. Mais, comme tout est mené de main de maître. Il ne faut que deux ou trois phrases pour nous imprégner de chacune des ambiances. Je n'ai jamais décroché, que ce soit lorsque Brill décortique les vieux films qu'il visionne avec sa petite fille ou lorsqu'il lui raconte sa grande histoire d'amour.

Une excellente découverte donc et je veux relire Auster bientôt, mais je ne sais pas plus vers quel roman me lancer maintenant. Son nouveau, Invisible, me tente beaucoup de même que son populaire Brooklyn Follies.


Défi 100 ans de littérature américaine : 4/5